Les pénuries d'eau s'aggravent alors que les fonds se tarissent pour les déplacées dans le nord-ouest de la Syrie

Plus de cinq millions de personnes, pour la plupart déplacées, vivent dans des zones échappant au contrôle du gouvernement dans le nord et le nord-ouest de la Syrie, selon l'ONU, et beaucoup dépendent de l'aide pour survivre. (AFP/File)
Plus de cinq millions de personnes, pour la plupart déplacées, vivent dans des zones échappant au contrôle du gouvernement dans le nord et le nord-ouest de la Syrie, selon l'ONU, et beaucoup dépendent de l'aide pour survivre. (AFP/File)
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Publié le Jeudi 11 juillet 2024

Les pénuries d'eau s'aggravent alors que les fonds se tarissent pour les déplacées dans le nord-ouest de la Syrie

SARMADA, Syrie : Hussein Al-Naasan lutte pour fournir de l'eau à sa famille pendant l'été brûlant, alors que les fonds d'aide se sont taris et que les conditions se sont détériorées dans les camps de déplacés appauvris dans le nord-ouest de la Syrie tenu par les rebelles.


"L'eau, c'est la vie, c'est tout... et maintenant nous sommes privés d'eau", a déclaré M. Naasan à l'AFP depuis un camp situé près de Sarmada, à proximité de la frontière turque.

"C'est comme s'ils essayaient de nous tuer lentement", a déclaré ce père de deux enfants, âgé de 30 ans et déplacé depuis plus de dix ans.

Après 13 ans de conflit, le manque de financement international a gravement compromis la fourniture de services de base tels que l'eau, l'élimination des déchets et l'assainissement dans les camps de déplacés du nord-ouest de la Syrie, selon les Nations Unies.

Plus de cinq millions de personnes, dont la plupart sont déplacées, vivent dans des zones échappant au contrôle du gouvernement dans le nord et le nord-ouest de la Syrie, selon les Nations unies, et nombre d'entre elles dépendent de l'aide pour survivre.

Les résidents ont déclaré à l'AFP que l'eau du robinet n'était pas disponible dans le camp et que les organisations humanitaires avaient cessé d'acheminer de l'eau par camion, accusant les coupes budgétaires de l'aide.

Naasan partage un réservoir d'eau avec trois autres familles pour réduire les coûts.

"Nous avons beaucoup de mal à nous procurer de l'eau que nous n'avons même pas les moyens d'acheter", a-t-il déclaré.

La diminution de l'accès à l'eau pourrait conduire à une "catastrophe majeure", a averti Naasan, alors que le soleil d'été tape sur le camp.

Il a ajouté que les déchets s'accumulaient, augmentant le risque de maladie dans une région où les installations médicales ont été détruites par la guerre.

La guerre en Syrie, qui a éclaté après que le président Bashar Assad a réprimé les manifestations antigouvernementales en 2011, a tué plus de 500 000 personnes, déplacé des millions d'autres et mis à mal les infrastructures et l'industrie du pays.

Dans la région d'Idlib, au nord-ouest du pays, quelque 460 camps de déplacés accueillant environ 571 000 personnes ne bénéficient d'aucune aide en matière d'eau, d'assainissement et d'hygiène de la part des organisations partenaires de l'ONU, a indiqué à l'AFP le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).

"Sans un financement accru, 111 camps supplémentaires accueillant près de 165 000 personnes seront privés de ce type de soutien d'ici la fin du mois de septembre, a-t-il averti dans un communiqué.

Environ 80 % de la population du nord-ouest de la Syrie a besoin d'un soutien en matière d'eau et d'hygiène, y compris "l'accès à l'eau potable, l'élimination des déchets et la réhabilitation des installations sanitaires", a indiqué l'OCHA.

Pourtant, ce secteur critique est "constamment" négligé, n'ayant reçu que deux pour cent du financement nécessaire au cours du premier trimestre 2024, a ajouté l'OCHA.

Abdel Karim Ezzeddin, un habitant du camp âgé de 45 ans et père de neuf enfants, a rempli des barils en plastique d'eau d'un puits voisin pour sa famille, reconnaissant d'avoir un camion pour les transporter.

"Comment peuvent-ils arrêter de fournir de l'eau en été ?" a-t-il déclaré.

"Veulent-ils que nous mourrions ?

David Carden, coordinateur humanitaire régional adjoint des Nations unies pour la crise syrienne, a déclaré que les conditions dans les camps du nord-ouest étaient "déplorables".

"Les familles vivant dans des tentes usées sont confrontées à une chaleur suffocante", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Les ordures s'accumulent dans les camps dépourvus d'installations sanitaires. Les enfants tombent malades.

Response Coordination, un regroupement d'organisations locales dans le nord-ouest de la Syrie, a averti que les maladies de peau se propageaient dans les camps à mesure que les températures montaient et que l'eau se raréfiait.

"Dans certains camps, plus de 90 % des résidents ont la gale", a déclaré Fidaa Al-Hamud, médecin responsable d'une clinique mobile près de Sarmada, dénonçant "la pénurie d'eau, l'amoncellement des ordures... et l'absence de réseaux d'égouts".

Firas Kardush, un responsable local de la région d'Idlib, gouvernée par le groupe djihadiste Hayat Tahrir Al-Sham, a déclaré que les autorités "essayaient de trouver des alternatives", mais a mis en garde contre une "catastrophe humanitaire" si l'argent de l'aide venait à se tarir.

Dans un autre camp de la campagne d'Idlib, Asma Al-Saleh a déclaré que la pénurie d'eau avait rendu plus difficiles la cuisine et le bain de ses cinq enfants, s'inquiétant de l'éruption cutanée de l'un d'entre eux.

Lorsqu'elle n'a plus d'eau, elle doit remplir des récipients dans un puits voisin et les ramener à pied jusqu'à sa tente.

"Je n'ai pas de réservoir de stockage d'eau... et je ne suis pas en mesure d'en acheter un", a déclaré Saleh, 32 ans.

"Nous n'avons même pas d'eau froide à boire" en été, a-t-elle ajouté.


Le Liban annonce qu'une délégation américaine supervisera le début du retrait israélien

L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
  • Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause
  • "La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington

BEYROUTH: L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence.

Un accord-cadre conclu à Washington le 26 juin entre le Liban et Israël, en guerre depuis des décennies, prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des zones dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud, sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause relative aux "zones pilotes", selon un communiqué de la présidence.

"La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington.

Il a déclaré que le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) assurerait la coordination avec les deux pays concernant ces zones.

"Nous allons bientôt entamer des discussions avec des partenaires internationaux afin d'aider le gouvernement libanais à rétablir effectivement sa souveraineté dans ces zones, puis plus largement sur l'ensemble de son territoire", a ajouté ce responsable.

Il a confirmé que les discussions prévues à Rome les 15 et 16 juillet entre Israël et le Liban auraient bien lieu, après qu'une source diplomatique eut indiqué plus tôt à l'AFP que le Liban avait exigé un retrait israélien avant de participer aux pourparlers.

Le président libanais Joseph Aoun a de son côté appelé une nouvelle fois les Etats-Unis à "faire pression sur Israël". Il a également souligné, devant des visiteurs, "l'importance de parvenir à mettre fin à l'état d'hostilité" avec son voisin.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir pour l'heure maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix kilomètres de sa frontière.

Il a été conclu à l'issue de cinq cycles de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, à Washington.

Les négociations de Rome seront suivies par une visite de M. Aoun aux Etats-Unis, prévue le 21 juillet selon l'ambassade libanaise à Washington.

Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars en soutien à Téhéran, est opposé aux négociations directes avec Israël et refuse d'être désarmé.

"Aucune clause de l'accord ne passera", a une nouvelle fois martelé cette semaine le chef du Hezbollah Naïm Kassem.


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".