Algérie: Abdelmadjid Tebboune largement réélu président avec un score record

Une photo diffusée par la page Facebook de la présidence algérienne montre le président algérien sortant Abdelmadjid Tebboune quittant un bureau de vote après avoir voté à Alger le 7 septembre 2024.  (Photo by ALGERIAN PRESIDENCY FACEBOOK PAGE / AFP)
Une photo diffusée par la page Facebook de la présidence algérienne montre le président algérien sortant Abdelmadjid Tebboune quittant un bureau de vote après avoir voté à Alger le 7 septembre 2024. (Photo by ALGERIAN PRESIDENCY FACEBOOK PAGE / AFP)
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Publié le Dimanche 08 septembre 2024

Algérie: Abdelmadjid Tebboune largement réélu président avec un score record

  • M. Tebboune, 78 ans, a été réélu avec un score très élevé de 94,65% mais une participation inférieure à 50%.
  • Le bilan de M. Tebboune souffre "d'un déficit de démocratie", indique à l'AFP Hasni Abidi, du centre d'études Cermam, y voyant un signe de fragilité lors d'un deuxième mandat.

ALGER : Controversé à son arrivée en 2019, le président Abdelmadjid Tebboune, reconduit pour un second mandat samedi en Algérie, a changé son image d'homme d'appareil pour se poser en figure rassurante, mais il reste critiqué pour un manque de libertés.

M. Tebboune, 78 ans, a été réélu avec un score très élevé de 94,65% mais une participation inférieure à 50%.

En décembre 2019, cet ancien ministre s'était adjugé la présidence avec 58% des suffrages et à peine 40% de participation, dans un scrutin qui se tenait au beau milieu du mouvement prodémocratie Hirak et d'appels au boycott.

D'allure affable, cet homme au visage rond et fine moustache a cherché dès son arrivée à surmonter l'hostilité des protestataires du Hirak, parvenus en avril 2019 à chasser du pouvoir, avec la puissante armée, son prédécesseur, Abdelaziz Bouteflika, après 20 ans de règne.

M. Tebboune a dit s'inscrire dans la lignée d'un "Hirak béni", félicitant les manifestants d'avoir sauvé le pays de l'effondrement qu'aurait constitué un cinquième mandat de Bouteflika (mort en septembre 2021). Il a même gracié des dizaines de détenus d'opinion.

Rapidement néanmoins, les autorités ont éteint le Hirak avec des interdictions de rassemblement liées au Covid-19 et l'incarcération de ses principaux animateurs.

Cinq ans plus tard, le bilan de M. Tebboune souffre "d'un déficit de démocratie", indique à l'AFP Hasni Abidi, du centre d'études Cermam, y voyant un signe de fragilité lors d'un deuxième mandat.

L'ONG Amnesty International a accusé récemment le pouvoir algérien de continuer d'"étouffer l'espace civique en maintenant une répression sévère", avec de "nouvelles arrestations arbitraires" et "une tolérance zéro à l'égard des opinions dissidentes".

Des rapporteurs spéciaux de l'ONU ont appelé M. Tebboune à respecter les libertés d'association et de réunion, après la dissolution d'ONG et la fermeture de médias indépendants.

- "Décennie mafieuse" -

Sans mentionner ce dossier, M. Tebboune a fait campagne sur le redressement de la "troisième économie d'Afrique", après la dernière "décennie mafieuse" de Bouteflika et son entourage.

S'appuyant sur la manne budgétaire que représente la flambée des prix du gaz depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022, il a promis des hausses des salaires et retraites, face à des revendications de pouvoir d'achat, et des investissements pour créer des emplois.

Il a cherché à se rapprocher de la population, notamment des jeunes. Fin mars, il se félicitait dans une interview de son nouveau surnom affectueux de "aâmmi Tebboune" ("Tonton Tebboune") circulant sur les réseaux sociaux, assurant entretenir "une relation paternelle avec la jeunesse".

Mais pour M. Abidi, la participation toujours faible reflète une désaffection des jeunes qui représentent plus de la moitié des 45 millions d'Algériens: "leur message est sans appel, c'est un désaveu. Ils ne se retrouvent pas dans l'offre politique disponible".

Pendant son premier quinquennat, M. Tebboune s'est efforcé, selon l'expert, de rehausser le prestige d'une fonction présidentielle déstabilisée par les dernières années Bouteflika, victime d'un AVC en 2013.

"La présidence est passée d'institution fantôme à centre de pouvoir réel et pôle de médiation entre factions", selon M. Abidi.

- "Epine dorsale" -

Mais M. Tebboune, également ministre de la Défense, n'a jamais contesté le rôle de la puissante armée, qu'il qualifie d'"épine dorsale de l'Etat", se déplaçant presque toujours en compagnie de son chef d'état-major Said Chengriha.

Né le 17 novembre 1945 dans la zone rurale de Mécheria (centre-ouest), son père était un dignitaire religieux et militant indépendantiste contraint de déménager sa famille à plus de 200 km au nord à Sidi Bel Abbès.

Dans sa gestion, ce diplômé de l'Ecole nationale d'administration qui a enchaîné les postes de préfet dans les années 1980, s'appuie sur sa grande connaissance de l'appareil d'Etat.

Brièvement ministre des Collectivités locales en 1991, il s'est effacé du champ politique pendant la décennie noire (1992-2002) de guerre civile, avant que Bouteflika ne le sorte de sa "retraite anticipée" en 1999.

Après plusieurs portefeuilles ministériels, il a de nouveau disparu pendant 10 ans, avant son retour au gouvernement en 2012 jusqu'en mai 2017 quand il est nommé Premier ministre.

Un poste d'où il sera limogé trois mois plus tard pour s'être attaqué aux oligarques proches de Bouteflika, dont la majorité ont été emprisonnés pour corruption.

Ce gros fumeur, marié et père de trois garçons et deux filles, a dû renoncer à la cigarette après avoir contracté le Covid en octobre 2020 et une hospitalisation de deux mois en Allemagne.


Le Liban oeuvre à «un retrait israélien global», dit son Premier ministre depuis le sud du pays

Le Liban oeuvre à un "retrait israélien global", a affirmé mercredi son Premier ministre Nawaf Salam, depuis la localité du sud où l'armée libanaise s'est déployée la veille, en application d'un accord avec Israël. (AFP)
Le Liban oeuvre à un "retrait israélien global", a affirmé mercredi son Premier ministre Nawaf Salam, depuis la localité du sud où l'armée libanaise s'est déployée la veille, en application d'un accord avec Israël. (AFP)
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  • "Nous continuerons à mobiliser les efforts politiques et diplomatiques pour parvenir à un retrait israélien global du sud", a dit le chef du gouvernement, après avoir planté un drapeau libanais à Zawtar al-Gharbiya
  • L'armée libanaise a entamé mardi son déploiement dans cette localité dont l'armée israélienne contrôlait les abords. Mais, signe de l'instabilité de la situation, elle a accusé les forces israéliennes d'avoir "ouvert le feu" à proximité de ses unités

ZAWTAR AL-GHARBIYAH: Le Liban oeuvre à un "retrait israélien global", a affirmé mercredi son Premier ministre Nawaf Salam, depuis la localité du sud où l'armée libanaise s'est déployée la veille, en application d'un accord avec Israël.

Cette déclaration intervient au lendemain de la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche, où il a insisté sur la nécessité d'un "retrait total" israélien pour avancer dans la mise en oeuvre de cet accord.

"Nous continuerons à mobiliser les efforts politiques et diplomatiques pour parvenir à un retrait israélien global du sud", a dit le chef du gouvernement, après avoir planté un drapeau libanais à Zawtar al-Gharbiya.

L'armée libanaise a entamé mardi son déploiement dans cette localité dont l'armée israélienne contrôlait les abords. Mais, signe de l'instabilité de la situation, elle a accusé les forces israéliennes d'avoir "ouvert le feu" à proximité de ses unités.

Israël a indiqué de son côté avoir tiré "des coups de semonce en l'air" après l'entrée de soldats libanais dans une zone qui "ne faisait pas partie de la zone pilote".

Malgré l'accalmie dans les combats entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes dans le sud, comme mercredi à Nabatiyé al-Fawqa, selon l'agence de presse officielle libanaise ANI.

"En sécurité et dignité" 

L'accord conclu en juin prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël -qui occupe toujours une partie du sud du pays- sous réserve d'un désarmement du Hezbollah.

La formation chiite, qui est opposée à l'accord et refuse d'être désarmée, a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, ayant fait plus d'un million de déplacés.

Il continue d'occuper des zones du sud et des responsables israéliens ont déclaré à plusieurs reprises leur intention de s'y maintenir, pour assurer la sécurité du nord d'Israël.

"En parallèle du déploiement en cours de l'armée, nous continuerons d'ouvrir les routes, retirer les décombres, assurer les services essentiels, pour permettre à notre peuple de retourner en toute sécurité et dignité" chez lui, a affirmé Nawaf Salam.

Plus de 700.000 déplacés sont rentrés chez eux depuis la dernière trêve en juin, selon l'ONU.

"La tête haute" 

Des dizaines d'habitants déplacés de Zawtar al-Gharbiya ont attendu en vain mercredi matin aux abords de la localité qu'on les laisse y entrer, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'armée libanaise les avait appelés mardi à ne pas s'y rendre "en attendant que la situation se stabilise".

"Nous y entrerons la tête haute, grâce à la présence de l'armée libanaise dont nous sommes fiers", a déclaré Abbas Yaghi, 73 ans, à l'AFP.

Les troupes libanaises continuent de ratisser la localité, imbriquée géographiquement avec une autre du nom de Zawtar al-Charqiya, où des forces israéliennes sont toujours présentes, comme elles le sont aussi dans des localités environnantes.

Déplacé de Zawtar al-Charqiya, Moustafa Ammar dit espérer qu'Israël se retire d'autres localités comme la sienne.

"Nous marcherons derrière l'armée si elle nous donne l'autorisation d'entrer", lance le sexagénaire.

Pour Wafaa Ismaïl, 64 ans, déplacée de Zawtar al-Gharbiya, le Premier ministre "aurait dû faire entrer les gens derrière lui pour signaler une victoire".


Le ministre saoudien des Affaires étrangères et ses homologues européens discutent de la sécurité maritime en mer Rouge

Le prince Faisal ben Farhane s'est entretenu mardi avec ses homologues espagnol, italien et allemand. (Photo : X)
Le prince Faisal ben Farhane s'est entretenu mardi avec ses homologues espagnol, italien et allemand. (Photo : X)
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  • Les ministres soulignent la nécessité de préserver la sécurité maritime et rejettent toute action menaçant la liberté de navigation

RIYAD : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'est entretenu mardi avec ses homologues d'Espagne, d'Italie et d'Allemagne au sujet des menaces des Houthis contre la navigation en mer Rouge et des efforts visant à apaiser les tensions plus larges au Moyen-Orient.

Lors d'entretiens distincts, José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères, et Antonio Tajani, son homologue italien, ont condamné les menaces des rebelles houthis du Yémen contre le sud de l'Arabie saoudite, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Les ministres ont souligné l'importance de préserver la sécurité maritime en mer Rouge et dans le Golfe, tout en rejetant toute action mettant en péril la liberté et la sécurité de la navigation.

Le prince Faisal s'est également entretenu avec le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, des conséquences sécuritaires et économiques du conflit en cours entre les États-Unis et l'Iran.

Lundi, le ministère saoudien des Affaires étrangères a dénoncé les déclarations d'un porte-parole militaire houthi affirmant que le groupe avait imposé un blocus maritime contre le Royaume, accusant les Houthis d'entraîner le Yémen dans un conflit régional plus large.

Selon le ministère, les attaques houthies contre les navires commerciaux internationaux en mer Rouge aggravent la situation humanitaire des Yéménites, en limitant leurs déplacements et en détériorant les conditions économiques dans les zones contrôlées par le groupe armé.

Le Royaume a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités en appliquant les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, notamment les résolutions 2216 sur le Yémen et 2722 sur la protection de la liberté de navigation en mer Rouge. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Une rencontre saoudo-française vise à renforcer la coopération en matière de défense

Les délégations saoudienne et française se sont réunies lundi à Riyad. (Ministère saoudien de la Défense)
Les délégations saoudienne et française se sont réunies lundi à Riyad. (Ministère saoudien de la Défense)
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  • Rencontre à Riyad entre les chefs d’état-major saoudien et français
  • Renforcement de la coopération en matière de défense

Le chef d’état-major général des forces armées saoudiennes, le lieutenant-général Fayyad bin Hamed Al-Ruwaili, a tenu lundi à Riyad des discussions avec son homologue français, le général Fabien Mandon.

La rencontre a porté sur les moyens de développer la coopération bilatérale dans les domaines de la défense et des affaires militaires. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharqal-Awsat.