La croissance de l'Afrique est bonne mais insuffisante face à la pauvreté, alerte la BAD

Les délégués arrivent à la réunion annuelle de la Banque africaine de développement (BAD) au Kenyatta International Convention Centre (KICC) à Nairobi, le 29 mai 2024 (Photo, AFP).
Les délégués arrivent à la réunion annuelle de la Banque africaine de développement (BAD) au Kenyatta International Convention Centre (KICC) à Nairobi, le 29 mai 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 30 mai 2024

La croissance de l'Afrique est bonne mais insuffisante face à la pauvreté, alerte la BAD

  • L'institution panafricaine a également souligné le besoin de créer des emplois et d'industrialiser
  • La croissance africaine devrait progresser de 3,1% en 2023 à 3,7% en 2024, puis à 4,3% en 2025

NAIROBI: A près de 4% en 2024, la croissance économique de l'Afrique est honorable dans un contexte mondial difficile, mais devrait afficher "deux chiffres" pour parvenir à "sortir des millions de gens de la pauvreté", a affirmé jeudi la Banque africaine de développement (BAD).

L'institution panafricaine a également souligné le besoin de créer des emplois et d'industrialiser, lors de la présentation d'un rapport sur les perspectives économiques du continent, à l'occasion de ses rencontres annuelles, qui se tiennent dans la capitale kényane Nairobi.

"Les économies africaines opèrent comme tout le monde dans un contexte mondial très, très difficile", a déclaré le président de la BAD, le Nigérian Akinwumi Adesina, pointant notamment l'inflation, la guerre en Ukraine et l'accès restreint, et cher, aux financements pour l'Afrique.

Ce dernier point avait largement été mis en avant mercredi, avec des appels à la réforme d'un système financier mondial "injuste" envers l'Afrique.

Progrès

"Malgré tous ces vents contraires, les économies africaines s'en sont plutôt bien sorties", a ajouté l'économiste nigérian.

La croissance africaine devrait progresser de 3,1% en 2023 à 3,7% en 2024, puis à 4,3% en 2025 et dix des vingt économies les plus performantes au monde se trouvent en Afrique, salue la BAD.

Mais cette croissance est loin d'être "suffisante pour parvenir à sortir des centaines de millions de gens de la pauvreté", a poursuivi M. Adesina, appelant pour résoudre cet enjeu à des "croissances à deux chiffres, probablement sur la prochaine décennie".

Plus de 460 millions de personnes sur les 1,2 milliard d'habitants d'Afrique subsaharienne étaient considérés comme extrêmement pauvres en 2023 par la Banque mondiale.

Face à cet enjeu immense, la BAD souligne que la hausse du PIB ne compense que peu la croissance de la population.

A environ 1%, le PIB par habitant, un indicateur plus pertinent que le PIB seul pour mesurer les progrès d'une économie, était en 2023 sous la moyenne mondiale (au-dessus de 2%) et loin de celui de l'Asie (environ 4%).

Pour inverser cette tendance, mais aussi réduire le coût élevé des importations notamment alimentaires, le continent doit lutter contre les fuites de capitaux (587 milliards de dollars par an), massivement s'industrialiser et créer des emplois, assène la BAD.

La banque estime que 10 à 20 millions de jeunes Africains arrivent chaque année sur le marché du travail, où seulement 3 millions de nouveaux emplois sont disponibles.

"Le PIB ne se mange pas. A quel point ce PIB est (bon) n'a pas d'importance. Nous devons nous assurer de faire en sorte qu'il crée des emplois, des emplois de qualité", a ajouté M. Adesina.


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.


EDF remporte un contrat de 3 milliards de dollars à Oman

Le géant français EDF a signé un contrat de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) pour développer une centrale hydroélectrique de pompage-turbinage à Wadi Dayqah à Oman, dans le cadre d’une visite d’État en France du sultan d’Oman, a annoncé la présidence française le 29 juin 2026. (AFP)
Le géant français EDF a signé un contrat de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) pour développer une centrale hydroélectrique de pompage-turbinage à Wadi Dayqah à Oman, dans le cadre d’une visite d’État en France du sultan d’Oman, a annoncé la présidence française le 29 juin 2026. (AFP)
  • EDF a signé un contrat d’environ 3 milliards de dollars avec Oman pour développer une station de transfert d’énergie par pompage
  • Le projet, situé au barrage de Wadi Dayqah (près de Mascate), sera la première installation de ce type dans le pays et pourra stocker jusqu’à 2 GW d’énergie

PARIS: Le géant français de l'électricité EDF a signé lundi un contrat de 3 milliards de dollars pour une station de transfert d'énergie par pompage à Oman, à l'occasion de la visite d'État en France du sultan d'Oman Haitham ben Tarik, a annoncé l'Elysée.

Ce contrat porte sur le développement et l'exploitation de la première de station de transfert d'énergie par pompage au niveau du barrage de Wadi Daysat (90 kilomètres au sud de Mascate) qui doit permettre de stocker jusqu'à 2GW d'énergie.