Législatives: Attal dans «l'action», négociations à gauche et guerre à droite

Le Premier ministre français Gabriel Attal assiste à son premier déplacement de campagne pour les élections législatives à Boulogne-sur-Mer le 13 juin 2024. (Photo de DENIS CHARLET / AFP)
Le Premier ministre français Gabriel Attal assiste à son premier déplacement de campagne pour les élections législatives à Boulogne-sur-Mer le 13 juin 2024. (Photo de DENIS CHARLET / AFP)
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Publié le Jeudi 13 juin 2024

Législatives: Attal dans «l'action», négociations à gauche et guerre à droite

  • «Sur le principe», le Premier ministre est «favorable» à un débat avec ses concurrents RN et LFI, a-t-il dit à Boulogne-sur-mer
  • Ce débat doit opposer ceux «qui ont été plus ou moins identifiés comme potentiellement Premier ministre à l'issue de ces élections, M. Bardella pour l'extrême droite et ses alliés, M. Mélenchon pour l'extrême gauche»

PARIS: Dans le Pas-de-Calais, Gabriel Attal a lancé jeudi la campagne de la majorité présidentielle sur le terrain, "favorable" à un débat télévisé avec Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon, tandis que les négocations semblent en passe d'aboutir à gauche et que la droite se fracture.

"Sur le principe", le Premier ministre est "favorable" à un débat avec ses concurrents RN et LFI, a-t-il dit à Boulogne-sur-mer.

Ce débat doit opposer ceux "qui ont été plus ou moins identifiés comme potentiellement Premier ministre à l'issue de ces élections, M. Bardella pour l'extrême droite et ses alliés, M. Mélenchon pour l'extrême gauche", a-t-il lancé, en brocardant "l'accord de la honte" entre LFI et les autres formations de gauche.

Dans le Pas-de-Calais, davantage que sur la crise politique, Gabriel Attal a été interpellé sur des sujets du quotidien comme les inondations, les heures supplémentaires des professeurs ou la réforme de l'assurance chômage, contestée à gauche, qui fera bien l'objet d'un décret "d'ici au 1er juillet", selon le chef du gouvernement. "Je suis dans l'action", a-t-il ajouté.

Parallèlement, la majorité, ébranlée par la dissolution, a dévoilé une deuxième vague d'investitures, dont celle du ministre des Affaires étrangères Stéphane Séjourné dans les Hauts-de-Seine.

«Choix collectif»

A gauche, les négociations entre les différentes formations du nouveau Front populaire se poursuivent sur la répartition des circonscriptions, le communiste Fabien Roussel tenant à se montrer "optimiste" à la mi-journée.

"Les débats sont un peu tendus, il faut choisir les meilleurs d'entre nous pour aller gagner face aux candidats RN", a souligné M. Roussel.

Sur la question du programme, "chacun y a mis du sien (...) y compris sur la qualification des crimes qui ont été commis le 7 octobre" par le Hamas en Israël, a-t-il indiqué. Après le 7 octobre, les alliés de La France insoumise au sein de l'ex-alliance Nupes ont reproché à LFI de ne pas qualifier le mouvement islamiste de "terroriste".

Reste la question brûlante du candidat de la gauche pour Matignon. Sur France 2 mercredi soir, Jean-Luc Mélenchon, dont les excès rhétoriques indisposent l'électorat modéré, n'a pas fermé la porte à l'idée de prendre la tête de cette coalition.

"Capable" d'être Premier ministre, "je ne m'élimine pas mais je ne m'impose pas", a-t-il déclaré.

Mélenchon à Matignon ? "Je ne le disqualifie pas, je dis juste que ce choix sera un choix collectif", a réagi jeudi le premier secrétaire du PS Olivier Faure.

"La nouvelle coalition devra choisir en son sein celui qui est le plus en mesure de réparer" un "pays très fracturé", ce qui "suppose un profil, non pas le plus clivant, mais qui permette de fédérer le pays", a expliqué le patron du PS, qui a obtenu un net rééquilibrage des investitures en sa faveur.

Un autre Insoumis, François Ruffin, est également disponible. "Je m'en sens capable aussi. Si jamais il y a un consensus sur un nom, je suis prêt à prendre la place qu'on voudra pour transformer la vie des gens", a-t-il déclaré.

La députée socialiste Valérie Rabault a de son côté plaidé sur X pour "une candidature féminine", sans préciser si elle pensait à elle.

Ciotti déjeune avec Bardella 

A droite, le feuilleton continue. Exclu de son parti mercredi par un bureau politique dont il conteste la légitimité et donc la validité de la décision, Eric Ciotti s'est rendu jeudi matin sans entrave à son bureau du siège du parti, au milieu d'une forêt de caméras.

Celui qui a conclu une alliance avec le RN a déjeuné avec Jordan Bardella, se félicitant sur France 2 de "l'union des droites".

Mercredi, lors d'une journée rocambolesque, tous les cadres de LR ont décidé de confier la direction du parti à Annie Genevard et François-Xavier Bellamy et décidé la reconduction des candidatures de tous les députés sortants, sauf Eric Ciotti et une de ses proches. Un candidat a également été désigné dans la circonscription du président exclu.

Mais les divergences éclatent au sein des LR sur l'attitude à adopter en cas de duel entre le Front populaire et le RN au second tour. M. Bellamy voterait "bien sûr" pour le RN alors que Florence Portelli, vice-présidente des LR, "voterait blanc".

Maréchal pas candidate 

La crise est aussi ouverte à Reconquête!, qui a exclu la tête de liste aux européennes Marion Maréchal. Elle a accusé Eric Zemmour de vouloir présenter des candidats face au RN et assuré refuser de "participer à une énième division des droites".

Mme Maréchal a cependant annoncé jeudi qu'elle ne serait "pas candidate aux législatives" et qu'elle siégerait au parlement européen.

"Je n'ai en aucun cas rallié ou rejoint le Rassemblement national", a martelé la nièce de Marine Le Pen sur TF1, affirmant ne pas avoir négocié de poste au sein d'un éventuel gouvernement.

La porte est en revanche ouverte pour ses proches, dont certains l'ont suivie dans son départ: Guillaume Peltier et Nicolas Bay, vice-présidents de Reconquête!, ainsi que Laurence Trochu.


Liban: Macron appelle Israël à "renoncer à une offensive terrestre"

Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7 pour discuter des répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale, dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, au palais de l’Élysée à Paris, le 11 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7 pour discuter des répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale, dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, au palais de l’Élysée à Paris, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a appelé Israël à renoncer clairement à une offensive terrestre au Liban et le Hezbollah à cesser immédiatement ses attaques
  • La France soutient les efforts du Liban pour rétablir le contrôle total de l’État, tandis que la Syrie affirme désormais appuyer la souveraineté libanaise

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a appelé mercredi soir Israël à "clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban" et le Hezbollah à "immédiatement mettre fin à ses attaques", après s'être entretenu avec son homologue libanais Joseph Aoun.

"Le Hezbollah a commis une faute majeure en forçant le Liban à l’affrontement avec Israël. Il doit immédiatement mettre fin à ses attaques. De son côté, Israël doit clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban", a-t-il affirmé dans une publication sur le réseau social X.

Israël poursuit ses attaques visant le Hezbollah au Liban, entraîné le 2 mars dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le mouvement pro-iranien a lancé une attaque sur Israël.

L'agence officielle Ani a fait état de nouvelles frappes mercredi soir dans le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, tandis que des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud.

Emmanuel Macron a également indiqué s'être entretenu avec son homologue syrien Ahmad al-Chareh, dont il assure qu'il "soutient les efforts des autorités libanaises pour restaurer le contrôle plein et entier de l’Etat sur leur territoire".

"Son soutien à la souveraineté libanaise marque une rupture nette avec le passé. C’est le gage de relations saines et constructives entre le Liban et la Syrie", a-t-il déclaré.

Les forces d'Ahmad al-Chareh, dont le groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS) qu'il dirigeait et a depuis dissous, ont renversé en décembre 2024 l'ancien dirigeant syrien Bachar al-Assad, que le Hezbollah soutenait militairement.

Les présidents libanais et syrien ont convenu mardi de mieux "contrôler" leur frontière commune, au lendemain d'un incident, a annoncé Beyrouth.

Damas avait dénoncé dans la nuit précédente des tirs d'artillerie du Hezbollah vers son territoire, en pleine guerre entre Israël et le mouvement chiite libanais soutenu par l'Iran.


Liban: la France triple son soutien humanitaire et envoie 60 tonnes d'aide

Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
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  • "Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes"
  • Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français

PARIS: La France s'apprête à tripler son soutien humanitaire au Liban, en y dépêchant jeudi 60 tonnes d'aide pour les réfugiés quittant le sud du pays où Israël mène des opérations militaires contre le Hezbollah pro-iranien, a annoncé mercredi le chef de la diplomatie française

"Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes, mais aussi un poste sanitaire mobile", a déclaré Jean-Noël Barrot sur TF1.

Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français, selon lui.

Paris s'apprête par ailleurs à fournir "plusieurs dizaines" de véhicules de l'avant-blindé (VAB) aux forces armées libanaises, "dont nous considérons qu'elles sont seules légitimes à assurer la sécurité du Liban", a rappelé le ministre, qui a à nouveau appelé le Hezbollah à "cesser ses attaques sur Israël" et "à rendre ses armes aux autorités libanaises".

Quelque 760.000 personnes ont été déplacées depuis le début de la campagne de frappes, lancée en réponse à des tirs du Hezbollah, selon des chiffres publiés mardi par le gouvernement libanais.

Depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël, près de 500 personnes ont été tuées.


Le Hezbollah doit se désarmer, Israël s'abstenir d'une opération d'envergure, selon Paris

 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
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  • La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises"
  • Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations"

PARIS: La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure".

Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations", selon une déclaration du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Elle appelle en outre Israël "à s'abstenir de toute intervention terrestre ou d'envergure durable au Liban, dont l'intégrité territoriale et la souveraineté doivent être respectées".

La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises", saluant leur décision le 2 mars dernier d'interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah.

La conférence du 5 mars, annulée en raison du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, était destinée à lever des fonds pour renforcer les forces de sécurité intérieures et l'armée libanaise, qui manquent cruellement de moyens financiers et d'équipements.

Cette aide était jugée fondamentale alors que l'armée libanaise était engagée dans un processus de désarmement du Hezbollah.

L'armée libanaise avait indiqué en janvier avoir achevé la première phase de ce plan de désarmement, couvrant la région située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord. La deuxième phase, concernant une zone située au nord du fleuve, devait commencer.

En déplacement au Liban début février, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait jugé positif le processus de désarmement, estimant qu'au sud du fleuve Litani, il n'y avait plus de menaces vers le nord d'Israël.

Il avait aussi demandé à l'Iran de cesser d'être une force déstabilisatrice au Liban alors qu'Israël suspectait le Hezbollah de se réarmer avec l'aide de Téhéran.

Les autorités israéliennes ont constamment jugé insuffisants les progrès dans le désarmement du groupe pro-iranien qui a fini par entraîner le Liban dans la guerre début mars.