Pas « réaliste » d'envoyer des Casques bleus arrêter une guerre, insiste leur chef

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Publié le Vendredi 24 mai 2024

Pas « réaliste » d'envoyer des Casques bleus arrêter une guerre, insiste leur chef

  • Les opérations de maintien de la paix de l'ONU doivent "s'adapter" face aux nouveaux défis mondiaux, mais il n'est "ni réaliste ni souhaitable" d'imaginer envoyer les Casques bleus arrêter une guerre
  • Les missions onusiennes de maintien de la paix ont été accusées ces dernières années dans certains pays, surtout africains, de ne pas répondre aux besoins notamment en matière de lutte contre les organisations terroristes ou autres groupes armés

NATIONS-UNIS: Les opérations de maintien de la paix de l'ONU doivent "s'adapter" face aux nouveaux défis mondiaux, mais il n'est "ni réaliste ni souhaitable" d'imaginer envoyer les Casques bleus arrêter une guerre, à Gaza ou ailleurs, souligne leur chef Jean-Pierre Lacroix dans un entretien avec l'AFP.

Les missions onusiennes de maintien de la paix ont été accusées ces dernières années dans certains pays, surtout africains, de ne pas répondre aux besoins notamment en matière de lutte contre les organisations terroristes ou autres groupes armés.

Dans ce contexte, "bien sûr il faut continuer à s'adapter", reconnaît Jean-Pierre Lacroix. S'adapter pour répondre aux "facteurs de conflit qui prennent une importance croissante, notamment en Afrique mais pas seulement, comme les activités criminelles transnationales".

Mais "le maintien de la paix a ses limites" et n'a de sens que "pour appuyer un accord entre des parties", par exemple un cessez-le-feu, insiste-t-il.

Il juge ainsi "très très très hypothétique à ce stade" le déploiement réclamé par la Ligue arabe d'une force de maintien de la paix de l'ONU dans les territoires palestiniens occupés.

Parce que les conditions requises ne sont pas là: un accord entre les parties mettant fin aux hostilités, un accord des parties pour une intervention de l'ONU et un feu vert du Conseil de sécurité, très divisé.

L'imposition de la paix

Certains Etats membres du Conseil, notamment la France et la Russie, ont évoqué un possible rôle dans le "jour d'après" à Gaza pour l'ONUST, la plus ancienne mission de paix de l'ONU créée en 1948 pour surveiller la trêve au Moyen-Orient.

La mission qui fête son 76e anniversaire le 29 mai, également "journée internationale des Casques bleus", est toujours présente sur le terrain avec quelques dizaines d'observateurs militaires non armés, notamment au Liban.

Mais il n'y a "pas de planification à ce stade" pour leur éventuelle implication à Gaza, indique Jean-Pierre Lacroix, soulignant que le mandat des Casques bleus, où qu'ils puissent être déployés, n'est pas "l'imposition de la paix".

Faudrait-il alors modifier ce mandat? "Ce n'est ni réaliste ni souhaitable", juge-t-il.

"L'imposition de la paix, c'est (...) le synonyme de faire la guerre. Beaucoup d'Etats au sein du Conseil de sécurité y seraient opposés", assure-t-il, doutant aussi de trouver beaucoup de pays prêts à contribuer en troupes avec un tel mandat de guerre.

"Mais ça ne veut pas dire que l'imposition de la paix n'est pas nécessaire dans certains cas".

Comme en Haïti où, avec l'accord du Conseil de sécurité, le Kenya doit déployer très prochainement une mission multinationale de sécurité pour aider la police dépassée par les violences des gangs.

"Ca n'a jamais été fait auparavant, et ça pose effectivement toute une série de problèmes", commente Jean-Pierre Lacroix.

Grande diversité de situations

Mais "ce sont des leçons qu'on apprend", poursuit-il, estimant que le partenariat noué avec l'Union africaine en la matière va permettre de mieux préparer l'ONU à soutenir ce genre d'opérations d'imposition de la paix "non Casques bleus".

Le Conseil de sécurité a ainsi adopté dans cette optique en décembre dernier une résolution permettant de soutenir, notamment financièrement, les opérations de l'Union africaine.

"Il ne s'agit pas de remplacer un modèle par un autre" mais de faire en sorte que la communauté internationale soit "mieux en mesure de répondre à une plus grande diversité de situations", note-t-il, estimant que malgré les difficultés, les Etats membres soutiennent "très largement" les activités des Casques bleus.

Un soutien qui ne permet pas d'empêcher leur retrait quand il est réclamé par le pays hôte, comme au Mali l'an dernier. Ou en République démocratique du Congo (RDC) où l'ONU a cessé ses opérations de maintien de la paix fin avril au Sud-Kivu.

Après cette première phase de retrait, le risque d'une propagation du conflit dans l'est de la RDC à cette province "nous préoccupe", indique M. Lacroix. Et dans ce contexte, la poursuite du désengagement, au Nord-Kivu et en Ituri, dont le calendrier n'a pas été fixé, devra se faire de façon "responsable", pour éviter "des conséquences plus négatives encore sur une situation qui est déjà préoccupante".


Liban: un proche du Hezbollah arrêté pour espionnage au profit d'Israël 

Israeli Defense Minister Israel Katz said Wednesday that the United States has not demanded that Israel withdraw its troops from southern Lebanon, a condition set by Lebanon in ongoing ceasefire negotiations. (AFP/File)
Israeli Defense Minister Israel Katz said Wednesday that the United States has not demanded that Israel withdraw its troops from southern Lebanon, a condition set by Lebanon in ongoing ceasefire negotiations. (AFP/File)
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  • "Un agent de premier plan au service d'Israël a été arrêté à Beyrouth", a déclaré ce responsable sous couvert d'anonymat. Il est accusé d'avoir transmis "des informations détaillées à Israël"
  • Le suspect était "très proche de responsables du Hezbollah", ce qui lui permettait d'avoir accès à "un vaste éventail d'informations", selon cette source

BEYROUTH: Les autorités libanaises ont arrêté un proche du Hezbollah pro-iranien soupçonné d'espionnage au profit d'Israël, a indiqué mardi à l'AFP un responsable judiciaire.

"Un agent de premier plan au service d'Israël a été arrêté à Beyrouth", a déclaré ce responsable sous couvert d'anonymat. Il est accusé d'avoir transmis "des informations détaillées à Israël ayant conduit à l'assassinat de cadres du Hezbollah, dont quatre hauts responsables sécuritaires".

Le suspect était "très proche de responsables du Hezbollah", ce qui lui permettait d'avoir accès à "un vaste éventail d'informations", selon cette source.

Il a été arrêté la semaine dernière à l'aéroport de Beyrouth, alors qu'il s'apprêtait à se rendre en Irak, puis déféré devant le tribunal militaire où il doit être jugé, a ajouté le responsable judiciaire.

Originaire du sud du Liban, il est marié à une Irakienne et faisait régulièrement la navette entre le Liban et l'Irak, avant de se rendre en Turquie "pour rencontrer des officiers et des agents liés au Mossad israélien", d'après la même source.

Il leur "fournissait des informations sur des cibles potentielles dont il collectait des données à Beyrouth, avant qu'elles ne soient ensuite attaquées", a ajouté le responsable, sans préciser l'identité des responsables du Hezbollah visés ni la date de leur assassinat.

Israël a mené des opérations ciblées au Liban contre le Hezbollah depuis que le mouvement islamiste a ouvert un front en soutien au Hamas en octobre 2023, puis le 2 mars en soutien à l'Iran.

Ces opérations ont conduit à l'assassinat des principaux responsables du Hezbollah, dont son chef Hassan Nasrallah en septembre 2024, ainsi qu'à la destruction d'une grande partie de son arsenal.

En octobre 2025, un responsable judiciaire avait indiqué à l'AFP que les autorités libanaises avaient arrêté, au cours des mois précédents, 32 personnes reconnues coupables ou soupçonnées d'avoir transmis à Israël des informations sur des dirigeants du Hezbollah.

Au Liban, officiellement en état de guerre avec Israël, toute prise de contact avec le pays voisin est passible d'emprisonnement.

Au cours des années précédant les deux dernières guerres, des dizaines de personnes avaient été arrêtées et jugées pour collaboration avec Israël, dont plusieurs recrutées sur internet après la crise économique de 2019. Certaines ont été condamnées à des peines allant jusqu'à 25 ans de prison.


En pleines discussions à Rome, Israël se dit prêt à avancer sur deux «zones pilotes» au Liban

Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de deux zones du sud du Liban, au moment où se tiennent mardi de nouvelles négociations à Rome dans l'ombre d'une reprise des hostilités au Moyen-Orient. (AFP)
Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de deux zones du sud du Liban, au moment où se tiennent mardi de nouvelles négociations à Rome dans l'ombre d'une reprise des hostilités au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies, avaient conclu le 26 juin un accord-cadre en vue d'une "paix durable", à l'issue de cinq cycles de discussions à Washington
  • Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a déclaré que son pays était prêt à "aller de l'avant" dans la mise en oeuvre de deux "zones pilotes", revendication clé du pouvoir libanais

ROME: Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de deux zones du sud du Liban, au moment où se tiennent mardi de nouvelles négociations à Rome dans l'ombre d'une reprise des hostilités au Moyen-Orient.

Les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies, avaient conclu le 26 juin un accord-cadre en vue d'une "paix durable", à l'issue de cinq cycles de discussions à Washington.

Mais le Hezbollah, armé et financé par Téhéran, rejette ce texte dont l'application doit commencer par le retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud du Liban.

Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a déclaré que son pays était prêt à "aller de l'avant" dans la mise en oeuvre de deux "zones pilotes", revendication clé du pouvoir libanais.

"J'espère et j'ai bon espoir que cette série de discussions à Rome y contribuera", a-t-il déclaré depuis Jérusalem.

Aucune information n'a filtré à ce stade des pourparlers dans la capitale italienne.

Des journalistes de l'AFP ont vu les voitures des délégations entrer dans l'enceinte de l'ambassade américaine sous haute sécurité mardi matin, tandis que l'ambassade, sollicitée, s'est refusée à tout commentaire.

"Se retirer progressivement" 

La délégation libanaise "a reçu comme instruction de réclamer le début immédiat du retrait des forces israéliennes de deux zones pilotes avant toute autre discussion", avait fait savoir la présidence libanaise lundi soir.

Selon une source diplomatique libanaise informée de la teneur des négociations, "l'armée libanaise est prête à prendre progressivement le contrôle des localités dont l'armée israélienne se retirerait".

"Israël est disposé à se retirer progressivement, à condition que le Hezbollah ne soit pas présent dans les zones évacuées et que l'armée libanaise dispose des capacités nécessaires pour maintenir ces secteurs démilitarisés et empêcher tout retour du mouvement", explique l'analyste israélienne Orna Mizrahi.

Une délégation militaire américaine a d'ailleurs entamé samedi à Beyrouth des discussions avec l'armée libanaise sur les modalités de mise en oeuvre du retrait israélien de l'une de ces "zones pilotes".

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté début mars entre le Hezbollah et l'armée israélienne. Le mouvement chiite avait entraîné le Liban dans le conflit en bombardant Israël en représailles aux frappes américano-israéliennes contre l'Iran.

L'armée israélienne poursuit cependant des frappes limitées dans le sud, où un drone a visé mardi la localité de Nabatiyé al-Fawqa et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe, selon les médias officiels libanais.

"Réfléchir à deux fois" 

Depuis le début de ce conflit, ces frappes israéliennes ont fait depuis plus de 4.300 morts, d'après les autorités libanaises. Sur la même période, l'armée israélienne a annoncé la mort de 38 soldats et d'un contractuel civil au Liban.

"Les chances d'une percée à Rome sont assez limitées", estime Karim Bitar, enseignant à Sciences Po Paris, qui voit plutôt dans cette réunion "l'opportunité de montrer que le processus est encore en place (...), qu'il y a des négociations qui perdurent malgré les oppositions et les obstacles qui commencent à apparaître".

Téhéran avait exigé l'arrêt des hostilités au Liban pour conclure un protocole d'accord avec Washington le 17 juin.

Mais ce texte semble avoir volé en éclats après des frappes américaines et iraniennes au Moyen-Orient d'une ampleur inédite depuis la mise en place d'un cessez-le-feu début avril.

"Les Iraniens veulent établir un lien entre les deux dossiers, tandis que nous souhaitons les dissocier", relève Orna Mizrahi.

"Chaque fois qu'ils en auront l'occasion, ils (les Iraniens) chercheront à faire échouer ce qui se passe sur la scène libanaise", ajoute cette chercheuse spécialiste du Liban à l'Institut pour les études de sécurité nationale (INSS) de Tel-Aviv. Même si Téhéran a actuellement d'autres priorités, notamment le contrôle du détroit d'Ormuz.

Karim Bitar souligne pour sa part que le risque d'une reprise des violences au Liban en raison du contexte régional "n'est bien évidemment pas négligeable".

"Mais je pense que l'Iran aujourd'hui y réfléchira à deux fois avant de demander au Hezbollah de lancer de nouvelles frappes contre Israël", dit-il.

Selon lui, Téhéran "souhaite maintenir le Hezbollah comme instrument de dissuasion à long terme et ne veut pas l'utiliser immédiatement pour ouvrir un nouveau front".


Netanyahu avertit les dirigeants iraniens qu'Israël ripostera en cas d'attaque

Un homme tient une pancarte sur laquelle figurent des photos du guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, aux côtés de l'officier militaire assassiné Qasem Soleimani, alors qu'il assiste à la cérémonie d'adieu organisée en l'honneur de l'équipe nationale iranienne de football avant son départ pour la Coupe du monde de la FIFA 2026, à Téhéran, le 13 mai 2026. (AFP)
Un homme tient une pancarte sur laquelle figurent des photos du guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, aux côtés de l'officier militaire assassiné Qasem Soleimani, alors qu'il assiste à la cérémonie d'adieu organisée en l'honneur de l'équipe nationale iranienne de football avant son départ pour la Coupe du monde de la FIFA 2026, à Téhéran, le 13 mai 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti mardi les dirigeants iraniens qu'Israël riposterait en cas d'attaque
  • "Je le dis aux dirigeants iraniens : ne comptez pas sur le calme si vous nous attaquez (...), l'époque où l'on pouvait nous frapper sans que nous ripostions de manière décisive est révolue"

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti mardi les dirigeants iraniens qu'Israël riposterait en cas d'attaque, alors que les frappes américaines et iraniennes ont repris avec une ampleur inédite depuis le cessez-le-feu d'avril.

"Je le dis aux dirigeants iraniens : ne comptez pas sur le calme si vous nous attaquez (...), l'époque où l'on pouvait nous frapper sans que nous ripostions de manière décisive est révolue", a déclaré M. Netanyahu lors d'une conférence, selon une vidéo diffusée par son cabinet.