L'absence de protection des civils palestiniens à Gaza est «inadmissible», selon une fonctionnaire de l'ONU

 Sigrid Kaag, coordinatrice de l'ONU pour l'aide humanitaire et la reconstruction à Gaza, a informé le Conseil de sécurité de la situation «sérieuse et morose» sur le terrain. (Capture d'écran/UNTV)
Sigrid Kaag, coordinatrice de l'ONU pour l'aide humanitaire et la reconstruction à Gaza, a informé le Conseil de sécurité de la situation «sérieuse et morose» sur le terrain. (Capture d'écran/UNTV)
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Publié le Mardi 17 septembre 2024

L'absence de protection des civils palestiniens à Gaza est «inadmissible», selon une fonctionnaire de l'ONU

  • Sigrid Kaag a déclaré que le temps «file» pour faire face à une crise humanitaire d'origine humaine qui a «transformé Gaza en abîme»
  • Un cessez-le-feu immédiat est nécessaire, a-t-elle ajouté, ainsi que la libération inconditionnelle de tous les otages et des efforts soutenus pour acheminer l'aide à grande échelle

NEW YORK: L'absence persistante de protections efficaces pour les civils à Gaza est «inadmissible», a déclaré lundi une fonctionnaire de haut rang de l'ONU.

Sigrid Kaag, coordinatrice de l'ONU pour l'aide humanitaire et la reconstruction à Gaza, a informé le Conseil de sécurité de la situation «sérieuse et morose» sur le terrain.

Elle a déclaré que le temps «file» pour faire face à une crise humanitaire d'origine humaine qui a «transformé Gaza en abîme». Un cessez-le-feu immédiat est nécessaire, a-t-elle ajouté, ainsi que la libération inconditionnelle de tous les otages et des efforts soutenus pour acheminer l'aide à grande échelle.

«Les infrastructures dont dépendent les civils doivent être protégées et leurs besoins essentiels doivent être satisfaits», a déclaré Kaag. «Comme l'a rappelé le secrétaire général, toutes les parties doivent s'abstenir d'utiliser les écoles, les abris ou les zones environnantes à des fins militaires.»

«Toutes les parties au conflit doivent respecter le droit international humanitaire à tout moment. De même, les travailleurs humanitaires ont besoin d'un environnement favorable pour pouvoir accéder librement et en toute sécurité aux personnes dans le besoin. Tragiquement, à Gaza, aucun endroit n'est vraiment sûr.»

«Des maladies, comme le virus de la polio, qui avaient été reléguées aux oubliettes dans la bande de Gaza sont désormais réapparues en raison de l'effondrement des services essentiels.»

Elle a indiqué que son équipe avait négocié et renforcé les systèmes d'approvisionnement et les voies d'acheminement supplémentaires depuis ou via l'Égypte, la Jordanie, Chypre, la Cisjordanie occupée et Israël afin de «faciliter et d'accélérer le flux soutenu et transparent de fournitures dans la bande de Gaza».

La fourniture de l'aide humanitaire à Gaza est assurée par le Bureau des Nations unies pour les services d'appui aux projets, dont le directeur exécutif, Jorge Moreira da Silva, a fourni aux membres du Conseil des détails sur les chiffres relatifs aux livraisons d'aide.

Depuis la mise en place de ce mécanisme, a-t-il indiqué, 229 expéditions d'aide humanitaire ont fait l'objet d'une demande d'autorisation. 175 d'entre elles ont été approuvées, 101 ont été livrées, 17 sont en attente d'autorisation et 37 ont été rejetées. Il en résulte que plus de 22 000 tonnes d'aide humanitaire ont été livrées à Gaza jusqu'à présent, a-t-il ajouté.

M. Da Silva a remercié les États membres qui ont contribué financièrement aux opérations de son bureau à Gaza et a souligné que la route égyptienne en particulier était ce qu'il a décrit comme un «lien vital» pour les Palestiniens dans le territoire.

«Nous ne saurions trop insister sur les défis que représente l'acheminement de l'aide humanitaire à Gaza à l'heure actuelle», a-t-il déclaré.

L'acheminement efficace de l'aide à l'échelle requise ne sera pas possible sans la volonté politique, les garanties de sécurité et un environnement plus favorable, a-t-il ajouté en saluant «le rôle essentiel et irremplaçable que joue l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans la bande de Gaza, en tant que principal agent de mise en œuvre de notre volonté collective».

Le représentant permanent de la Russie auprès de l'ONU, Vasily Nebenzya, a critiqué les pays occidentaux pour leur politique de deux poids, deux mesures face à la persistance des morts civiles causées par les frappes israéliennes, qui, selon lui, sont menées en toute impunité grâce au soutien de Washington et de ses alliés.

«Une telle arrogance émane du soutien inconditionnel des États-Unis à toutes leurs actions (d'Israël), qui bloquent depuis près d'un an toute velléité de réaction substantielle», a-t-il ajouté.

Les conditions à Gaza sont «horribles» et si les bombardements incessants d'Israël sur le territoire ne cessent pas, plus de 2 millions de Palestiniens sont confrontés à la «perspective réelle» d'une cessation des opérations de l'ONU dans le territoire, a déclaré M. Nebenzya. La communauté internationale ne peut pas permettre que cela se produise, a-t-il averti.

Le représentant slovène auprès des Nations unies, Samuel Zbogar, qui assure la présidence du Conseil de sécurité ce mois-ci, a réitéré la nécessité de prévenir les violations du droit international en matière de protection des civils et de tenir pour responsables les auteurs de telles transgressions.

«Nous devons dissiper ce sentiment d'impunité pour le non-respect du droit international humanitaire, car si des civils peuvent être tués, mutilés, bombardés, torturés, déplacés, sous les yeux de la communauté internationale et du Conseil de sécurité, c'est inacceptable», a-t-il déclaré.

Si la nécessité de parvenir à un accord de cessez-le-feu à Gaza est de la plus haute importance et nécessitera une forte volonté politique, a ajouté M. Zbogar, il incombe entre-temps à Israël, en tant que puissance occupante, de veiller à ce que les denrées alimentaires et les fournitures médicales parviennent à la population civile.

«Les obligations découlant du droit international, notamment du droit humanitaire international et des droits de l'homme, doivent être respectées», a-t-il ajouté. «Tout comme la libération des otages ne doit pas être conditionnelle, l'aide humanitaire aux civils ne doit pas l'être non plus.»

«Nous approchons du 7 octobre, qui marque le premier anniversaire du début de ce conflit tragique. Ce n'est pas une occasion mais un devoir pour le Conseil de sécurité de faire preuve de volonté politique et de détermination pour aider à y mettre fin.»

Le Conseil a condamné à l'unanimité le ciblage du personnel de l'ONU et des travailleurs humanitaires pendant le conflit, et l'envoyée américaine auprès de l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, a réitéré le rejet «sans équivoque» par Washington de toute action mettant en danger les travailleurs humanitaires et leurs installations.

«Il n'y a aucune raison, absolument aucune, pour que les forces israéliennes ouvrent le feu sur des véhicules de l'ONU clairement identifiés, comme cela s'est produit récemment à de nombreuses reprises», a-t-elle déclaré.

Elle a appelé les dirigeants de l'armée israélienne à mettre en œuvre des «changements fondamentaux» dans la manière dont ses forces opèrent, y compris dans leurs règles d'engagement.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Après l'arrestation d'Andrew, la monarchie britannique dans une crise sans précédent

Des commentateurs estiment que la monarchie britannique traverse sa crise la plus grave depuis des décennies. Presque tous les journaux britanniques ont publié vendredi en Une une photographie du prince déchu. (AFP)
Des commentateurs estiment que la monarchie britannique traverse sa crise la plus grave depuis des décennies. Presque tous les journaux britanniques ont publié vendredi en Une une photographie du prince déchu. (AFP)
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  • L’ex-prince Andrew a été placé en garde à vue pendant près de 12 heures dans le cadre de l’affaire Epstein, soupçonné d’avoir transmis des informations confidentielles
  • Son arrestation provoque une crise majeure pour la monarchie britannique

LONDRES: L'enquête policière continue après la garde à vue spectaculaire de l'ex-prince Andrew pour des soupçons liés à l'affaire Epstein et la famille royale britannique fait face à une crise jugée particulièrement périlleuse par les experts de la monarchie.

Le frère cadet de Charles III a été relâché jeudi en fin de journée "en attendant la suite de l'enquête", selon la police, et les perquisitions devaient se poursuivre vendredi à Royal Lodge, près de Windsor, son ancien domicile dont il a été récemment chassé.

Andrew, dont l'interpellation a coïncidé avec son 66e anniversaire, a été interrogé près de 12 heures sur des accusations de "manquements dans l'exercice de fonctions officielles", accusé d'avoir transmis des informations confidentielles au financier et pédocriminel américain Jeffrey Epstein.

Après sa garde à vue, le prince déchu a été photographié quittant le commissariat situé à une trentaine de kilomètres de sa nouvelle résidence de Sandringham (est de l'Angleterre): le cliché spectaculaire, qui le montre hagard, les yeux écarquillés à l'arrière d'une voiture, faisait vendredi la Une de la totalité des journaux britanniques, Financial Times excepté.

Cette arrestation aura marqué "le jour le plus préjudiciable pour la monarchie", soulignait le Telegraph, tandis que le Daily Mail évoquait une "monarchie moderne face à son plus grave péril".

- Fin de la "déférence" -

Pour l'expert royal Ed Owens, la situation à laquelle la monarchie est confrontée est d'autant plus dangereuse qu'elle compte "beaucoup d'inconnues". A commencer par l'incertitude sur une éventuelle inculpation d'Andrew, ou les soupçons d'agressions sexuelles qui l'entourent, pour l'instant restés hors du champ de toute enquête formelle.

Évoquant les précédentes crises qui l'ont ébranlée au cours des dernières décennies - la mort de la princesse Diana en 1997 ou l'abdication d'Édouard VIII en 1936 - il a rappelé qu'il avait fallu "plus de 10 ans pour stabiliser l'institution et regagner l'affection et la loyauté du public".

L'ex-prince est accusé d'avoir transmis des informations confidentielles à Epstein, notamment des rapports de voyages en Asie et des possibilités d'investissement en Afghanistan, lorsqu'il était envoyé spécial du Royaume-Uni pour le Commerce, de 2001 à 2011.

Dans un rare communiqué après l'arrestation, le roi Charles III a affirmé jeudi que la "justice doit suivre son cours", tout en faisant part de sa "plus profonde inquiétude".

Le monarque, qui avait déjà déchu son cadet de tous ses titres royaux en octobre en raison de nouvelles informations sur les liens d'Andrew avec Epstein, a néanmoins évité de chambouler son agenda, se rendant comme prévu à un défilé de la Fashion Week de Londres.

Selon Roya Nikkhah, experte royale du Sunday Times, la famille royale va essayer de "poursuivre ses activités comme si de rien n'était", mais "la confiance dans l'institution risque vraiment d'être érodée" avec cette arrestation inédite depuis le XVIIe siècle.

"Le temps de la déférence qui prévalait pendant le règne de la reine (Elizabeth II, ndlr) est terminé, et il s'agit d'un immense défi pour Charles, car le public n'a plus l'affection pour l'institution" qu'il avait sous la défunte reine, dit-elle.

- Suspect comme un autre -

Alimentant le sentiment que la famille royale n'est plus au-dessus des lois, les médias britanniques ont souligné que le roi n'avait pas été prévenu à l'avance de l'arrestation de son frère.

Et le tabloid The Sun note que, comme tout suspect, Andrew a dû se soumettre à un prélèvement salivaire pour recueillir son ADN, à la prise d'empreintes digitales et d'une photo d'identité judiciaire.

Donald Trump, qui a souvent manifesté une certaine fascination pour la monarchie britannique, a jugé jeudi soir l'arrestation de l'ex-Duc d'York "très triste" et "très mauvaise pour la famille royale".

Son interpellation a aussi mis en évidence le contraste avec les Etats-Unis, où les répercussions de la tentaculaire affaire Jeffrey Epstein sont restées jusqu'ici limitées. Seule son ex-compagne et complice, Ghislaine Maxwell, a été condamnée pour ses liens avec le criminel sexuel.

Ces derniers jours, la police britannique avait indiqué examiner des documents contenus dans la dernière salve des dossiers Epstein, publiés le 30 janvier par le ministère américain de la Justice.

De nouvelles accusations en avaient émergé à l'encontre de l'ex-prince, qui s'est gardé de les commenter.

La police a aussi indiqué "évaluer" des informations selon lesquelles une femme aurait été envoyée par Jeffrey Epstein à Royal Lodge en 2010, potentiellement pour avoir des relations sexuelles avec Andrew.

Mais cette accusation n'a pas été mentionnée jeudi par la police et on ignore si Andrew a été interrogé sur ce sujet.


Internet, IA: l'Europe est un "espace sûr", contrairement à ce que disent des "amis mal informés"

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors du AI Impact Summit à New Delhi, le 19 février 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors du AI Impact Summit à New Delhi, le 19 février 2026. (AFP)
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  • Macron défend l’Europe comme un “espace sûr” pour l’innovation et l’investissement dans l’intelligence artificielle, tout en participant à la définition des règles internationales avec des alliés comme l’Inde
  • Protection des enfants et durabilité de l’IA : priorité au G7 pour limiter l’exposition des mineurs aux contenus numériques et promouvoir une IA moins énergivore et au service du bien commun

NEW DELHI: Le président français Emmanuel Macron a affirmé jeudi que l'Europe était un "espace sûr", non "centré aveuglément" sur la régulation contrairement à ce que les Etats-Unis disent, et déterminé à participer à la définition des "règles du jeu" dans l'intelligence artificielle.

"Contrairement à ce que certains amis mal informés disent, l'Europe n'est pas aveuglément centrée sur la régulation (..) L'Europe est un espace sûr (pour l'innovation et l'investissement, ndlr) et les espaces sûrs gagnent sur le long terme", a-t-il dit à l'ouverture du sommet sur l'intelligence artificielle à New Delhi.

"Nous sommes déterminés à continuer à définir les règles du jeu et à le faire avec nos alliés, tels l'Inde, parce que nous croyons dans les valeurs fondamentales partagées, la science, l'Etat de droit, l'équilibre mondial, un multilatéralisme efficace et l'innovation au bénéfice de tous", a-t-il ajouté devant un parterre de chefs d'Etat et des plus grands patrons de la "tech".

L'administration américaine, invoquant la liberté d'expression, dénonce régulièrement la régulation des grandes plateformes américaines imposée par l'Union européenne, des "actes flagrants de censure extraterritoriale", selon elle.

"L'intelligence artificielle va aider l'humanité à investir plus vite (..) dans la santé, l'énergie, la mobilité, l'agriculture, les services publics et le bien commun de tous", a poursuivi Emmanuel Macron.

Le chef de l'Etat a insisté sur la nécessité pour la France comme pour l'Inde de "prendre ensemble le chemin de l'innovation, de l'indépendance et de l'autonomie stratégique" en la matière.

Et sur le besoin d'une IA qui serve à "protéger la planète et pousser la prospérité de tous" et qui soit "durable" et donc moins dévoreuse d'énergie avec ses gigantesques centres de données.

Le président français a aussi insisté sur la nécessité de mieux protéger les enfants des "abus numériques et de l'IA", en soulignant que ce serait une priorité de la présidence française du G7 cette année.

"Il n'y a pas de raison que nos enfants soient exposés en ligne à ce qui est légalement interdit dans le monde réel", a-t-il dit, appelant plateformes, gouvernements et régulateurs "à travailler ensemble pour faire de l'internet et des réseaux sociaux un espace sûr".

La France est elle-même en train de prendre des mesures pour interdire l'accès des moins de 15 ans aux réseaux sociaux, a-t-il rappelé.


Macron retrouve Modi en Inde, entre vente de Rafale et IA

Le président français Emmanuel Macron à son arrivée à Mumbai le 17 février 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron à son arrivée à Mumbai le 17 février 2026. (AFP)
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  • À Bombay, Emmanuel Macron retrouve Narendra Modi pour renforcer le partenariat stratégique franco-indien, marqué par l’intention d’achat de 114 Rafale supplémentaires et l’inauguration d’une chaîne d’assemblage d’hélicoptères H125 d’Airbus avec Tata Group
  • La visite met aussi l’accent sur l’intelligence artificielle et l’innovation, avec le Sommet mondial pour l’Impact de l’IA à New Delhi et des échanges sur le multilatéralisme (G7/Brics)

BOMBAY: Le président français Emmanuel Macron retrouve mardi le Premier ministre Narendra Modi à Bombay, capitale économique de l'Inde, pour renforcer le partenariat stratégique bilatéral, avec à la clef la vente de 114 chasseurs Rafale et un ancrage dans l'intelligence artificielle.

Le chef de l'Etat français, arrivé dans la nuit, rendra d'abord hommage aux victimes des attentats de Bombay en 2008 au Taj Mahal Palace.

Les attentats, perpétrés devant les caméras de télévision du monde entier, avaient fait 166 morts, dont deux Français. Pendant trois jours, les assaillants avaient mené des attaques au fusil d'assaut AK-47 et à la grenade à travers la métropole, y compris dans cet hôtel mythique de l'époque coloniale.

Emmanuel Macron rencontrera ensuite autour d'un déjeuner six stars du cinéma indien, dont Bombay est la capitale avec les studios de Bollywood, machine à superproductions mondiales.

Il entend évoquer les "coopérations possibles" dans ce domaine et "mettre en valeur l'attractivité de la France pour les tournages", précise l'Elysée.

- "Made in India" -

Le Premier ministre indien, venu spécialement à Bombay, rejoindra son hôte vers 15H00 (09H30 GMT) pour une série d'entretiens, suivis de déclarations à la presse et d'un dîner dans le décor somptueux du Taj Mahal Palace.

Les échanges s'annoncent sous les meilleurs auspices après la confirmation par l'Inde de son intention d'acheter 114 avions de combat Rafale supplémentaires, une commande sans précédent pour le constructeur Dassault, qui s'ajouterait aux 62 déjà acquis.

"Les discussions porteront sur la consolidation du partenariat stratégique et sur sa diversification dans des secteurs nouveaux et émergents", ont indiqué les services de Narendra Modi.

Elles vont permettre de "continuer à ancrer la relation bilatérale en la tournant résolument vers l'avenir", renchérit l'Elysée.

Les deux dirigeants inaugureront ensemble, à distance, une chaîne de montage d'hélicoptères Airbus, les H125, située à 1.000 kilomètres de là, près de Bangalore (sud), la capitale technologique indienne.

Cette ligne, dont la construction avait été annoncée lors de la dernière visite du président français en Inde en janvier 2024, devrait être opérationnelle en avril et le premier vol du H125 "Made in India", cher au gouvernement indien, réalisé à la fin de l'année.

La première ligne d'assemblage d'hélicoptères Airbus gérée par un groupe privé indien, le célèbre conglomérat Tata Group, a été conçue pour produire à terme la variante militaire du H125, appelée H125M.

- Lula, Google et Anthropic -

Les deux dirigeants donneront ensuite le coup d'envoi de l'année franco-indienne de l'innovation en présence d'un parterre de chefs d'entreprises et chercheurs.

Le désordre mondial généré par les coups de butoir permanents de Donald Trump, des droits de douane à la diplomatie, tout comme la montée en puissance de la Chine seront aussi au coeur des entretiens.

Narendra Modi n'a pas condamné l'invasion de l'Ukraine par la Russie, partenaire traditionnel de l'Inde - notamment pour les livraisons d'équipement militaire -, mais il s'est rendu à Kiev en septembre 2024 et est sous pression de Donald Trump pour réduire les importations indiennes de pétrole russe.

Le président français et le Premier ministre indien, qui président respectivement le G7 et le groupe des Brics cette année, vont aussi "explorer les convergences possibles" pour "défendre et promouvoir le multilatéralisme à un moment où il est particulièrement remis en cause", souligne l'Elysée.

La suite de la visite sera placée sous le signe de l'intelligence artificielle, avec un dîner inaugural mercredi soir à New Delhi du Sommet mondial pour l'Impact de l'IA, avant son ouverture effective jeudi, après une série de tables rondes en début de semaine.

Ce rendez-vous, auquel sont attendus une quinzaine de chefs d'Etat, dans la foulée du sommet de Paris sur l'IA en février 2025, se penchera sur l'investissement dans le secteur, la "recherche scientifique en faveur de l'intérêt général" et "l'accès par tous aux outils technologiques", selon l'Elysée.

Emmanuel Macron doit rencontrer en marge du sommet son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva ainsi que les dirigeants de Google et de la start-up américaine Anthropic, rivale d'OpenAI (la société qui développe ChatGPT).

Il inaugurera aussi le Centre franco-indien de l'IA en santé globale mercredi à New Delhi.