France : d’une élection à l’autre le barrage républicain perd en efficacité

Un électeur dépose son bulletin dans une urne dans un bureau de vote lors du second tour des élections législatives françaises à l'ambassade de France à Tokyo, le 7 juillet 2024. La France vote le 7 juillet pour des élections législatives qui seront décisives pour son avenir politique et qui pourraient voir l'extrême droite devenir le premier parti au Parlement pour la première fois (Photo: AFP).
Un électeur dépose son bulletin dans une urne dans un bureau de vote lors du second tour des élections législatives françaises à l'ambassade de France à Tokyo, le 7 juillet 2024. La France vote le 7 juillet pour des élections législatives qui seront décisives pour son avenir politique et qui pourraient voir l'extrême droite devenir le premier parti au Parlement pour la première fois (Photo: AFP).
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Publié le Dimanche 07 juillet 2024

France : d’une élection à l’autre le barrage républicain perd en efficacité

  • En attendant les résultats du scrutin, et si le recul du RN est acté, le président de ce parti Jordan Bardella pourrait ne pas occuper le poste de chef du prochain gouvernement
  • Les différents sondages réalisés auprès des Français tout au long de la semaine de campagne électorale pour le second tour indiquent un tassement du Rassemblement en nombre de sièges parlementaires par rapport au premier tour du 30 juin

PARIS: En ce jour de second tour des élections législatives anticipées, il semble improbable que le Rassemblement National (RN) parti d’extrême droite puisse obtenir une majorité absolue dans le nouveau Parlement français.

En attendant les résultats du scrutin, et si le recul du RN est acté, le président de ce parti Jordan Bardella pourrait ne pas occuper le poste de chef du prochain gouvernement.

Les différents sondages réalisés auprès des Français tout au long de la semaine de campagne électorale pour le second tour indiquent un tassement du Rassemblement en nombre de sièges parlementaires par rapport au premier tour du 30 juin.

Le tout dernier sondage effectué par l’institut Ifop, indique que contrairement au premier tour où le parti extrémiste était gratifié de presque 333 sièges parlementaires, il obtiendra entre 170 et 210 sièges à l’issue du second tour.

Ce résultat est bien loin du nombre des députés requis pour avoir la majorité absolue, qui est de 289 députés sur 577 députés qui constituent l’Assemblée nationale.

Le nouveau front populaire, regroupant les différents partis de gauche se retrouve conforté avec 155 à 185 sièges, de même que les candidats d’Ensemble, proche de Macron, qui remporteront entre 120 et 150 sièges, mais tous deux sans majorité.

Les Républicains, parti de droite traditionnelle ne recueillera que 50 à 65 sièges, alors que les petits partis dissidents toute tendance confondue se partageront le reste.

La classe politique française aura donc réussi le pari d’endiguer une victoire écrasante de l’extrême droite en activant une fois de plus, le barrage républicain essentiellement dans des circonscriptions où le premier a donné lieu à une triangulaire qui opposent un candidat RN à deux autres appartenants au nouveau front où à Ensemble.

Cet état de fait ne peut que susciter un sentiment d’amertume, car il est difficile de ne pas se rappeler de mai 2017, où Macron tout juste élu pour son premier mandat présidentiel, s’engageait dans un discours prononcé au pied de la pyramide du Louvre à tout faire « pour que les Français n’aient plus à voter pour les extrêmes ».

Il avait affronté au second tour de ces élections la candidate et dirigeante du Rassemblement, les forces démocratiques ont eu recours au front républicain, pour l’empêcher d’accéder à la présidence.

Toutefois sa promesse solennelle n’a jamais été tenue puisque cinq ans plus tard, aux élections présidentielles de 2022, Macron se retrouve de nouveau face à face avec Le Pen et de nouveau la classe politique a dû activer le fameux front républicain, pour lui barrer le chemin de la victoire.

Vingt ans plus tôt, en 2002 le fondateur du parti d’extrême droite Jean-Marie Le Pen, père de Marine crée la surprise et se qualifie pour le second tour de la présidentielle face à l’ancien président Jacques Chirac.

Le candidat socialiste malheureux de l’époque, l’ancien premier ministre Lionel Jospin annonce son retrait de la vie politique et demande à ses électeurs de donner leur voix au second tour à Chirac, le front républicain a bien fonctionné, Le Pen est évincé de la course.

À la suite de cela l’extrême droite qui portait à l’époque le nom de Front National a connu une période de repli et de conflit interne, jusqu’à l’accession de Marine à la direction du parti en 2011.

Sous son impulsion le parti est assaini et rajeuni, les prises de positions sont moins provocantes que sous la direction du père et son image s’en est trouvée lissée et adoucie.

Le parti commence à gagner de plus en plus de terrain, profitant du détachement et de la déception des Français vis-à-vis des forces traditionnelles aussi bien de droite et de gauche et de leur détresse grandissante face à un quotidien de plus en plus dur.

Les efforts de Le Pen sont récompensés en 2022, lorsque à la suite des élections législatives son parti obtient pour la première fous un bloc parlementaire de poids qui lui permet de positionner comme un bloc d’opposition principal.

Ce parti n’est plus comme par le passé à la marge de la vie politique, il est désormais légitimement représenté au sein du pouvoir législatif, grâce à électeurs qui adhèrent à ses positions et à sa méthode.

Depuis, le succès n’a pas été démentit bien au contraire puisque le RN est arrivé en tête des élections européennes du 9 juin, ce qui a provoqué la décision précipitée de Macron de dissoudre le parlement et d’appeler à des législatives anticipées.

Le premier tour de ces élections a montré qu’environ 12 millions de Français ont voté pour l’extrême droite qu’ils perçoivent comme une alternative plus crédible et efficace que les forces traditionnelles.

A partir de là et quelques soient les résultats du second tour de ces élections, le Rassemblement national n’en reste pas moins le grand vainqueur, car une fois de plus sa victoire a été sapée par un barrage circonstanciel érigé contre lui.

Pourtant ce barrage commence à perdre de son efficacité et très vite les forces politiques ne pourront plus se contenter de lancer des cris effarouchés et de procéder à des unions contre nature pour affronter chaque nouvelle percée du RN.

De nombreuses études ont déjà montré que les électeurs de ce parti ne sont pas tous forcément raciste et xénophobe, mais cherchent par leur choix électoral à sanctionner une classe politique qui au fil des décennies leur a tourné le dos.

Face à cet abandon et face à la dégradation continuelle des services publics en tout genre, et l’altération du pouvoir d’achat et des conditions de vie des classes populaires et même moyennes, leur adhésion grandissante au Rassemblement National est surtout un cri de désespoir.


Loi Yadan: un projet explosif pour arrimer le récit du conflit proche-oriental à celui d’Israël

Le conflit au Proche-Orient s’est invité ce week-end place de la Bastille, à Paris, lors d’une manifestation où les mots d’ordre étaient : solidarité avec le peuple libanais, condamnation du génocide à Gaza, mais aussi appels à sanctionner Israël et à lui imposer un embargo sur les ventes d’armes. (Photo Arlette Khoury)
Le conflit au Proche-Orient s’est invité ce week-end place de la Bastille, à Paris, lors d’une manifestation où les mots d’ordre étaient : solidarité avec le peuple libanais, condamnation du génocide à Gaza, mais aussi appels à sanctionner Israël et à lui imposer un embargo sur les ventes d’armes. (Photo Arlette Khoury)
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  • Dans le calme et la dignité, plusieurs milliers de personnes ont défilé dans la capitale et dans une vingtaine de villes françaises, répondant à l’appel de dizaines d’ONG et de mouvements politiques
  • Une mobilisation qui visait autant la situation au Proche-Orient que la contestation d’un texte jugé dangereux pour les libertés publiques

PARIS: Le conflit au Proche-Orient s’est invité ce week-end place de la Bastille, à Paris, lors d’une manifestation où les mots d’ordre étaient : solidarité avec le peuple libanais, condamnation du génocide à Gaza, mais aussi appels à sanctionner Israël et à lui imposer un embargo sur les ventes d’armes.

C’était bien sûr une manifestation de soutien aux peuples libanais, palestinien et iranien, soumis sans relâche aux bombardements israéliens, mais aussi un acte de défi à l’approche du débat à l’Assemblée nationale sur le projet de loi Yadan, les 16 et 17 avril prochains.

Dans le calme et la dignité, plusieurs milliers de personnes ont défilé dans la capitale et dans une vingtaine de villes françaises, répondant à l’appel de dizaines d’ONG et de mouvements politiques, dans une mobilisation qui visait autant la situation au Proche-Orient que la contestation d’un texte jugé dangereux pour les libertés publiques.

Car derrière l’objectif affiché de lutte contre l’antisémitisme, la proposition de loi portée par la députée (Renaissance) des Français de l’étranger, Caroline Yadan, cristallise aujourd’hui une controverse majeure sur l’avenir de la liberté d’expression et du débat politique en France.

Extension du délit d’apologie du terrorisme

Déposée en novembre 2024, la proposition de loi vise officiellement à lutter contre les « formes renouvelées d’antisémitisme », ses promoteurs estimant que l’antisémitisme contemporain prend aujourd’hui des formes plus indirectes et s’exprime à travers certains discours politiques liés au conflit israélo-palestinien.

Le texte prévoit notamment l’extension du délit d’apologie du terrorisme, y compris sous des formes implicites, l’élargissement des poursuites contre certaines expressions considérées comme antisémites, un renforcement des sanctions contre la banalisation, ainsi que la création d’un délit visant les appels publics à la destruction d’un État reconnu par la France.

Pour Yadan et ses soutiens, il s’agit d’un outil nécessaire pour « mieux définir ce qu’est l’antisémitisme aujourd’hui » et empêcher que certains discours politiques ne servent de couverture à la haine anti-juive.

Mais pour ses opposants, cette proposition de loi franchirait une étape dangereuse : de nombreuses organisations de défense des droits humains, juristes et associations redoutent que certaines dispositions du texte ne restreignent fortement la liberté d’expression et la liberté académique.

Au cœur de la polémique figure l’extension du délit d’apologie du terrorisme à des notions jugées trop floues, comme les « provocations indirectes ». Plusieurs critiques estiment que cette formulation pourrait permettre de censurer des propos politiques, des analyses historiques ou des prises de position militantes sur le conflit israélo-palestinien.

Le projet introduit également un nouveau délit sanctionnant les appels à la destruction d’un État, ce qui conduit de nombreux opposants à considérer que cette disposition vise avant tout les slogans ou analyses contestant la nature ou la légitimité de l’État d’Israël.

La députée Caroline Yadan a d’ailleurs explicitement affirmé que des slogans comme « From the river to the sea » pourraient être considérés comme un appel à la destruction d’Israël et donc punissables.

Pour les organisations mobilisées contre la loi, une telle approche reviendrait à criminaliser certaines formes de solidarité avec la Palestine et à instaurer une forme de contrôle idéologique du débat public.

Au-delà du droit pénal, le débat touche en réalité à une question beaucoup plus large : celle du récit politique du conflit au Proche-Orient.

Les critiques du projet de loi estiment qu’il participe d’un mouvement visant à arrimer la lecture politique de ce conflit au narratif israélien dominant dans certains milieux français, et surtout dans les médias, depuis les attaques du 7 octobre 2023.

Dans cette perspective, l’antisionisme radical ou la remise en cause de la nature de l’État d’Israël seraient progressivement assimilés à des formes d’antisémitisme.

Cette évolution s’inscrit dans une tendance internationale plus large, notamment depuis l’adoption en 2016 de la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), qui inclut certains exemples liés à Israël.

Pour ses détracteurs, cette approche risque de déplacer le combat contre l’antisémitisme vers la protection politique de l’État israélien et de museler la critique.

D’ores et déjà, alors que le projet de loi n’est pas encore adopté, parler d’un génocide à Gaza est assimilé par certains à de l’antisémitisme, de même que dire que le conflit a des racines antérieures au 7 octobre, ou afficher une compassion pour les civils en Palestine ou au Liban.

La proposition de loi révèle par ailleurs des fractures importantes au sein du paysage politique français.

Le texte est soutenu par une partie de la majorité présidentielle, ainsi que par plusieurs députés issus de la droite et du Rassemblement national (extrême droite).

À gauche, en revanche, les critiques sont nombreuses : La France insoumise (extrême gauche) s’y oppose frontalement, estimant que le texte assimile abusivement l’antisionisme à l’antisémitisme et menace la liberté d’expression.

Le Parti communiste et les écologistes ont également exprimé leurs réserves, dénonçant un risque de criminalisation de la critique d’Israël, tandis que le Parti socialiste apparaît plus divisé : certains élus, dont le nouveau maire de Paris Emmanuel Grégoire, approuvent le texte, tandis que d’autres, dont le premier secrétaire Olivier Faure, ont publiquement exprimé leur opposition.

Alors que la loi doit être examinée en avril à l’Assemblée nationale, les mobilisations se multiplient dans la société civile : associations de défense des libertés, ONG de solidarité avec la Palestine, syndicats et collectifs académiques alertent sur ce qu’ils considèrent comme une dérive liberticide.

Parmi eux, de nombreuses associations et personnalités juives estiment que la lutte indispensable contre l’antisémitisme ne doit pas servir de prétexte à restreindre le débat politique ni à criminaliser les critiques d’un État ou d’une idéologie.


G7 : Appel « à un arrêt immédiat » des attaques contre les civils en Iran et au Moyen-Orient

Les ministres des Affaires étrangères du G7 posent pour une photo de groupe à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Paris, le 27 mars 2026. (AFP)
Les ministres des Affaires étrangères du G7 posent pour une photo de groupe à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Paris, le 27 mars 2026. (AFP)
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  • Le G7 appelle à l’arrêt immédiat des attaques contre les civils et les infrastructures en Iran et au Moyen-Orient, et insiste sur la coordination de l’aide humanitaire
  • Les ministres réaffirment la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz et appellent à des partenariats pour atténuer les chocs économiques mondiaux

DUBAÏ : Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 – Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni – ainsi que la haute représentante de l’Union européenne, se sont réunis sous présidence française à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, en France, les 26 et 27 mars 2026. La rencontre a porté sur la situation en Iran et dans l’ensemble du Moyen-Orient.

Dans une déclaration conjointe, les responsables ont insisté sur la nécessité de limiter les conséquences du conflit pour les populations civiles, les partenaires régionaux et les infrastructures critiques, tout en coordonnant les efforts d’aide humanitaire.

« Nous appelons à un arrêt immédiat des attaques contre les populations et les infrastructures civiles. Rien ne justifie de prendre pour cible des civils de manière délibérée lors de conflits armés ni de mener des attaques contre des installations diplomatiques », soulignent-ils.

Les ministres ont également évoqué l’importance de partenariats diversifiés pour atténuer les chocs économiques mondiaux, notamment les perturbations des chaînes d’approvisionnement, qui ont des répercussions directes sur (leurs) concitoyens, dans les secteurs économique, énergétique, commercial et des engrais.

Enfin, le G7 a réaffirmé la nécessité de garantir « de manière permanente la liberté de navigation gratuite et sûre » dans le détroit d’Ormuz, conformément à la résolution 2817 du Conseil de sécurité des Nations Unies et au droit de la mer.


Villepin retourne dans l'arène, avec 2027 dans le viseur

Dominique de Villepin a déjà la panoplie du candidat. Un parti, La France humaniste, lancé en juin 2025. Une présence médiatique. Un livre politique, sorti l'an dernier. (AFP)
Dominique de Villepin a déjà la panoplie du candidat. Un parti, La France humaniste, lancé en juin 2025. Une présence médiatique. Un livre politique, sorti l'an dernier. (AFP)
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  • L'homme politique de 72 ans, figure de la présidence de Jacques Chirac, prépare plus ou moins discrètement son grand retour
  • Il se montre en tout cas très généreux en indices. En janvier, il clame ainsi, après avoir multiplié les allusions, sa volonté d'être "présent" dans "le grand combat" de 2027

PARIS: Quand se lancera-t-il? L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin entretient un suspense savamment construit, bien que mince, sur sa candidature à l'élection présidentielle, et remet vendredi un pied dans l'arène avec une conférence sur "l'état de la France".

L'homme politique de 72 ans, figure de la présidence de Jacques Chirac, prépare plus ou moins discrètement son grand retour.

Il se montre en tout cas très généreux en indices. En janvier, il clame ainsi, après avoir multiplié les allusions, sa volonté d'être "présent" dans "le grand combat" de 2027.

Dominique de Villepin a déjà la panoplie du candidat. Un parti, La France humaniste, lancé en juin 2025. Une présence médiatique. Un livre politique, sorti l'an dernier.

Une bonne cote de popularité aussi, même si, pour l'instant, elle ne se convertit pas en intentions de vote.

Pour changer cela, Dominique de Villepin veut accélérer le mouvement.

Première étape: une conférence à l'université parisienne de La Sorbonne vendredi à 20H, centrée sur la politique nationale. Ces derniers mois, il avait surtout commenté les questions internationales.

"Le but est de poser un constat sur l'état de la France" et du même coup "les jalons d'une ligne politique", dit son entourage à l'AFP. "C'est la pré-campagne présidentielle qui s'ouvre", ajoute-t-on.

Pour la vraie campagne, patience. Son entourage affirme que l'annonce de candidature pourrait arriver "dès avril comme en décembre".

Questionné sur LCP en janvier concernant son calendrier, Dominique de Villepin répond qu'il faut attendre que les Français soient "dans le temps de la présidentielle". Les élections municipales étant passées, la route est dégagée.

Dostoïevski 

Dominique de Villepin joue sa propre temporalité, volontiers à contre-courant.

Sur les réseaux sociaux, où les formats courts et survoltés règnent, ce passionné de poésie publie des vidéos dans lesquelles il analyse en détail les écrivains Fiodor Dostoïevski, Léon Tolstoï ou Albert Camus - mais aussi l'Evangile selon Saint Jean.

Héraut d'un droit international piétiné, l'énarque au verbe flamboyant signe des messages fleuves disséquant l'actualité du monde, Iran, Gaza ou Venezuela.

Il s'exprime sur ces sujets avec sa légitimité de diplomate de carrière devenu ministre des Affaires étrangères sous Jacques Chirac de 2002 à 2004. Et surtout, en tant que visage du "non" français à la guerre en Irak en 2003, son heure de gloire.

Sa position d'observateur, hors du jeu, lui permet pour l'instant de commenter ce qui lui plaît sans trop se mouiller.

Un retour réussi signerait une revanche de taille pour Dominique de Villepin, effacé par l'accession à l'Elysée de son rival Nicolas Sarkozy en 2007 puis la brumeuse affaire Cleastream, dans laquelle il a finalement été relaxé.

Sa tentative présidentielle, en 2012, s'était arrêtée dans la douleur quand il avait échoué à rassembler les parrainages d'élus locaux nécessaires pour candidater. Il dit en avoir tiré les leçons.

A droite, à gauche 

Mais qui constituerait son électorat? Si sa carrière politique s'est faite à droite, ses récentes prises de position tranchent avec cet héritage.

Il s'élève contre le "désastre humanitaire" à Gaza, critique l'impopulaire réforme des retraites, insiste sur le besoin de justice sociale et veut réinventer le monde du travail.

En février, le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard l'a jugé "plus à gauche" que le Parti socialiste quand il a dénoncé la "diabolisation" de LFI dans l'affaire du meurtre de Quentin Deranque.

Dominique de Villepin, acclamé à la Fête de l'Humanité en 2024, chasse même sur les terres des Ecologistes en plaidant pour "mettre fin à l'exploitation aveugle des ressources".

Son créneau un peu à part lui vaut d'être isolé.

Il ne semble pas chercher à se faire des amis dans son ancienne famille politique, dont il dénonce "la course à l'échalote avec l'extrême droite" et la "tentation identitaire".

Pour le Dominique de Villepin version 2026, l'avenir est plutôt vers l'électorat centriste ou de gauche modérée. Mais son profil d'homme fortuné, nourri par ses activités de consultant, et son CV de chiraquien pourraient en irriter une partie.

Sur ce marché, il ne manque aussi pas de concurrents. Rien qu'au centre, deux autres anciens Premiers ministres, Edouard Philippe et Gabriel Attal, se disputent déjà la lumière. A plus d'un an de l'échéance, d'autres encore peuvent éclore.