En Algérie, une présidentielle jouée d'avance

Des personnes regardent des affiches du président algérien sortant et du candidat indépendant Abdelmajid Tebboune à Oran le 5 septembre 2024, avant les prochaines élections présidentielles du  7 septembre (Photo par AFP)
Des personnes regardent des affiches du président algérien sortant et du candidat indépendant Abdelmajid Tebboune à Oran le 5 septembre 2024, avant les prochaines élections présidentielles du 7 septembre (Photo par AFP)
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Publié le Jeudi 05 septembre 2024

En Algérie, une présidentielle jouée d'avance

  • Le président souhaite une participation importante », a déclaré à l'AFP Hasni Abidi, analyste spécialiste de l'Algérie au Centre d'études CERMAM, basé à Genève.
  • M. Tebboune, 78 ans, est le grand favori face à l'islamiste modéré Abdelaali Hassani et au candidat socialiste Youcef Aouchiche.

Environ 24 millions d'électeurs algériens sont appelés à voter samedi à la présidentielle sans véritables enjeux, le chef de l'Etat sortant, Abdelmadjid Tebboune, étant considéré comme largement favori à sa propre succession.

Seule inconnue: le taux de participation. L'abstention avait battu des records (60%) lors de la présidentielle remportée en 2019 par M. Tebboune avec 58% des suffrages. Le scrutin s'était tenu pendant les manifestations massives prodémocratie du Hirak.

"Le président tient à une participation importante. C'est le premier enjeu. Il n'a pas oublié qu'il a été élu en 2019 avec un taux faible. Il veut être un président normal, pas un président mal élu", souligne à l'AFP Hasni Abidi du Centre d'études Cermam à Genève.

Alors que son mandat devait s'achever en décembre, M. Tebboune avait annoncé en mars la tenue d'une élection présidentielle anticipée le 7 septembre.

Trois candidats sont en lice pour diriger le pays de 45 millions d'habitants, premier exportateur de gaz naturel d'Afrique et le plus vaste du continent.

M. Tebboune, 78 ans, part grand favori car il est soutenu par quatre formations de premier plan qui ont scellé une alliance, parmi lesquelles l'ancien parti unique FLN (Front de libération nationale) et le mouvement islamiste El Bina, arrivé deuxième à la présidentielle de 2019.

- Vote à l'étranger -

Le deuxième concurrent, Abdelaali Hassani, un ingénieur des travaux publics de 57 ans, est le président du principal parti islamiste, le Mouvement de la société pour la paix (MSP), qui avait refusé de participer au scrutin de 2019.

Le troisième, Youssef Aouchiche, ancien journaliste et sénateur de 41 ans, est depuis 2020 le chef du Front des forces socialistes (FFS), un parti d'opposition historique, ancré en Kabylie (centre-est) qui boycottait les élections depuis 1999.

Les Algériens établis à l'étranger, 865.490 électeurs selon l'Autorité nationale indépendante des élections (Anie), ont commencé à voter lundi. Des bureaux itinérants sillonnent aussi des zones éloignées en Algérie à la rencontre des électeurs.

Une période de silence électoral est observée depuis mardi après une campagne qui s'est inhabituellement tenue en plein été, sous une forte canicule, réduisant encore davantage la présence des citoyens aux meetings.

Les trois candidats ont axé leurs discours sur les questions socio-économiques, promettant d'améliorer le pouvoir d'achat et de redresser l'économie, afin qu'elle soit moins dépendante des hydrocarbures (95% des recettes en devises). En politique internationale, un consensus règne sur les causes palestinienne et sahraouie, défendues par tous les prétendants.

M. Tebboune affirme vouloir lors d'un deuxième mandat parachever son projet d"'Algérie nouvelle", estimant que son premier quinquennat a été amputé de deux ans, du fait de "la guerre contre le Covid-19 et la corruption" de son prédécesseur.

Lors d'un dernier meeting de campagne mardi à Alger, il a promis plus d'investissements et d'emplois, pour faire de l'Algérie "la deuxième économie en Afrique", derrière l'Afrique du sud.

- Davantage de libertés -

Ses adversaires promettent davantage de libertés s'ils sont élus.

Le candidat du FFS s'est engagé à "libérer les prisonniers d'opinion par le biais d'une amnistie et à réexaminer les lois injustes (sur le terrorisme ou les médias, ndlr)" votées ces dernières années. Celui du MSP prône "le respect des libertés réduites à néant ces dernières années" après l'extinction du Hirak.

Selon M. Abidi, "le président Tebboune est attendu sur le grand déficit (existant) en matière de libertés politiques et médiatiques", qui a provoqué "un divorce des Algériens avec la politique".

"Ces dernières années, l'Algérie a connu une érosion continue des droits humains. Il est alarmant de constater que la situation reste sombre à l'approche des élections", a déploré cette semaine l'ONG Amnesty International.

Parmi les habitants, les attentes sont mitigées. Certains espèrent une amélioration du pouvoir d'achat alors que la rentrée scolaire approche quand d'autres, désabusés, sont indifférents aux joutes électorales.

C'est le cas de Mohamed, 22 ans, qui n'a pas voulu dire son nom à l'AFP: "franchement, tout ce que je veux, c'est partir ailleurs. Dès que j'ai assez d'argent pour payer un passeur, je quitte le pays".

D'autres, surtout les plus âgés, se rendront aux urnes. Comme Ali, 60 ans, un retraité qui a "toujours voté". "J'espère que la situation économique s'améliorera et que la stabilité demeurera dans le pays".

Aïcha, 30 ans, hésite encore: "je déciderai le jour J. Je sais qu'il faut voter mais les politiques ne se souviennent des femmes qu'en période d'élections (...). Après, on les oublie jusqu'au prochain scrutin".


Israël confirme au Pentagone vouloir rester dans des «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et à Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
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  • Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes
  • Le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé que les négociations menées mardi et mercredi à Rome entre Israël et le Liban avaient été "positives" et que le processus de mise en œuvre de "zones pilotes", d'où les troupes israéliennes doivent se retirer, commencerait "dans les prochains jours".

Le président américain Donald Trump avait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de retirer les forces israéliennes de Syrie et du Liban, selon un article publié mardi par le média américain Axios.

Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes.

Dans un communiqué, le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés situées près de la frontière contre les menaces que représentent les forces jihadistes".

"Nous n'avons jamais demandé aux Etats-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières", ajoute le communiqué du cabinet de M. Katz.

Au Liban et à Gaza, les forces israéliennes sont présentes sur le terrain, où elles mènent quotidiennement des opérations contre le Hezbollah et le Hamas.

Au Liban, les forces israéliennes restent déployées dans ce que l'armée décrit comme une "zone de sécurité" s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais et poursuit des frappes limitées dans le sud.

A Gaza, l'armée israélienne contrôle 60% du territoire. Elle est notamment présente sur l'ensemble du périmètre extérieur du territoire palestinien, le long des frontières entre Israël et l'Egypte.

Après le renversement, en décembre 2024, de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.


Le Premier ministre irakien condamne une « attaque de drone» au-dessus d'Erbil

Le Premier ministre irakien Ali al-Zaïdi a condamné une "attaque de drones" qui a violé l'espace aérien d'Erbil, dans la région du Kurdistan (nord), a indiqué jeudi son cabinet, après que plusieurs drones ont été abattus. (AFP)
Le Premier ministre irakien Ali al-Zaïdi a condamné une "attaque de drones" qui a violé l'espace aérien d'Erbil, dans la région du Kurdistan (nord), a indiqué jeudi son cabinet, après que plusieurs drones ont été abattus. (AFP)
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  • Il s'agit des premières attaques de drones signalées près du consulat à Erbil depuis le début d'un fragile cessez-le-feu en avril
  • Les forces kurdes de lutte antiterroriste ont assuré que les forces de la coalition antijihadiste dirigée par les Etats-Unis avaient "abattu et détruit huit drones chargés d'explosifs au-dessus d'Erbil entre 20H53 et 21H20"

ERBIL: La coalition antijihadiste dirigée par les Etats-Unis a abattu plusieurs drones mercredi au-dessus d'Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien, ont annoncé les forces kurdes.

Des journalistes de l'AFP ont dit avoir vu des drones survoler Erbil, dans le nord de l'Irak, avant d'être touchés par la défense antiaérienne, provoquant des explosions et une fumée visible près du consulat américain, qui a déjà été la cible d'attaques de drones et de roquettes depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Il s'agit des premières attaques de drones signalées près du consulat à Erbil depuis le début d'un fragile cessez-le-feu en avril.

Les forces kurdes de lutte antiterroriste ont assuré que les forces de la coalition antijihadiste dirigée par les Etats-Unis avaient "abattu et détruit huit drones chargés d'explosifs au-dessus d'Erbil entre 20H53 et 21H20" (17H53 et 18H20 GMT).

Il n'a pas été fait état de victimes.

Aucun groupe n'a revendiqué ces attaques dans l'immédiat. Elles coïncident avec la visite du nouveau Premier ministre irakien Ali al-Zaïdi à Washington, où il a rencontré le président américain Donald Trump.

Le Kurdistan irakien, une région riche en pétrole où sont présentes des forces américaines, a été visé depuis le début de la guerre déclenchée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël le 28 février. Des groupes armés irakiens pro-iraniens ont été à l'origine de la plupart de ces attaques.

Ceux-ci ont pris pour cible plus de 600 fois des installations américaines en Irak.

L'Iran a également procédé à des frappes contre des rebelles kurdes iraniens basés au Kurdistan irakien pendant la guerre et même après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.

 


L'Iran menace de réduire à néant des infrastructures du Moyen-Orient si les siennes sont attaquées 

L'état-major iranien a prévenu jeudi que l'Iran réduirait à néant des infrastructures du Moyen-Orient si les siennes sont attaquées, après des menaces de Donald Trump de viser des ponts et des centrales électriques. (AFP)
L'état-major iranien a prévenu jeudi que l'Iran réduirait à néant des infrastructures du Moyen-Orient si les siennes sont attaquées, après des menaces de Donald Trump de viser des ponts et des centrales électriques. (AFP)
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  • "Toutes les infrastructures de la région seront écrasées sous les coups d'acier des puissantes forces armées de la République islamique d'Iran, à tel point qu'il n'en restera aucune trace, comme si elles n'avaient jamais existé"
  • Donald Trump a affirmé mardi sur la chaîne Fox News qu'il frapperait des centrales électriques et des ponts en Iran la semaine prochaine, à moins que les Iraniens ne "s'assoient à la table des négociations"

TEHERAN: L'état-major iranien a prévenu jeudi que l'Iran réduirait à néant des infrastructures du Moyen-Orient si les siennes sont attaquées, après des menaces de Donald Trump de viser des ponts et des centrales électriques.

"Toutes les infrastructures de la région seront écrasées sous les coups d'acier des puissantes forces armées de la République islamique d'Iran, à tel point qu'il n'en restera aucune trace, comme si elles n'avaient jamais existé", a affirmé le commandement interarmées iranien dans un communiqué réagissant aux menaces proférées par le président américain.

Donald Trump a affirmé mardi sur la chaîne Fox News qu'il frapperait des centrales électriques et des ponts en Iran la semaine prochaine, à moins que les Iraniens ne "s'assoient à la table des négociations".