Une frappe israélienne vise un haut responsable du Hamas au Sud-Liban

L'un des membres du Hamas, Samer Al-Hajj, responsable de la sécurité du groupe dans le camp de réfugiés palestiniens d'Ain Al-Hilweh, a été tué lorsque la voiture dans laquelle il se trouvait a été touchée par un missile lancé par un drone israélien. (AFP)
L'un des membres du Hamas, Samer Al-Hajj, responsable de la sécurité du groupe dans le camp de réfugiés palestiniens d'Ain Al-Hilweh, a été tué lorsque la voiture dans laquelle il se trouvait a été touchée par un missile lancé par un drone israélien. (AFP)
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Publié le Samedi 10 août 2024

Une frappe israélienne vise un haut responsable du Hamas au Sud-Liban

  • Un missile guidé tiré par un drone frappe une voiture dans la ville portuaire de Sidon
  • Deux membres du Hezbollah tués lors d'une attaque précédente à Naqoura

BEYROUTH : Les craintes d'une escalade majeure dans le sud du Liban se sont accrues vendredi lorsque des attaques israéliennes distinctes ont tué deux membres du Hezbollah et deux membres du Hamas.

L'un des membres du Hamas, Samer Al-Hajj, responsable de la sécurité du groupe dans le camp de réfugiés palestiniens d'Ain Al-Hilweh, a été tué lorsque la voiture dans laquelle il se trouvait a été touchée par un missile lancé par un drone israélien. L'incident s'est produit à Sidon, à 44 kilomètres de Beyrouth, et c'est la première fois que la ville est prise pour cible.

Deux membres du Hezbollah ont été tués lors d'une précédente attaque à Naquora.

Les hostilités se sont poursuivies vendredi, alors que le gouvernement libanais - au sein duquel le Hezbollah est également représenté - accueillait favorablement une déclaration commune des dirigeants de l'Égypte, du Qatar et des États-Unis.

Cette déclaration souligne "la nécessité de mettre fin immédiatement aux souffrances des Palestiniens dans la bande de Gaza, de parvenir à un cessez-le-feu et de conclure un accord pour libérer les otages et les détenus".

EN BREF

La crainte d'une extension du conflit au Moyen-Orient a conduit de plus en plus de compagnies aériennes à suspendre leurs vols vers le Liban, notamment Air Algérie et Air India.

Royal Jordanian a repris ses vols vers Beyrouth après les avoir suspendus depuis le 29 juillet.

La Grande-Bretagne a conseillé aux compagnies aériennes britanniques "de ne pas pénétrer dans l'espace aérien libanais du 8 août au 4 novembre", citant "un risque potentiel pour l'aviation dû à l'activité militaire".

Elle a également appelé les deux parties au conflit "à reprendre des discussions urgentes afin de surmonter les obstacles qui subsistent pour parvenir à l'accord souhaité".

Le ministère libanais des affaires étrangères a déclaré que "le contenu de la déclaration trilatérale incarne la vision du Liban visant à atténuer les tensions dans la région et à éviter une guerre régionale totale, conformément à une première étape fondamentale, à savoir le cessez-le-feu immédiat dans la bande de Gaza et la mise en œuvre de la résolution 2735 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui repose sur l'initiative du président américain Joe Biden".

Il a souligné "la nécessité d'exercer une pression maximale sur Israël pour l'obliger à s'asseoir à la table des négociations et à mettre en œuvre sans délai la résolution 2735 du Conseil de sécurité des Nations unies".

La déclaration libanaise est intervenue alors que l'Autorité israélienne de radiodiffusion annonçait que "les habitants des villes situées à la frontière avec le Liban sont tenus de rester près des zones de sécurité jusqu'à nouvel ordre".

Vendredi également, des drones israéliens ont été vus survolant des villages frontaliers, notamment Yahoun, Kounine et Bint Jbeil, utilisant des haut-parleurs pour diffuser des messages provocateurs en arabe contre le Hezbollah et son secrétaire général Hassan Nasrallah, ce qui a incité des personnes armées à répondre en leur tirant dessus à la mitrailleuse.

Le gouvernement chypriote s'est déclaré "prêt à aider à l'évacuation des civils européens du Liban".

L'ambassade des États-Unis à Beyrouth a réitéré dans un communiqué vendredi qu'elle "encourage ceux qui souhaitent quitter le Liban à réserver tout billet disponible, même si ce vol ne part pas immédiatement ou ne suit pas l'itinéraire de leur choix".

Elle a recommandé aux "citoyens américains qui choisissent de ne pas quitter le Liban de préparer des plans d'urgence et d'être prêts à s'abriter sur place pendant une période prolongée".

Au premier jour du onzième mois d'hostilités, d'autres assassinats israéliens de cadres du Hezbollah ont été signalés après de nouvelles violations israéliennes de l'espace aérien libanais, ainsi que sa capacité à infiltrer les appels par téléphone fixe et cellulaire et le réseau Internet.

Le Hezbollah a annoncé la mort de Mehdi Mahmoud Ksaibani, 30 ans, originaire de Harouf, et de Hadi Jihad Deeb, 27 ans, originaire de Bafliyeh, dans le sud du Liban, qui ont péri lors d'un raid israélien sur Naqoura vendredi matin.

Jeudi soir et vendredi matin, Israël a pris pour cible Aita Al-Shaab et une maison à Hanaouay. La maison était vide, mais cinq civils vivant dans des maisons voisines ont été blessés, selon le ministère de la santé.

Le porte-parole de l'armée israélienne, Avichay Adraee, a déclaré que l'objectif d'Israël était "le quartier général du Hezbollah à Hanaouay et les infrastructures à Aita Al-Shaab".

Une source de sécurité libanaise a déclaré que le Hezbollah avait répondu par une série d'attaques limitées aux "bases militaires, stratégiques et logistiques israéliennes, en réponse à des attaques israéliennes spécifiques, tout en évitant les cibles civiles".

La radio de l'armée israélienne a fait état de "plusieurs attaques contre la colonie (de Kiryat Shmona)", ajoutant que "la dernière salve comprenait 10 roquettes lancées depuis le Liban en direction de la colonie".

Les médias israéliens ont déclaré que cinq explosions avaient été entendues et qu'un missile avait atterri à Kiryat Shmona.

Le Hezbollah a déclaré avoir bombardé "le quartier général de la 769e brigade dans la caserne de Kiryat Shmona avec une salve de roquettes Katioucha, en réponse aux attaques israéliennes sur Hanaouay". Il a également pris pour cible un "rassemblement de soldats israéliens dans les environs de Metula avec des armes à missiles".

En réponse à l'attaque de Naqoura, le Hezbollah a lancé un escadron de drones de précision sur le quartier général du bataillon côtier de la nouvelle brigade occidentale à Liman, "ciblant les positions et les concentrations de ses officiers et de ses soldats".

Le groupe a déclaré qu'il avait "atteint ses cibles avec précision et infligé des pertes confirmées".

Le Hezbollah a attaqué "le site d'Al-Sammaqa dans les collines libanaises occupées de Kfarchouba avec des armes à roquettes" et "un bâtiment utilisé par des soldats dans la colonie de Manara".

Des frappes aériennes israéliennes ont touché la ville de Tallouseh dans le district de Marjeyoun, coïncidant avec des tirs d'artillerie sur la ville.

Ce texte est la tradution d'un article paru sur Arabnews.com


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
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  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.


Liban: au moins 12 morts dans des frappes israéliennes dans le sud

Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
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  • Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud
  • "Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël"

BEYROUTH: Israël a poursuivi mercredi ses frappes au Liban, faisant au moins 12 morts, selon une source médicale à l'AFP, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, appelant les Libanais à "rejoindre" la lutte de son pays contre le Hezbollah pro-iranien.

L'armée israélienne a en outre arrêté et enlevé en Israël, pour interrogatoire, deux habitants d'un village frontalier du sud, avant leur remise en liberté dans la soirée.

Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud.

"Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël", a déclaré M. Netanyahu dans un message en anglais adressé au peuple libanais.

Dans le même temps, Donald Trump a douché mercredi les espoirs d'un accord avec Téhéran pour mettre fin à la guerre régionale. Il a affirmé que son armée allait "attaquer" l'Iran dès mercredi, l'accusant de duplicité.

Dans le sud, près de Tyr, huit personnes ont été tuées dans des frappes sur le village de Tayr Debba et quatre autres dans la localité de Deir Qanoun an-Nahr, a indiqué une source médicale à l'AFP.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a aussi rapporté d'autres bombardements sur une trentaine de localités dans le sud et l'est du Liban, dont trois villages méridionaux dont Israël avait ordonné plus tôt l'évacuation.

La veille, de violents raids sur la ville de Tyr avaient fait 11 morts et Israël avait ordonné à l'ensemble des habitants de la ville millénaire et de ses environs d'évacuer, provoquant un exode précipité.

Plus au nord, une frappe israélienne a visé une voiture dans le centre de la grande ville côtière de Saïda, porte du sud du Liban, a indiqué l'Ani.

Un correspondant de l'AFP y a vu des secours retirer deux personnes d'un véhicule en feu.

Villages chrétiens isolés 

De son côté, le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des troupes israéliennes dans des localités qu'elles occupent dans le sud.

Dans la zone frontalière, une patrouille israélienne a enlevé "un membre du conseil municipal de Kfar Chouba et un employé de la municipalité alors qu'ils effectuaient des travaux de pompage d'eau", selon l'Ani.

L'armée israélienne a indiqué pour sa part avoir interpellé et "transféré sur le territoire israélien pour y être interrogés", deux "suspects" qui "s'étaient approchés de la zone où les soldats israéliens mènent des opérations".

La municipalité de Kfar Chouba a annoncé qu'ils étaient revenus libres au village dans la soirée. Affirmant qu'ils "n'avaient aucune intention de s’approcher des forces israéliennes", elle a condamné un "acte hostile envers deux innocents qui accomplissaient une mission humanitaire".

Kfar Chouba est l'un des rares villages frontaliers dont les habitants sont restés malgré les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, qui occupe désormais une partie du sud du pays.

Parmi ces villages figure une poignée de localités chrétiennes, dont les représentants ont appelé mardi soir l'État libanais à "ouvrir des couloirs humanitaires".

Le communiqué du "Rassemblement des villages chrétiens frontaliers" souligne que les routes les desservant sont désormais "coupées ou extrêmement dangereuses".

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah et Israël, les frappes israéliennes ont fait 3.696 morts, selon le dernier bilan des autorités.

Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans cette guerre régionale pour soutenir l'Iran, qui exige que tout accord de paix avec Washington inclut la fin des hostilités sur le front libanais.


Liban: les «négociations directes» avec Israël, seule voie pour sortir de la guerre 

Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
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  • "La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban"
  • "Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)"

PARIS: Les "négociations directes" entre le gouvernement libanais et Israël sont "la seule voie" pour rétablir la paix au Liban, a estimé mercredi le ministre libanais des Affaires étrangères lors d'une audition devant l'Assemblée nationale française.

"Le Hezbollah fait tout ce qu'il peut pour empêcher ces négociations directes", a déploré Youssef Raggi, entendu par la Commission des Affaires étrangères. "Mais pour l'Etat libanais, pour le gouvernement, c'est la seule voie pour essayer de voir comment régler le problème dans sa globalité", a-t-il ajouté, appelant au pragmatisme et soulignant que l'option militaire avait "prouvé son inefficacité".

"La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban", a également affirmé le ministre libanais, violemment hostile au Hezbollah et à son parrain iranien.

"Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)".

Il a en outre jugé "absurde" l'argumentaire du Hezbollah qui dit défendre "le pays contre l'invasion et contre l'occupation israélienne" puisque Israël a assuré n'avoir "aucune ambition territoriale sur le Liban".

Israël occupe une partie du sud du Liban le long de sa frontière, et a avancé en profondeur dans le Liban comme jamais en près de 30 ans depuis le début de cette nouvelle guerre.

Le ministre a enfin avancé qu'il ne s'agissait pas de désarmer le Hezbollah "pour faire plaisir aux Etats-Unis, ni aux Arabes, ni à la communauté internationale". C'est une demande, c'est une exigence purement libanaise" - également réclamée avec force par Israël.

"Nous voulons que le Hezbollah, comme toutes les autres petites organisations qui lui sont alliées (...) soient désarmées pour que nous puissions enfin vivre dans un pays normal".

Le Hezbollah a entraîné le 2 mars le Liban dans la guerre pour soutenir l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

Les frappes israéliennes ont depuis fait 3.666 morts, selon le dernier bilan des autorités libanaises.