Les Occidentaux annoncent de nouvelles sanctions contre l'Iran, accusé d'avoir livré des missiles à Moscou

Ci-dessus, des automobilistes passent devant un panneau d'affichage représentant des missiles iraniens à Téhéran, le 20 avril 2024. Téhéran a condamné les sanctions supplémentaires pour le transfert récent de missiles iraniens à la Russie. (Photo d'archives de l'AFP)
Ci-dessus, des automobilistes passent devant un panneau d'affichage représentant des missiles iraniens à Téhéran, le 20 avril 2024. Téhéran a condamné les sanctions supplémentaires pour le transfert récent de missiles iraniens à la Russie. (Photo d'archives de l'AFP)
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Publié le Mercredi 11 septembre 2024

Les Occidentaux annoncent de nouvelles sanctions contre l'Iran, accusé d'avoir livré des missiles à Moscou

  • Le chef de la diplomatie américaine a ajouté que les Etats-Unis et leurs alliés allaient prendre en représailles de nouvelles sanctions contre Téhéran, et notamment contre la compagnie aérienne nationale Iran Air.
  • Lundi, l'Union européenne avait assuré que les Occidentaux disposaient d'"informations crédibles" sur des livraisons de missiles balistiques iraniens à la Russie.

LONDRES : Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne ont annoncé mardi qu'ils allaient prendre de nouvelles sanctions contre l'Iran, visant notamment le transport aérien, accusant Téhéran d'avoir livré des missiles balistiques à la Russie pour frapper l'Ukraine.

"La Russie a reçu des livraisons de ces missiles balistiques et les utilisera probablement dans les semaines à venir en Ukraine contre les Ukrainiens", a déclaré le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, lors d'une conférence de presse à Londres avec son homologue britannique David Lammy. Les deux hommes doivent se rendre cette semaine à Kiev.

Le chef de la diplomatie américaine a ajouté que les Etats-Unis et leurs alliés allaient prendre en représailles de nouvelles sanctions contre Téhéran, et notamment contre la compagnie aérienne nationale Iran Air.

Dans un communiqué publié peu après, Londres, Paris et Berlin (E3) ont également indiqué avoir "confirmation que l'Iran a effectué ces transferts" de missiles.

"Nous prendrons des mesures immédiates pour dénoncer nos accords bilatéraux de services aériens avec l'Iran", écrivent les gouvernements de ces trois pays.

"En outre, nous allons travailler à la désignation d'individus et d'entités impliqués dans le programme de missiles balistiques de l'Iran et le transfert à la Russie de missiles balistiques et d'autres armes", poursuivent-ils. "Nous travaillerons également à la mise sous sanctions de la compagnie aérienne Iran Air".

L'Iran a rejeté les accusations occidentales de transferts de missiles. "La diffusion d'informations fausses et trompeuses sur le transfert d'armes iraniennes vers certains pays n'est qu'une affreuse propagande et un mensonge visant à dissimuler l'ampleur du soutien massif et illégal en armes des États-Unis et de certains pays occidentaux au génocide dans la bande de Gaza", a accusé le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanani, sur X.

Selon Antony Blinken, des dizaines de militaires russes se sont entraînés en Iran à utiliser le missile balistique Fath-360, qui a une portée de 120 kilomètres.

"Nous avons averti l'Iran en privé que cette mesure constituerait une escalade spectaculaire", a déclaré M. Blinken.

- "Actions déstabilisatrices" -

Lundi, l'Union européenne avait assuré que les Occidentaux disposaient d'"informations crédibles" sur des livraisons de missiles balistiques iraniens à la Russie.

"Le nouveau président et le ministre des Affaires étrangères iraniens ont déclaré à plusieurs reprises qu'ils souhaitaient rétablir le dialogue avec l'Europe. Ils souhaitent obtenir un allègement des sanctions. Des actions déstabilisatrices comme celles-ci auront exactement l'effet inverse", a averti M. Blinken.

Celui-ci se rendra avec le ministre britannique des Affaires étrangères David Lammy "cette semaine" en Ukraine. "Nous sommes les alliés les plus proches, je suis donc ravi que nous voyagions ensemble, démontrant ainsi notre engagement envers l'Ukraine", a déclaré M. Lammy.

La visite d'Antony Blinken précède celle à la Maison Blanche, vendredi, de Keir Starmer. Il s'agit du deuxième voyage à Washington du Premier ministre travailliste, depuis son arrivée au pouvoir début juillet après 14 ans de règne conservateur.

Si la "relation spéciale" entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni a perduré au-delà des clivages partisans, les démocrates sont historiquement considérés plus proches du parti travailliste que des conservateurs.

Mais pour Keir Starmer, un alignement total sur les démocrates pourrait s'avérer risqué à deux mois des élections américaines.

Kamala Harris a remobilisé le camp démocrate après son entrée en campagne tardive pour remplacer Joe Biden, mais demeure au coude à coude avec le candidat républicain Donald Trump.

Keir Starmer a plusieurs fois dit qu'il maintiendrait la position de son prédécesseur conservateur, qui soutenait fermement l'Ukraine contre la Russie. Londres compte parmi les plus importants soutiens de Kiev.

Le Royaume-Uni a indiqué vendredi qu'il allait fournir 650 systèmes de missiles à l'Ukraine pour l'aider à renforcer sa défense aérienne, après des critiques du président Zelensky sur le rythme de livraison d'aide militaire à Kiev.

Avec les Etats-Unis, "nous sommes engagés à doper notre alliance", a déclaré David Lammy lundi soir. "Dans un monde plus instable et moins sûr, il est encore plus important que nous soyons des nations hautement alignées".


L'Iran cherche à tuer Donald Trump, a affirmé Israël auprès de Washington

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
  • Israël a transmis aux États-Unis des renseignements affirmant que l'Iran préparerait un nouveau projet d'assassinat contre Donald Trump, selon des médias américains.
  • Ces révélations surviennent sur fond de tensions entre Washington et Israël concernant la guerre en Iran, certains responsables américains évoquant une possible tentative d'influencer la politique de Donald Trump

WASHINGTON: Israël a transmis à Washington des informations de ses services de renseignement selon lesquelles l'Iran prépare un nouveau plan pour assassiner Donald Trump, rapportent jeudi le Wall Street Journal et CNN en citant des sources anonymes.

Les deux médias américains sont avares en détails. Selon une source citée par CNN, l'alerte est arrivée cette semaine aux oreilles des Américains. Selon une autre source auprès de la chaîne, les Israéliens ont confirmé un nouveau plan iranien déjà partiellement détecté par les services américains.

Interrogée par l'AFP, la Maison Blanche n'a pas démenti, renvoyant simplement vers des déclarations de Donald Trump datant de mercredi: "Ils veulent éliminer le dirigeant américain - moi. Je suis sur une sorte de liste, j'ai vu ce matin que je suis sur toutes leurs listes".

Le président avait alors quitté le sommet de l'Otan en Turquie avec l'ancien avion présidentiel, et non le nouveau offert par le Qatar, en raison de questions de sécurité, selon le New York Times.

Ces fuites évoquant un nouveau complot interviennent au moment où la relation entre Israël et les Etats-Unis et leurs deux dirigeants, le Premier ministre Benjamin Netanhayu et Donald Trump, bat de l'aile à propos de la guerre en Iran.

Les Etats-Unis sont le principal allié d'Israël, mais le président américain s'est à plusieurs reprises livré ces dernières semaines à des critiques publiques de M. Netanyahu, après que la guerre menée par Israël contre le Hezbollah au Liban a menacé les pourparlers avec l'Iran.

Des sources américaines citées par CNN estiment que cette transmission d'informations israéliennes aux Américains pourrait constituer un effort du gouvernement Netanyahu visant à convaincre Donald Trump de poursuivre ses bombardements contre l'Iran, redémarrés cette semaine.

Les Etats-Unis ont assassiné le puissant général iranien Qassem Soleimani en Irak en 2020, lors du premier mandat du républicain, et l'Iran a publiquement menacé de représailles, notamment à l'encontre de Donald Trump.

L'Iran vient d'inhumer son défunt guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe américano-israélienne fin février au tout début de leur guerre, après plusieurs jours de funérailles marquées le désir de vengeance.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.