A Beyrouth, l'ambiance est à la fête malgré les menaces d'Israël

Un véhicule habillé comme un bus à deux étages roule près des participants au festival de la rue de Beyrouth, dans le centre-ville de Beyrouth, le 22 juin 2024. (Photo par Joseph EID / AFP)
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Publié le Lundi 24 juin 2024

A Beyrouth, l'ambiance est à la fête malgré les menaces d'Israël

Dans l'effervescence d'un quartier branché de Beyrouth, les éclats des rires d'Elie et son ami, attablés pour dîner, se mêlent au brouhaha des bars voisins, loin des violences à la frontière avec Israël, qui font craindre une "guerre totale".

"J'ai quarante ans, et chaque année, on nous dit que la guerre éclatera cet été", déclare à l'AFP ce conseiller financier à la barbe poivre et sel, devant un bar de la capitale libanaise.

"Ce que l'on voit dans la rue est différent de ce que l'on entend dans les médias", confie-t-il. "Ce que rapporte la presse à l'étranger laisse penser que le Liban est en état de guerre."

Depuis le début de la guerre le 7 octobre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, le Hezbollah libanais qui soutient le mouvement islamiste palestinien, échange quotidiennement des tirs à la frontière entre le Liban et Israël.

Les tensions exacerbées à la frontière israélo-libanaise ces derniers jours font craindre une extension du conflit.

Le chef de la diplomatie israélienne Israël Katz a menacé le Hezbollah de destruction à l'issue d'une "guerre totale" et l'armée israélienne a approuvé des "plans opérationnels pour une offensive au Liban".

Le lendemain, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a averti qu'"aucun lieu" en Israël ne serait épargné par les missiles de son mouvement en cas d'attaque contre le Liban.

Mais si le risque d'une escalade revient parfois dans les discussions, il ne semble pas inquiéter pour autant les fêtards de Mar Mikhaël.

Dans ce quartier chrétien connu pour ses cafés et ses bars qui s'animent de lumières colorées, les verres s'entrechoquent et les clients dansent au rythme des derniers hits arabes et occidentaux remixés à plein volume par les DJ.

"C'est le Liban et c'est notre histoire. Rien ne change. On a bien survécu à la guerre de juillet", dit Elie, en référence à une guerre dévastatrice qui a opposé le Hezbollah à Israël à l'été 2006.

Selon lui, "durant toutes les crises passées, les gens ont continué à veiller tard, que ce soit pendant la pandémie de Covid-19 ou l'explosion au port de Beyrouth" à l'été 2020, qui a accéléré l'effondrement d'une économie libanaise déjà exsangue depuis 2019.

 

- "On s'en remet à Dieu" -

 

A quelques kilomètres de là, des Libanais ont emmené leurs enfants à un festival organisé dans le centre de Beyrouth, jusque tard dans la nuit.

"Malgré toutes les menaces, on est un peuple qui aime la vie", confie à l'AFP Abir Atallah, au milieu des rires des enfants devant l'estrade.

Bien que, selon l'ONU, 95.000 Libanais ont été déplacés par le conflit à la frontière avec Israël, le spectre de la guerre n'empêche pas les Libanais des autres régions de poursuivre leur vie normalement.

"On vit au jour le jour. Certes, les gens ont peur, mais on s'en remet à Dieu", avoue Mira Makhlouf, qui vend des jouets pour enfants.

"Les Libanais aiment faire la fête", déclare-elle, soulignant qu'elle n'a pas l'intention de quitter le Liban en cas de guerre à grande échelle.

Si des grands festivals qui se tiennent chaque été au Liban ont été annulés cette année en raison de la situation dans le sud du pays, certains organisateurs ont choisi de maintenir leur programmation.

Et les chanteurs arabes affluent au Liban pour se produire, comme en atteste récemment le concert à Beyrouth de la star égyptienne Amr Diab, qui a réuni plus de 20.000 personnes mi-juin.

Les expatriés continuent d'affluer pour la saison estivale, même si plusieurs pays ont à nouveau déconseiller à leurs ressortissants de se rendre au Liban.

"Je ne pense pas qu'une guerre puisse éclater, et on  n'a pas peur. Autrement, on ne verrait pas toute cette foule", déclare Nayla Haddad, en marge du festival.

"Toutes les deux semaines, on organise un festival dans un endroit différent", confie-t-elle, tout sourire.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".