L'épidémie accélère et le pire est à venir

La chancelière Angela Merkel a souligné, le plein impact de l'intensification des contacts sociaux pendant les périodes de Noël et du Nouvel an ne se voient pas encore dans les statistiques (Photo, AFP).
La chancelière Angela Merkel a souligné, le plein impact de l'intensification des contacts sociaux pendant les périodes de Noël et du Nouvel an ne se voient pas encore dans les statistiques (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 11 janvier 2021

L'épidémie accélère et le pire est à venir

  • Avec un taux de 1 725 décès pour un million d'habitants, la Belgique est au premier rang mondial pour la mortalité rapportée à la population
  • La reine Elizabeth II, 94 ans, et son époux le prince Philip, 99 ans, ont reçu samedi leur première injection de vaccin contre le nouveau coronavirus, dans le château de Windsor

BERLIN: L'épidémie de Covid-19 s'accélère avec un total désormais de 20 000 morts en Belgique et de 40 000 en Allemagne, la chancelière Angela Merkel, prévenant que le pire est encore à venir en attendant que les vaccinations ne fassent leur effet.

Depuis l'annonce par Pékin il y a tout juste un an, le 11 janvier 2020, du premier décès du Covid-19, un homme qui faisait ses courses sur un marché de Wuhan, le virus a tué plus d'1,9 million de personnes sur la planète qu'il a en outre plongée dans une crise économique sans précédent.

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Premier décès du Covid-19 à Wuhan, Chine (Photo, AFP).

Un an après, la propagation de nouveaux variants plus contagieux entraîne une nouvelle augmentation du nombre des malades et un risque d'asphyxie des hôpitaux, comme au Royaume-Uni, qui a dépassé le seuil des 80 000 mortset en Allemagne, ainsi que de nouvelles mesures restrictives, du Québec à la Suède.

Les semaines à venir constitueront «la phase la plus dure de la pandémie» avec un personnel médical travaillant au maximum de ses capacités, a prévenu Angela Merkel. Plus 80% des lits dans les services de soins intensifs de son pays sont occupés.

D'autant que, a souligné la chancelière, le plein impact de l'intensification des contacts sociaux pendant les périodes de Noël et du Nouvel an ne se voient pas encore dans les statistiques.

La Belgique a dépassé dimanche les 20 000 morts, la moitié vivait dans des maisons de retraite. Avec un taux de 1 725 décès pour un million d'habitants, ce pays est au premier rang mondial pour la mortalité rapportée à la population.

Au Royaume-Uni, le système de santé est «actuellement confronté à la plus dangereuse situation dont on puisse se souvenir», a alerté Chris Whitty, le médecin-chef pour l'Angleterre. «Si le virus poursuit cette trajectoire, les hôpitaux seront en réelle difficulté, et cela tout bientôt».

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Les services de santé subissent une pression croissante après que des niveaux records de cas quotidiens confirmés en laboratoire de Covid-19 ont conduit à un plus grand nombre de patients traités à l'hôpital en Angleterre que lors du pic initial de l'épidémie en avril (Photo, AFP).

En attendant l'accélération des campagnes de vaccination, dont la lenteur est critiquée, les gouvernements, comme en France et en Suède, durcissent les mesures pour réduire les contacts, au risque d'aggraver la morosité économique.

Son pays étant actuellement en difficulté, avec l'un des taux de contamination les plus élevés du monde, le président tchèque Milos Zeman a annoncé dimanche avoir demandé à Israël de partager son savoir-faire en matière de vaccination.

Un appel lancé tandis que des milliers de personnes ont manifesté dans le centre de Prague pour protester contre la campagne en cours dans ce domaine et les restrictions gouvernementales strictes visant à endiguer l'épidémie. «Nous ne sommes pas des moutons !», «non à la vaccination !» et «ouvrons la Tchéquie !», ont notamment scandé les protestataires.

Nouveau variant en Russie 

En France, huit nouveaux départements avancent leur couvre-feu à 18H00, au grand dam des commerces alimentaires, rejoignant quinze départements qui l'avaient fait le weekend dernier. Dans le reste du pays -qui compte au total une centaine de départements-, il est fixé à 20H. A Monaco, il sera avancé lundi à 19H.

Une quarantaine de cas de contamination par le variant britannique ont pour l'heure été détectés en France. A Marseille (sud-est), la situation est jugée «inquiétante». 

Les autorités sanitaires russes ont pour leur part annoncé dimanche avoir découvert un premier cas de ce variant chez une personne de retour du Royaume-Uni.

Au Québec, un couvre-feu nocturne est entré en vigueur samedi soir pour enrayer la seconde vague de coronavirus, une mesure inédite au Canada à l'échelle d'une province depuis l'épidémie de grippe espagnole il y a un siècle.

L'accélération de l'épidémie a contraint la Suède à rompre avec sa politique jusque-là moins stricte qu'ailleurs. Dès dimanche, elle peut durcir les mesures, notamment pour la première fois fermer commerces et restaurants dans des zones ciblées.

Mais ces dispositifs suscitent aussi des révoltes : au Danemark, où les cas liés à la souche mutante britannique se multiplient, des manifestations contre les restrictions ont dégénéré samedi en affrontements et neuf personnes ont été arrêtées.

Montrant l'exemple, la reine Elizabeth II, 94 ans, et son époux le prince Philip, 99 ans, ont reçu samedi leur première injection de vaccin contre le nouveau coronavirus, dans le château de Windsor, à l'ouest de Londres, où ils sont confinés. 

Ecoles fermées en Israël

Le gouvernement a pour ambition d'avoir vacciné tous les adultes du Royaume-Uni d'ici à l'automne et a déjà pris de l'avance avec 1,5 million de personnes ayant déjà reçu leur première injection. 

Pour aider les «pays vulnérables» à accéder eux aussi aux vaccins, le gouvernement a annoncé dimanche avoir collecté auprès de ses alliés un milliard de dollars (820 millions d'euros).

En Jordanie, le Premier ministre Bicher al-Khasawneh et plusieurs autres membres du gouvernement se sont fait injecter une dose du vaccin chinois de Sinopharm, le deuxième à être approuvé dans ce royaume après celui conçu par l'Américain Pfizer et l'Allemand BioNTech.

Récemment contaminé par le nouveau coronavirus, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, est de son côté retourné dimanche en Allemagne pour se faire soigner de complications à un pied liées au Covid-19, selon la télévision publique.

Les Israéliens ont entamé dimanche leur première semaine de travail depuis que de nouvelles restrictions ont été imposées afin de renforcer le troisième confinement national, mis en œuvre le mois dernier. Les écoles, qui étaient restées ouvertes pendant le premier confinement sont cette fois restées fermées.

À Gaza, les mosquées ont rouvert à l'aube, à la suite de la décision des dirigeants du Hamas (islamiste) d'y autoriser la prière du dimanche au jeudi uniquement. 


Double séisme au Venezuela: au moins 32 morts et plus de 700 blessés

Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
  • Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres
  • Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela

CARACAS: Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués.

Dans la capitale de ce pays d'Amérique latine de près de 30 millions d'habitants régulièrement frappé par des séismes, des photographes de l'AFP ont vu des secouristes et des habitants fouiller des immeubles réduits à des gravats. Des personnes étaient extirpées des décombres puis emmenées sur des brancards.

Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres. "Nous avons besoin de lampes torches !", lance l'un d'eux dans la nuit noire.

"A l'heure actuelle, nous avons reçu des informations faisant état de 32 morts" et "de plus de 700 blessés", a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans un message à la nation, après avoir déclaré l'état d'urgence.

Elle a précisé ne pas encore disposer de données concernant l'Etat de La Guaira, situé à proximité de la capitale et qui est selon elle la région la plus touchée. L'aéroport de Caracas, gravement endommagé selon elle, a été fermé.

Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela. "Nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis", a assuré le président américain Donald Trump, tandis que Mme Rodriguez a indiqué s'être entretenue au téléphone avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé le président déchu Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis.

La Chine et l'Inde ont elles aussi proposé leur aide, et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. 


L'Iran accuse l'Otan de «complicité» dans la guerre menée contre lui

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
  • M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury"
  • "Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X

TEHERAN: Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël.

M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.

M. Rutte a également affirmé que l'aéroport de Bucarest avait réduit ses vols commerciaux pour laisser la place aux avions de ravitaillement utilisés dans le cadre de cette opération, et qu'entre 4.000 et 5.000 sorties d'avions américains avaient été effectuées depuis des bases européennes pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X.

"Le secrétaire général de l'Otan a explicitement désigné l'Italie et la Roumanie comme ayant participé à l'agression contre l'Iran", a souligné le porte-parole du ministère iranien.

"Ces pays, ainsi que tous les autres pays européens ayant apporté leur soutien à l'agression américano-israélienne contre l'Iran, doivent expliquer à leur propre population et au monde entier pourquoi ils ont choisi de se rendre complices de cet acte d'agression flagrant et de la perpétration d'atrocités de masse contre les populations iraniennes", a-t-il ajouté.

En Italie, le ministère de la Défense a condamné mercredi les propos de M. Rutte, estimant qu'ils avaient envoyé "un message complètement trompeur", Rome n'ayant permis aux Etats-Unis d'utiliser ses bases que pour des vols techniques et logistiques, et non des missions de combat.


Rubio réaffirme que Washington n'acceptera pas de péage ou frais sur le détroit d'Ormuz

US Secretary of State Marco Rubio speaks to the media upon arrival at al-Bateen Executive Airport in Abu Dhabi on June 23, 2026, on the first stop of a tour of Gulf states aimed at showing solidarity with key allies hit hard by the Middle East war. (AFP)
US Secretary of State Marco Rubio speaks to the media upon arrival at al-Bateen Executive Airport in Abu Dhabi on June 23, 2026, on the first stop of a tour of Gulf states aimed at showing solidarity with key allies hit hard by the Middle East war. (AFP)
  • Le secrétaire d'État américain Marco Rubio entame une tournée dans le Golfe en rencontrant les dirigeants des Émirats arabes unis, du Koweït et de Bahreïn afin de discuter de l'accord États-Unis–Iran et de la sécurité régionale
  • Les pays du Golfe, fortement touchés par les représailles iraniennes durant le récent conflit, s'interrogent sur la fiabilité du soutien américain malgré leurs relations étroites avec Donald Trump et leurs importants investissements aux États-Unis

ABOU DHABI: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'entretient mercredi avec les autorités des Emirats arabes unis, au premier jour d'une tournée auprès de pays alliés du Golfe fragilisés par le conflit au Moyen-Orient.

Arrivé la veille au soir à Abou Dhabi, M. Rubio doit voir à huis clos le président émirati, Mohammed ben Zayed Al Nahyane.

S'exprimant devant la presse mardi soir, le chef de la diplomatie américaine avait indiqué vouloir parler avec les dirigeants des pays du Golfe du protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran et réitéré que Washington n'acceptera pas de péage ou redevances sur le détroit d'Ormuz, point d'achoppement entre les deux pays.

"Il s'agit d'une voie navigable internationale. Aucun pays n'est autorisé à percevoir des péages ou des redevances sur une voie navigable internationale", a-t-il dit, quand au contraire l'Iran et Oman soulignent "leur souveraineté sur leurs eaux territoriales".

M. Rubio doit ensuite se rendre dans la journée au Koweït puis à Bahreïn, où il participera à une réunion jeudi des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Il s'agit du premier déplacement d'un haut responsable américain au Moyen-Orient depuis la signature la semaine dernière de ce protocole d'accord, et la tenue de négociations entre les Etats-Unis et l'Iran en Suisse.

La mission s'annonce délicate alors que les pays de la région ont payé au prix fort les frappes américano-israéliennes contre l'Iran, ayant été visés par des représailles à coup de missiles et de drones iraniens lors de cette guerre dont ils ne voulaient pas.

Alliés de Washington aux portes de l'Iran, les Emirats ont ainsi été ciblés par plus de 2.800 missiles et drones depuis le début du conflit, essuyant l'essentiel des salves iraniennes. Le Koweït et Bahreïn ont également été durement touchés.

Avant le conflit, les Emirats avaient renforcé leur partenariat avec Washington et plaidé à plusieurs reprises pour un règlement de la question du programme de missiles iranien et des groupes soutenus par Téhéran, un sujet absent du protocole d'accord.

Les dirigeants de la région entretiennent de longue date des relations étroites avec le président Donald Trump et ont promis d'investir des milliards de dollars aux Etats-Unis.

Mais les experts notent qu'ils ont dû largement faire face seuls à la riposte iranienne et qu'ils s'inquiètent de la fiabilité des Etats-Unis.