Un ministre israélien tient des propos explicites et promet l'annexion de la Cisjordanie

Les déclarations de Smotrich représentent une escalade dans la rhétorique du gouvernement israélien, témoignant d’une position claire et sans équivoque sur la question de l'annexion. (AFP)
Les déclarations de Smotrich représentent une escalade dans la rhétorique du gouvernement israélien, témoignant d’une position claire et sans équivoque sur la question de l'annexion. (AFP)
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Publié le Mardi 25 juin 2024

Un ministre israélien tient des propos explicites et promet l'annexion de la Cisjordanie

  • Bezalel Smotrich affirme que le gouvernement «instaurera la souveraineté, d'abord sur le terrain, ensuite par le biais de la législation»
  • Ces propos interviennent à la suite de rapports faisant état de projets israéliens visant à transférer «l'autorité sur le territoire à des civils»

LONDRES: Le ministre israélien des Finances d'extrême droite, Bezalel Smotrich, a tenu des propos des plus explicites et intransigeants à ce jour concernant l'annexion de la Cisjordanie, gouvernée par l'Autorité palestinienne.

Lors d'une réunion de son Parti sioniste religieux, Smotrich, qui détient également un portefeuille ministériel au sein du ministère de la Défense, a tenu des propos sans équivoque, désignant la Cisjordanie comme la Judée et la Samarie, affirmant qu’elles font «partie intégrante d'Israël».

Lors de la conférence, Smotrich a déclaré: «Nous instaurerons la souveraineté (…) d’abord sur le terrain, ensuite par le biais de la législation. J'ai l'intention de légaliser les jeunes colonies.»

«Je me donne pour mission de vie d’empêcher la création d'un État palestinien», a-t-il souligné.

Les propos tenus par Bezalel Smotrich représentent une nouvelle escalade dans la rhétorique du gouvernement israélien, témoignant d’une position claire et sans équivoque sur la question de l'annexion.

Le recours à ce langage explicite souligne la position intransigeante du ministre et sa détermination à modifier le statut de la Cisjordanie à travers des mesures à la fois légales et concrètes.

Ce développement fait suite aux révélations du New York Times et du Guardian la semaine dernière, selon lesquelles le gouvernement israélien prévoirait de «transférer discrètement l'autorité sur le territoire à des civils» et d'autres fonctionnaires favorables aux colons, plutôt qu’à l'armée.

Dans des enregistrements fuités d’une réunion de partisans en Cisjordanie, Smotrich explique que ces changements administratifs «mégaspectaculaires» transféreraient des pouvoirs à l'administration civile, placée sous sa direction au sein du ministère de la Défense.

Ce transfert réduirait la probabilité d'un contrôle juridique de l'expansion et du développement des colonies, puisque l'administration civile est responsable de la planification et de la construction dans la zone C de la Cisjordanie, qui représente environ 60% de l'ensemble du territoire.

Smotrich ajoute que le nouveau système permettrait au gouvernement d'éviter les critiques internationales en maintenant l’implication du ministère de la Défense, donnant ainsi l’impression que l'armée reste le principal acteur dans la gouvernance de la Cisjordanie.

Tensions 

«Ce sera plus facile à avaler sur le plan international et juridique», ajoute-t-il.

Les propos de Smotrich risquent d'exacerber davantage les tensions dans la région et de susciter de vives critiques de la part des dirigeants palestiniens et de la communauté internationale, qui considèrent les projets d'annexion comme une violation du droit international et un obstacle majeur aux efforts de paix.

Smotrich, qui a œuvré pour la légalisation des colonies illégales en Cisjordanie et pour l'approbation de milliers de nouveaux logements dans les territoires palestiniens depuis qu’il est devenu ministre, se retrouve au cœur de la controverse ces derniers temps.

Des médias américains ont laissé entendre qu'il pourrait faire l’objet de sanctions pour son rôle dans la déstabilisation de la Cisjordanie.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée américaine affirme avoir repoussé des attaques de missiles et drones iraniens dans le Golfe

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WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé mardi avoir repoussé plusieurs attaques iraniennes, par missiles et drones, contre ses bases et ses alliés dans la région, et avoir répliqué en bombardant au sol une île iranienne.

"L'Iran a lancé plusieurs missiles balistiques vers des pays de la région, mais tous ont raté leur cible", a écrit le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient dans un communiqué sur X, ajoutant qu'aucun membre de l'armée n'avait été blessé.

"Deux missiles iraniens tirés vers le Koweït sont tombés avant d'atteindre le territoire ou se sont désintégrés en vol, et trois missiles lancés contre Bahreïn ont été immédiatement interceptés par les défenses aériennes américaines et bahreïniennes", a précisé le Centcom.

Avant cela, l'armée américaine avait "abattu trois drones" d'attaque "lancés par l'Iran contre des marins civils qui circulaient légitimement dans les eaux régionales", a encore déclaré l'armée américaine.

En réponse, le Centcom dit avoir "mené des frappes de légitime défense" sur des cibles au sol sur l'île iranienne de Qeshm, dans le détroit d'Ormuz.

Le Corps des Gardien de la Révolution, cités par les médias iraniens, a affirmé que les Etats-Unis ont visé une tour de télécommunication sur l'île et qu'en représailles, ils ont visé une base militaire américaine dans un pays de la région ainsi que le siège de la 5e flotte américaine, à Bahreïn.

Cette dernière affirmation a été démentie par le Centcom. "Toutes les attaques iraniennes contre les forces américaines ont échoué", a écrit le Centcom sur X.

Un peu plus tôt, le Koweït avait affirmé intercepter des "attaques de drones et missiles hostiles".

Le Centcom a ensuite déclaré avoir intercepté "plusieurs drones." "Une nouvelle vague de drones iraniens tentant d'attaquer les forces américaines au Koweït n'a pas atteint les cibles visées cette nuit," a déclaré le commandement américain sur X.

 


Nouvelle session de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington

Nada Hamadeh (au centre), ambassadrice du Liban aux États-Unis, participe à une réunion entre les délégations israélienne et libanaise organisée par les États-Unis au département d’État à Washington, le 2 juin 2026. (AFP)
Nada Hamadeh (au centre), ambassadrice du Liban aux États-Unis, participe à une réunion entre les délégations israélienne et libanaise organisée par les États-Unis au département d’État à Washington, le 2 juin 2026. (AFP)
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  • Des représentants d’Israël et du Liban participent à une quatrième session de pourparlers directs à Washington, sous médiation américaine, malgré l’absence de relations diplomatiques entre les deux pays
  • Malgré les appels à l’apaisement, les combats entre Israël et le Hezbollah se poursuivent

WASHINGTON: Les ambassadeurs d'Israël et du Liban ont été reçus mardi au département d'Etat pour une nouvelle session de pourparlers directs, alors qu'Israël et le Hezbollah ont échangé des tirs après que Donald Trump a assuré que les deux camps lui avaient promis l'apaisement.

Cette quatrième rencontre entre les représentants des deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, a lieu au département d'Etat et doit durer deux jours.

Elle réunit les représentants israélien Yechiel Leiter et libanais Nada Hamadeh Moawad, ainsi que Daniel Holler, un haut conseiller du secrétaire d'Etat Marco Rubio, qui ne participe pas à cette session.

Aucun des participants n'a fait de déclarations.

Le président américain a indiqué lundi soir sur son réseau Truth Social que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'était engagé à ne pas envoyer de troupes à Beyrouth et que le Hezbollah allait "cesser totalement le feu".

Mais les combats qui opposent l'armée israélienne et le Hezbollah depuis le 2 mars, se sont poursuivis malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril et qui avait été prolongé une fois à l'issue de ces pourparlers, les premiers depuis des décennies.

Des frappes israéliennes lundi soir ont fait au moins six morts dans le sud du pays, portant à 13 le bilan global pour la journée, selon des sources libanaises. Et le Hezbollah a revendiqué mardi une attaque à la roquette contre un char israélien à Hadatha dans la région, disant y lutter contre "l'avancée des forces israéliennes".


Israël dit avoir obtenu l'aval des Etats-Unis pour frapper la banlieue sud de Beyrouth si le Hezbollah attaque ses localités

Les premiers intervenants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne qui a touché les environs d’un hôpital dans la ville de Tyr, dans le sud, le 1er juin 2026. (Reuters)
Les premiers intervenants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne qui a touché les environs d’un hôpital dans la ville de Tyr, dans le sud, le 1er juin 2026. (Reuters)
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  • Le ministre de la Défense israélien Israël Katz affirme qu’Israël aurait obtenu l’aval des États-Unis pour frapper la banlieue sud de Beyrouth (Dahiyeh), bastion du Hezbollah, en cas d’attaques contre le nord d’Israël
  • Il expose une logique de dissuasion : si les tirs continuent, Israël dit qu’il ciblerait Dahiyeh, en liant le sort de cette zone aux attaques subies par les localités israéliennes

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien Israël Katz a affirmé mardi que son pays avait obtenu l'aval des Etats-Unis pour frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, en cas d'attaque du groupe pro-iranien sur son sol, selon un communiqué de son bureau.

"Le Premier ministre et moi-même avons mené, avec l'armée israélienne, une démarche visant à établir une équation selon laquelle le sort de Dahiyeh (la banlieue sud, ndlr) à Beyrouth serait lié à celui des localités du nord d'Israël. Si les localités israéliennes continuent d'être attaquées, nous évacuerons et frapperons le quartier chiite de Dahiyeh à Beyrouth, bastion du Hezbollah", a dit M. Katz.

"Les Etats-Unis ont validé ce principe et l'ont communiqué au gouvernement libanais ainsi qu'à toutes les parties concernées (...) Soit les tirs contre les localités cessent, soit, s'ils se poursuivent, nous frapperons Dahiyeh à Beyrouth", a poursuivi le ministre.