A Chypre, 60 ans de présence des Casques bleus sans solution en vue

Cette image diffusée par la Force de maintien de la paix des Nations Unies à Chypre (UNFICYP) le 11 janvier 2023 montre la princesse Anne (à gauche), princesse royale, rencontrant des soldats de la paix de l'ONU lors de sa visite de la zone protégée de l'ONU à Nicosie, la capitale divisée de Chypre. (Photo par UNFICYP AFP)
Cette image diffusée par la Force de maintien de la paix des Nations Unies à Chypre (UNFICYP) le 11 janvier 2023 montre la princesse Anne (à gauche), princesse royale, rencontrant des soldats de la paix de l'ONU lors de sa visite de la zone protégée de l'ONU à Nicosie, la capitale divisée de Chypre. (Photo par UNFICYP AFP)
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Publié le Dimanche 03 mars 2024

A Chypre, 60 ans de présence des Casques bleus sans solution en vue

  • Depuis 60 ans, les soldats de l'ONU, intervenus pour empêcher les affrontements entre les deux communautés qui mèneront à la division de l'île, sont chargés du maintien de la paix le long d'une ligne de démarcation de 180 kilomètres
  • Les pourparlers sur la réunification de l'île sont au point mort depuis 2017, et la RTCN exige désormais une solution à deux Etats

NICOSIE, Chypre : Au coeur de Nicosie, deux soldats de la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP), déployée sur l'île méditerranéenne depuis 1964, ouvrent une porte cadenassée de la zone démilitarisée qui sépare Chypriotes grecs et Chypriotes turcs et témoigne d'un conflit sans issue en vue.

Depuis 60 ans, les soldats de l'ONU, intervenus pour empêcher les affrontements entre les deux communautés qui mèneront à la division de l'île après l'invasion de sa partie nord par la Turquie en 1974, en réponse à un coup d'Etat de nationalistes chypriotes grecs qui souhaitaient rattacher le pays à la Grèce, sont chargés du maintien de la paix le long d'une ligne de démarcation de 180 kilomètres.

Les Casques bleus patrouillent dans des rues en ruine, traversant logements et commerces abandonnés dans cette zone tampon qui sépare deux entités: la République de Chypre, reconnue par l'ONU et membre de l'Union européenne depuis 2004, dans la partie sud de l'île, et la République turque de Chypre-Nord (RTCN), reconnue uniquement par Ankara.

«Lorsque vous arrivez ici pour la première fois, c'est vraiment surréaliste», confie à l'AFP Michael Clasper, un soldat britannique.

Les pourparlers sur la réunification de l'île sont au point mort depuis 2017, et la RTCN exige désormais une solution à deux Etats.

En janvier, une nouvelle envoyée de l'ONU a été nommée, la première depuis l'élection en février 2023 du président de la République de Chypre, Nikos Christodoulides, qui a émis l'espoir d'une «reprise des négociations».

Car après plus de six décennies de dialogue infructueux, l'avenir de l'UNFICYP a été remis en question, notamment sous l'administration Trump où des pressions avaient été exercées pour revoir les missions de maintien de la paix de l'ONU.

- «Besoin d'une solution» -

«Nous avons toujours eu l'intention de venir, de remplir notre mission de maintien de la paix et de repartir. Le fait que nous soyons toujours là, 60 ans plus tard, montre bien que nous avons toujours besoin d'une solution au problème chypriote», dit à l'AFP Aleem Siddique, porte-parole de l'UNFICYP, une des plus anciennes missions de maintien de la paix des Nations unies.

Chypre a obtenu son indépendance du Royaume-Uni en 1960. Mais la nouvelle République a cédé sous la pression des tensions intercommunautaires et, en décembre 1963, le conflit a dégénéré en violences meurtrières.

Nicosie, la capitale, a été divisée le long de ce qui a été appelé la «Ligne verte». Des troupes britanniques sont alors déployées, et le 4 mars 1964, le Conseil de sécurité des Nations unies vote la création de l'UNFICYP.

Depuis l'invasion turque de 1974 qui a divisé Chypre d'ouest en est, l'île est restée en grande partie paisible en raison d'un statu quo, mais la zone tampon, qui atteint jusqu'à huit kilomètres de largeur, connaît des tensions.

Chaque année, elle est le théâtre d'infractions: passages civils non autorisés, chasse illégale et contrebande, selon l'ONU, qui refuse fréquemment des demandes d'anciens habitants de venir récupérer leurs biens, ce qui constituerait une violation du statu quo.

Le rôle de la mission de l'ONU est de s'assurer que tout reste inchangé dans la Ligne verte, et que si quelque chose est différent, comme un nouveau cadenas qui viendrait à apparaître, de le signaler à la hiérarchie.

- «Statu quo remis en question» -

En août 2023, des Chypriotes turcs ont attaqué des Casques bleus tentant de bloquer la construction d'une route controversée dans un des rares villages bicommunautaires sur la Ligne verte.

L'incident, qui a suscité des condamnations «en vertu du droit international», a fait quatre blessés parmi les soldats de la paix.

«Le Secrétaire général (de l'ONU) a clairement indiqué que le statu quo est en train de changer, qu'il est remis en question par les deux parties», reconnaît le porte-parole de l'UNFICYP.

«Nous espérons que cela souligne l'importance de retourner à la table des négociations et de parvenir à un règlement durable qui ouvrira la voie au retrait de la force de maintien de la paix», ajoute encore M. Siddique.

En attendant, l'ONU est «absolument nécessaire», estime James Ker-Lindsay, expert du problème chypriote, faisant état d'une «situation précaire» sur l'île.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.