L'indignation de l'Occident émoussée par les pertes humaines massives à Gaza, selon le chef de l'UNRWA

Une fillette dans la cour d'une école de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), qui héberge des Palestiniens déplacés par le conflit en cours ,dans la bande de Gaza, entre Israël et le Hamas, à Jabalia, dans le nord du territoire palestinien (AFP).
Une fillette dans la cour d'une école de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), qui héberge des Palestiniens déplacés par le conflit en cours ,dans la bande de Gaza, entre Israël et le Hamas, à Jabalia, dans le nord du territoire palestinien (AFP).
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Publié le Samedi 08 juin 2024

L'indignation de l'Occident émoussée par les pertes humaines massives à Gaza, selon le chef de l'UNRWA

  • Le bombardement israélien d'une école gérée par une agence, jeudi, tue au moins 40 Palestiniens
  • Sam Rose : «Nous avons vu cela à plusieurs reprises. Nous avons banalisé l'horreur»

Londres : Les frappes militaires israéliennes à Gaza ont « banalisé » dans les médias occidentaux des événements qui ont fait de nombreuses victimes et dont on se serait auparavant « souvenu pour toujours», a déclaré le directeur de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

Sam Rose s'exprimait à la suite du bombardement israélien d'une école gérée par l'UNRWA à Nuseirat. Selon le personnel médical local, au moins 40 personnes ont été tuées.

L'UNRWA dispose d'environ 300 écoles à Gaza, mais aucune n'a pu fonctionner autrement que comme abri pour les réfugiés depuis le début des hostilités le 7 octobre.

Plus de 36 000 personnes ont été tuées et des centaines de milliers de Gazaouis ont été déplacés par les combats.

Rose a déclaré au Guardian : « Il y avait environ 6 000 personnes réfugiées dans cette école. Il existe des règles de guerre que nous demandons à toutes les parties au conflit de respecter : protéger l'inviolabilité de nos installations. Il existe également des principes de distinction et de proportionnalité ».

« Les gens se sont réfugiés dans la cour de l'école dans les conditions les plus désespérées et n'ont pas été prévenus que cette grève avait eu lieu. Elle s'est produite au milieu de la nuit, vers 2 heures du matin ».

« Nous avons vu cela tellement de fois, que c’en est presque devenu normal. Dans les conflits précédents, des incidents isolés comme celui-ci provoquaient le choc et l'indignation et restaient à jamais dans les mémoires. Alors qu'il semble que dans ce conflit, celui-ci sera remplacé par un autre dans quelques jours, à moins que tout ne s'arrête. Ainsi, il devient presque banal que ces choses se produisent. Nous avons banalisé l'horreur ».

 Rose a ajouté qu'il avait été stupéfait par « le nombre impressionnant de personnes avec des béquilles et des fauteuils roulants, des membres manquants et des blessures » lors de sa dernière visite à Gaza.

Il a déclaré que le conflit avait des « conséquences humanitaires assez dramatiques » sur l'enclave, certaines zones étant « largement hors de contrôle ».

Rose a ajouté : « Il y aura un jour ou l'autre une prise de conscience psychologique. L'obligation pour les gens de s'adapter sans cesse aux réalités de la vie à Gaza est quelque chose que personne ne devrait avoir à supporter ».

Depuis le début du conflit, des milliers de personnes ont trouvé refuge dans les écoles de l'UNRWA, car elles sont équipées de panneaux solaires et peuvent fournir des quantités limitées d'eau potable.

Cependant, l'assaut continu d'Israël sur la ville méridionale de Rafah a forcé de nombreuses personnes à fuir la région, après avoir cherché refuge loin des combats plus au nord, dans la ville de Gaza et à Khan Younis.

La population de Rafah, qui a accueilli 1,4 million de réfugiés en plus de 270 000 résidents, est aujourd'hui estimée à environ 100 000 personnes.

Rose a expliqué : « Ceux qui sont arrivés à Rafah en tant que réfugiés ont été les premiers à partir, suivis par les familles qui avaient vécu dans la ville toute leur vie ».

« Nous observions des femmes et des enfants assis sur le bord de la route, leurs affaires bien rangées à côté d'eux : matelas, sacs de farine, bidons, livres, vêtements ».

« Les hommes étaient partis à la recherche d'un terrain, de relations ou d'autres choses. Puis ils revenaient plus tard. Ils louaient un camion et amenaient le reste de la famille, mais nous avons vu de nombreuses familles, principalement des femmes et des enfants, assises sur le bord de la route, qui attendaient de l'aide ».

 Selon lui, l'aide est insuffisante pour fournir à un si grand nombre de réfugiés la nourriture, les abris et l'équipement dont ils ont besoin.

Rose a ajouté : « Ce qui s'est passé à Gaza, c'est que la situation s'est détériorée incroyablement vite, de sorte que les gens sont passés d'une situation relativement stable à la phase cinq de la famine en un court laps de temps ».

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Le président libanais affirme qu'il ne cèdera «pas un pouce» du territoire à Israël

 Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
  • Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun
  • Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire"

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire".

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait déclaré la veille que l'armée israélienne resterait "pour une durée indéterminée" dans ce qu'elle qualifie de "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Le Liban a signé le 26 juin sous l'égide de Washington un accord-cadre avec Israël en vue de parvenir à une "paix durable", un texte violemment contesté par le Hezbollah pro-iranien.

Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun, alors que la nouvelle guerre entre Israël et le Hezbollah a fait depuis le 2 mars plus de 4.200 morts au Liban, selon les autorités.

Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire".

"Nous ne cèderons pas un seul pouce du territoire libanais", a-t-il assuré.

L'accord-cadre prévoit que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, à commencer par des "zones pilotes" dont se retirerait l'armée israélienne, mais il ne fixe pas de calendrier.

Le processus doit être détaillé dans une annexe de sécurité, dont le contenu n'a pas été rendu public.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que persisterait la menace du Hezbollah.

 


La dépouille du guide suprême Khamenei est arrivée sur le lieu de ses funérailles à Téhéran

  • Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours
  • La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès

TEHERAN: Le cercueil de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei est arrivé vendredi dans le complexe religieux de Téhéran où se dérouleront des funérailles d'une ampleur inédite, quatre mois après sa mort dans une frappe israélo-américaine.

Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours, qui commence samedi et se veut une démonstration de force après la guerre qui a tué de nombreux hauts dirigeants et des milliers de civils.

La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès.

Ses murs sont couverts de grands portraits de celui qui a été guide suprême pendant plus de trois décennies, de drapeaux noirs en signe de deuil et de drapeaux rouges, symbole du martyre et de la vengeance.

Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, l'une des plus puissantes forces militaires du Moyen-Orient, est venu lui rendre hommage, selon des images diffusées par les médias iraniens. Discret depuis le début de la guerre, probablement pour éviter d'être assassiné comme son prédécesseur, il s'agit de sa première apparition publique.

"Les gens vont venir de tout l'Iran. Il y aura énormément de monde", souffle Hossein Moghadassi, un ouvrier de 43 ans s'affairant sur le site, alors que certains devraient commencer à patienter dès vendredi soir en attendant l'ouverture des portes à 06H00 samedi (02H30 GMT).

Affiches et slogans 

Ali Khamenei, le guide suprême à la plus grande longévité depuis l'avènement en 1979 de la République islamique, est mort à 86 ans sous les bombardements contre sa résidence le 28 février de ses deux ennemis jurés, les Etats-Unis et Israël.

Ses obsèques nationales, initialement prévues en mars mais reportées en raison de la guerre, s'annoncent comme les plus grandes de l'histoire en Iran.

En 1989, à la mort de son prédécesseur Rouhollah Khomeini, environ 10 millions de personnes avaient assisté à ses funérailles, selon les chiffres officiels. Des mouvements de foule avaient alors fait plus de dix morts.

Aux côtés du cercueil d'Ali Khamenei, sont exposés ceux de ses proches tués eux aussi au premier jour de la guerre, dont celui d'une de ses filles, d'un gendre, d'une belle-fille et d'une petite-fille.

Un cortège transportant la dépouille de l'ex-guide suprême défilera lundi dans les rues de Téhéran, où nombre d'affiches et de slogans rendent hommage au "martyr", avant de gagner mardi la ville sainte de Qom.

Sous haute surveillance 

La présence du fils d'Ali Khamenei, Mojtaba, qui lui a succédé début mars à la fonction de guide suprême, n'a pas été confirmée. Blessé lors des frappes qui ont tué son père, le dirigeant ne s'exprime que par des communiqués qui lui sont attribués et n'est pas apparu en public.

Côté dignitaires, des dirigeants et responsables d'une trentaine de pays, principalement voisins, sont attendus, dont l'ancien président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif. La Chine sera représentée par un haut responsable du Parlement, He Wei.

Aucun dirigeant européen n'a été convié.

"Tous ceux qui assisteront aux funérailles se sont rangés du bon côté de l'histoire", a souligné cette semaine le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dénonçant le soutien des Occidentaux à Israël et aux Etats-Unis dans leurs deux guerres contre la République islamique, en juin 2025 et cette année.

Ironie du calendrier, le début des obsèques coïncidera avec la fête nationale des Etats-Unis, qui célèbrent ce 4 juillet leurs 250 ans d'existence.

Ces funérailles se déroulent sous tension, dans un contexte de fragile cessez-le-feu entre Téhéran et Washington mais aussi six mois après d'importantes manifestations contre la vie chère et le pouvoir.

Téhéran est depuis vendredi comme une forteresse, avec des forces de sécurité en nombre et un immense périmètre inaccessible en voiture.

L'aéroport de Téhéran est partiellement fermé vendredi et le sera totalement lundi, décrété jour férié dans tout l'Iran. Les centres commerciaux ont baissé le rideau et les entreprises sont mises au repos forcé.

Ali Khamenei sera inhumé le 9 juillet dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont il était originaire. Chef religieux, son cercueil sera présenté mercredi en Irak voisin, où la communauté chiite est aussi majoritaire.

 


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.