Les Houthis enlèvent des dizaines d’employés de l’ONU et d’ONG dans le cadre d’une répression de la société civile

Un véhicule des Nations unies est garé à l’extérieur alors que l’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen s’entretient avec des responsables locaux à Taïz, la troisième plus grande ville du pays, le 12 février 2024. (AFP)
Un véhicule des Nations unies est garé à l’extérieur alors que l’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen s’entretient avec des responsables locaux à Taïz, la troisième plus grande ville du pays, le 12 février 2024. (AFP)
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Publié le Mercredi 26 juin 2024

Les Houthis enlèvent des dizaines d’employés de l’ONU et d’ONG dans le cadre d’une répression de la société civile

  • Human Rights Watch appelle à la libération immédiate des détenus
  • «Les Houthis utilisent les détentions arbitraires et les disparitions forcées comme un outil politique»

LONDRES: Les autorités houthies au Yémen doivent libérer des dizaines de personnes arrêtées et victimes d’une disparition forcée depuis mai, a déclaré Human Rights Watch (HRW) mercredi.

Dans un rapport, HRW indique que les Houthis ont soumis plusieurs Yéménites, dont au moins 13 membres du personnel de l’ONU, à une disparition forcée dans un territoire qu’ils contrôlent, dans le cadre d’une répression plus large de la société civile.

«Les arrestations arbitraires semblent être fondées sur l’emploi actuel ou passé des détenus», ajoute HRW.

À partir du 31 mai, les Houthis ont commencé à arrêter les employés de plusieurs ONG en faisant des descentes dans les maisons et les bureaux. Selon une source, plus de 60 personnes avaient été arrêtées au 12 juin.

Dans tous les cas, les Houthis «sont arrivés sans prévenir au domicile des personnes qu’ils souhaitaient arrêter, avec plusieurs véhicules blindés et environ 10 à 30 hommes armés», selon HRW.

«La plupart des combattants portaient un uniforme militaire et se couvraient la tête et le visage, ne montrant parfois que leurs yeux. Dans de nombreux cas, les forces sont arrivées tôt le matin, alors que les familles étaient encore endormies.»

Aucun mandat de perquisition ou d’arrêt n’a été présenté et les forces houthies ont refusé de répondre aux membres des familles qui souhaitaient savoir où se trouvaient leurs proches. Aucune accusation formelle n’a été portée contre les détenus.

Toutefois, à partir du 10 juin, les autorités houthies ont commencé à diffuser une série de vidéos qui montraient des hommes yéménites détenus entre 2021 et 2023 et qui ont avoué avoir espionné pour le compte d’Israël et des États-Unis.

Selon HRW, la probabilité que les aveux aient été obtenus sous la contrainte est «élevée» et des sources ont indiqué à l’ONG que le moment choisi pour ces libérations avait pour but de «faire passer» les personnes récemment détenues pour des membres d’un «réseau d’espionnage» plus vaste.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, et le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, ont exhorté les Houthis à libérer tous les membres du personnel de l’ONU et des ONG.

Depuis le début des descentes à la fin du mois de mai, de nombreuses personnes ont fui les régions du Yémen contrôlées par les Houthis. 

La «fuite des cerveaux» des zones contrôlées par les Houthis ne fera que s’aggraver à la suite de cette campagne d’arrestation, a déclaré une source à HRW.

«Bien que j’aie réussi à fuir […], je n’arrive pas à dormir. […] Je souffre de crises de panique tous les jours depuis que j’ai fui Sanaa. […] Je suis très inquiet pour mes amis et mes collègues à Sanaa, qui attendent simplement que les Houthis les arrêtent», a confié une autre source.

Depuis 2014, les Houthis ont détenu et soumis des centaines de personnes à une disparition forcée, précise HRW, qui prévient que la milice pratique régulièrement la torture dans les centres de détention.

Les Houthis ont également «commis des violations importantes des droits et libertés des femmes, réprimé la liberté d’expression et de réunion et détenu des dizaines de journalistes, de défenseurs des droits de l’homme, d’universitaires et d’adversaires politiques», ajoute l’ONG.

Niku Jafarnia, chercheuse sur le Yémen et Bahreïn à HRW, a expliqué que «les Houthis utilisent les détentions arbitraires et les disparitions forcées comme un outil politique à un moment où les personnes qui vivent dans les territoires qu’ils contrôlent manquent même des besoins les plus élémentaires».

«Les Houthis devraient immédiatement libérer toutes ces personnes; beaucoup d’entre elles ont passé leur carrière à travailler pour améliorer leur pays.»

«La communauté internationale devrait faire tout ce qui est en son pouvoir pour garantir la libération immédiate de ces personnes.»

«Nombre d’entre eux sont des membres inestimables d’organisations de la société civile yéménite et des employés dans des agences des Nations unies et des organisations internationales non gouvernementales.»

Un Yéménite qui habite à l’étranger a déclaré à HRW: «Après cela, il n’y a plus de vie possible au Yémen. Je pensais rentrer et fonder une famille là-bas, mais maintenant il est clair que je ne pourrai pas le faire. Nous ne pouvons pas vivre ainsi.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Frappes israéliennes sur le sud du Liban parallèlement aux négociations de Rome

Un cratère laissé par une frappe aérienne israélienne menée durant la nuit, qui a visé une maison dans le secteur de Bourj al-Chamali, près de Tyr, le 6 août 2026. (AFP)
Un cratère laissé par une frappe aérienne israélienne menée durant la nuit, qui a visé une maison dans le secteur de Bourj al-Chamali, près de Tyr, le 6 août 2026. (AFP)
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  • Israël a intensifié ses frappes dans le sud du Liban, ciblant notamment Bourj al-Chamali et Mansouri, tandis que deux soldats israéliens ont été tués dans la région
  • Malgré cette escalade, Israël et le Liban poursuivent à Rome des négociations sous médiation américaine, alors que le Hezbollah rejette l'accord prévoyant son désarmement

BEYROUTH: Israël a mené dans la nuit une série de frappes contre deux localités du sud du Liban, alors que l'armée israélienne a annoncé jeudi la mort de deux de ses soldats, parallèlement à la poursuite des négociations entre les deux pays à Rome.

L'Agence nationale d'information (ANI) libanaise a indiqué que "l'ennemi israélien a intensifié ses attaques" dans la région de Tyr, en menant depuis la nuit de mercredi "une série de frappes aériennes et de bombardements".

Des drones israéliens ont frappé un quartier du village de Bourj al-Chamali avant une nouvelle frappe aérienne contre le même site, faisant quatre blessés, a ajouté l'agence de presse.

Selon la même source, l'aviation israélienne a également visé Mansouri, à une dizaine de kilomètres plus au sud, dont les habitants avaient reçu mardi un ordre d'évacuation.

Mardi, l'armée israélienne avait annoncé avoir mené des frappes contre le sud du Liban en réponse à ce qu'elle a qualifié de "violation flagrante du cessez-le-feu" par le Hezbollah pro-iranien.

Une personne a été tuée et douze autres blessées mercredi dans une frappe israélienne ayant visé une salle de prière située dans un cimetière de la localité de Tebnine, selon le ministère libanais de la Santé.

Cette escalade intervient après l'annonce, jeudi matin, de la mort de deux soldats israéliens dans le sud du Liban, les premières pertes enregistrées par l'armée israélienne dans cette région depuis plus d'un mois. Le Hezbollah n'a pas réagi dans l'immédiat.

Le Liban et Israël tiennent depuis mardi à Rome un septième cycle de négociations directes sous médiation américaine.

Les deux pays ont conclu en juin un accord-cadre prévoyant le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la région.

Le Hezbollah rejette cet accord et refuse de déposer les armes.

Depuis le début de la guerre, plus de 4.300 personnes ont été tuées au Liban, tandis que 38 soldats israéliens et un contractuel civil ont perdu la vie.


Le chef de la diplomatie saoudienne participe à des discussions régionales en Jordanie sur la sécurité maritime et la désescalade

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a participé mercredi en Jordanie à une réunion avec ses homologues régionaux afin de discuter des efforts visant à désamorcer les tensions. (KSAMOFA)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a participé mercredi en Jordanie à une réunion avec ses homologues régionaux afin de discuter des efforts visant à désamorcer les tensions. (KSAMOFA)
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  • La réunion de quatre parties régionales à Amman a réuni le prince Faisal avec les ministres égyptien, turc et pakistanais

RIYAD : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a participé mercredi à Amman à une réunion avec ses homologues régionaux afin d'examiner les moyens de réduire les tensions, de renforcer la coordination et de préserver la sécurité maritime.

Cette réunion des quatre parties régionales s'est tenue dans la capitale jordanienne et a réuni le prince Faisal, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Pakistan, Ishaq Dar, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, ainsi que le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan.

Les ministres ont passé en revue les derniers développements régionaux et ont souligné l'importance de renforcer la coordination et de maintenir une approche commune face aux enjeux actuels de la région.

Ils ont également insisté sur la nécessité d'efforts conjoints pour garantir la sécurité de la navigation dans le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb, préserver la liberté de navigation et soutenir la stabilité des chaînes d'approvisionnement mondiales ainsi que des marchés de l'énergie.

Les ministres ont salué l'initiative de l'Arabie saoudite visant à créer une alliance multinationale de défense maritime destinée à renforcer la sécurité en mer, protéger les voies navigables internationales et faire face aux menaces pesant sur le transport maritime et le commerce mondial.

Les discussions ont également porté sur les efforts visant à apaiser les tensions régionales et à répondre aux défis sécuritaires persistants. Les ministres ont souligné l'importance des solutions diplomatiques et du soutien aux efforts de médiation menés par le Pakistan et le Qatar.

Ils ont enfin réaffirmé la nécessité de respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale des États dans le cadre des efforts visant à préserver la sécurité et la stabilité de la région. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Le Conseil des ministres saoudien souligne que le dialogue est essentiel à la désescalade régionale

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
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  • Les ministres soulignent l’importance de déployer tous les efforts possibles pour parvenir à un apaisement.

RIYAD : Le gouvernement saoudien a réaffirmé que le dialogue demeure indispensable pour parvenir à une désescalade, alors que des informations faisant état de progrès dans les discussions ont été rapportées mardi, laissant entrevoir un possible accord visant à mettre fin au conflit entre les États-Unis et l’Iran.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, qui a présidé la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres à Djeddah, a souligné l’importance de tout mettre en œuvre pour instaurer un climat d’apaisement, ouvrant la voie à des solutions diplomatiques garantes de la sécurité et de la stabilité régionales.

Washington et Téhéran sont engagés dans une guerre régionale intense depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé des attaques contre l’Iran, entraînant l’assassinat du guide suprême du pays.

Un responsable américain a évoqué la possibilité qu’un accord avec l’Iran soit conclu dès mercredi, ce qui pourrait permettre la réouverture du détroit d’Ormuz.

Le détroit avait été fermé par l’Iran après l’effondrement d’un protocole d’accord signé entre Washington et Téhéran, qui avait brièvement permis la reprise du trafic maritime dans cette voie navigable stratégique.

Le prince héritier a également informé le Conseil des ministres de son entretien téléphonique, tenu durant le week-end, avec le président américain Donald Trump.

« Son Altesse Royale a souligné la nécessité de privilégier le dialogue pour réduire les tensions, ainsi que l’importance de déployer tous les efforts possibles afin de parvenir à une trêve ouvrant la voie à des solutions diplomatiques », a rapporté samedi l’Agence de presse saoudienne (SPA), peu après l’échange entre les deux dirigeants.

Le Conseil des ministres a par ailleurs salué le soutien international croissant et la participation accrue à la coalition multinationale de défense maritime lancée par l’Arabie saoudite.

Le Royaume et treize autres pays ont créé cette coalition jeudi afin de protéger la navigation dans les principales voies maritimes du Moyen-Orient.

Selon le ministère saoudien de la Défense, la Coalition multinationale de défense maritime s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer la sécurité maritime, protéger les routes maritimes internationales et faire face aux menaces pesant sur la navigation et le commerce mondial.

Toujours selon la SPA, cette coalition reflète le rôle de premier plan du Royaume dans le renforcement de la sécurité et de la stabilité aux niveaux régional et international.

Elle renforce la coopération multilatérale entre les États et établit un cadre destiné à protéger les voies maritimes internationales, les routes commerciales et les approvisionnements énergétiques face aux menaces croissantes en mer Rouge, dans le détroit de Bab el-Mandeb et dans le golfe d’Aden. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com