Biden veut régulariser des centaines de milliers d'immigrés, la droite s'insurge

Des migrants font la queue dans l'espoir d'être pris en charge par les agents des douanes et de la patrouille frontalière après que des groupes soient arrivés à Jacumba Hot Springs, en Californie, après avoir marché sous une chaleur intense depuis le Mexique jusqu'aux États-Unis, le 5 juin 2024. (Photo Frederic J. Brown AFP)
Des migrants font la queue dans l'espoir d'être pris en charge par les agents des douanes et de la patrouille frontalière après que des groupes soient arrivés à Jacumba Hot Springs, en Californie, après avoir marché sous une chaleur intense depuis le Mexique jusqu'aux États-Unis, le 5 juin 2024. (Photo Frederic J. Brown AFP)
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Publié le Mardi 18 juin 2024

Biden veut régulariser des centaines de milliers d'immigrés, la droite s'insurge

  • Le président démocrate va faciliter l'obtention de titres de séjour pour les conjoints ou conjointes de citoyens américains qui vivent aux Etats-Unis sans avoir de papiers en règle, et accélérer les procédures de visa pour les jeunes diplômés
  • De son côté, Donald Trump a accusé les migrants «d'empoisonner le sang» du pays et d'y faire flamber la criminalité, sans étayer ces affirmations par des chiffres mais en s'appuyant sur certaines affaires criminelles

WASHINGTON : A quelques mois de la présidentielle, Joe Biden a annoncé mardi des mesures de régularisation qui pourraient bénéficier à des centaines de milliers de personnes, aussitôt condamnées par son rival Donald Trump et ses partisans.

Le président démocrate va faciliter l'obtention de titres de séjour pour les conjoints ou conjointes de citoyens américains qui vivent aux Etats-Unis sans avoir de papiers en règle, et accélérer les procédures de visa pour les jeunes diplômés, a fait savoir la Maison Blanche.

L'immigration est un sujet majeur de la campagne pour les élections présidentielle et législatives de novembre.

C'est aussi un thème politiquement délicat pour le président démocrate, régulièrement accusé de laxisme en la matière par celui qu'il affrontera lors de l'élection de novembre, son prédécesseur républicain Donald Trump, à la rhétorique anti-immigration très virulente.

Joe Biden a récemment annoncé un très net durcissement de sa politique migratoire, pour faire face aux arrivées à la frontière avec le Mexique.

Mais le démocrate de 81 ans vante dans le même temps les bienfaits d'une immigration régulée et «humaine», passant par des mesures telles que celles annoncées mardi.

Le gouvernement américain va faciliter la délivrance de permis de séjour permanent - la fameuse «carte verte» - aux conjoints et conjointes immigrés de citoyens américains et à leurs enfants.

Les personnes résidant depuis au moins dix ans aux Etats-Unis, et mariés à un citoyen ou une citoyenne américaine, pourront engager une démarche de régularisation sans devoir quitter au préalable le territoire américain, comme c'était jusqu'ici le cas.

«Cette décision va soulager des milliers de familles», s'est félicité dans un communiqué Krish O’Mara Vignarajah, le chef d'une association de soutien aux migrants, Global Refuge, dans un communiqué.

- Manoeuvre «électoraliste» -

Selon les calculs de l'administration Biden, les personnes qui seront éligibles résident en moyenne depuis 23 ans aux Etats-Unis.

«Cette mesure va protéger environ un demi-million de conjoints et de conjointes de citoyens américains, et environ 50.000 enfants immigrés âgés de moins de 21 ans», selon la Maison Blanche.

L'annonce a immédiatement suscité de vives critiques du Parti républicain.

L'élue de la droite radicale Marjorie Taylor Greene a dénoncé une manoeuvre «électoraliste», tandis que le républicain Josh Brecheen, qui représente l'Etat de l'Oklahoma, a estimé que «d'un coup de crayon, le président Biden protégeait 550.000 illégaux de l'expulsion» dans l'espoir de «récolter les voix».

Joe Biden veut par ailleurs accélérer la procédure de visas de travail pour certains immigrés ayant obtenu un diplôme de l'enseignement supérieur aux Etats-Unis et ayant reçu une offre d'emploi dans le pays.

Cette décision s'appliquera en particulier aux bénéficiaires d'un programme protégeant les mineurs immigrés, mis en place en 2012 quand Barack Obama était président et dont Joe Biden va célébrer le douzième anniversaire mardi à la Maison Blanche.

L'équipe de campagne du démocrate s'est d'ailleurs appuyée sur cet anniversaire pour diffuser une vidéo dans laquelle des bénéficiaires de ce programme, connus aux Etats-Unis sous le nom de «Dreamers», attaquent en anglais et en espagnol les positions anti-immigration de Donald Trump.

L'ancien président veut organiser, en cas de retour à la Maison Blanche, des expulsions massives d'immigrés en situation irrégulière.

Il a accusé les migrants «d'empoisonner le sang» du pays et d'y faire flamber la criminalité, sans étayer ces affirmations par des chiffres mais en s'appuyant sur certaines affaires criminelles.

Le milliardaire de 78 ans a par exemple évoqué lundi sur sa plateforme Truth Social l'arrestation d'un ressortissant du Salvador, accusé d'avoir violé et tué une femme sur un sentier de randonnée du Maryland (est), en 2023.

«Maintenant, les cinq enfants de Rachel Morin vont grandir sans leur mère parce que Joe l'escroc refuse de fermer la frontière. En réalité, cette semaine, Biden s'apprête à annoncer une amnistie de masse pour des centaines de milliers d'étrangers illégaux!» a écrit Donald Trump, critiquant à l'avance les décisions rendues publiques mardi par la Maison Blanche.


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
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  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".