Remaniement surprise en Tunisie: le ministre de l'Intérieur remercié

Le ministre tunisien de l'Intérieur limogé, Kamel Feki, lors d’une conférence de presse le 11 mai 2023 à Tunis. (Photo Hasan Mrad AFP)
Le ministre tunisien de l'Intérieur limogé, Kamel Feki, lors d’une conférence de presse le 11 mai 2023 à Tunis. (Photo Hasan Mrad AFP)
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Publié le Dimanche 26 mai 2024

Remaniement surprise en Tunisie: le ministre de l'Intérieur remercié

  • Le président Kais Saied a décidé de nommer Khaled Nouri au ministère de l'Intérieur, selon un communiqué de la présidence tunisienne, en remplacement de Kamel Feki, considéré jusque là comme un proche du chef de l'Etat
  • Ce remaniement a été décidé dans le sillage d'une vague d'arrestations qui a touché ces deux dernières semaines une dizaine de militants des droits humains, des avocats et des journalistes

TUNIS, Tunisie : Les ministres de l'Intérieur et des Affaires sociales ont été remplacés au pied levé samedi soir lors d'un remaniement ministériel surprise en Tunisie, après une vague d'arrestations dans la société civile faisant craindre un nouveau recul des libertés dans la jeune démocratie tunisienne.

Le président Kais Saied a décidé de nommer Khaled Nouri au ministère de l'Intérieur, selon un communiqué de la présidence tunisienne, diffusé sans aucune explication, en remplacement de Kamel Feki, considéré jusque là comme un proche du chef de l'Etat.

Kamel Madouri, un technocrate, sera le nouveau ministre des Affaires sociales à la place de Malek Zahi, qui avait aussi l'oreille du président. En outre, un poste de secrétaire d'Etat a été créé au ministère de l'Intérieur, chargé de la sécurité nationale et confié à Sofiene Ben Sadok, selon le communiqué.

Ce remaniement a été décidé dans le sillage d'une vague d'arrestations qui a touché ces deux dernières semaines une dizaine de militants des droits humains, des avocats et des journalistes. L'Union européenne, les Etats-Unis et la France ont exprimé leurs «inquiétude» et «préoccupation», s'attirant les foudres du président Saied qui a dénoncé «une ingérence étrangère inacceptable».

- «Ton tour est venu» -

Vendredi, des centaines de manifestants, en majorité des jeunes, ont scandé «à bas la dictature» dans les rues de Tunis et dénoncé un retour à un «Etat policier» dans une allusion aux 23 ans de dictature de Zine El Abidine Ben Ali, renversé en 2011 par un mouvement populaire.

Les manifestants s'en sont pris directement au président Saied, élu démocratiquement en octobre 2019 mais auteur d'un coup de force à l'été 2021 par lequel il s'est emparé des pleins pouvoirs.

«Kais ô dictateur, ton tour est venu», ont crié les manifestants représentant diverses associations de la société civile, le moteur de la Révolution de 2011, qui a marqué le début du Printemps arabe dans la région.

Mercredi, deux chroniqueurs connus à la radio et à la télévision, Borhen Bssaiss et Mourad Zeghidi, ont été condamnés à une lourde peine d'un an de prison, en vertu d'un décret loi punissant les «fausses nouvelles», après avoir été accusés d'avoir critiqué la situation socio-économique du pays.

Leur interpellation le 11 mai a coïncidé avec l'arrestation musclée dans les locaux du barreau de Tunis de l'avocate Sonia Dahmani, qui s'est vu reprocher d'avoir ironisé dans une chronique à la télévision sur la possibilité que les migrants subsahariens aient envie de s'installer durablement en Tunisie, malgré la grave crise économique qui la frappe.

Deux jours plus tard, un autre avocat Mehdi Zagrouba a été emmené de force par la police et roué de coups, selon la Ligue tunisienne des droits de l'homme qui, avec l'Organisation mondiale de lutte contre la torture (OMCT), a demandé une expertise médico-légale sur «les sévices» que l'avocat dit avoir subis.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.