Heurts au Royaume-Uni: soirée de violences à Sunderland

Des manifestants s'adressent à des policiers lors de la manifestation "Enough is Enough" à Whitehall, devant l'entrée du 10 Downing Street, au centre de Londres, le 31 juillet 2024, en réaction à la réponse du gouvernement aux coups de couteau mortels de Southport, le 29 juillet. (AFP)
Des manifestants s'adressent à des policiers lors de la manifestation "Enough is Enough" à Whitehall, devant l'entrée du 10 Downing Street, au centre de Londres, le 31 juillet 2024, en réaction à la réponse du gouvernement aux coups de couteau mortels de Southport, le 29 juillet. (AFP)
Short Url
Publié le Samedi 03 août 2024

Heurts au Royaume-Uni: soirée de violences à Sunderland

  • Des émeutes ont éclaté vendredi en fin de journée à Sunderland, où les forces de l'ordre britanniques ont été victimes "d'importants et graves niveaux de violence" selon la police
  • Deux cents à trois cents personnes -- des sympathisants du mouvement d'extrême droite anti-islam English Defence League (EDL) selon la police -- ont pris part à des échauffourées mardi, sur fond de rumeurs et de spéculations partagées en ligne

LONDRES: Des émeutes ont éclaté vendredi en fin de journée à Sunderland, où les forces de l'ordre britanniques ont été victimes "d'importants et graves niveaux de violence" selon la police, derniers heurts en date après le meurtre de trois fillettes en début de semaine.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des centaines de personnes se déchaînant dans le centre-ville de Sunderland, dans le nord-est de l'Angleterre, en attaquant la police et en mettant le feu à au moins une voiture.

Trois policiers ont été hospitalisés et huit personnes arrêtées, selon la police. "Au cours de la soirée, ces officiers ont été confrontés à d'importants et graves niveaux de violence, ce qui est tout à fait déplorable", a déclaré Helena Barron, une responsable de la police de Northumbria dans un communiqué, précisant que deux des fonctionnaires étaient toujours à l'hôpital.

"Les scènes choquantes auxquelles nous avons assisté à Sunderland ce (vendredi) soir sont totalement inacceptables", a-t-elle insisté.

Ces faits réactivent l'inquiétude d'un retour des violences qui ont émaillé le pays dans la semaine, alors que la soirée de jeudi avait été calme.

La ministre de l'Intérieur Yvette Cooper a promis sur X que les émeutiers "paieront le prix de leur violence et de leur comportement de voyou".

"La police a le soutien absolu du gouvernement pour agir de la manière la plus énergique possible et s'assurer que toute la force de la loi s'exerce", a-t-elle ajouté, en assurant que les émeutiers "ne représentent pas la Grande-Bretagne".

Cette nouvelle éruption de violence surgit au moment où la police se prépare à l'éventualité d'un week-end sous tension.

A Londres en particulier, la Metropolitan police a indiqué avoir "augmenté" ses effectifs "pour rassurer" la population, alors qu'une marche pro-palestinienne est prévue dans la capitale ainsi qu'un rassemblement anti-immigration.

La police du Merseyside, dont une cinquantaine d'agents ont été blessés lors de heurts mardi à Southport, la ville du nord-ouest de l'Angleterre endeuillée par l'attaque au couteau perpétrée la veille, s'est aussi dite prête à faire face à de possibles nouveaux heurts, et a déployé de nouveaux effectifs dans le centre-ville de Liverpool.

Deux cents à trois cents personnes -- des sympathisants du mouvement d'extrême droite anti-islam English Defence League (EDL) selon la police -- ont pris part à des échauffourées mardi, sur fond de rumeurs et de spéculations partagées en ligne sur la religion, l'identité ou l'origine de l'auteur des attaques.

Un suspect de 17 ans, Axel Rudakubana, a été inculpé pour meurtres et tentatives de meurtres et placé en détention.

Les différentes forces de police anticipent des manifestations dans plusieurs villes, notamment Nottingham (centre de l'Angleterre), Rotherham (nord), Cardiff (Pays de Galles), ou encore à Belfast (Irlande du Nord).

Les heurts à Southport, où une mosquée a été prise pour cible, ont conduit les responsables de lieux de culte musulmans à renforcer leur sécurité.

- Slogans anti-immigration -

Dans la capitale, la Metropolitan police a rencontré les responsable de la communauté musulmane et s'est déplacée dans plusieurs mosquées "pour donner des conseils (de sécurité) et écouter les craintes", a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Une marche pro-palestinienne est prévue, ainsi qu'un rassemblement près de l'itinéraire de cette marche du mouvement baptisé "Enough is enough" (Trop c'est trop), un mot d'ordre anti-immigration qui a émergé sur les réseaux sociaux.

"La Met ne tolèrera pas d'individus qui utilisent le droit de manifester comme un moyen de commettre des actes de violence ou d'inciter à la haine raciale et religieuse envers la population ou la police", a-t-elle prévenu.

Mercredi, plusieurs centaines de personnes, drapeaux anglais en main, et criant des slogans anti-immigration, avaient manifesté dans une ambiance tendue devant Donwing Street, entraînant 111 arrestations.

"La communauté musulmane est profondément inquiète" après les évènements de Southport, notamment avec "ces rassemblements prévus partout au Royaume-Uni et visant spécifiquement les mosquées", a déclaré Zara Mohammed, secrétaire générale du Muslim Council of Britain à l'AFP.

Elle a aussi décrit des responsables de mosquées "angoissés" lors d'une réunion organisée jeudi sur la sécurité des lieux de culte.

Jeudi, le Premier ministre britannique Keir Starmer a affiché sa fermeté et son soutien à la police après la multiplication de rassemblements émaillés de violences, "clairement" alimentées par la "haine d'extrême droite".


Le Canada en deuil après une rare tuerie qui a fait neuf morts

Short Url
  • L'attaque s'est déroulée à Tumbler Ridge, petite ville isolée de 2.300 habitants au pied des Montagnes Rocheuses, dans la province de Colombie-Britannique, à plusieurs heures de route de tout centre urbain
  • D'après la première "alerte" envoyée mardi par la police aux habitants, le suspect a été décrit "comme étant une femme brune portant une robe". Mais les autorités n'ont pas confirmé

MONTREAL: Le Canada est "en deuil", a déclaré mercredi le Premier ministre Mark Carney au lendemain d'une tuerie qui a fait neuf morts et une trentaine de blessés dans une petite ville isolée de l'ouest du pays, où une personne a ouvert le feu dans un collège-lycée.

"Nous surmonterons cette épreuve. Nous en tirerons des leçons", a également promis le Premier ministre, appelant les Canadiens au "rassemblement" dans un pays sous le choc, peu habitué aux tueries de ce type contrairement au voisin américain.

Les drapeaux des édifices gouvernementaux seront mis en berne pendant une semaine.

L'attaque s'est déroulée à Tumbler Ridge, petite ville isolée de 2.300 habitants au pied des Montagnes Rocheuses, dans la province de Colombie-Britannique, à plusieurs heures de route de tout centre urbain.

D'après la première "alerte" envoyée mardi par la police aux habitants, le suspect a été décrit "comme étant une femme brune portant une robe". Mais les autorités n'ont pas confirmé.

Le suspect, dont le genre fait l'objet de spéculations, serait mort après "une blessure qu'il se serait infligée", selon la police.

Ken Floyd, un responsable de la police canadienne, est resté prudent mais a indiqué que le tireur était bien la personne mentionnée dans l'alerte.

Vingt-sept personnes ont également été blessées, dont deux grièvement, a indiqué la Gendarmerie royale du Canada dans un communiqué.

"Horreur" 

Nina Krieger, ministre de le Sécurité publique de la province, a évoqué "l'une des pires tueries de masse de l'histoire" du Canada.

"Nous allons nous rassembler et faire en sorte d'être à l'écoute de ceux qui veulent parler" après cette "grande tragédie", a déclaré Darryl Krakowka, le maire de Tumbler Ridge, auprès de la chaîne publique CBC.

Mark Carney n'a pas prévu d'aller sur place mais le ministre canadien de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, et le Premier ministre de la province David Eby se rendent mercredi au chevet de la ville.

La famille royale britannique s'est dite "profondément choquée et attristée" par ce drame, dans un communiqué du roi Charles III, également chef d'Etat du Canada.

"L'horreur a frappé (...). Pensées aux familles des victimes, aux blessés et à toute la communauté éducative. La France se tient aux côtés des Canadiens", a affirmé le président français Emmanuel Macron sur X.

C'est la seconde tuerie en Colombie-Britannique en moins d'un an. En avril 2025, un homme avait tué 11 personnes à Vancouver, en fonçant avec son camion sur une foule qui célébrait un festival culturel philippin.

Ce type d'attaque est exceptionnel dans les écoles canadiennes. Elle frappe une ville connue pour son tourisme de plein air, avec la proximité des montagnes et un parc géologique.

"Mon plus jeune enfant vient tout juste de sortir du lycée (...). Ma fille aînée travaille à 300 mètres de l'école. Il s'en est fallu de peu", a raconté mardi soir à l'AFP Trent Ernst, journaliste local et ancien enseignant suppléant au lycée de Tumbler Ridge.

"Des fusillades dans des écoles au Canada, c'était une toutes les quelques années (...). Mais quand ça se produit dans votre ville, les choses déraillent complètement", a-t-il ajouté.

"Scène épouvantable" 

Darian Quist, élève dans l'établissement, a expliqué à CBC qu'il se trouvait en cours de mécanique quand on leur a annoncé le confinement de l'école.

"Nous avons pris des tables et barricadé les portes pendant plus de deux heures" jusqu'à l'arrivée de la police, a-t-il raconté.

La première alerte en début d'après-midi concernait un tireur dans l'école. Arrivées sur place, les forces de l'ordre ont d'abord découvert six corps, sans compter le suspect.

Une septième personne blessée par balle est décédée durant son transport à l'hôpital.

Par la suite, la police "a identifié un second lieu (...) lié à l'assaut, où deux autres victimes ont été retrouvées mortes dans une résidence", selon un communiqué.

Ken Floyd a décrit une "scène épouvantable" à l'arrivée des forces de l'ordre.

Si les tueries sont moins fréquentes au Canada qu'aux États-Unis, les statistiques sur la dernière décennie témoignent d'une augmentation constante des crimes commis avec des armes à feu.

En 2020, le Canada avait interdit 1.500 modèles d'armes d'assaut en réaction à la tuerie la plus meurtrière de son histoire, qui avait fait 22 morts dans la province de Nouvelle-Écosse (est).


Israël avance «vers une annexion de facto» de la Cisjordanie, dénonce Berlin

L'aval donné par le cabinet de sécurité israélien à des mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie constitue "une étape supplémentaire vers une annexion de facto", a dénoncé mercredi le ministère allemand des Affaires étrangères. (AFP)
L'aval donné par le cabinet de sécurité israélien à des mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie constitue "une étape supplémentaire vers une annexion de facto", a dénoncé mercredi le ministère allemand des Affaires étrangères. (AFP)
Short Url
  • L'aval donné par le cabinet de sécurité israélien à des mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie constitue "une étape supplémentaire vers une annexion de facto"
  • "Israël demeure puissance occupante en Cisjordanie, et en tant que puissance occupante, il est contraire au droit international d'y construire des colonies"

BERLIN: L'aval donné par le cabinet de sécurité israélien à des mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie constitue "une étape supplémentaire vers une annexion de facto", a dénoncé mercredi le ministère allemand des Affaires étrangères.

"Israël demeure puissance occupante en Cisjordanie, et en tant que puissance occupante, il est contraire au droit international d'y construire des colonies", a déclaré lors d'un point presse régulier un porte-parole du ministère, alors que les nouvelles mesures rendent plus faciles les achats de terres pour les colons israéliens.


L'UE doit éliminer les entraves qui l'empêchent d'être un "géant mondial", dit von der Leyen

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, assiste à un débat sur les mesures urgentes nécessaires pour renforcer la compétitivité de l’UE, approfondir le marché unique et réduire le coût de la vie, au Parlement européen à Strasbourg, dans l’est de la France, le 11 février 2026. (AFP)
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, assiste à un débat sur les mesures urgentes nécessaires pour renforcer la compétitivité de l’UE, approfondir le marché unique et réduire le coût de la vie, au Parlement européen à Strasbourg, dans l’est de la France, le 11 février 2026. (AFP)
Short Url
  • Ursula von der Leyen appelle l’UE à éliminer les obstacles internes au marché unique, notamment la fragmentation du secteur financier, afin de renforcer la compétitivité, faciliter l’accès aux capitaux et faire de l’Europe un « vrai géant mondial »
  • Elle défend la simplification réglementaire, la poursuite des accords de libre-échange et propose un nouveau statut paneuropéen pour les entreprises (« EU Inc »), tout en ouvrant la voie à des coopérations renforcées et en relançant le débat sur une « pré

STRASBOURG: L'Europe doit "éliminer les entraves" internes à sa compétitivité, si elle veut devenir "un vrai géant mondial", a plaidé mercredi la présidente de la Commission Ursula von der Leyen devant le Parlement européen, à la veille d'un sommet de l'UE.

Citant l'exemple de la fragmentation "sous stéroïdes" du secteur financier européen, la dirigeante a appelé à parachever au plus vite l'intégration du marché unique, en éliminant "un par un" les obstacles qui nuisent à l'activité économique au sein de l'UE.

"Nos entreprises ont besoin de capitaux dès maintenant. Nous devons le faire cette année", a-t-elle lancé aux eurodéputés réunis à Strasbourg, appelant également à poursuivre la conclusion d'accords de libre-échange et la "simplification" réglementaire pour libérer le potentiel de croissance de l'économie.

Les dirigeants des 27 se réunissent jeudi au château d'Alden Biesen en Belgique pour un sommet consacré à la compétitivité de l'économie européenne.

Plusieurs d'entre eux, dont Ursula von der Leyen, le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz participeront en outre à un sommet mercredi à Anvers avec des responsables de l'industrie européenne.

Parmi les sujets qui seront au menu de de ces réunions figure l'instauration d'une "préférence européenne", une mesure de soutien au "Made in Europe" qui consiste à obliger les entreprises bénéficiant de fonds publics à se fournir majoritairement en composants fabriqués en Europe.

La présidente de la Commission, qui avait défendu lundi cette mesure chère à la France, mais critiquée par d'autres pays, a assuré qu'il n'était pas question d'imposer une solution "toute faite" à l'ensemble de l'UE.

La responsable a par ailleurs ouvert la porte à des "coopérations renforcées" en matière de compétitivité, c'est-à-dire des réformes qui seraient menées dans certains pays volontaires, plutôt qu'à l'échelle des 27, comme le permettent les traités européens dans certains domaines.

Enfin, elle a confirmé que la Commission présenterait en mars un projet de création d'un nouveau statut juridique paneuropéen pour les entreprises, baptisé "EU Inc".

Ce statut, également appelé le "28e régime", leur permettrait d'exercer leurs activités dans l'ensemble de l'UE sans formalités supplémentaires ni surcoûts administratifs.