Israël dit avoir pris le contrôle du côté gazaoui du point de passage de Rafah avec l'Egypte

Photo distribuée par l'armée israélienne montrant les chars de l'équipe de combat de la 401e brigade entrant du côté palestinien du poste frontière de Rafah entre Gaza et l'Égypte, dans le sud de la bande de Gaza, le 7 mai 2024 (AFP)
Photo distribuée par l'armée israélienne montrant les chars de l'équipe de combat de la 401e brigade entrant du côté palestinien du poste frontière de Rafah entre Gaza et l'Égypte, dans le sud de la bande de Gaza, le 7 mai 2024 (AFP)
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Publié le Mardi 07 mai 2024

Israël dit avoir pris le contrôle du côté gazaoui du point de passage de Rafah avec l'Egypte

  • «Nous avons le contrôle opérationnel de la zone», a affirmé l'armée israélienne lors d'un point de presse
  • L'armée israélienne a refusé d'indiquer combien de temps durerait cette opération

JÉRUSALEM : L'armée israélienne a annoncé mardi avoir pris le contrôle de la partie palestinienne du point de passage de Rafah entre la bande de Gaza et l'Egypte et que des troupes au sol avaient entamé une "opération ciblée de contreterrorisme" dans l'est de Rafah.

"A l'instant présent, des forces spéciales passent au peigne fin le point de passage" de Rafah, "nous avons le contrôle opérationnel de la zone", a affirmé l'armée israélienne, précisant parler "uniquement du côté gazaoui du point de passage".

"Nous avions des indices, parmi lesquels les tirs" de roquettes dimanche, contre le point de passage de Kerem Shalom entre Israël et Gaza qui ont tué quatre soldats israéliens, "mais aussi du renseignement que la partie gazaouie du point de passage de Rafah (...) était utilisé par le Hamas à des fins terroristes", a expliqué l'armée.

Alors qu'Israël martèle depuis des mois son intention de mener une offensive terrestre d'ampleur sur Rafah, localité surpeuplée du sud de la bande de Gaza, où affirme-t-il se terrent les derniers bataillons du Hamas, l'armée israélienne a martelé mardi que l'opération "de contreterrorisme" était localisée et d'ampleur limitée.

«Zones limitées»

"Nous opérons dans des zones spécifiques de l'est de Rafah. Nous n'opérons pas dans la totalité de la zone" mais "dans une zone précise d'une zone déjà déterminée" de Rafah, a indiqué l'armée. Il s'agit "d'une opération très ciblée, d'une ampleur très limitée contre des cibles très précises".

Des chars israéliens déployés à Rafah, dans le sud de Gaza

L'armée israélienne a déployé des chars mardi dans Rafah et pris le contrôle du passage frontalier avec l'Egypte, dans le sud de la bande de Gaza, coupant l'accès pour l'aide humanitaire au territoire palestinien assiégé.

Sept mois après le début de la guerre avec le Hamas, l'armée a diffusé des images montrant des chars où flottait le drapeau israélien déployés à Rafah, du côté palestinien de la zone frontalière, et affirmé mener une opération de "contreterrorisme" dans "des zones spécifiques" de l'est de Rafah.

Des bombardements pendant la nuit sur la ville ont fait au moins 27 morts, selon deux hôpitaux de Rafah.

La veille, l'armée avait appelé à évacuer des dizaines de milliers de familles de l'est de la ville, qui abrite au total 1,4 million de Palestiniens, selon l'ONU, en prévision d'une offensive terrestre que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis de lancer pour éliminer les derniers bataillons du Hamas.

Convois humanitaires bloqués 

L'ONU a annoncé mardi que l'accès depuis l'Egypte au point de passage de Rafah, principale porte d'entrée de l'aide humanitaire, vitale pour la population de Gaza, lui était interdit par l'armée israélienne.

En Egypte, "des centaines de camions chargés de carburant et d'aide humanitaire sont bloqués" après la fermeture du point de passage de Rafah et celui de Kerem Shalom, entre Israël et la bande de Gaza, selon des sources égyptiennes.

L'ONU a en outre affirmé ne plus disposer que d'un jour de réserve de fuel pour les opérations humanitaires à Gaza, en raison de la fermeture de Rafah.

L'armée israélienne a refusé d'indiquer combien de temps durerait cette opération.

Israël et le Hamas sont attendus en Egypte mardi, après l'annonce par le mouvement islamiste palestinien qu'il acceptait un projet de trêve, devant notamment permettre une pause dans les combats en cours depuis sept mois dans la bande de Gaza et un échange de détenus palestiniens contre des otages enlevés par le Hamas le 7 octobre lors de sa sanglante attaque dans le sud d'Israël.

Israël a annoncé que ce projet était "loin des exigences palestiniennes" et resté détermine à poursuivre ses opérations à Rafah "pour exercer une pression militaire sur le Hamas".


Le ministre saoudien de la Défense reçoit Ludovic Pouille à Riyad

Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, a rencontré l'ambassadeur de France au Royaume, Ludovic Pouille, lundi à Riyad. (SPA)
Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, a rencontré l'ambassadeur de France au Royaume, Ludovic Pouille, lundi à Riyad. (SPA)
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  • Les relations entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France ont été passées en revue et un certain nombre de questions et de sujets d'intérêt commun ont été abordés.
  • Du côté français, l'attaché militaire auprès du Royaume, Jean-Christophe Guerdet, et le conseiller de l'ambassadeur, Wassim Zammat, étaient présents.

RIYADH : Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, a rencontré lundi à Riyad l'ambassadeur de France au Royaume, Ludovic Pouille.

Au cours de la réunion, ils ont passé en revue les relations entre l'Arabie saoudite et la France et ont examiné un certain nombre de questions et de sujets d'intérêt commun, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

Le prince Abdulrahman bin Mohammed bin Ayyaf, vice-ministre de la défense, et le chef d'état-major général, le lieutenant-général Fayyad bin Hamed Al-Ruwaili, ont également assisté à la réunion.

Le ministre adjoint de la défense pour les affaires exécutives, Khalid bin Hussein Al-Bayari, et le directeur général du cabinet du ministre de la défense, Hisham bin Abdulaziz bin Saif, étaient également présents.

Du côté français, l'attaché militaire auprès du Royaume, Jean-Christophe Guerdet, et le conseiller de l'ambassadeur, Wassim Zammat, étaient présents.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Gaza: 70 Palestiniens tués à Khan Younès selon le Hamas, des milliers fuient

Au moins 70 Palestiniens ont été tués et plus de 200 blessés dans des "attaques de l'occupation israélienne dans le gouvernorat de Khan Younès depuis ce matin et jusqu'à maintenant", a indiqué le ministère de la Santé du gouvernement dirigé par le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007. (AFP)
Au moins 70 Palestiniens ont été tués et plus de 200 blessés dans des "attaques de l'occupation israélienne dans le gouvernorat de Khan Younès depuis ce matin et jusqu'à maintenant", a indiqué le ministère de la Santé du gouvernement dirigé par le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007. (AFP)
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  • Au moins 70 Palestiniens ont été tués et plus de 200 blessés dans des "attaques de l'occupation israélienne dans le gouvernorat de Khan Younès depuis ce matin et jusqu'à maintenant"
  • Devant l'hôpital Nasser de Khan Younès où morts et blessés ont été transportés, des scènes déchirantes ont lieu sous le regard impuissant des soignants

TERRITOIRES PALESTINIENS: Le ministère de la Santé du Hamas a annoncé lundi que 70 Palestiniens avaient été tués dans des opérations israéliennes à Khan Younès dans le sud de la bande de Gaza, d'où des milliers de personnes ont fui dans la panique après un ordre d'évacuation militaire.

Alors que la guerre entre Israël et le Hamas palestinien ne connaît pas de répit, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est arrivé lundi à Washington où il doit prononcer mercredi un discours devant le Congrès.

Il doit également rencontrer Joe Biden jeudi, a indiqué lundi à l'AFP un haut responsable américain.

Le président des Etats-Unis s'est engagé lundi à "continuer à travailler pour mettre fin à la guerre à Gaza". Sa vice-présidente Kamala Harris, pressentie pour obtenir l'investiture du Parti démocrate à la présidentielle de novembre, rencontrera elle aussi Benjamin Netanyahu "cette semaine" à Washington, selon ses services.

En quittant Israël lundi, le Premier ministre israélien a estimé que sa visite était "très importante" à un moment de "grande incertitude politique", après la décision de Joe Biden de ne pas se représenter à l'élection de novembre.

Principal allié et soutien militaire d'Israël, l'administration Biden s'était agacée ces derniers mois des conséquences de la riposte israélienne à l'attaque menée le 7 octobre en Israël par le Hamas palestinien, qui a déclenché la guerre à Gaza, insistant sur la protection des civils et l'entrée de l'aide humanitaire.

Dans la bande de Gaza, dévastée et assiégée par Israël depuis plus de neuf mois, l'offensive israélienne se poursuit contre le mouvement islamiste Hamas et d'autres groupes palestiniens, notamment dans des régions dont l'armée avait annoncé auparavant avoir repris le contrôle.

Au moins 70 Palestiniens ont été tués et plus de 200 blessés dans des "attaques de l'occupation israélienne dans le gouvernorat de Khan Younès depuis ce matin et jusqu'à maintenant", a indiqué le ministère de la Santé du gouvernement dirigé par le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007.

Contactée par l'AFP, l'armée n'a pas réagi dans l'immédiat. Mais dans un communiqué, elle a affirmé que son aviation et ses chars "avaient bombardé et éliminé des terroristes dans la région".

Devant l'hôpital Nasser de Khan Younès où morts et blessés ont été transportés, des scènes déchirantes ont lieu sous le regard impuissant des soignants: un homme brandit le cadavre d'un bébé en hurlant, une femme effondrée sous le chagrin se frappe la tête, des gens couverts de sang au regard hagard.


Cisjordanie: une offensive de l'armée israélienne fait cinq morts

Plusieurs responsables palestiniens ont indiqué à l'AFP que cinq Palestiniens parmi lesquels une mère et sa fille avaient été tués mardi lors d'un raid de l'armée israélienne sur un camp de réfugiés de Tulkarem, en Cisjordanie occupée. (AFP)
Plusieurs responsables palestiniens ont indiqué à l'AFP que cinq Palestiniens parmi lesquels une mère et sa fille avaient été tués mardi lors d'un raid de l'armée israélienne sur un camp de réfugiés de Tulkarem, en Cisjordanie occupée. (AFP)
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  • Parmi les victimes figurent une femme et sa fille qui travaillaient bénévolement pour des services de secours locaux
  • Le Croissant-Rouge palestinien avait fait savoir dès 02H00 mardi que ses équipes avaient pris en charge un homme blessé par balle. Il a ensuite indiqué avoir pris en charge puis transporté à l'hôpital trois femmes

TULKAREM: Plusieurs responsables palestiniens ont indiqué à l'AFP que cinq Palestiniens parmi lesquels une mère et sa fille avaient été tués mardi lors d'un raid de l'armée israélienne sur un camp de réfugiés de Tulkarem, en Cisjordanie occupée.

Les forces israéliennes ont investi ce camp au petit matin et tué cinq personnes, ont affirmé plusieurs sources au sein du camp de Tulkarem, ville située à l'extrémité ouest de la Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967.

Parmi les victimes figurent une femme et sa fille qui travaillaient bénévolement pour des services de secours locaux, a affirmé à l'AFP Faisal Salamah, un responsable de ce camp de réfugiés.

Selon cette source, l'armée israélienne, qui est entrée dans le camp "à la première heure" mardi, a aussi tué "trois jeunes".

L'armée israélienne n'a pas répondu dans l'immédiat aux sollicitations de l'AFP.

Le Croissant-Rouge palestinien avait fait savoir dès 02H00 mardi que ses équipes avaient pris en charge un homme blessé par balle. Il a ensuite indiqué avoir pris en charge puis transporté à l'hôpital trois femmes dont une "blessée à l'oeil par un éclat d'obus" dans le camp de Tulkarem.

L'agence officielle palestinienne Wafa a quant à elle évoqué une "attaque au drone" israélienne accompagnée d'une incursion de 25 véhicules militaires et de nombreux bulldozers, qui ont "pris d'assaut" le camp avant de commencer à le "détruire" et à le "vandaliser".

La guerre dans la bande de Gaza a entraîné une intensification des violences en Cisjordanie occupée.

Depuis le 7 octobre, au moins 579 Palestiniens y ont été tués par des soldats ou colons israéliens, selon les autorités palestiniennes. Au moins 16 Israéliens sont morts dans des attaques ou attentats palestiniens, d'après des données officielles israéliennes.