La justice espagnole refuse de classer l'enquête contre l'épouse de Pedro Sánchez

Le Premier ministre espagnol par intérim Pedro Sanchez et son épouse Begona Gomez (Photo, AFP).
Le Premier ministre espagnol par intérim Pedro Sanchez et son épouse Begona Gomez (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 29 mai 2024

La justice espagnole refuse de classer l'enquête contre l'épouse de Pedro Sánchez

  • Cette enquête porte sur des faits présumés de corruption et de trafic d'influence
  • Cette décision, prise en dépit d'un rapport récent de la Garde civile concluant à l'absence d'affaire

MADRID: La justice espagnole a rejeté mercredi une demande du parquet, qui préconisait le classement de l'enquête pour corruption visant l'épouse du Premier ministre Pedro Sánchez, en faisant état d'éléments "suffisants" pour justifier la poursuite des investigations.

"Il existe des indices concernant la commission présumée d'un délit" qui sont "suffisants" pour que cette enquête préliminaire se poursuive, a statué dans une décision consultée par l'AFP un tribunal de Madrid, estimant que ces indices étaient "plus que de simples soupçons".

Cette décision, prise en dépit d'un rapport récent de la Garde civile concluant à l'absence d'affaire, constitue un désaveu du parquet, qui avait réclamé le 25 avril "l'annulation" de la procédure et "le classement sans suite de l'affaire".

Elle constitue surtout un revers politique pour M. Sánchez, l'opposition de droite voyant dans cette enquête une confirmation de ses accusations de corruption à l'encontre du Premier ministre socialiste et de son gouvernement.

Cette enquête porte sur des faits présumés de corruption et de trafic d'influence. Elle a été ouverte le 16 avril après une plainte d'un collectif proche de l'extrême droite visant l'épouse de M. Sánchez, Begoña Gómez. Ce collectif a reconnu depuis que sa plainte reposait uniquement sur des articles de presse.

Selon le média en ligne El Confidencial, qui a révélé l'existence de l'enquête, la justice s'intéresse notamment aux liens de Begoña Gómez avec le groupe touristique espagnol Globalia.

Stratégie de « harcèlement »

Son PDG, propriétaire de la compagnie aérienne Air Europa, aurait rencontré Begoña Gómez alors que son groupe négociait avec le gouvernement l'octroi d'une aide publique en pleine pandémie de Covid-19. Begoña Gómez dirigeait alors une fondation qui avait signé un accord de parrainage avec Globalia.

M. Sánchez avait qualifié fin avril les accusations contre son épouse de "stratégie de harcèlement et de démolition" émanant de "médias fortement marqués à droite et à l'extrême droite" et soutenue, selon lui, par l'opposition conservatrice.

Interrogé mercredi, le ministre de la Justice, Félix Bolaños, a assuré que le rapport de la Garde civile avait "démonté une à une toutes les fausses accusations" contre Begoña Gómez. "Il n'y a rien de rien" dans ce dossier "plus tôt cette enquête sera classée, mieux ce sera", a-t-il insisté.

A l'annonce de cette enquête, M. Sánchez avait affirmé le 24 avril, à la surprise générale, qu'il envisageait de démissionner et suspendait ses activités pendant cinq jours pour un temps de réflexion. Il avait finalement décidé de rester au pouvoir.

Pour l'opposition, cette pause n'était qu'une mise en scène pour détourner l'attention de l'opinion publique et le Premier ministre n'avait jamais eu l'intention de renoncer à ses fonctions.


Elections britanniques: le Labour promet croissance et stabilité avec son programme

Le principal chef du Parti travailliste d'opposition britannique, Keir Starmer, prononce un discours sur scène lors du lancement du manifeste électoral du Parti travailliste, à Manchester, le 13 juin 2024, dans le cadre de la préparation des élections générales britanniques du 4 juillet. (Photo d'Oli FOULARD / AFP)
Le principal chef du Parti travailliste d'opposition britannique, Keir Starmer, prononce un discours sur scène lors du lancement du manifeste électoral du Parti travailliste, à Manchester, le 13 juin 2024, dans le cadre de la préparation des élections générales britanniques du 4 juillet. (Photo d'Oli FOULARD / AFP)
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  • A trois semaines du vote, les plus de 20 points d'avance du Labour sur les conservateurs dans les sondages semblent ouvrir un boulevard pour remporter une majorité confortabl
  • Keir Starmer a, lui, fustigé le "chaos" laissé par les Tories au pouvoir depuis 2010, période marquée par une grande instabilité politique et économique

MANCHESTER: Grand favori des législatives au Royaume-Uni, le chef du Labour Keir Starmer a assuré jeudi vouloir ramener la "stabilité" après les turbulences des 14 ans de pouvoir conservateur, avec un programme axé sur la croissance économique et à la prudence assumée.

"Aujourd'hui, nous pouvons jeter à nouveau les bases de la stabilité et s'appuyer dessus pour rebâtir la Grande-Bretagne", a affirmé le leader travailliste, ancien avocat de 61 ans.

A trois semaines du vote, les plus de 20 points d'avance du Labour sur les conservateurs dans les sondages semblent ouvrir un boulevard pour remporter une majorité confortable le 4 juillet à la Chambre des Communes, et faire de Keir Starmer le prochain Premier ministre.

Le parti cherche donc à éviter tout faux pas. Cela s'est confirmé dans la présentation à Manchester, dans le nord de l'Angleterre, de son programme officiel, sans surprise ni nouvelle proposition, et confirmant son recentrage.

Keir Starmer a dès le début de son intervention eu l'occasion d'insister sur la transformation opérée depuis qu'il a pris la suite en 2020 du très à gauche Jeremy Corbyn: interpellé par une manifestante - rapidement évacuée - l'accusant de proposer une politique trop proche des conservateurs, il a répliqué que le Labour avait "cessé d'être un parti de protestation" pour devenir un "parti de gouvernement".

"Le parti travailliste porte un projet de croissance. Nous sommes favorables aux entreprises, favorables aux travailleurs, le parti de la création de richesse", a-t-il martelé.

"Je ne m'excuse pas d'être prudent avec l'argent des travailleurs", a-t-il affirmé, avant de se défendre une nouvelle fois de vouloir augmenter les impôts des Britanniques, comme l'en accusent constamment les conservateurs.

"Si vous pensez qu'ils vont gagner, commencez à économiser", a persiflé sur X le Premier ministre Rishi Sunak, qui lui promis mardi des milliards de baisses d'impôt.

Le centre de réflexion Institute for fiscal studies a souligné que le "changement véritable nécessitera presque certainement davantage de ressources", et le programme du Labour n'évoque aucun projet pour dire "d'où viendrait l'argent".

Keir Starmer a, lui, fustigé le "chaos" laissé par les Tories au pouvoir depuis 2010, période marquée par une grande instabilité politique et économique: Brexit, valse incessante des ministres, quasi crise financière sous le mandat de l'ex-Première ministre Liz Truss et flambée d'inflation qui a plombé ménages et entreprises.

"Les défis ne disparaîtront pas du jour au lendemain. Si les travaillistes gagnent, nous n'aurons pas de baguette magique. Mais ce que nous avons, ce que représente ce programme, c'est un plan crédible à long terme", a-t-il averti.

«Projet sérieux»

Dans le détail, les travaillistes veulent créer un fonds dédié aux investissements dans les industries du futur, une société chargée de financer la transition vers les énergies vertes et faciliter la construction d'infrastructures.

Son programme comprend également la promesse de débloquer des dizaines de milliers de rendez-vous dans le service public de santé (NHS), institution chérie des Britanniques mais à bout de souffle, et ainsi résorber d'interminables files d'attente.

Le Labour veut aussi embaucher 6.500 professeurs et rétablir la TVA pour les écoles privées.

Sur l'immigration, il souhaite abandonner le controversé projet du gouvernement conservateur d'envoyer des demandeurs d'asile vers le Rwanda mais veut, comme la majorité actuelle, réduire le nombre d'arrivées au Royaume-Uni.

Le parti compte réaffirmer le soutien britannique à l'Ukraine face à la Russie et vise une reconnaissance de l'Etat palestinien dans le cadre d'un processus de paix. Il veut se rapprocher de l'Union européenne sans la réintégrer.

Le parti de centre-gauche a surtout, jusqu'à présent, profité de la défiance des électeurs envers les conservateurs de Rishi Sunak. Et pour installer une image de parti de gouvernement crédible, il s'est abstenu de toute promesse trop risquée - quitte à manquer d'audace au yeux de certains observateurs.

"Il s'agit d'un projet sérieux pour l'avenir de notre pays, et chaque politique dans ce document a été soigneusement réfléchie pour que nous soyons sûrs de pouvoir la mettre en oeuvre", a plaidé Keir Starmer. "Je suis candidat pour être Premier ministre, pas directeur d'un cirque".


Le président élu de l’Indonésie considère l’Arabie saoudite comme «principal partenaire» dans la résolution des questions mondiales

Le président élu et ministre de la Défense de l’Indonésie, Prabowo Subianto, s’entretient avec le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, à Djeddah, le 12 juin 2024. (ministère de la Défense)
Le président élu et ministre de la Défense de l’Indonésie, Prabowo Subianto, s’entretient avec le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, à Djeddah, le 12 juin 2024. (ministère de la Défense)
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  • Djakarta et Riyad travaillent avec d’autres pays musulmans pour mobiliser un soutien international en faveur de la Palestine
  • Le président élu de l’Indonésie, Prabowo Subianto, s’est engagé à accroître les contributions de son pays à l’Unrwa et à envoyer davantage d’équipes médicales à Gaza

DJAKARTA: Prabowo Subianto, le président élu de l’Indonésie, considère l’Arabie saoudite comme un partenaire essentiel dans la résolution des questions mondiales : c’est ce qu’a déclaré son bureau jeudi à la suite d’une rencontre avec le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane. 

M. Subianto occupe le poste de ministre de la Défense jusqu’à son accession à la présidence, qui aura lieu en octobre. Il s’est rendu à Djeddah mercredi après avoir participé en Jordanie à une conférence internationale d’aide à la bande de Gaza. 

Lors de son premier entretien avec le prince héritier saoudien depuis sa victoire aux élections législatives de février, M. Subianto a souligné l’importance de la coopération entre Djakarta et Riyad pour soutenir les efforts de paix internationaux, notamment en Palestine. 

«Pour l’Indonésie, l'Arabie saoudite est un partenaire essentiel dans le dialogue et la résolution des questions régionales et mondiales», a indiqué M. Subianto dans un communiqué du ministère de la Défense. 

«J’ai été témoin de la détermination [du prince héritier] à renforcer le leadership saoudien dans la région, notamment par la promotion de la paix et de la stabilité pour nos frères et sœurs en Palestine. La question de la Palestine nous tient particulièrement à cœur.» 

Au cours de la conférence en Jordanie, M. Subianto s’est engagé à accroître les contributions de l’Indonésie à l’Office de secours et de travaux des nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (Unrwa) et à envoyer davantage d’équipes médicales à Gaza. Il a également appelé à une solution à deux États pour la Palestine. 

L’Indonésie a toujours soutenu la Palestine et fait partie des pays qui se sont le plus exprimés sur la question palestinienne depuis le début de l’assaut israélien sur Gaza, en octobre dernier. Elle considère que la création d’un État palestinien est prévue par sa constitution, qui appelle à l’abolition du colonialisme. 

L’Indonésie et l’Arabie saoudite font partie d’un comité ministériel constitué en novembre dernier lors du Sommet extraordinaire arabo-islamique et qui tente de mobiliser un soutien international en faveur de l’arrêt immédiat de la guerre menée par Israël contre Gaza. 

«Je compte sur vous pour défendre la paix, la justice et l’humanité pour la Palestine», a souligné M. Subianto au prince héritier lors de leur entretien. 

Le président élu indonésien a exhorté Israël à obéir aux ordres de la Cour internationale de justice et à mettre un terme à son offensive militaire dans la ville de Rafah, dans le sud de Gaza. Il a par ailleurs appelé à un cessez-le-feu immédiat et permanent dans la bande de Gaza assiégée, où plus de 37 000 Palestiniens ont été tués et plus de 80% des personnes contraintes de quitter leur domicile. 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Chypre: l'ONU «préoccupée» pour des migrants bloqués dans la zone tampon

Zone tampon créée par l'ONU séparant le nord et le sud de l'île divisée de Chypre. (AFP)
Zone tampon créée par l'ONU séparant le nord et le sud de l'île divisée de Chypre. (AFP)
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  • Parmi les personnes bloquées se trouvent des Camerounais, des Iraniens, des Soudanais et des Syriens dispersés dans le no man's land et exposés à des températures de plus de 40 degrés Celsius
  • Chypre est divisée depuis qu'un coup d'Etat soutenu par Athènes visant à rattacher l'île à la Grèce a déclenché une invasion turque en 1974

NICOSIE: L'ONU a exhorté jeudi Chypre à autoriser 31 migrants bloqués dans la zone tampon séparant le nord et le sud de l'île divisée à demander l'asile, se disant "préoccupée" par leur "bien-être" dans un contexte d'intense vague de chaleur.

Chypre est divisée depuis qu'un coup d'Etat soutenu par Athènes visant à rattacher l'île à la Grèce a déclenché une invasion turque en 1974.

Le gouvernement chypriote n'exerce depuis son autorité que sur la partie sud de l'île, la partie nord étant administrée par la République turque de Chypre du Nord (RTCN), proclamée par des dirigeants chypriotes turcs en 1983 et reconnue seulement par Ankara.

Affirmant être en première ligne face aux flux migratoires au sein de l'Union européenne, la République de Chypre déplore que de nombreux migrants arrivent dans le sud depuis le nord via la zone démilitarisée contrôlée par la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP) qui sépare les deux parties de l'île.

Dans un communiqué, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) s'est dit "profondément préoccupé par la sécurité et le bien-être de 31 demandeurs d'asile parmi lesquels sept enfants qui sont pris au piège" dans la zone tampon.

Cinq d'entre eux avaient traversé du nord vers le sud pour demander l'asile mais ont été "renvoyées vers la zone tampon", a affirmé l'UNHCR.

Parmi les personnes bloquées se trouvent des Camerounais, des Iraniens, des Soudanais et des Syriens dispersés dans le no man's land et exposés à des températures de plus de 40 degrés Celsius.

"Nous sommes confrontés à une situation humanitaire de plus en plus grave à l'intérieur de la zone tampon", a déclaré à l'AFP Aleem Siddique, porte-parole de l'UNFICYP.

"Ces personnes ont besoin d'accéder aux procédures d'asile prévues par les lois nationales, européennes et internationales sur les réfugiés", a-t-il ajouté, appelant "la République de Chypre" à "remédier à la situation".

Chypre a renforcé la sécurité le long de la ligne de démarcation, le président Nikos Christodoulides s'étant engagé ce mois-ci à empêcher que la ligne verte ne devienne "un nouvel itinéraire pour les migrants illégaux".

Les autorités chypriotes, qui affirment que les demandeurs d'asile représentent 5% des 915.000 habitants de la partie sud de l'île, nient avoir enfreint la loi en leur ayant refusé l'entrée.