Le centre de Gaza-ville, de coeur battant à désert de ruines

Le centre de Gaza-ville, de coeur battant à désert de ruines.
Le centre de Gaza-ville, de coeur battant à désert de ruines.
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Publié le Samedi 13 juillet 2024

Le centre de Gaza-ville, de coeur battant à désert de ruines

  • "L'armée israélienne s'est retirée du quartier Al-Rimal, laissant derrière elle des destructions massives et des bâtiments incendiés.
  • "Dans la ville de Gaza, vous pouvez regarder dans chaque direction et le niveau de destruction dépassera votre imagination", relate auprès de l'AFP Louise Wateridge, porte-parole de l'Unrwa, l'agence onusienne pour les réfugiés palestiniens.

GAZA : Le centre de Gaza-ville, jadis connu pour ses embouteillages, ses galeries commerciales et ses cafés, s'est transformé cette semaine en paysage "apocalyptique", avec des corps jonchant les rues et des immeubles aplatis, au terme d'affrontements particulièrement intenses entre le Hamas et Israël.

"L'armée israélienne s'est retirée du quartier Al-Rimal, laissant derrière elle des destructions massives et des bâtiments incendiés. Nous sommes patients mais la situation est si difficile qu'on ne peut pas la supporter", se désespère Tariq Ghanem, 57 ans, enseignant.

"Il y a des corps sur la route depuis quelques jours voire une semaine et personne pour les récupérer", poursuit-il.

L'armée israélienne n'a pas confirmé s'être retirée de la ville de Gaza, où elle avait renforcé cette semaine son offensive et appelé 300.000 à 350.000 personnes à fuir, d'après l'ONU.

Vendredi matin, alors que des habitants ont entendu dire que des soldats avaient quitté les lieux, certains se sont rendus sur place pour constater les dégâts et la Défense civile a dépêché ses équipes.

Elle dit avoir trouvé une soixantaine de corps dans deux quartiers du sud-ouest (Tal al-Hawa, al-Sinaa) qui s'additionnent aux quelque 60 autres dépouilles retrouvées la veille dans un quartier de l'est, Choujaïya, théâtre de combats pendant deux semaines.

Selon Mahmoud Basal, porte-parole de la Défense civile, des dizaines d'autres corps jonchent encore "les routes et les décombres" de Tal al-Hawa et al-Sinaa, où les recherches se poursuivent.

- Destruction inimaginable -

Le long de la corniche qui borde la mer Méditerranée, dans ce centre-ville où siégeaient les bureaux, où les habitants sortaient et faisaient des emplettes, des bâtiments entiers ont été aplatis, d'autres calcinés.

La tour d'une dizaine d'étages de la "Banque Palestine" n'est intacte qu'au sommet. Les premiers niveaux semblent avoir été soufflés.

Partout, le sol est poussière, détritus, bouts de ferraille et de béton, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Dans la ville de Gaza, vous pouvez regarder dans chaque direction et le niveau de destruction dépassera votre imagination", relate auprès de l'AFP Louise Wateridge, porte-parole de l'Unrwa, l'agence onusienne pour les réfugiés palestiniens.

Après une visite de terrain, elle qualifie la situation d'"apocalyptique", alors que la guerre à Gaza est entrée dans son dixième mois.

- Une promesse -

Les hostilités ont été déclenchées le 7 octobre par l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël ayant entraîné la mort de 1.195 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles.

Israël a juré de détruire le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007.

Sa campagne militaire de représailles a dévasté la bande de Gaza et fait plus de 38.340 morts, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas pour Gaza. Le ministère ne précise pas le nombre de combattants tués sur ce total.

Déjà lors de précédentes guerres, notamment en 2021, le quartier Al Rimal central avait été lourdement endommagé, l'armée avait dit y viser les galeries souterraines.

Cette fois, l'armée affirme avoir opéré notamment dans le quartier général de l'Unrwa, accusant l'agence onusienne de laisser faire le Hamas qui y a pris ses quartiers.

Elle indique avoir trouvé de nombreuses armes, l'entrée d'un tunnel souterrain et un atelier souterrain de confection d'armes à proximité, alors que l'Unrwa a expliqué avoir quitté les lieux en octobre.

Vendredi, un mur du bâtiment était noir de suie.

Sur une autre cloison, un message : "Gaza, promis nous la reconstruirons".


L'armée israélienne dit frapper des cibles du Hezbollah à Beyrouth

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars. (AFP)
Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars. (AFP)
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  • Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV
  • Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi mener des frappes à Beyrouth contre des infrastructures du mouvement islamiste libanais Hezbollah, un allié de Téhéran, plus d'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

L'armée "a commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah terroriste à Beyrouth", indique un court communiqué militaire.

Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV.

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars.

 

 

 


L'Iran confirme la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution

L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière. (AFP)
L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière. (AFP)
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  • L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière
  • Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News

TEHERAN: L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière.

Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News.

 

 


Les Houthis du Yémen visent à nouveau Israël et entrent dans la guerre au Moyen-Orient

Les Houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois. (AFP)
Les Houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois. (AFP)
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  • Le groupe rebelle a ainsi ciblé Israël pour la première fois depuis le début de la guerre le 28 février, déclenchée par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran
  • Alors que le trafic maritime mondial est largement perturbé par le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, l'entrée des Houthis dans le conflit pourrait encore aggraver la situation

TEHERAN: Les Houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois.

Leur porte-parole a affirmé dans un communiqué sur X que les Houthis avaient lancé "des missiles de croisière et des drones" en direction de "plusieurs objectifs vitaux et militaires" en Israël.

Le groupe rebelle a ainsi ciblé Israël pour la première fois depuis le début de la guerre le 28 février, déclenchée par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Alors que le trafic maritime mondial est largement perturbé par le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, l'entrée des Houthis dans le conflit pourrait encore aggraver la situation: le groupe avait mené de nombreuses attaques contre les navires commerciaux en mer Rouge entre 2023 et 2025, pendant la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza.

En parallèle, l'Iran poursuit ses frappes de riposte, en Israël et à travers le Golfe.

Le port omanais de Salalah, situé à l'extérieur du détroit d'Ormuz sur la mer d'Arabie, a été évacué après une attaque de drones. Ses opérations ont été suspendues pour 48 heures, d'après l'armateur danois Maersk.

Universités américaines menacées 

Les Gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique, ont menacé tôt dimanche de frapper les universités américaines dans la région, après avoir fait état de deux universités en Iran endommagées par des frappes américano-israéliennes.

"Si le gouvernement américain veut que ses universités dans la région ne subissent pas de représailles (...), il doit condamner le bombardement des universités dans un communiqué officiel avant lundi 30 mars à midi", ont déclaré les Gardiens de la Révolution dans un communiqué publié par des médias iraniens.

De nombreuses universités américaines possèdent des campus dans les pays du Golfe, comme l'université Texas A&M, implantée au Qatar, ou encore la New York University, aux Emirats arabes unis.

Les Etats-Unis avaient condamné avant cela "avec la plus grande fermeté" les attaques "perpétrées en Irak par les milices terroristes agissant pour le compte de l'Iran", et notamment celle "contre la résidence privée du président de la région du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani".

Des attaques qui ont notamment pris pour cible l'ambassade américaine à Bagdad.

A Téhéran, de nouvelles explosions ont été entendues dans la soirée de samedi par des journalistes de l'AFP, dans la partie est de la capitale, déjà lourdement bombardée la nuit d'avant.

Préparatifs du Pentagone 

Les efforts diplomatiques se multiplient ces derniers jours pour tenter de mettre fin à la guerre, et des responsables turcs, pakistanais, égyptiens et saoudiens doivent se réunir dimanche et lundi à Islamabad pour des "discussions approfondies".

Les spéculations vont bon train cependant sur le déploiement de troupes américaines sur le territoire iranien.

Selon le Washington Post, qui cite samedi soir des responsables américains, le Pentagone se prépare à des opérations de plusieurs semaines sur le terrain en Iran.

De telles opérations n'iraient pas jusqu'à une invasion à grande échelle de l'Iran, ont souligné les responsables américains sous couvert de l'anonymat, mais impliqueraient plutôt des raids en territoire iranien à la fois par des membres des forces spéciales et d'autres soldats.

Selon le Washington Post, il n'était pas clair samedi si Donald Trump comptait approuver tout ou partie, voire aucun des plans du Pentagone.

L'armée américaine a annoncé samedi l'arrivée au Moyen-Orient du Tripoli, un navire d'assaut amphibie à la tête d'un groupe naval comprenant "quelque 3.500" marins et soldats du corps des Marines.

Et ces derniers jours, plusieurs médias américains ont rapporté que Donald Trump envisageait d'envoyer prochainement au moins 10.000 militaires au Moyen-Orient.

Lourd tribut des civils 

Un mois après le début de la guerre, les civils continuent de payer un lourd tribut.

En Iran, d'après les médias samedi, au moins 12 personnes ont été tuées par des frappes américano-israéliennes dans la nuit dans différentes régions d'Iran.

Onze personnes ont été blessées samedi par des éclats lors de l'impact d'un missile iranien dans le centre d'Israël, ont annoncé les secours et l'armée.

La situation empire aussi au Liban, entraîné dans la guerre dès le 2 mars lorsque le mouvement chiite Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël.

Trois journalistes libanais ont été tués samedi par une frappe sur leur véhicule dans le sud du Liban, Israël affirmant avoir visé un membre d'une unité d'élite du Hezbollah.

Depuis début mars, les frappes israéliennes ont fait un millier de morts selon des sources officielles et un million de déplacés dans ce pays.