Biden flanche lors de son débat face à Trump

Avec son aplomb et malgré ses nombreux mensonges, Donald Trump a dominé jeudi le premier débat de la présidentielle américaine face à un Joe Biden offensif sur le fond, mais très embrouillé sur la forme. (AN)
Avec son aplomb et malgré ses nombreux mensonges, Donald Trump a dominé jeudi le premier débat de la présidentielle américaine face à un Joe Biden offensif sur le fond, mais très embrouillé sur la forme. (AN)
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Publié le Vendredi 28 juin 2024

Biden flanche lors de son débat face à Trump

  • Sur le fond, les candidats ont longuement évoqué les questions d'inflation, d'immigration et de soutien à l'Ukraine
  • La contre-performance de Joe Biden marque très probablement un tournant dans une campagne jusqu'ici extrêmement serrée

ATLANTA: Avec son aplomb et malgré ses nombreux mensonges, Donald Trump a dominé jeudi le premier débat de la présidentielle américaine face à un Joe Biden offensif sur le fond, mais très embrouillé sur la forme.

Le président de 81 ans, qui avait réclamé que ce face-à-face avec son prédécesseur républicain se tienne tôt dans la campagne, a raté une occasion cruciale de rassurer les millions d'Américains devant leurs écrans sur sa vitalité et sa santé.

Sur scène, le dirigeant démocrate est souvent apparu confus, mâchant ses mots et s'emmêlant plus d'une fois les pinceaux.

Donald Trump, condamné au pénal fin mai, a lui largement imposé son style, multipliant les exagérations et les contre-vérités, notamment sur l'immigration, sans intervention des deux journalistes de CNN animant la soirée.

Fait notable, l'ancien président, qui n'a jamais reconnu sa défaite face à Joe Biden en 2020, ne s'est pas engagé durant l'émission à reconnaître sans conditions le résultat de son duel face au démocrate le 5 novembre.

Il s'est également délesté une nouvelle fois de toute responsabilité dans l'attaque menée par ses partisans contre le Congrès à Washington, le 6 janvier 2021.

Contre-performance de Biden, Trump mesuré: les principaux points du débat

Occasion plus que ratée de rassurer pour Joe Biden, outrances évitées pour Donald Trump, qui ne s'engage toujours pas à reconnaître sans conditions les résultats du scrutin: voici les principaux points à retenir du premier débat entre les deux candidats, à quatre mois de l'élection présidentielle.

Contre-performance pour Biden

Pour Joe Biden, 81 ans, tout l'enjeu de ce premier débat était de rassurer l'Amérique sur sa capacité à assurer un nouveau mandat malgré son âge avancé et les inquiétudes sur sa forme.

La voix enrouée, se reprenant fréquemment ou se perdant dans des phrases confuses: le président américain a souvent manqué d'assurance, contrastant avec le ton résolu et énergique de son adversaire républicain.

Jusqu'à décevoir au sein même de son camp. "La prestation de Joe Biden pendant le débat était décevante, il n'y a pas d'autre façon de le dire", a reconnu Kate Bedingfield, ancienne directrice de la communication à la Maison Blanche durant ses premières années de mandat.

Comme pour justifier en partie cette contre-performance, l'équipe de campagne du démocrate a fait savoir qu'il souffrait d'un rhume. Joe Biden a été "lent au démarrage mais a fini en force", a défendu sa vice-présidente Kamala Harris.

Trump reste dans les clous 

Donald Trump, dont les sorties sont très appréciées par ses partisans en meeting, devait au contraire lors du débat contrôler son agressivité verbale et ne pas perdre son sang-froid s'il voulait pouvoir convaincre les indécis.

Résultat: tout au long du débat, le candidat républicain a largement réussi à contenir le ton de ses attaques et est resté discipliné.

De ce point de vue, les règles du débat, avec un micro coupé pour le candidat n'étant pas en train de parler "ont peut-être aidé Trump parce qu'elles l'ont empêché de hurler sur les réponses de Biden", a estimé Robert Rowland, professeur de communication à l'Université du Kansas.

Attaques personnelles

Les deux candidats se détestent, et ne l'ont pas caché. Après une arrivée glaciale sur le plateau de CNN, sans se serrer la main, Joe Biden et Donald Trump n'ont pas manqué de s'invectiver.

Les coups sont notamment partis du démocrate, qui a accusé l'ancien président d'avoir "le sens moral d'un dépravé", l'a traité de "pleurnichard", "de pauvre type" et de "loser". Il a aussi souligné sa récente condamnation pénale à New York, en le qualifiant de "repris de justice".

Donald Trump, 78 ans, a de son côté mis au défi Joe Biden de passer un "test cognitif" et a martelé que le démocrate était "le pire président de l'histoire du pays".

Pas de cacophonie 

Contrairement au premier débat entre les deux hommes en 2020, lors duquel ils n'avaient cessé de se couper la parole, la cacophonie a cette fois été évitée, notamment en raison des règles strictes établies par CNN.

Mais les candidats n'ont de ce fait eu que peu d'échanges directs spontanés, et les présentateurs se sont surtout limités à passer la parole, sans reprendre Donald Trump notamment sur ses exagérations ou fausses affirmations.

Trump évasif sur les résultats 

Donald Trump, qui conteste toujours la victoire de Joe Biden dans les urnes en 2020, a de nouveau refusé de s'engager à reconnaître le résultat de la présidentielle de novembre sans conditions.

"Si les élections sont justes et équitables, absolument", a-t-il seulement répondu lorsqu'il a été interrogé sur le sujet.

"Ce type n'a aucun sens de ce qu'est la démocratie", a taclé Joe Biden.

«Sans conteste un désastre»

Sur le fond, les candidats ont longuement évoqué les questions d'inflation, d'immigration et de soutien à l'Ukraine.

Joe Biden, à la voix souvent enrouée devant les caméras de CNN -- son camp a indiqué qu'il était enrhumé -- a attaqué sur un sujet qu'il sait délicat pour le milliardaire, en lui reprochant son action "terrible" contre le droit à l'avortement.

Il a aussi accusé Donald Trump de "mentir" en affirmant que l'immigration clandestine faisait flamber la criminalité.

Mais depuis que les campagnes présidentielles américaines sont entrées dans l'ère de la télévision, il y a plus de 60 ans avec le débat entre John F. Kennedy et Richard Nixon, la forme compte autant que le fond.

"Je pense que nous nous en sommes bien sortis", a balayé le démocrate lors d'un arrêt dans un restaurant de Géorgie après l'émission, affirmant qu'il est "dur de débattre face à un menteur".

Selon un sondage de CNN conduit auprès de téléspectateurs le verdict est pourtant sans appel: deux tiers d'entre eux ont jugé que Donald Trump avait remporté le match.

Les réactions affligées et les appels à se retirer venant de démocrates anonymes se sont répandus dans la presse à peine le débat terminé.

"La prestation de Joe Biden pendant le débat était décevante, il n'y a pas d'autre façon de le dire", a reconnu Kate Bedingfield, ancienne directrice de la communication de la Maison Blanche durant ses premières années de mandat.

"Ce fut sans conteste un désastre", a estimé le politologue Larry Sabato à l'AFP.

Envoyée pour tenter d'éteindre l'incendie, la vice-présidente américaine Kamala Harris a concédé que Joe Biden avait été "lent au démarrage" mais qu'il avait "fini en force".

Tournant dans la campagne 

La républicaine Nikki Haley, ancienne rivale de Donald Trump aux primaires et dont les voix sont particulièrement courtisées par les deux candidats, est allée jusqu'à suggérer que Joe Biden ne serait pas "le candidat des démocrates à l'élection, exhortant les républicains à "rester sur leurs gardes".

Un tel scénario est dans les faits extrêmement peu plausible et Joe Biden devrait, sauf énorme surprise, être investi par son parti pour la présidentielle de novembre durant la convention démocrate de Chicago mi-août.

La contre-performance de Joe Biden marque très probablement un tournant dans une campagne jusqu'ici extrêmement serrée: les deux candidats sont au coude-à-coude dans les Etats susceptibles de faire basculer l'élection.

Il est toutefois très difficile de dire si le débat fera radicalement bouger les lignes, dans un pays où la polarisation politique est extrême.

L'enjeu n'en est pas moins énorme: si l'un des deux candidats arrive à séduire quelques électeurs indépendants, cela pourrait suffire à lui donner l'avantage en novembre, tant le scrutin s'annonce serré.

Une autre grande inconnue pèse toutefois sur le scrutin: Donald Trump devrait être fixé dans deux semaines sur sa peine dans son procès à New York. L'ancien président républicain risque en théorie la prison dans cette affaire, même si ce scénario paraît très peu probable.

La Cour suprême des Etats-Unis, largement remaniée par l'ancien magnat de l'immobilier, doit aussi décider prochainement si Donald Trump dispose d'une immunité pénale afin d'obtenir l'annulation des poursuites à son encontre sur ses tentatives d'inverser illégalement les résultats de la présidentielle de 2020.

Il pourrait être fixé sur son sort dès vendredi.


Trump évoque une possible reprise des négociations avec l'Iran dans la semaine

Donald Trump a évoqué mardi une possible reprise des discussions avec l'Iran cette semaine au Pakistan, tandis qu'Israël et le Liban ont convenu à Washington d'entamer des négociations directes, sur l'autre front de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Donald Trump a évoqué mardi une possible reprise des discussions avec l'Iran cette semaine au Pakistan, tandis qu'Israël et le Liban ont convenu à Washington d'entamer des négociations directes, sur l'autre front de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Le quotidien new-yorkais raconte même que Donald Trump a rappelé son journaliste, quelques minutes après lui avoir répondu dans un premier temps qu'il était peu probable que les pourparlers reprennent dans la capitale pakistanaise
  • Le président républicain a alors estimé "plus probable" que les négociateurs américains s'y rendent de nouveau car le chef de l'armée pakistanaise, Asim Munir, "fait un super boulot"

WASHINGTON: Donald Trump a évoqué mardi une possible reprise des discussions avec l'Iran cette semaine au Pakistan, tandis qu'Israël et le Liban ont convenu à Washington d'entamer des négociations directes, sur l'autre front de la guerre au Moyen-Orient.

"Vous devriez rester là-bas, vraiment, parce que quelque chose pourrait arriver au cours des deux prochains jours", a dit au téléphone le président américain à un journaliste du New York Post présent à Islamabad.

Le quotidien new-yorkais raconte même que Donald Trump a rappelé son journaliste, quelques minutes après lui avoir répondu dans un premier temps qu'il était peu probable que les pourparlers reprennent dans la capitale pakistanaise.

Le président républicain a alors estimé "plus probable" que les négociateurs américains s'y rendent de nouveau car le chef de l'armée pakistanaise, Asim Munir, "fait un super boulot".

Le week-end passé, un premier round de discussions avec le vice-président américain JD Vance et mené après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril a échoué.

Deux sources pakistanaises de haut rang ont indiqué à l'AFP qu'Islamabad cherchait à les relancer.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Gutteres a appelé mardi à la reprise de "négociations sérieuses". "Il n'y a pas de solution militaire à cette crise", a-t-il insisté.

"Du même côté" 

Sur l'autre front du conflit, qui oppose Israël au Hezbollah pro-iranien, Israël et le Liban sont convenus d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable à l'issue de plus de deux heures de discussions, jugées productives, entre les ambassadeurs à Washington des deux pays, les premières du genre depuis 1993.

La diplomatie américaine a précisé que date et lieu "restent à fixer d'un commun accord".

"Nous avons découvert aujourd'hui que nous (Israël et le Liban, ndlr) sommes du même côté", a déclaré l'ambassadeur israélien Yechiel Leiter. "Nous sommes tous deux unis dans notre volonté de libérer le Liban" du mouvement chiite pro-iranien Hezbollah, a-t-il ajouté.

L'ambassadeur a aussi affirmé qu'Israël ne veut pas de l'implication de Paris dans ces discussions sur le Liban.

"Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu'il s'agit de négociations de paix", a poursuivi le représentant israélien, en des termes très peu diplomatiques.

Son homologue libanaise Nada Hamadeh Moawad a qualifié la "réunion préparatoire" de mardi de "constructive" et "appelé à un cessez-le-feu" entre Israël et le Hezbollah.

Car si le front iranien connaît une accalmie, le Liban n'est pas concerné par la trêve selon Israël, qui continue de frapper le Hezbollah et ne s'est pas retiré du sud du pays.

Le mouvement pro-iranien, grand absent de la rencontre, a qualifié ces discussions de "capitulation" et revendiqué, alors qu'elles débutaient, des tirs de roquettes vers treize localités israéliennes frontalières.

Le pétrole sous les 100 dollars 

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient début mars quand le mouvement chiite a visé Israël pour soutenir l'Iran face à la vaste offensive israélo-américaine. Israël a alors entrepris une opération militaire en territoire libanais.

Depuis, plus de 2.000 personnes ont été tuées au Liban dans les frappes israéliennes, selon les autorités, et environ un million ont été déplacées - soit un cinquième de la population, selon l'ONU.

Côté israélien, l'armée a fait état de treize soldats tués au total au Liban. Dix y ont été blessés mardi lors d'affrontements dans la ville de Bint Jbeil (sud).

A Beyrouth, des Libanais disent leur lassitude.

"Nous sommes pour (les négociations) si c'est dans l'intérêt du Liban, si cela résout les problèmes," disait à l'AFP avant les discussions Kamal Ayad, un réparateur de fenêtres de 49 ans. "Nous voulons la paix, pour nos enfants et notre avenir, nous sommes fatigués, nous avons vécu tant de guerres".

Dans le Golfe, l'armée américaine a annoncé mardi avoir empêché six navires de quitter les ports iraniens au cours des premières 24 heures du blocus imposé par les Etats-Unis à la République islamique, en réponse à son blocage du stratégique détroit d'Ormuz.

Cette paralysie a fait grimper les prix du pétrole mais ceux-ci ont chuté mardi sous les 100 dollars (-7,8% à 91,28 dollars pour le baril américain, -4,60% à 94,79 dollars pour le Brent), le marché misant sur une reprise des négociations.


Washington accueille de difficiles pourparlers de paix entre le Liban et Israël

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur des États-Unis au Liban Michel Issa (4e à partir de la gauche), l'ambassadrice du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis Yechiel Leiter (à l'extrême droite) participent mardi à Washington à des pourparlers de paix au Département d'État américain. (AFP)
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur des États-Unis au Liban Michel Issa (4e à partir de la gauche), l'ambassadrice du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis Yechiel Leiter (à l'extrême droite) participent mardi à Washington à des pourparlers de paix au Département d'État américain. (AFP)
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  • L'armée israélienne a annoncé mardi la mort d'un nouveau soldat "au combat" dans le sud du Liban, le treizième depuis le début depuis le début de la guerre au Moyen-orient
  • La rencontre au département d'Etat doit se dérouler en fin de matinée sous les auspices de Marco Rubio, aux côtés des ambassadeurs israélien et libanais à Washington, Yechiel Leiter et Nada Hamadeh Moawad, ainsi que l'ambassadeur des Etats-Unis au Liban

WASHINGTON: Des représentants libanais et israélien se retrouvent mardi à Washington, sous médiation du chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, pour des pourparlers directs préliminaires de paix, mais les perspectives d'un accord semblent minces.

Avant même la rencontre, le chef du Hezbollah pro-iranien, Naim Qassem, a réclamé lundi son "annulation", affirmant que de tels pourparlers étaient une "capitulation".

Depuis que le Liban a été entraîné le 2 mars par le Hezbollah dans le conflit régional avec l'Iran, les frappes israéliennes ont fait plus de 2.000 morts -- dont les frappes meurtrières sans précédent du 8 avril -- et déplacé plus d'un million de personnes, malgré les appels de la communauté internationale à un cessez-le-feu.

L'armée israélienne a annoncé mardi la mort d'un nouveau soldat "au combat" dans le sud du Liban, le treizième depuis le début depuis le début de la guerre au Moyen-orient.

La rencontre au département d'Etat doit se dérouler en fin de matinée sous les auspices de Marco Rubio, aux côtés des ambassadeurs israélien et libanais à Washington, Yechiel Leiter et Nada Hamadeh Moawad, ainsi que l'ambassadeur des Etats-Unis au Liban, Michel Issa.

"En conséquence directe des agissements irresponsables du Hezbollah, les gouvernements israélien et libanais ont entamé des pourparlers diplomatiques ouverts, directs et de haut niveau – les premiers du genre depuis 1993, sous l'égide des Etats-Unis", a déclaré un responsable du département d'Etat sous couvert d'anonymat.

Selon lui, cette discussion "vise à garantir la sécurité à long terme de la frontière nord d'Israël et à soutenir la détermination du gouvernement libanais à rétablir sa pleine souveraineté sur son territoire et sa vie politique".

"Ce dialogue entre Israël et le Liban (...) vise à désarmer l'organisation terroriste du Hezbollah, à la chasser du Liban et à établir des relations pacifiques entre nos deux pays", a déclaré de son côté lundi la porte-parole du gouvernement israélien, Shosh Bedrosian.

"Nous ne négocierons pas de cessez-le-feu avec le Hezbollah, qui continue de mener des attaques aveugles contre Israël et nos civils", a-t-elle dit.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dit samedi accepter ces pourparlers directs sous deux conditions: le "désarmement du Hezbollah" et la recherche d'un "véritable accord de paix qui tiendra pour des générations".

Côté libanais, le président Joseph Aoun a déclaré lundi qu'il "espérait qu'un accord serait conclu sur un cessez-le-feu au Liban, dans le but d'entamer des négociations directes entre le Liban et Israël", qui sont en état de guerre depuis des décennies.

"Faibles attentes" 

A Washington, la diplomatie américaine s'est retrouvé dans l'embarras ces dernières semaines face aux frappes israéliennes au Liban, craignant que cela n'entrave les négociations avec l'Iran à Islamabad, qui se sont finalement conclues dimanche sur un échec.

L'administration Trump insiste sur le désarmement du Hezbollah, regrettant que l'armée libanaise n'ait pas su ou pu le faire jusqu'à présent.

Mais Washington est entre deux feux, exigeant d'une part le respect de l'intégrité territoriale du Liban tout en défendant le droit d'Israël à se défendre.

Il va falloir "beaucoup d'imagination et d'optimisme pour penser" que le différend entre Israël et le Liban "puisse être résolu demain à Washington", a déclaré à des journalistes un ancien responsable israélien de la Défense, ajoutant que "les attentes sont faibles".

"Il sera très difficile de parvenir à un accord, et Israël va créer une zone tampon dans le nord, très similaire à celle que nous avons à Gaza", a-t-il dit sous couvert de l'anonymat.

Israël prévoit d'établir une "zone de sécurité" dans le sud du Liban, où les forces israéliennes ont pénétré pour éliminer selon eux la menace que le Hezbollah pose pour les habitants du nord d'Israël.

Le Hezbollah est entré le 2 mars dans la guerre au Moyen-Orient pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

Israël a riposté par des frappes aériennes meurtrières de grande ampleur à travers le Liban et une invasion dans le sud du pays.

En 1983, un fragile pouvoir au Liban avait déjà signé un accord avec Israël, dans la foulée de l'invasion israélienne de l'année précédente, qui était resté lettre morte.

Israël s'est finalement retiré en 2000 du sud du Liban mais après le 7-Octobre, et même après le cessez-le-feu de novembre 2024, les troupes israéliennes ont détruit une majeure partie des villages frontaliers.


Giorgia Meloni annonce que l'Italie suspend son accord de défense avec Israël

La Première ministre italienne Giorgia Meloni a annoncé mardi que son gouvernement allait "suspendre le renouvellement automatique" de l'accord de défense entre l'Italie et Israël. (AFP)
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a annoncé mardi que son gouvernement allait "suspendre le renouvellement automatique" de l'accord de défense entre l'Italie et Israël. (AFP)
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  • "Compte tenu de la situation actuelle, le gouvernement a décidé de suspendre le renouvellement automatique de l’accord de défense avec Israël"
  • Israël a convoqué lundi l'ambassadeur d'Italie après que le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani eut condamné les "attaques inacceptables" d'Israël contre des civils au Liban lors d'une visite à Beyrouth

ROME: La Première ministre italienne Giorgia Meloni a annoncé mardi que son gouvernement allait "suspendre le renouvellement automatique" de l'accord de défense entre l'Italie et Israël.

"Compte tenu de la situation actuelle, le gouvernement a décidé de suspendre le renouvellement automatique de l’accord de défense avec Israël", a déclaré Giorgia Meloni à la presse en marge d'un déplacement à Vérone (nord).