L'Arabie saoudite ambitionne de prendre la tête du marché mondial de l'alimentation halal

L'importance du Royaume dans le secteur halal a été mise en avant lors de l'édition inaugurale du Makkah Halal Forum qui s'est tenu en janvier (Photo, SPA).
L'importance du Royaume dans le secteur halal a été mise en avant lors de l'édition inaugurale du Makkah Halal Forum qui s'est tenu en janvier (Photo, SPA).
Short Url
Publié le Dimanche 30 juin 2024

L'Arabie saoudite ambitionne de prendre la tête du marché mondial de l'alimentation halal

  • Le cadre réglementaire du Royaume garantit la conformité avec les normes halal
  • Le statut de l'Arabie saoudite en tant que terre sainte de l'islam confère à ses réglementations halal une perception de plus grande authenticité

DJEDDAH : L'Arabie saoudite est à l'avant-garde de l'industrie mondiale des produits halal. Elle capitalise sur son statut unique de berceau de l'islam, ce qui lui permet de gagner la confiance d'environ 2 milliards de musulmans à travers le monde.

Cette position inégalée confère aux réglementations et certifications halal saoudiennes un degré élevé d'authenticité et de crédibilité religieuses, ce qui les rend très respectées et recherchées dans le monde entier. Le cadre réglementaire du Royaume, dirigé par des organismes clés tels que l'Autorité saoudienne des aliments et des médicaments, garantit une conformité rigoureuse aux normes halal, renforçant ainsi sa position de leader sur le marché.

L'importance du Royaume dans ce secteur a été soulignée lors de l'édition inaugurale du Forum halal de La Mecque, qui s'est tenue en janvier et à laquelle a participé le ministre saoudien du Commerce, Majid ben Abdallah Al- Kasabi. Le ministre a souligné que cette industrie était l'un des secteurs qui se développent le plus rapidement à l'échelle mondiale.

« Actuellement, le marché de l'alimentation est évalué à environ 2 500 milliards de dollars et devrait atteindre 5 800 milliards de dollars en 2033 », avait-il précisé à l'époque.

Dans le cadre de son initiative Vision 2030, l'Arabie saoudite encourage activement l'innovation et l'investissement dans le secteur halal, dans le but de diversifier son économie et d'étendre son influence sur le marché halal mondial.

Grâce à des collaborations stratégiques, à des forums internationaux tels que le Makkah Halal Forum et à des processus de certification avancés, l'Arabie saoudite ne se contente pas de répondre à la demande mondiale croissante de produits halal, elle façonne également l'avenir du secteur.

Dans une récente interview accordée à Arab News, Yousouf Khalawi, secrétaire général de la Chambre islamique de commerce et de développement, a mis l'accent sur les réglementations importantes qui régissent la production et la certification des produits halal en Arabie saoudite.

Il a rappelé que les principaux organismes de réglementation régissant l'industrie halal dans le Royaume comprenaient l'Autorité saoudienne des aliments et des médicaments, l'Organisation saoudienne des normes, de la métrologie et de la qualité et le Centre saoudien d'accréditation.

« Le gouvernement d'Arabie saoudite réglemente le marché halal à l'aide de la norme GSO 2055-1:2015 (Organisation de normalisation du Golfe), qui définit les exigences générales pour les aliments halal tout au long de la chaîne de production », a déclaré Khalawi. Il a ajouté que les entreprises qui vendent des produits halal devaient être certifiées conformes aux normes saoudiennes par des organismes d'évaluation de la conformité accrédités par l'Arabie saoudite.

Khalawi a souligné que si de nombreux pays disposent d'autres normes et réglementations halal, les conférences halal de la Chambre islamique, qui se tiennent dans le monde entier, s'efforcent d'ouvrir la porte aux entreprises pour qu'elles puissent s'y retrouver dans ces différentes normes et exigences réglementaires.

« Entre-temps, et par le biais des services halal de la Chambre islamique, nous nous efforçons de simplifier la conformité des entreprises à de multiples normes grâce à notre processus d'audit unique qui combine les normes à l'aide d'algorithmes d'intelligence artificielle et se termine par l'octroi d'un certificat halal qui peut être vérifié à l'aide de simples lecteurs de codes à réponse rapide », a-t-il déclaré. Sur la position de l'Arabie saoudite en tant que berceau de l'islam, qui influence la perception des consommateurs et la demande de produits halal à l'échelle mondiale, le secrétaire général a déclaré que qu’elle renforçait la confiance et l'influence potentielle sur le marché halal mondial, mais qu'elle n'était pas le seul facteuren jeu.

« Le statut de l'Arabie saoudite en tant que terre sainte de l'islam confère à ses réglementations halal une perception de plus grande authenticité et de légitimité religieuse. Certains consommateurs musulmans peuvent considérer que les produits originaires ou certifiés par l'Arabie saoudite sont plus dignes de confiance en ce qui concerne le respect des principes islamiques », a-t-il expliqué.

Et d'ajouter : « Manafea a mis l'accent sur ces faits et a organisé le Forum halal de La Mecque pour qu'il soit la plateforme où les leaders halal du monde entier se rencontrent pour façonner l'avenir halal. »

En 2022, la chambre de La Mecque et de Médine, ainsi que la chambre islamique, ont signé l'accord Manafea, qui vise à transformer les deux villes saintes en centres d'activités financières et commerciales dans le monde islamique.

D'un autre point de vue, l'Arabie saoudite est un consommateur et un investisseur majeur dans l'industrie halal. C'est pourquoi la Halal Product Development Company est le partenaire stratégique qui sponsorise le Makkah Halal Forum.

Khalawi a fait la lumière sur les stratégies employées par l'Arabie saoudite pour introduire ses produits halal sur les marchés internationaux, en indiquant que le Saudi Halal Center et sa collaboration avec la Saudi Exports Development Authority rationalisent le processus de certification pour les exportateurs.

« L'objectif est de rendre la certification saoudienne plus attrayante et plus conviviale pour les entreprises internationales. L'Arabie saoudite promeut ses normes halal - basées sur la norme GSO 2055-1 - en tant que référence mondialement reconnue pour la production halal. Elle tire ainsi parti de sa position de berceau de l'islam pour renforcer la crédibilité de ses certifications », a-t-il poursuivi. 

 

Le statut de l'Arabie saoudite en tant que terre sainte de l'islam confère à ses réglementations halal une perception de plus grande authenticité et de légitimité religieuse.

F
Yousouf Khalawi, secrétaire général de la Chambre islamique de commerce et de développement

Le responsable a ajouté que pour aider les entreprises saoudiennes à atteindre des partenaires commerciaux dans le monde entier, elles utilisaient la bourse halal, HalEx, une plateforme en ligne pour l'échange de produits et de services halal, gérée par les services halal de la Chambre islamique et permettant uniquement aux produits halal d'être répertoriés.

En outre, l'accent mis par Vision 2030 sur la diversification économique offre l'occasion d'attirer des investissements dans l'industrie halal saoudienne.

Khalawi a ajouté que lors du dernier forum halal de La Mecque, 21 présidents de chambres de commerce de pays musulmans avaient participé à l'événement pour nouer des contacts et discuter des affaires.

Pour expliquer comment l'Arabie saoudite soutient le développement de l'industrie halal dans le pays, il a mentionné que, dans le cadre de Vision 2030, le plan national de diversification économique donnait la priorité à l'attraction d'investissements dans le secteur halal.

« Cela favorise l'innovation et le développement de nouveaux produits et technologies pour répondre à l'évolution des demandes du marché halal mondial. Le gouvernement saoudien soutient activement le développement de l'industrie halal dans le pays. La Halal Products Development Company joue un rôle clé dans la recherche de partenariats avec des entreprises étrangères pour établir des infrastructures de production en Arabie saoudite. Cette stratégie vise à créer une industrie halal nationale solide, capable de servir les marchés internationaux », a expliqué Khalawi.

Le secrétaire général de la Chambre islamique a déclaré que l'Arabie saoudite était un acteur clé du secteur halal mondial grâce à ses collaborations avec des organisations internationales et à des accords bilatéraux ce qui lui permet avec d'autres pays et organisations de promouvoir les normes halal et d’en faciliter le commerce à l'échelle mondiale.

« L'Arabie saoudite collabore étroitement avec l'Organisation de la coopération islamique pour harmoniser les normes halal dans les États membres et catalyser le commerce. Manafea s'efforce de combler les écarts entre les pays par le biais du Forum halal de La Mecque, où se rencontrent les principaux acteurs de l'économie halal mondiale », a-t-il conclu.

Karim Schéhadé, partenaire associé de Bain & Co., a mis en évidence les facteurs clés de la croissance de l'industrie mondiale des produits halal, en soulignant que les musulmans représentaient environ 12 % de la population mondiale au début du siècle dernier, mais qu'ils en représentent aujourd'hui près de 25 %.

« Ce nombre a augmenté au fil des ans pour atteindre 2 milliards aujourd'hui... et devrait encore augmenter à l'avenir pour atteindre 2,8 milliards en 2050, ce qui représente environ 30 % de la population mondiale », a-t-il précisé.

Schéhadé a ajouté que le pouvoir d'achat par musulman dans le monde était également en hausse : « Les entreprises du monde entier ont adapté leur offre pour répondre à cette demande croissante ». 

« Les multinationales du secteur alimentaire ont élargi leur portefeuille pour y inclure des produits certifiés halal. D'autres secteurs, tels que les produits pharmaceutiques, les cosmétiques et la mode, ont également adapté une partie ou la totalité de leur gamme de produits pour s'assurer qu'ils sont conformes à la norme halal ». 

Il a ajouté que les progrès technologiques et l'automatisation étaient un autre facteur clé, conduisant à des niveaux de productivité plus élevés et à des rendements accrus, et permettent aux entreprises de respecter les normes halal, généralement plus strictes, tout en restant compétitives par rapport aux principaux leaders du marché.

En outre, Schéhadé estime que l'élargissement de l'assortiment de produits halal, dû à la fois aux nouveaux entrants et aux opérateurs historiques du marché, a amélioré la qualité telle que perçue, et l’a mise au même niveau que l'offre non halal ce qui la rend attrayante pour une population non musulmane intéressée par la proposition de valeur globale offerte plutôt que par l'aspect religieux.

« Par ailleurs, les gouvernements des pays musulmans du monde entier soutiennent plus activement leurs entreprises locales de premier plan afin d'assurer une plus grande présence sur les marchés locaux et internationaux », a-t-il ajouté. 

« Les entreprises du secteur privé ont évolué, passant du respect des exigences de certification halal à l'investissement dans la recherche et le développement pour créer de nouveaux produits halal qui répondent à l'évolution des besoins et des préférences des consommateurs », a ajouté Schéhadé.

Les institutions religieuses jouent également un rôle dans le développement de l'industrie des produits halal en Arabie saoudite notamment par le biais de l'Académie islamique du Fiqh, une organisation internationale qui fournit des lignes directrices et des recommandations pour la certification des produits halal, a déclaré le responsable de Bain & Co. en précisant que de nombreux organismes de certification halal suivent ces lignes directrices pour s'assurer que leurs produits sont conformes aux lois et aux réglementations islamiques.

Au sujet des défis et des opportunités auxquels est confrontée l'industrie des produits halal en Arabie saoudite, tant au niveau national qu'international, Schéhadé a souligné que certains des défis comprenaient la capacité des entreprises à s'adapter, la complexité opérationnelle et les réglementations internationales, ainsi que le récent sentiment croissant d'islamophobie associé à des conditions macroéconomiques défavorables pourrait également jouer un rôle dans la limitation de la consommation de produits halal dans certains pays non-musulmans.

En ce qui concerne les opportunités, le partenaire associé de Bain & Co. a souligné la demande mondiale croissante, la diversification des produits et la position de l'Arabie saoudite en tant qu'exportateur halal de confiance comme étant des opportunités clés.

Expliquant comment la position de l'Arabie saoudite dans l'industrie des produits halal contribue à ses objectifs et stratégies économiques plus larges, Schéhadé a déclaré que le développement d'une industrie forte dans ce domaine servait les objectifs de la Vision 2030 en diversifiant l'économie.

« L'industrie halal contribue de manière significative aux exportations saoudiennes non pétrolières. La position du pays dans ce secteur lui a permis d'augmenter ses exportations de produits halal vers d'autres pays, en particulier en Asie et en Afrique », a-t-il dit.

Le secteur halal est également un employeur important en Arabie saoudite, qui fournit des emplois aux hommes et aux femmes dans divers domaines, notamment la fabrication, la distribution et la certification.

« En outre, l'industrie des produits halal est étroitement liée aux valeurs islamiques et le gouvernement saoudien l'a identifiée comme un moyen de promouvoir les valeurs islamiques de modération et de tolérance », conclut-il.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Carburant: le gouvernement ne doit pas céder au «chantage» de TotalEnergies, dit Olivier Faure

TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.
TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.
Short Url
  • "Je ne dis pas que Total ne paie pas d'impôts, je ne dis pas que Total est un groupe qui mérite d'être mis d'être mis au ban de la société française", a-t-il poursuivi
  • "Ce que je dis simplement au gouvernement, c'est qu'il ne peut pas céder au chantage. On ne peut pas avoir un chef d'entreprise qui dit au gouvernement ce qu'il doit faire et ce qu'il ne peut pas faire, ce n'est pas admissible"

PARIS: TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.

Alors que le PDG du groupe TotalEnergies Patrick Pouyanné a menacé mardi d'arrêter son plafonnement du prix des carburants dans ses stations-service françaises en cas de taxe sur les "superprofits", le patron du PS Olivier Faure a jugé que TotalEnergies était "un profiteur de crise comme d'autres".

Un profiteur de guerre? "Bien sûr", mais "à l'insu de son plein gré. Je ne dis pas que c'est lui qui est à l'origine de cette guerre illégale", a poursuivi le patron du PS, qui a déposé la semaine dernière une proposition de loi pour taxer ce type de superprofits, visant les entreprises réalisant plus de 750 millions (d'euros) de chiffre d'affaires.

"Je ne dis pas que Total ne paie pas d'impôts, je ne dis pas que Total est un groupe qui mérite d'être mis d'être mis au ban de la société française", a-t-il poursuivi.

"Ce que je dis simplement au gouvernement, c'est qu'il ne peut pas céder au chantage. On ne peut pas avoir un chef d'entreprise qui dit au gouvernement ce qu'il doit faire et ce qu'il ne peut pas faire, ce n'est pas admissible", a martelé le chef des socialistes.

"Total dit qu'il plafonne les prix, ce qui est vrai", a reconnu M. Faure, mais le groupe "vient de faire 6 milliards de dollars de bénéfices supplémentaires" et "a augmenté son profit de 51%". "Ce n'est pas normal", a-t-il insisté.

Quand Total et d'autres font des superprofits, "ils ne font pas des profits parce qu'ils ont un génie particulier", a-t-il ajouté, jugeant "normal que celles et ceux qui font des profits qui sont des profits indus soient amenés aussi à contribuer".

Olivier Faure a dit maintenir sa proposition de loi. "Le patriotisme, c'est ça".

Pour sa part, David Lisnard, candidat libéral à la présidentielle, a jugé sur FranceInfo que les marges de Total semblaient être "tout à fait dans la norme", c'est-à-dire "celle du marché".

Le président de l’Association des maires de France (AMF) a réitéré sa proposition de "suspension provisoire des certificats d'économie d'énergie" qui à ses yeux constitue "la seule mesure générale qui est possible sans dégrader les comptes publics".


Le fonds de garantie des dépôts français quasi stable, à 7,7 milliards d'euros

Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel. (AFP)
Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel. (AFP)
Short Url
  • Cette couverture est largement théorique puisque le FGDR n'a en banque que 0,5% du montant couvert, estimé à près de 1.500 milliards d'euros
  • Les ressources du FGDR "sont proportionnées au risque réel d’intervention", rappelle-t-il sur son site internet

PARIS: Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel.

"Nous consolidons ces réserves financières", s'est félicité le président du directoire du FGDR Anthony Requin lors d'un entretien avec l'AFP.

Le FGDR est chargé d'intervenir en cas de défaillance d'un établissement financier: chaque Français est couvert à hauteur de 100.000 euros par ce fonds.

Sont éligibles les comptes courants, comptes à terme, livrets jeunes, comptes épargne logement, plan d'épargne logement ou encore les comptes espèces attachés à un compte titres ou à un plan épargne en actions (PEA).

Cette couverture est largement théorique puisque le FGDR n'a en banque que 0,5% du montant couvert, estimé à près de 1.500 milliards d'euros.

Les ressources du FGDR "sont proportionnées au risque réel d’intervention", rappelle-t-il sur son site internet.

La concentration du système bancaire, autour de six grands établissements (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE, Crédit Mutuel et la Banque postale) confère à la France ce ratio si faible.

D'autres digues, positionnées en amont, sont là pour éviter les faillites bancaires: un contrôle régulier et poussé par le superviseur, des exigences réglementaires fortes en matière de fonds propres notamment, un mécanisme de résolution et un fonds européen de près de 80 milliards d'euros.

Au sein de chaque banque existent "des réserves qui sont là pour absorber des chocs", souligne M. Requin.

Le FGDR, créé en 1999, disposait fin 2024 d'un montant à peine plus faible, de 7,732 milliards d'euros.

La différence s'explique notamment par de nouvelles contributions au titre de la garantie des services de gestion ainsi que le produit d'amendes prononcées par l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Le FGDR compte 1.134 établissements adhérents, au titre de sa garantie des dépôts, mais aussi des titres ou des cautions.


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu.