Se baigner en Seine à Paris, une reconquête au long cours

Au détour d'une visite du Louvre sur ses quais ou par un de ces jours de canicule de plus en plus fréquents l'été à Paris, il sera permis de se baigner dans la Seine - comme on le fait dans la Limmat à Zurich ou l'Eisbach à Munich, deux rivières alpines plus faciles à encadrer. (AFP).
Au détour d'une visite du Louvre sur ses quais ou par un de ces jours de canicule de plus en plus fréquents l'été à Paris, il sera permis de se baigner dans la Seine - comme on le fait dans la Limmat à Zurich ou l'Eisbach à Munich, deux rivières alpines plus faciles à encadrer. (AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 25 avril 2024

Se baigner en Seine à Paris, une reconquête au long cours

  • Star de ces Jeux, le fleuve qui accueillera la cérémonie d'ouverture et où sont prévues les épreuves de triathlon et de natation marathon, doit s'ouvrir dès l'année prochaine aux Parisiens et à leurs visiteurs
  • A partir de l'été 2025, trois sites parisiens et plus d'une vingtaine autour de la capitale dans la Seine et la Marne, son principal affluent, accueilleront des espaces sécurisés et aménagés

PARIS: Piquer une tête dans la Seine, sous un ciel bleu, la tour Eiffel en arrière-plan.

Un rêve bientôt réalité, héritage promis des Jeux olympiques de Paris qui se tiendront du 26 juillet au 11 août.

Star de ces Jeux, le fleuve qui accueillera la cérémonie d'ouverture et où sont prévues les épreuves de triathlon et de natation marathon, doit s'ouvrir dès l'année prochaine aux Parisiens et à leurs visiteurs.

Au détour d'une visite du Louvre sur ses quais ou par un de ces jours de canicule de plus en plus fréquents l'été à Paris, il sera permis de se baigner dans la Seine - comme on le fait dans la Limmat à Zurich ou l'Eisbach à Munich, deux rivières alpines plus faciles à encadrer.

A partir de l'été 2025, trois sites parisiens et plus d'une vingtaine autour de la capitale dans la Seine et la Marne, son principal affluent, accueilleront des espaces sécurisés et aménagés avec pontons, douches et parasols.

Une reconquête au long cours, fruit d'un budget de 1,4 milliard de d'euros et de colossaux travaux de dépollution d'un fleuve longtemps considéré comme un dépotoir.

Au XVIIe siècle, on se baignait nu dans la Seine à Paris, au XIXe priorité y était donnée à la circulation des bateaux en plein essor. Au XXe, la baignade y était interdite définitivement par une ordonnance préfectorale de 1923 en raison "des dangers causés par la navigation fluviale et la pollution".

En promettant de nager dans la Seine en 1990, l'édile de Paris et futur président Jacques Chirac avait lancé l'idée d'une réappropriation du fleuve par ses riverains.

L'actuelle maire de la capitale Anne Hidalgo en a pris l’engagement en 2016, en en faisant un pilier du dossier de candidature pour l'organisation des Jeux.

Elle a prévu de s'y baigner en juin. Le président Emmanuel Macron a dit qu'il irait aussi - sans dire quand. Le grand public, et avant lui les athlètes en lice pour les JO, suivront-ils ?

Suspense

Un jour de crue au mois de mars. La Seine déborde sur ses quais bas au centre de Paris, l'eau est marron, le courant fort, rien qui n'incite à s'y tremper.

A quelques mois des JO, des sportifs de haut niveau s'inquiètent. La qualité de l'eau, "c'est une préoccupation", a confié à l'AFP la championne olympique en titre de natation en eau libre, la Brésilienne Ana Marcela Cunha.

De fait, le suspense demeure sur la tenue des épreuves olympiques depuis les "test-events" d'août qui ont dû être en grande partie annulés : la qualité de l'eau ne correspondait pas aux standards européens basés sur deux bactéries fécales, Escherichia coli et entérocoques.

Alors qu'à Paris, eaux de pluie et eaux usées passent par le même réseau conçu au XIXe siècle, des précipitations exceptionnelles ont fait déborder les égouts, comme toujours dans ce cas. Puis cela a été, sans forte pluie, une pollution due au dysfonctionnement d'une vanne.

Dans les deux cas, les eaux souillées se sont déversées dans le fleuve, la concentration d'E.coli, qui entraîne des intoxications gastriques, a connu un pic.

"La santé des athlètes doit passer avant", a insisté Ana Marcela Cunha, appelant les organisateurs des JO à élaborer un "plan B" au cas où.

L'expérience de la maitre-nageuse Gaëlle Deletang, dans la capitale durant cet hiver pluvieux, ne devrait pas la rassurer.

Membre de l'équipe nautique de la Protection civile de Paris, cette femme de 56 ans raconte avoir connu "diarrhée et bouton de fièvre parce que l'eau n'est pas propre" entre les ponts de Bercy et d'Austerlitz où elle s'est entraînée en combinaison.

Quant aux autres bénévoles, "plusieurs ont eu une bactérie pendant trois semaines" et "tous ont eu la gastro."

Bactéries

De la Bourgogne (centre), où elle prend sa source, à la Manche, où elle se jette, le jeune aventurier Arthur Germain a descendu à la nage les 777 km de la Seine à l'été 2021.

Un peu partout sur le fleuve, "il y a des zones où je peinais à respirer" en raison des activités agricoles ou industrielles, raconte le jeune homme de 22 ans, fils de la maire de Paris.

Très en amont de la capitale, il a vu des machines agricoles "qui vaporisaient des pesticides à côté du fleuve". A quelques kilomètres en aval de Paris, il dit avoir vécu le "pire jour" à Gennevilliers au passage d'une station d'épuration.

En 2023, au regard de la directive européenne "baignade" de 2006, aucun des 14 points de prélèvement parisiens de l'eau n'a atteint un niveau de qualité suffisant, selon les analyses transmises à l'AFP par la mairie de Paris.

Et selon la Surfrider Foundation, qui a réalisé des prélèvements à Paris de septembre à mars, l'eau de la Seine était dans un état "alarmant". Les autorités répondent que la baignade n'est prévue que l'été.

Moins de déchets

Depuis les années 1990, pour éliminer la pollution provenant des eaux usées - industrielles, domestiques ou pluviales - le Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (Siaap) dit avoir investi six milliards d'euros.

A voguer depuis 14 ans dans les Hauts-de-Seine, en banlieue ouest, Rémi Delorme, capitaine du Bélénos, un bateau qui nettoie le fleuve depuis 1980, a vu des progrès.

Ce jour-là, le catamaran de 20 mètres, équipé d'un tapis roulant enfoncé à 40 centimètres dans l'eau pour aspirer les déchets flottants, récupère carcasse de vélo, ferrailles, sacs plastiques.

"Plus grand chose de ce qu'on remonte ne nous semble insolite", dit ce petit-fils de batelier de 36 ans, évoquant "les canapés, les animaux morts mais aussi, une à deux fois par an, des cadavres humains".

Mais au fil du temps, le niveau des déchets collectés par le Bélénos a diminué: de 325 tonnes par an en moyenne au début, il n'en restait plus que 190 tonnes en 2020.

Sept premiers barrages à déchets ont été installés sur le fleuve à partir de 1994 par le Siaap, ramassant les premières années entre 500 et 1.000 tonnes par an. Depuis que leur nombre est passé à 26, la récolte, après un pic à 2.500 tonnes (2013), a tendance à diminuer (moins de 1.200 en 2023).

Moins de rejets

Avec les JO, le "plan baignade" lancé en 2016 par l'Etat et des collectivités locales a connu un coup d'accélérateur pour limiter les rejets d'eaux usées dans la Seine et la Marne.

Une bataille capitale car "le fait qu'il y ait des rejets non contrôlés a un impact majeur (sur la présence de) bactéries fécales", explique Jean-Marie Mouchel, professeur d'hydrologie à Sorbonne-Université.

Depuis 2018, une loi oblige bateaux et péniches si emblématiques des berges de la Seine à se raccorder au réseau d'assainissement pour ne plus déverser leurs eaux souillées dans le fleuve. Selon la préfecture, la quasi-totalité des 250 propriétaires devraient l'avoir fait à Paris d'ici les Jeux.

Idem pour la résorption des mauvais branchements des particuliers, obligatoire depuis 2021. Jusque là, quelque 23.000 maisons de banlieue proche évacuaient eaux de douche et de toilettes directement dans la nature.

A force de porte-à-porte, promesses de subventions, menaces de pénalités, 40% de ces mauvais branchements ont déjà pu être corrigés.

"On est passés de 20 millions de m3 à 2 millions de m3 de rejets dans la Seine par an ces dernières années", indique Samuel Colin-Canivez, responsable des grands travaux du réseau d'assainissement parisien.

Le retour des poissons

Aujourd'hui, l'hydrologue Jean-Marie Mouchel voit une grande "amélioration sur les teneurs en oxygénation, ammonium et phosphate", signe de meilleure santé d'une rivière.

Si la Seine "n'est pas redevenue un fleuve sauvage", elle compte aujourd'hui "plus de 30 espèces de poissons, contre trois en 1970", souligne le professeur.

Sur le Pont Marie, dans le coeur historique de Paris, un matin de septembre à la meilleure heure pour appâter le poisson, Bill François a installé sa canne à pêche comme il le fait une à cinq fois par semaine.

Le physicien de 31 ans attrape un silure étonnamment gros, qu'on n'aurait pas imaginé dans la Seine. Puis un de ces petits perches "poissons emblématiques de la pêche à Paris", de plus en plus nombreux alors qu'il "n'y en avait plus" un demi-siècle auparavant.

Il aperçoit même des poissons "beaucoup plus exigeants sur la qualité de l'eau", ce qui est "très bon signe", dit-il. "On voit plein d'espèces qui reviennent, pas seulement des poissons, aussi des insectes aquatiques, même des méduses, des crustacés, des petites crevettes, des éponges, toute une biodiversité."

« Bassin d'orage »

Pour la microbiologiste Françoise Lucas, observatrice avisée du plan baignade, "tout ce qui pouvait être mis en œuvre a été mis en œuvre" mais le sort des épreuves olympiques "va dépendre de la météo".

En amont de la capitale, parmi les deux principales stations d'épuration modernisées, l'usine de Valenton (Val-de-Marne) joue un rôle fondamental pour améliorer le traitement des eaux usées.

Depuis l'année dernière, un procédé innovant permet de les traiter à l'acide performique, "désinfectant organique" qui ensuite "se désagrège rapidement, dès avant d’entrer en contact avec le milieu naturel", affirme le Siaap, en réponse aux inquiétudes quant à son éventuel impact sur l’environnement.

Toujours en amont, à Champigny-sur-Marne, une nouvelle station de dépollution des eaux pluviales doit entrer en fonction au printemps.

Creusée en sous-sol, elle les récupère pour les empêcher de finir dans la rivière. Et les nettoie par dégrillage pour retirer les déchets flottants, décantation lamellaire pour retirer les matières en suspension et traitement par lampes ultra-violet - autre procédé innovant - pour désactiver les bactéries, avant de les rejeter dans la Marne.

Pour éviter le cauchemar de l'été dernier en cas de pluies abondantes, la clé du dispositif - parmi les cinq ouvrages majeurs construits - c'est le bassin d'Austerlitz, véritable cathédrale souterraine creusée en plein centre de Paris, à quelques mètres d'une gare et d'un hôpital.

Avec sa cuve cylindrique en paroi moulée, profonde de 30 mètres sur 50 mètres de diamètre et soutenue par une forêt de piliers en béton, ce "bassin d'orage" inauguré début mai peut contenir 50.000 m3 d'eau, l'équivalent de 20 piscines olympiques.

Sa fonction: stocker les eaux usées et pluviales en cas de fortes précipitations et ainsi éviter le débordement des égouts et le déversement d'eaux non traitées dans la Seine.

"Il reste statistiquement quelques pluies dans l'année pour lesquelles ces capacités de stockage ne suffiraient pas", reconnait le préfet de région Marc Guillaume mais affirme-t-il "l'objectif de dépolluer à 75% sera tenu".

« La plage »

A Paris, on pourra se baigner près de l'Hôtel de Ville, sur les rives de Grenelle ou de Bercy. Une grosse vingtaine d'autres sites seront répartis autour de la capitale. Comme jadis.

Jusque dans les années 1960 dans la Seine, 1970 dans la Marne, la baignade est restée possible en banlieue parisienne.

Les aménagements datant du début du XXe siècle empruntent à l'imaginaire des stations balnéaires de Normandie ou Méditerranée pour offrir un parfum de vacances aux catégories populaires avec plages de sable et bals musettes. On les appelait "Le Petit Trouville" ou "Deauville à Paris".

A Champigny, la "plage" en bord de Marne comportait "comme un petit bain qui partait en pente douce, avec les enfants qui pouvaient avoir pied", se remémore Michel Riousset, 74 ans. "Chacun avait sa cabine."

Puis le temps a passé et le rapport au fleuve avec. A Ris-Orangis, sur la Seine, les anciennes cabines sont à l'abandon recouvertes de végétation et de tags.

"On avait oublié l'existence du fleuve dans nos communes", résume le maire Stéphane Raffalli. "Il y a même des gens qui vivent ici depuis très longtemps, qui ne sont jamais venus se promener sur les berges."

Mais depuis plusieurs années, la ville travaille à la réhabilitation de l'ancienne piscine fluviale construite vers 1930.

"Nous avons fait des études de pollution sur une longue durée et côté sanitaire, c'est sans risque", assure le maire. Le site devrait être prêt pour 2025.

L'intérêt pour ces vestiges renaît à la faveur du changement climatique.

Les élus rappellent régulièrement que le climat de la capitale pourrait s'apparenter à celui de Séville d'ici quelques années, avec des températures atteignant 50°C.

Déjà des intrépides n'hésitent pas plonger. Comme ce dimanche soir de juillet dernier quand une vingtaine de nageurs se jettent avec délectation dans la Seine à l'Ile-Saint-Denis en aval de la capitale.

Josué Remoué fait trois sorties par mois de mai à octobre, quand l'eau n'est pas trop froide, le courant pas trop fort.

"Je n'ai jamais été malade", assure ce fonctionnaire de 52 ans. L’eau "est plus dégradée au bord, en général je ne m’y attarde pas", dit-il, "je ne plonge pas, je ne vais pas sous l’eau".

Il y a quelques règles de sécurité : avoir bonnet et bouée de couleur vive, éviter de nager seul, privilégier le dimanche ou le soir pour éviter les bateaux. "J'ai dû en croiser deux fois des bateaux, un peu impressionnant."

Ce soir, l'eau n'est ni trouble ni limpide, la sensation pas visqueuse juste un peu terreuse, la température à 25°C, les rives quasi-bucoliques à quelques encablures de cités bétonnées. Le paradis pour Josué Remoué.


En France, les canicules à répétition s'invitent dans la recherche de logement

Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • La chaleur devient un critère immobilier à part entière : exposition, étage, volets, ventilation, extérieur, arbres et climatisation pèsent davantage dans les choix
  • Face à des canicules plus fréquentes, les acheteurs se projettent sur le confort d’été à long terme et questionnent désormais l’habitabilité réelle des logements

PARIS: Climatisation, volets, arbres: les Français commencent à intégrer les fortes températures dans leurs critères de recherche de nouveau logement, conséquence des vagues de chaleur qui se succèdent et ne sont plus considérées comme des phénomènes isolés.

Exemple de cette évolution des comportements: Christian Tokoto, agent immobilier chez Guy Hoquet, a en vente "un appartement magnifique, avec de grandes vitres" en plein centre de Paris. Malgré "beaucoup de visites, les clients nous disent +trop chaud+, parce qu'il n'est pas traversant. Et donc, pour l'instant, il est toujours sur le marché !"

En France comme dans une grande partie de l'Europe, peu de régions échappent cet été à des températures qui dépassent régulièrement 35 voire 40°C, alors que les logements sont peu adaptés aux canicules et très rarement climatisés.

C'est le cas notamment des immeubles dits haussmanniens emblématiques de Paris, construits au XIXe siècle avec des toits en zinc ravissants sur les cartes postales mais qui chauffent fortement sous l'effet de la chaleur et du soleil.

"Au dernier étage d'un immeuble haussmannien la chaleur à l'intérieur devient vraiment insupportable", observe auprès de l'AFP Joseph Denke, agent immobilier chez FredéLion à Paris.

Il constate une évolution des critères depuis quelques mois, notamment une baisse de la demande pour l'exposition sud synonyme de soleil.

- Horizon "10-15 ans" -

La chaleur ressentie lors de la visite d'un studio de 14 m2 fait d'ailleurs douter un de ses clients, Camille Couturier, 30 ans. "Etre sous les toits c'est quelque chose qui peut être inquiétant, qui pourrait être un point négatif à l'appartement", relève-t-il à côté de la fenêtre ouverte du logement non-traversant.

En achetant un appartement, il se projette "au moins à 10-15 ans" et s'inquiète donc de savoir s'il pourra "utiliser cet appartement de manière vivable" ou "devoir fuir comme tout le monde parce qu'il fait trop chaud".

Alors que l'Europe occidentale a connu son début d'été le plus chaud enregistré selon l'observatoire européen du changement climatique, un logement sur deux en France serait une bouilloire thermique, surnom donné aux habitations qui se réchauffent très vite, estime le cabinet Pouget Consultants et Ignes.

Pour Sophie Bourg, directrice marketing de la plateforme d'annonces leboncoin immobilier, les canicules ne sont plus perçues par les Français "comme des épiphénomènes" mais "sont vraiment intégrées comme étant structurelles dans les choix résidentiels". "La fraîcheur, le confort d'été sont devenus un critère immobilier à part entière", assure-t-elle.

Un tiers des répondants à un sondage mené en ligne par la société en juin disaient ne pas exclure de déménager si les canicules s'intensifient.

- "Plus un tabou" -

Exposition, étage, piscine, volets, possibilité de faire des courants d'air, espaces extérieurs, terrasse ombragée et même présence d'arbres dans le quartier font désormais partie des critères et discussions que les professionnels de l'immobilier interrogés par l'AFP voient émerger.

Quant à la climatisation, sa possible généralisation a fait l'objet d'intenses débats politiques en France en début d'été, car elle est vue par certains comme un simple remède à l'inaction face au changement climatique et provoque des rejets de chaleur à l'extérieur.

Mais lors des recherches de logement, "ce n'est plus du tout un tabou", tranche Yann Jéhanno, président du réseau immobilier Laforêt.

"Les acquéreurs ne regardent plus seulement le logement, mais plutôt son habitabilité. Ils ne vont plus se contenter seulement du diagnostic de performance énergétique, mais interroger les agents immobiliers avec des questions très concrètes sur la température pendant la dernière vague de chaleur, s'il est possible d'aérer la nuit, si on dort bien dans les chambres", détaille-t-il.


Présidentielle: Bayrou souhaite une grande primaire entre "tous ceux qui rejettent les extrêmes"

Le maire sortant de Pau et candidat centriste du MoDem à sa réélection, François Bayrou, s’apprête à voter lors du premier tour des élections municipales françaises de 2026 à Pau, dans le sud-ouest de la France, le 15 mars 2026. (Photo : AFP)
Le maire sortant de Pau et candidat centriste du MoDem à sa réélection, François Bayrou, s’apprête à voter lors du premier tour des élections municipales françaises de 2026 à Pau, dans le sud-ouest de la France, le 15 mars 2026. (Photo : AFP)
Short Url
  • François Bayrou appelle à une grande primaire des forces démocrates et réformistes, de la social-démocratie aux gaullistes, pour désigner un candidat commun d’ici fin janvier ou début février 2027
  • Il estime qu’en l’absence d’un rassemblement, le risque d’un second tour opposant l’extrême droite à l’extrême gauche serait maximal et invite les candidats potentiels à clarifier leurs intentions dès la rentrée

PARIS: Face au "risque" d'un second tour Mélenchon-Le Pen en 2027, l'ex-Premier ministre centriste François Bayrou plaide, dans un entretien dimanche au Figaro, pour une grande primaire de "tous ceux qui rejettent les extrêmes", afin de désigner un candidat unique d'ici février.

Pour François Bayrou, "le risque maximum, c'est un deuxième tour entre l'extrême droite et l'extrême gauche" et cette "catastrophe" se produira "si nous ne portons pas au deuxième tour un candidat capable de rassembler tous les démocrates réformistes".

Or, selon le patron du MoDem, soutien d'Emmanuel Macron en 2017 et 2022, aucun des prétendants déclarés au sein de cet espace politique n'est aujourd'hui en mesure de fédérer aussi largement.

Pas même Edouard Philippe, pourtant le mieux placé dans les sondages: "Il défend sa position, c'est légitime. Mais qui porte le profond renouvellement attendu?", regrette M. Bayrou.

Lui-même trois fois candidat à l'Elysée, l'ex-maire de Pau considère donc que "tous ceux qui rejettent les extrêmes doivent accepter d'organiser une compétition entre les candidats potentiels (...) du Parti socialiste, dans sa version sociale-démocrate, jusqu'aux gaullistes".

Une grande primaire où "chacun défend sa vision de l'avenir et un vote le plus ouvert possible a lieu fin janvier ou début février pour décider", ce qui laissera au lauréat "deux mois pleins de campagne", bien assez pour remporter un scrutin qui "se joue à la fin, parfois la dernière semaine", selon M. Bayrou.

Dans le cas contraire, faute d'une méthode pour départager les postulants, "si ça ne se fait pas par un accord large, parce que tout le monde est déraisonnable, ça se fera par effraction, par bousculade", prédit-il.

Quoi qu'il en soit, "tous ceux qui veulent se présenter doivent maintenant s'exprimer" d'ici septembre, car "la période des présentations, c'est la rentrée", avant "la décantation et la confrontation".

"Il faut sortir de l'ambiguïté générale (...) Il est temps d'y voir clair", insiste le leader centriste, qui énumère une liste de personnalités aux intentions plus ou moins claires, de Bernard Cazeneuve à Michel Barnier, en passant par Xavier Bertrand et Bruno Le Maire, jusqu'à François Baroin et Yaël Braun-Pivet.

Au passage, il vante les mérites de l'ex-commissaire européen Thierry Breton, "enraciné dans la grande famille démocrate et réformatrice" mais qui "n'a pas appartenu au pouvoir sortant" et qui dispose d'une "capacité à réunir très largement en raison de son expérience".


Risque de feux de forêt : la Gironde repasse en vigilance rouge

Une ligne pare-feu, une zone de rupture de la végétation, aménagée par des habitants près de Lège-Cap-Ferret, à l’ouest de Bordeaux, le 29 juillet 2026, lors des incendies de forêt en Gironde, dans le sud-ouest de la France. (AFP)
Une ligne pare-feu, une zone de rupture de la végétation, aménagée par des habitants près de Lège-Cap-Ferret, à l’ouest de Bordeaux, le 29 juillet 2026, lors des incendies de forêt en Gironde, dans le sud-ouest de la France. (AFP)
Short Url
  • La Gironde repasse en vigilance rouge face au risque de feux de forêt, avec des températures pouvant atteindre 38 °C et de nouvelles restrictions pour prévenir les incendieS
  • Le mégafeu de Saumos, désormais maîtrisé mais toujours sous surveillance, a ravagé 42 000 hectares, détruit 240 maisons et entraîné l’évacuation de plus de 220 000 personnes

BORDEAUX: La Gironde, où 42.000 hectares ont brûlé en raison d'un mégafeu "fixé" le 1er août, est repassée samedi midi en vigilance rouge pour les risques de feux de forêt, le quatrième niveau sur une échelle de cinq, a annoncé la préfecture.

La décision, prise "au regard de l'évolution météorologique défavorable", avec des pointes de chaleur avoisinant les 38°C dans le Sud-Ouest selon Météo-France, "entraîne le renforcement des mesures de prévention et de restriction", précise la préfecture dans un communiqué. Les manifestations festives, sportives et culturelles sont notamment interdites dans les "espaces exposés" des "communes à dominante forestière".

Dans l'ensemble du département, plusieurs activités susceptibles de provoquer des incendies sont interdites : utiliser un chalumeau pour débroussailler ou des lanternes volantes, brûler des déchets verts, tirer des feux d'artifice, sauf ceux d'initiative publique depuis une plage, en dehors des zones exposées et en direction du large.

L'incendie déclenché le 22 juillet à Saumos, à l'ouest de Bordeaux, a brûlé 42.000 hectares - une superficie correspondant à quatre fois celle de Paris -, détruit 240 maisons et contraint à l'évacuation de plus de 220.000 personnes. Ce mégafeu, le plus dévastateur depuis 1949, est considéré comme "maîtrisé" par les autorités, mais reste sous surveillance étroite.