Au Royaume-Uni, des élections locales à l'allure de test pour Rishi Sunak

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak prend un verre alors qu'il s'adresse aux employés lors d'une visite aux installations portuaires de DHL Gateway à Stanford Le Hope, sur l'estuaire de la Tamise, à l'est de Londres, le 29 avril 2024. (Photo de Frank Augstein / POOL / AFP)
Le Premier ministre britannique Rishi Sunak prend un verre alors qu'il s'adresse aux employés lors d'une visite aux installations portuaires de DHL Gateway à Stanford Le Hope, sur l'estuaire de la Tamise, à l'est de Londres, le 29 avril 2024. (Photo de Frank Augstein / POOL / AFP)
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Publié le Mercredi 01 mai 2024

Au Royaume-Uni, des élections locales à l'allure de test pour Rishi Sunak

  • D'après les sondages, les conservateurs vont perdre environ la moitié des sièges qu'ils occupent actuellement au niveau local
  • Les regards sont particulièrement tournés vers deux élus conservateurs, Andy Street et Ben Houchen, dans les West Midlands et la Tees Valley

LONDRES: Le parti conservateur au pouvoir au Royaume-Uni risque de subir de lourdes pertes à l'occasion d'élections locales jeudi, ajoutant à la pression pesant déjà sur le Premier ministre Rishi Sunak qui bat des records d'impopularité.

Ce scrutin constitue un test majeur à quelques mois des législatives pour lesquelles les "Tories", qui dirigent le gouvernement depuis 14 ans, sont annoncés largement perdants face à l'opposition travailliste.

Rishi Sunak a dit souhaiter organiser les législatives au second semestre mais de lourdes défaites jeudi pourraient le pousser à organiser plus tôt ce scrutin national.

Les élections de jeudi ont tout d'"un examen vital" pour le Premier ministre, explique le politologue Richard Carr. Elles vont permettre de "tester son affirmation, selon laquelle son plan fonctionne" et de voir si "les électeurs lui accordent encore un certain degré de crédibilité", déclare-t-il à l'AFP.

D'après les sondages, les conservateurs vont perdre environ la moitié des sièges qu'ils occupent actuellement au niveau local.

Les regards sont particulièrement tournés vers deux élus conservateurs, Andy Street et Ben Houchen, dans les West Midlands et la Tees Valley, dans le centre et le nord-est de l'Angleterre.

Au point que l'avenir politique à court terme de Rishi Sunak dépendrait de leur réélection. Leur victoire pourrait laisser espérer à des députés conservateurs que Rishi Sunak puisse encore redresser la barre avant les législatives.

Mais au Parlement britannique, certains craignent qu'un résultat désastreux n'incite des élus conservateurs à tenter de remplacer M. Sunak avant le scrutin national.

"Si Andy Street et Ben Houchen perdent tous les deux, c'en est probablement fini de l'idée selon laquelle Sunak peut continuer", juge Richard Carr, qui travaille à l'université Anglia Ruskin.

"Reste à voir si cela signifie qu'il jette les dés pour des élections législatives ou s'il est renversé".

De la folie 

Les luttes intestines minent les "Tories" depuis des années, avec cinq Premiers ministres depuis le vote sur le Brexit en 2016, dont trois se sont succédé entre juillet et octobre 2022.

Selon des médias britanniques, un groupe de députés conservateurs a préparé tout un programme pour un successeur potentiel de Rishi Sunak en cas de pertes massives cette semaine.

Certains observateurs considèrent que ce serait de la folie pour les conservateurs de renverser un autre leader alors que Rishi Sunak a assuré une certaine stabilité depuis qu'il a remplacé Liz Truss en octobre 2022.

D'autres pensent que la crédibilité du parti est déjà entamée et se demandent si un dernier coup ne pourrait pas être tenté en vue d'empêcher la victoire écrasante annoncée des travaillistes.

Pour déclencher un vote interne au parti afin de faire partir Rishi Sunak, il faudrait que 52 députés soumettent des lettres de défiance contre lui.

"Je m'attends toujours à ce que Sunak conduise les conservateurs aux élections législatives", dit à l'AFP Richard Hayton, professeur de sciences politiques à l'université de Leeds.

"Mais certains députés pourraient chercher à s'opposer à lui, ce qui nuirait encore à sa réputation auprès du grand public".

Rishi Sunak, 43 ans, a été nommé par les conservateurs après les 49 jours désastreux de Liz Truss à la tête du gouvernement, au cours desquels ses réductions d'impôts non financées ont provoqué une crise sur les marchés et fait chuter la livre.

Les travaillistes, dirigés par Keir Starmer, ont autour de 20 points d'avance dans la plupart des sondages d'opinion sur les législatives.

Plus de 2.500 élus locaux se présentent jeudi en Angleterre et au Pays de Galles, ainsi que le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, qui brigue un troisième mandat. S'il gagne, ce sera un record.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.