Des milliers de Marocains manifestent après la mort du chef du Hamas

Le Hamas avait appelé à une "journée de colère" vendredi pour l'enterrement de son chef, tué deux jours plus tôt dans une frappe imputée à Israël par le mouvement islamiste et Téhéran. Israël n'a pas commenté. (AFP).
Le Hamas avait appelé à une "journée de colère" vendredi pour l'enterrement de son chef, tué deux jours plus tôt dans une frappe imputée à Israël par le mouvement islamiste et Téhéran. Israël n'a pas commenté. (AFP).
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Publié le Samedi 03 août 2024

Des milliers de Marocains manifestent après la mort du chef du Hamas

  • Brandissant des drapeaux palestiniens, des portraits de M. Haniyeh et un cercueil en carton à son effigie, des milliers de personnes ont marché jusqu'au Parlement, keffiehs noir et blanc sur les épaules
  • "Ismaïl Haniyeh était un leader de la Palestine, c'est un symbole qui nous pousse à manifester", a déclaré à l'AFP Halima Hilali, 64 ans. La guerre à Gaza "est une honte pour l'humanité qui ne fait rien", a-t-elle dit

RABAT: Des milliers de Marocains sont descendus dans le centre de Rabat samedi pour soutenir le peuple palestinien et dénoncer la normalisation avec Israël, brandissant des portraits du chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, tué cette semaine en Iran, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Le Hamas avait appelé à une "journée de colère" vendredi pour l'enterrement de son chef, tué deux jours plus tôt dans une frappe imputée à Israël par le mouvement islamiste et Téhéran. Israël n'a pas commenté.

Brandissant des drapeaux palestiniens, des portraits de M. Haniyeh et un cercueil en carton à son effigie, des milliers de personnes ont marché jusqu'au Parlement, keffiehs noir et blanc sur les épaules.

"Salutations de Rabat à nos amis gazaouis et aux Qassam (branche armée du Hamas, NDLR)", "Le peuple veut la fin de la normalisation", a crié la foule, en écho à ce que l'on pouvait lire sur de nombreuses pancartes, selon une équipe de l'AFP sur place, qui a vu un drapeau israélien être brûlé.

"Ismaïl Haniyeh était un leader de la Palestine, c'est un symbole qui nous pousse à manifester", a déclaré à l'AFP Halima Hilali, 64 ans. La guerre à Gaza "est une honte pour l'humanité qui ne fait rien", a-t-elle dit.

"Manifester est la moindre des choses pour aider nos frères palestiniens, je pense que tous les musulmans doivent le faire", a renchéri Nabil Nasseri, 42 ans, venu de Salé, ville adjacente à Rabat. "On ne peut avoir des relations avec un groupe de criminels, on espère la fin des relations" avec Israël.

"Nous ne reconnaissons pas Israël", "(Haniyeh) est la voie", "Amérique terroriste", proclamaient des banderoles lors du rassemblement organisé à l'appel du Groupe d'action nationale pour la Palestine, regroupant des formations de gauche et le Parti islamiste de la justice et du développement.

Depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre, déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien, plusieurs manifestations de grande ampleur ont eu lieu au Maroc pour réclamer une abrogation de la normalisation, alors que l'opposition à ce processus était jusque-là limitée.

Le royaume a officiellement appelé "à l'arrêt immédiat, global et durable de la guerre israélienne sur Gaza", sans remettre en question la normalisation.

Le Hamas et Téhéran ont promis de venger la mort d'Ismaïl Haniyeh, qui se trouvait en Iran pour l'investiture du nouveau président, faisant craindre un embrasement de la région en pleine guerre dans la bande de Gaza.

 


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.