Cisjordanie: des Palestiniens cloîtrés chez eux après des jours de raids israéliens

Depuis la semaine dernière, 36 Palestiniens ont été tués dans des raids israéliens dans le nord de la Cisjordanie, selon le ministère palestinien de la Santé. (AFP)
Depuis la semaine dernière, 36 Palestiniens ont été tués dans des raids israéliens dans le nord de la Cisjordanie, selon le ministère palestinien de la Santé. (AFP)
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Publié le Vendredi 06 septembre 2024

Cisjordanie: des Palestiniens cloîtrés chez eux après des jours de raids israéliens

  • L'armée considère Jénine et ses environs comme des bastions de groupes armés palestiniens luttant contre Israël
  • Les incursions israéliennes sont quotidiennes en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967 et théâtre de violences meurtrières

JENINE: Adnan Naghnaghia est resté cloîtré chez lui pendant huit jours, alors que les forces israéliennes menaient des raids, combattaient des militants palestiniens et procédaient à des arrestations en Cisjordanie occupée.

"C'est comme une prison", dit ce père de cinq enfants, qui vit dans le camp de réfugiés de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, une zone ciblée par d'importantes opérations israéliennes de "lutte contre le terrorisme" depuis le 28 août.

L'armée considère Jénine et ses environs comme des bastions de groupes armés palestiniens luttant contre Israël. Les incursions israéliennes sont quotidiennes en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967 et théâtre de violences meurtrières. Celles-ci ont flambé depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza le 7 octobre, mais atteignent rarement une telle ampleur.

Alors que la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas à Gaza va bientôt entrer dans son douzième mois, le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a déclaré mercredi qu'Israël devait utiliser "toute sa force" pour combattre "la résurgence du terrorisme" en Cisjordanie, qui est séparée de la bande de Gaza par le territoire israélien.

"Il n'y a pas d'autre option, il faut utiliser toutes les forces", a souligné M. Gallant.

Depuis la semaine dernière, 36 Palestiniens ont été tués dans des raids israéliens dans le nord de la Cisjordanie, selon le ministère palestinien de la Santé. Ce dernier a fait état jeudi de cinq morts dans une attaque contre une voiture dans la région de Tubas, au sud de Jénine, l'armée israélienne affirmant avoir visé des "terroristes armés".

La présence de soldats dans le cadre de la plus longue opération israélienne depuis des décennies en Cisjordanie entrave la vie à Jénine, estime M. Naghnaghia.

"Ils vous obligent à rester à la maison au lieu de sortir et de vivre une vie normale", dit-il. S'aventurer à l'extérieur est devenu si dangereux que M. Naghnaghia a parlé à un correspondant de l'AFP par téléphone alors que les deux se trouvaient dans le camp de Jénine, à seulement 600 mètres l'un de l'autre.

« Epuisés »

Après des années de raids répétés dans le camp de Jénine, les habitants ont appris à faire des réserves de nourriture pour plusieurs jours, dit M. Naghnaghia, âgé de 56 ans.

Mais aujourd'hui, il craint que cela ne suffise pas. "Nous prévoyons deux ou trois jours, pas une ou deux semaines", s'inquiète-t-il.

Dans la ville de Jénine, Fadwa Dababneh, 68 ans, se fait livrer ses courses par une ambulance. Les autres véhicules ont largement disparu des rues alors que des tirs retentissent et que de nombreuses routes ont été défoncées par le passage de bulldozers.

Pour l'eau en bouteille, "nous nous sommes arrangés avec la voiture du Croissant-Rouge, ils nous en ont donné", dit-elle.

Des médecins soignent les blessés, mais ils livrent également de la nourriture et d'autres produits de base, ou aident les habitants à effectuer les déplacements nécessaires à travers la ville.

Une femme, qui a demandé à rester anonyme, explique à l'AFP avoir dû prendre une ambulance pour aller faire un examen de routine à l'hôpital. "Tant de destructions, tant de dévastations, les gens sont vraiment épuisés", dit-elle.

Pénuries

Les opérations militaires ont contraint les professionnels de santé à changer rapidement leurs habitudes. Certains, qui ne peuvent plus rentrer chez eux aussi librement qu'avant, travaillent désormais 24 heures sur 24.

"Pour quitter l'hôpital, nous avons besoin d'une autorisation, ou alors nous devons nous coordonner avec une ambulance, car la zone dans laquelle nous nous trouvons est dangereuse", raconte Moayad Khalifeh, un médecin de 29 ans près du camp de Jénine.

Il travaille à Al-Amal, une maternité qui a commencé à accueillir des blessés. "La plupart des affrontements et des barrages se déroulent à nos portes", dit-il.

Le directeur de l'hôpital, Mohammad al-Ardeh, n'a pas pu se rendre dans l'établissement pendant une semaine en raison des combats, gérant les opérations par téléphone, et certains membres du personnel n'ont pas pu se rendre au travail, explique-t-il à l'AFP.

Pour ne rien arranger, ajoute-il, l'approvisionnement en eau a été "interrompu six ou sept fois" depuis la semaine dernière, et les coupures d'électricité sont fréquentes.

 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.