Se baigner en Seine à Paris, une reconquête au long cours

Au détour d'une visite du Louvre sur ses quais ou par un de ces jours de canicule de plus en plus fréquents l'été à Paris, il sera permis de se baigner dans la Seine - comme on le fait dans la Limmat à Zurich ou l'Eisbach à Munich, deux rivières alpines plus faciles à encadrer. (AFP).
Au détour d'une visite du Louvre sur ses quais ou par un de ces jours de canicule de plus en plus fréquents l'été à Paris, il sera permis de se baigner dans la Seine - comme on le fait dans la Limmat à Zurich ou l'Eisbach à Munich, deux rivières alpines plus faciles à encadrer. (AFP).
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Publié le Jeudi 25 avril 2024

Se baigner en Seine à Paris, une reconquête au long cours

  • Star de ces Jeux, le fleuve qui accueillera la cérémonie d'ouverture et où sont prévues les épreuves de triathlon et de natation marathon, doit s'ouvrir dès l'année prochaine aux Parisiens et à leurs visiteurs
  • A partir de l'été 2025, trois sites parisiens et plus d'une vingtaine autour de la capitale dans la Seine et la Marne, son principal affluent, accueilleront des espaces sécurisés et aménagés

PARIS: Piquer une tête dans la Seine, sous un ciel bleu, la tour Eiffel en arrière-plan.

Un rêve bientôt réalité, héritage promis des Jeux olympiques de Paris qui se tiendront du 26 juillet au 11 août.

Star de ces Jeux, le fleuve qui accueillera la cérémonie d'ouverture et où sont prévues les épreuves de triathlon et de natation marathon, doit s'ouvrir dès l'année prochaine aux Parisiens et à leurs visiteurs.

Au détour d'une visite du Louvre sur ses quais ou par un de ces jours de canicule de plus en plus fréquents l'été à Paris, il sera permis de se baigner dans la Seine - comme on le fait dans la Limmat à Zurich ou l'Eisbach à Munich, deux rivières alpines plus faciles à encadrer.

A partir de l'été 2025, trois sites parisiens et plus d'une vingtaine autour de la capitale dans la Seine et la Marne, son principal affluent, accueilleront des espaces sécurisés et aménagés avec pontons, douches et parasols.

Une reconquête au long cours, fruit d'un budget de 1,4 milliard de d'euros et de colossaux travaux de dépollution d'un fleuve longtemps considéré comme un dépotoir.

Au XVIIe siècle, on se baignait nu dans la Seine à Paris, au XIXe priorité y était donnée à la circulation des bateaux en plein essor. Au XXe, la baignade y était interdite définitivement par une ordonnance préfectorale de 1923 en raison "des dangers causés par la navigation fluviale et la pollution".

En promettant de nager dans la Seine en 1990, l'édile de Paris et futur président Jacques Chirac avait lancé l'idée d'une réappropriation du fleuve par ses riverains.

L'actuelle maire de la capitale Anne Hidalgo en a pris l’engagement en 2016, en en faisant un pilier du dossier de candidature pour l'organisation des Jeux.

Elle a prévu de s'y baigner en juin. Le président Emmanuel Macron a dit qu'il irait aussi - sans dire quand. Le grand public, et avant lui les athlètes en lice pour les JO, suivront-ils ?

Suspense

Un jour de crue au mois de mars. La Seine déborde sur ses quais bas au centre de Paris, l'eau est marron, le courant fort, rien qui n'incite à s'y tremper.

A quelques mois des JO, des sportifs de haut niveau s'inquiètent. La qualité de l'eau, "c'est une préoccupation", a confié à l'AFP la championne olympique en titre de natation en eau libre, la Brésilienne Ana Marcela Cunha.

De fait, le suspense demeure sur la tenue des épreuves olympiques depuis les "test-events" d'août qui ont dû être en grande partie annulés : la qualité de l'eau ne correspondait pas aux standards européens basés sur deux bactéries fécales, Escherichia coli et entérocoques.

Alors qu'à Paris, eaux de pluie et eaux usées passent par le même réseau conçu au XIXe siècle, des précipitations exceptionnelles ont fait déborder les égouts, comme toujours dans ce cas. Puis cela a été, sans forte pluie, une pollution due au dysfonctionnement d'une vanne.

Dans les deux cas, les eaux souillées se sont déversées dans le fleuve, la concentration d'E.coli, qui entraîne des intoxications gastriques, a connu un pic.

"La santé des athlètes doit passer avant", a insisté Ana Marcela Cunha, appelant les organisateurs des JO à élaborer un "plan B" au cas où.

L'expérience de la maitre-nageuse Gaëlle Deletang, dans la capitale durant cet hiver pluvieux, ne devrait pas la rassurer.

Membre de l'équipe nautique de la Protection civile de Paris, cette femme de 56 ans raconte avoir connu "diarrhée et bouton de fièvre parce que l'eau n'est pas propre" entre les ponts de Bercy et d'Austerlitz où elle s'est entraînée en combinaison.

Quant aux autres bénévoles, "plusieurs ont eu une bactérie pendant trois semaines" et "tous ont eu la gastro."

Bactéries

De la Bourgogne (centre), où elle prend sa source, à la Manche, où elle se jette, le jeune aventurier Arthur Germain a descendu à la nage les 777 km de la Seine à l'été 2021.

Un peu partout sur le fleuve, "il y a des zones où je peinais à respirer" en raison des activités agricoles ou industrielles, raconte le jeune homme de 22 ans, fils de la maire de Paris.

Très en amont de la capitale, il a vu des machines agricoles "qui vaporisaient des pesticides à côté du fleuve". A quelques kilomètres en aval de Paris, il dit avoir vécu le "pire jour" à Gennevilliers au passage d'une station d'épuration.

En 2023, au regard de la directive européenne "baignade" de 2006, aucun des 14 points de prélèvement parisiens de l'eau n'a atteint un niveau de qualité suffisant, selon les analyses transmises à l'AFP par la mairie de Paris.

Et selon la Surfrider Foundation, qui a réalisé des prélèvements à Paris de septembre à mars, l'eau de la Seine était dans un état "alarmant". Les autorités répondent que la baignade n'est prévue que l'été.

Moins de déchets

Depuis les années 1990, pour éliminer la pollution provenant des eaux usées - industrielles, domestiques ou pluviales - le Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (Siaap) dit avoir investi six milliards d'euros.

A voguer depuis 14 ans dans les Hauts-de-Seine, en banlieue ouest, Rémi Delorme, capitaine du Bélénos, un bateau qui nettoie le fleuve depuis 1980, a vu des progrès.

Ce jour-là, le catamaran de 20 mètres, équipé d'un tapis roulant enfoncé à 40 centimètres dans l'eau pour aspirer les déchets flottants, récupère carcasse de vélo, ferrailles, sacs plastiques.

"Plus grand chose de ce qu'on remonte ne nous semble insolite", dit ce petit-fils de batelier de 36 ans, évoquant "les canapés, les animaux morts mais aussi, une à deux fois par an, des cadavres humains".

Mais au fil du temps, le niveau des déchets collectés par le Bélénos a diminué: de 325 tonnes par an en moyenne au début, il n'en restait plus que 190 tonnes en 2020.

Sept premiers barrages à déchets ont été installés sur le fleuve à partir de 1994 par le Siaap, ramassant les premières années entre 500 et 1.000 tonnes par an. Depuis que leur nombre est passé à 26, la récolte, après un pic à 2.500 tonnes (2013), a tendance à diminuer (moins de 1.200 en 2023).

Moins de rejets

Avec les JO, le "plan baignade" lancé en 2016 par l'Etat et des collectivités locales a connu un coup d'accélérateur pour limiter les rejets d'eaux usées dans la Seine et la Marne.

Une bataille capitale car "le fait qu'il y ait des rejets non contrôlés a un impact majeur (sur la présence de) bactéries fécales", explique Jean-Marie Mouchel, professeur d'hydrologie à Sorbonne-Université.

Depuis 2018, une loi oblige bateaux et péniches si emblématiques des berges de la Seine à se raccorder au réseau d'assainissement pour ne plus déverser leurs eaux souillées dans le fleuve. Selon la préfecture, la quasi-totalité des 250 propriétaires devraient l'avoir fait à Paris d'ici les Jeux.

Idem pour la résorption des mauvais branchements des particuliers, obligatoire depuis 2021. Jusque là, quelque 23.000 maisons de banlieue proche évacuaient eaux de douche et de toilettes directement dans la nature.

A force de porte-à-porte, promesses de subventions, menaces de pénalités, 40% de ces mauvais branchements ont déjà pu être corrigés.

"On est passés de 20 millions de m3 à 2 millions de m3 de rejets dans la Seine par an ces dernières années", indique Samuel Colin-Canivez, responsable des grands travaux du réseau d'assainissement parisien.

Le retour des poissons

Aujourd'hui, l'hydrologue Jean-Marie Mouchel voit une grande "amélioration sur les teneurs en oxygénation, ammonium et phosphate", signe de meilleure santé d'une rivière.

Si la Seine "n'est pas redevenue un fleuve sauvage", elle compte aujourd'hui "plus de 30 espèces de poissons, contre trois en 1970", souligne le professeur.

Sur le Pont Marie, dans le coeur historique de Paris, un matin de septembre à la meilleure heure pour appâter le poisson, Bill François a installé sa canne à pêche comme il le fait une à cinq fois par semaine.

Le physicien de 31 ans attrape un silure étonnamment gros, qu'on n'aurait pas imaginé dans la Seine. Puis un de ces petits perches "poissons emblématiques de la pêche à Paris", de plus en plus nombreux alors qu'il "n'y en avait plus" un demi-siècle auparavant.

Il aperçoit même des poissons "beaucoup plus exigeants sur la qualité de l'eau", ce qui est "très bon signe", dit-il. "On voit plein d'espèces qui reviennent, pas seulement des poissons, aussi des insectes aquatiques, même des méduses, des crustacés, des petites crevettes, des éponges, toute une biodiversité."

« Bassin d'orage »

Pour la microbiologiste Françoise Lucas, observatrice avisée du plan baignade, "tout ce qui pouvait être mis en œuvre a été mis en œuvre" mais le sort des épreuves olympiques "va dépendre de la météo".

En amont de la capitale, parmi les deux principales stations d'épuration modernisées, l'usine de Valenton (Val-de-Marne) joue un rôle fondamental pour améliorer le traitement des eaux usées.

Depuis l'année dernière, un procédé innovant permet de les traiter à l'acide performique, "désinfectant organique" qui ensuite "se désagrège rapidement, dès avant d’entrer en contact avec le milieu naturel", affirme le Siaap, en réponse aux inquiétudes quant à son éventuel impact sur l’environnement.

Toujours en amont, à Champigny-sur-Marne, une nouvelle station de dépollution des eaux pluviales doit entrer en fonction au printemps.

Creusée en sous-sol, elle les récupère pour les empêcher de finir dans la rivière. Et les nettoie par dégrillage pour retirer les déchets flottants, décantation lamellaire pour retirer les matières en suspension et traitement par lampes ultra-violet - autre procédé innovant - pour désactiver les bactéries, avant de les rejeter dans la Marne.

Pour éviter le cauchemar de l'été dernier en cas de pluies abondantes, la clé du dispositif - parmi les cinq ouvrages majeurs construits - c'est le bassin d'Austerlitz, véritable cathédrale souterraine creusée en plein centre de Paris, à quelques mètres d'une gare et d'un hôpital.

Avec sa cuve cylindrique en paroi moulée, profonde de 30 mètres sur 50 mètres de diamètre et soutenue par une forêt de piliers en béton, ce "bassin d'orage" inauguré début mai peut contenir 50.000 m3 d'eau, l'équivalent de 20 piscines olympiques.

Sa fonction: stocker les eaux usées et pluviales en cas de fortes précipitations et ainsi éviter le débordement des égouts et le déversement d'eaux non traitées dans la Seine.

"Il reste statistiquement quelques pluies dans l'année pour lesquelles ces capacités de stockage ne suffiraient pas", reconnait le préfet de région Marc Guillaume mais affirme-t-il "l'objectif de dépolluer à 75% sera tenu".

« La plage »

A Paris, on pourra se baigner près de l'Hôtel de Ville, sur les rives de Grenelle ou de Bercy. Une grosse vingtaine d'autres sites seront répartis autour de la capitale. Comme jadis.

Jusque dans les années 1960 dans la Seine, 1970 dans la Marne, la baignade est restée possible en banlieue parisienne.

Les aménagements datant du début du XXe siècle empruntent à l'imaginaire des stations balnéaires de Normandie ou Méditerranée pour offrir un parfum de vacances aux catégories populaires avec plages de sable et bals musettes. On les appelait "Le Petit Trouville" ou "Deauville à Paris".

A Champigny, la "plage" en bord de Marne comportait "comme un petit bain qui partait en pente douce, avec les enfants qui pouvaient avoir pied", se remémore Michel Riousset, 74 ans. "Chacun avait sa cabine."

Puis le temps a passé et le rapport au fleuve avec. A Ris-Orangis, sur la Seine, les anciennes cabines sont à l'abandon recouvertes de végétation et de tags.

"On avait oublié l'existence du fleuve dans nos communes", résume le maire Stéphane Raffalli. "Il y a même des gens qui vivent ici depuis très longtemps, qui ne sont jamais venus se promener sur les berges."

Mais depuis plusieurs années, la ville travaille à la réhabilitation de l'ancienne piscine fluviale construite vers 1930.

"Nous avons fait des études de pollution sur une longue durée et côté sanitaire, c'est sans risque", assure le maire. Le site devrait être prêt pour 2025.

L'intérêt pour ces vestiges renaît à la faveur du changement climatique.

Les élus rappellent régulièrement que le climat de la capitale pourrait s'apparenter à celui de Séville d'ici quelques années, avec des températures atteignant 50°C.

Déjà des intrépides n'hésitent pas plonger. Comme ce dimanche soir de juillet dernier quand une vingtaine de nageurs se jettent avec délectation dans la Seine à l'Ile-Saint-Denis en aval de la capitale.

Josué Remoué fait trois sorties par mois de mai à octobre, quand l'eau n'est pas trop froide, le courant pas trop fort.

"Je n'ai jamais été malade", assure ce fonctionnaire de 52 ans. L’eau "est plus dégradée au bord, en général je ne m’y attarde pas", dit-il, "je ne plonge pas, je ne vais pas sous l’eau".

Il y a quelques règles de sécurité : avoir bonnet et bouée de couleur vive, éviter de nager seul, privilégier le dimanche ou le soir pour éviter les bateaux. "J'ai dû en croiser deux fois des bateaux, un peu impressionnant."

Ce soir, l'eau n'est ni trouble ni limpide, la sensation pas visqueuse juste un peu terreuse, la température à 25°C, les rives quasi-bucoliques à quelques encablures de cités bétonnées. Le paradis pour Josué Remoué.


Besançon: trois personnes gravement blessées par arme à feu

Trois hommes âgés de 19, 20 et 40 ans ont été grièvement blessés par arme à feu, mercredi soir dans la rue à Besançon, mais leur pronostic vital n'est plus engagé, a-t-on appris jeudi auprès du parquet. Photo d'illustration. (AFP)
Trois hommes âgés de 19, 20 et 40 ans ont été grièvement blessés par arme à feu, mercredi soir dans la rue à Besançon, mais leur pronostic vital n'est plus engagé, a-t-on appris jeudi auprès du parquet. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Une troisième homme, également blessé par arme à feu s'est rendu de lui-même au CHU de Besançon où il a été hospitalisé avec un pronostic vital engagé, ont-ils ajouté
  • Les victimes sont toujours hospitalisées jeudi matin, mais le parquet de Besançon a indiqué à l'AFP que les pronostics vitaux n'étaient plus engagés, après un nouveau bilan médical

BESANCON: Trois hommes âgés de 19, 20 et 40 ans ont été grièvement blessés par arme à feu, mercredi soir dans la rue à Besançon, mais leur pronostic vital n'est plus engagé, a-t-on appris jeudi auprès du parquet.

Des hommes se trouvaient devant une épicerie, dans le quartier populaire de Planoise, lorsqu'un véhicule est arrivé avec à son bord plusieurs individus qui ont tiré dans leur direction, avec deux armes différentes, selon les premiers éléments de l'enquête de police, a indiqué à l'AFP le parquet de Besançon.

Deux hommes âgés de 20 et 40 ans ont été blessés par balles et pris en charge par les secours avec un pronostic vital engagé, mercredi à 23 heures, selon les pompiers.

Une troisième homme, également blessé par arme à feu s'est rendu de lui-même au CHU de Besançon où il a été hospitalisé avec un pronostic vital engagé, ont-ils ajouté.

Les victimes sont toujours hospitalisées jeudi matin, mais le parquet de Besançon a indiqué à l'AFP que les pronostics vitaux n'étaient plus engagés, après un nouveau bilan médical.

"Aucun suspect n'a été interpellé pour le moment", a précisé le parquet.

Deux armes auraient été utilisées lors de la fusillade: une arme de type kalachnikov avec un calibre 7,62 et un fusil utilisant des munitions type chevrotine.

Les enquêteurs explorent "toutes les pistes", dont "l'hypothèse d'un règlement de compte lié au trafic de stupéfiants", précise le parquet.

La gendarmerie du Doubs a retrouvé un véhicule incendié à Montferrand-le-Château, près de Besançon, qui pourrait être celui des auteurs. Des constatations sont en cours.

L'enquête a été confiée aux policiers de la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Besançon.


«A bout», les pompiers reçus au ministère de l'Intérieur pour réclamer des moyens

Les syndicats des sapeurs-pompiers professionnels doivent être reçus jeudi midi place Beauvau par le ministre de l'Intérieur, auquel ils entendent rapporter la colère des soldats du feu, qui demandent davantage de moyens et d'hommes en pleine saison des incendies. (AFP)
Les syndicats des sapeurs-pompiers professionnels doivent être reçus jeudi midi place Beauvau par le ministre de l'Intérieur, auquel ils entendent rapporter la colère des soldats du feu, qui demandent davantage de moyens et d'hommes en pleine saison des incendies. (AFP)
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  • "On attend des engagements clairs. Ca fait des années qu'on nous trimballe", prévient auprès de l'AFP David Saquet, d'Unsa Sapeurs-pompiers
  • Le responsable syndical fait référence au "Beauvau de la sécurité civile", une concertation de douze mois lancée mi-2024 qui devait déboucher sur une ambitieuse loi de modernisation d'un système jugé à bout de souffle

PARIS: Les syndicats des sapeurs-pompiers professionnels doivent être reçus jeudi midi place Beauvau par le ministre de l'Intérieur, auquel ils entendent rapporter la colère des soldats du feu, qui demandent davantage de moyens et d'hommes en pleine saison des incendies.

Les neufs syndicats représentatifs des services d'incendie et de secours (Sdis), réunis en intersyndicale, seront reçus par Laurent Nuñez "dans le contexte de la lutte contre les feux de forêt", a-t-on confirmé dans l'entourage du ministre.

Dans un communiqué commun, l'intersyndicale des pompiers dénonce la "dégradation continue des conditions d'exercice des missions de Sécurité civile", qui se traduit par des "effectifs insuffisants", des "moyens à la traîne", ou encore des "équipements vieillissants".

La France compte quelque 44.000 pompiers civils professionnels, auxquels s'ajoutent 200.000 volontaires dans les Sdis et un peu plus de 13.000 militaires à Paris et Marseille.

"La colère gronde" chez les pompiers professionnels, dont "les personnels sont à bout", ajoutent les syndicats, qui ont prévu une conférence de presse à l'issue de la rencontre.

"On attend des engagements clairs. Ca fait des années qu'on nous trimballe", prévient auprès de l'AFP David Saquet, d'Unsa Sapeurs-pompiers.

Le responsable syndical fait référence au "Beauvau de la sécurité civile", une concertation de douze mois lancée mi-2024 qui devait déboucher sur une ambitieuse loi de modernisation d'un système jugé à bout de souffle, avec des financements supplémentaires à la clé, mais resté lettre morte pour l'heure.

"On ne veut pas être qualifiés de héros, on veut qu'on nous donne des moyens", explique à l'AFP Ludovic Goblet, vice-président de la Spasdis-CFTC.

A l'unisson, les syndicats demandent que "l'Etat ouvre le robinet" du financement, aujourd'hui assumé par les collectivités, et qu'il lance un "recrutement massif de sapeurs-pompiers professionnels".

"Les feux de forêt cet été, qui ont été d'une ampleur exceptionnelle mais qui vont devenir la norme, ont démontré qu'on va droit dans le mur", juge Ludovic Goblet.

Quelque 120.000 hectares ont été parcourus par les flammes en France depuis le début de l'été, selon les estimations provisoires des autorités.

"Il y a eu un Beauvau de la sécurité civile, des conclusions doivent en être tirées. Mais (...) il y a aussi beaucoup de moyens qui ont été mis sur la table ces dernières années, en particulier ces trois dernières, où on a purement et simplement doublé le nombre d'engins aériens à disposition des pompiers", a opposé mardi Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur.

"C'est parce qu'on a ce niveau de soutien, ce niveau de moyens, qu'on arrive beaucoup plus que dans d'autres pays européens comparables à éteindre les incendies plus vite", a-t-il ajouté.

Des déclarations froidement accueillies par les syndicats avant d'être reçus à Beauvau.


Nouvelle journée de canicule en France, 80 départements en vigilance orange

La canicule se poursuit jeudi sur la quasi-totalité de la France avec 80 départements placés en vigilance orange jusqu'à vendredi inclus, le gouvernement estimant que ces phénomènes de chaleur extrême successifs cet été pourraient coûter entre 10 et 15 milliards d'euros. (AFP)
La canicule se poursuit jeudi sur la quasi-totalité de la France avec 80 départements placés en vigilance orange jusqu'à vendredi inclus, le gouvernement estimant que ces phénomènes de chaleur extrême successifs cet été pourraient coûter entre 10 et 15 milliards d'euros. (AFP)
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  • A l'exception d'une partie du nord-est, de trois départements pyrénéens, de la Lozère et de la Haute-Loire en jaune, c'est tout le reste de la France qui se trouve en orange
  • "Hormis sur une fine bordure côtière et en altitude, les températures maximales seront supérieures à 35 degrés", prévient Météo-France

RENNES: La canicule se poursuit jeudi sur la quasi-totalité de la France avec 80 départements placés en vigilance orange jusqu'à vendredi inclus, le gouvernement estimant que ces phénomènes de chaleur extrême successifs cet été pourraient coûter entre 10 et 15 milliards d'euros.

A l'exception d'une partie du nord-est, de trois départements pyrénéens, de la Lozère et de la Haute-Loire en jaune, c'est tout le reste de la France qui se trouve en orange avec à nouveau une journée de très fortes chaleurs. Cet épisode caniculaire "atteint son pic pour les journées de jeudi et vendredi", estime Météo-France.

Dans son bulletin publié tôt jeudi, l'organisme météorologique a évoqué une "nuit très chaude". Vers 05H00 du matin, les températures relevées étaient de 27,5°C à Nice, 24,5°C à Sète, 23,5°C à Limoges ou encore 23°C à Rennes.

"Hormis sur une fine bordure côtière et en altitude, les températures maximales seront supérieures à 35 degrés", prévient Météo-France.

Et les plus fortes seront enregistrées du Centre-Val de Loire à la Nouvelle-Aquitaine, où les maximales seront comprises "entre 38 et 40°C, voire un peu plus en pointe. En Île-de-France elles seront voisines de 38°C", est-il ajouté.

Les températures caniculaires "se décaleront progressivement un peu plus vers l'est" vendredi, prévoit encore le prévisionniste, amorçant une baisse progressive dans le nord-ouest qui sera "surtout sensible et conséquente durant le week-end".

Les canicules à répétition cet été pourraient coûter "de l'ordre de 10 à 15 milliards d'euros", selon la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, qui a réuni mercredi le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH).

Les perturbations économiques sont nombreuses. Par exemple, le parc de réacteurs nucléaires d'EDF a atteint mercredi matin un record d'indisponibilités dites "environnementales" liées aux fortes chaleurs, selon des calculs de l'AFP.

Coupures d'eau 

La question de l'accès à l'eau est également à l'ordre du jour avec cet été extrêmement chaud et sec.

"La première de nos priorités demeure évidemment l'alimentation en eau potable qui est déjà sous tension dans plusieurs territoires, plus précisément aujourd'hui dans 50 départements français", a dit Monique Barbut.

"Plus de 40.000" personnes sont affectées par des coupures d'eau du robinet, selon le gouvernement.

La situation des petits cours d'eau est "la plus critique jamais enregistrée à cette période" de l'année, avec 43% d'entre eux, soit près de 1.370 cours d'eau, qui présentent des ruptures d'écoulement ou des assecs, a indiqué la ministre.

Ce nouvel épisode caniculaire est la poursuite et l'amplification d'une vague de chaleur entamée le 28 juillet.

Jeudi matin, dans le train entre Rennes et Vannes, Ronan Turbé, âgé de 25 ans, raconte avoir souffert de la chaleur pendant la nuit.

"On ne dort pas beaucoup", regrette l'ingénieur âgé de 25 ans. "Il fait très chaud dans l'appartement : 28°C, alors que j'ai aéré toute la nuit. Et j'ai mis les ventilateurs à fond. De toute façon, on n'a pas le choix, on subit."

"On est dans le noir une grande partie de la journée", assure Bastien Regret, ingénieur. "On utilise un ventilateur, ce qui n'était pas le cas auparavant", indique le trentenaire, tout en veillant à bien hydrater sa petite fille.

L'Ile-de-France sera touchée par un épisode de pollution à l'ozone, avec un "probable dépassement" du seuil de recommandation. Aussi, dans un communiqué, le préfet de police demande de "différer si possible" les déplacements routiers et de réduire la vitesse des véhicules.

Il s'agit de la troisième vague de chaleur de l'été, après celle exceptionnellement intense de fin juin et celle du 4 au 19 juillet, parmi les plus longues jamais enregistrées. Avant cela, un épisode caniculaire précoce avait eu lieu fin mai.

Dans le contexte du réchauffement climatique lié aux activités humaines, ces périodes de fortes chaleurs sont plus fréquentes, intenses et étendues sur l'année.