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Mehdi Ghezzar veut créer un lobby pour soutenir l’économie algérienne
Mehdi Ghezzar membre influent de la diaspora algérienne à Paris. (Photo Fournie)
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Publié le Mercredi 02 octobre 2024
Samia Hanifi
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Mehdi Ghezzar veut créer un lobby pour soutenir l’économie algérienne
Mehdi Ghezzar est un membre influent de la diaspora algérienne, basé à Paris
Il est connu dans le secteur agroalimentaire pour avoir fondé GZRFood, entreprise innovante qui se concentre sur la fourniture de solutions respectueuses de l’environnement
Publié le Mercredi 02 octobre 2024
Samia Hanifi
RIYAD: Plus de trois millions d'Algériens vivent à l'étranger, principalement en France, en Belgique, en Espagne, en Italie et au Royaume-Uni, avec une concentration moindre, mais notable, dans d'autres États arabes ainsi qu'aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
Les talents et les compétences sont innombrables au sein de la diaspora algérienne. La communauté algérienne s’apprête à bénéficier d’une plateforme novatrice favorisant les échanges de compétences entre personnes résidant à l’étranger et talents locaux.
Pour la diaspora algérienne, c’est le moment de s’unir, de peser sur les décisions, de créer des ponts entre les pays d’accueil et l’Algérie, de participer activement, durant les prochaines années, au développement et à la diversification de l’économie de l’Algérie.
Mehdi Ghezzar est un membre infuent de la diaspora algérienne, basé à Paris. Il est connu dans le secteur agroalimentaire pour avoir fondé GZRFood, entreprise innovante qui se concentre sur la fourniture de solutions saines et durables, respectueuses de l’environnement pour minimiser leur empreinte écologique.
Cet engagement se traduit par l’utilisation de pratiques agricoles durables, la réduction des déchets et la promotion d’une consommation responsable. Parmi ces distinctions notables, Mehdi Ghezzar apparaît dans la liste des 30 entrepreneurs les plus influents de moins de 40 ans, établie par un média français de renom.
M. Ghezzar a accordé un entretien exclusif à Arab News en français, durant lequel il a abordé une série de questions concernant son lien avec son pays d’origine et d’autres points relevant du partenariat, de l’investissement, de l’innovation, de la durabilité et du projet de créer un Lobby DZ afin de prendre part au développement et à la diversification de l’économie algérienne.
En ce qui concerne son attachement à ses origines, Mehdi Ghezzar a déclaré: «Mon histoire personnelle est indissociable de l'Algérie. Mes parents sont issus de cette génération qui a vécu les moments les plus décisifs de l'histoire algérienne, en particulier la révolution pour l'indépendance, durant laquelle mon père s’est engagé et a œuvré à la libération de notre Nation du joug colonial.»
«Ils m'ont toujours inculqué l'amour de la patrie et le sens du devoir envers notre pays. Ce lien fort avec l'Algérie est resté intact tout au long de ma vie. Chaque visite au pays, chaque échange avec la communauté algérienne, renforce ma conviction que, malgré la distance géographique, l'Algérie fait partie intégrante de mon identité, de notre identité. Mon engagement aujourd'hui s'inscrit dans la continuité de ce lien, avec l'ambition de contribuer à sa prospérité, où que je me trouve.»
Abordant le volet de la diaspora algérienne, cet entrepreneur obstiné a révélé: «La diaspora algérienne possède un potentiel considérable qui, jusqu'à présent, n'a pas été pleinement exploité. Depuis l’élection du président Abdelmadjid Tebboune, un élan populaire s’est créé, malgré les réticences de certains Algériens de l’étranger, qui pensent souvent qu’ils ne sont pas prêts et reportent leur engagement à plus tard, à un moment plus opportun.»
«Nous devons entendre, comprendre les raisons des inquiétudes liées aux mauvaises pratiques passées. Malgré tout, je tiens à m'adresser à eux. Je voudrais dire que ce n’est pas vous qui choisissez le moment, c’est lui qui vous choisit. On ne choisit pas l'Algérie, c’est elle qui vous choisit. Et elle vous a déjà choisi, car vous êtes l’Algérie, vous êtes le peuple algérien, oui vous pouvez le faire, croyez-en vous-mêmes, sans vous, il n’y a plus de nous.»
«Aujourd’hui, face aux défis globaux et aux transformations politiques, il devient impératif d’organiser cette diaspora en un réseau d’influence puissant. Nous sommes nombreux à occuper des postes à responsabilités dans divers secteurs, et il est temps de mettre en commun nos forces pour influer sur les décisions qui concernent non seulement l’Algérie, mais aussi les Algériens à l’étranger.»
«Un réseau bien structuré pourrait non seulement défendre les intérêts de notre communauté, mais aussi promouvoir une image forte et unie de l’Algérie à l’international. Nos priorités doivent inclure la défense de nos droits, le renforcement des relations bilatérales avec les pays d’accueil, ainsi que la mobilisation des talents pour le développement économique et social de l’Algérie.»
Abordant les aspects économiques et politiques de l’Algérie, Mehdi Ghezzar a confié: «Je voudrais débuter mon propos par une citation qui illustre la droiture des positions algériennes à l’international: L’Algérie est mon pays de cœur. C’est en Algérie que j’ai découvert, pour la première fois, le sentiment d’être un homme libre. Tels furent les mots de Nelson Mandela, figure légendaire de la lutte pour l’égalité de tous, des combats contre le racisme et la colonisation.»
«Notre pays a su se positionner avec force sur la scène diplomatique, en particulier en Afrique et dans le monde, tout en restant fidèle à ses principes de non-ingérence et de défense de la souveraineté des États. Je suis convaincu que la diaspora peut jouer un rôle clé en amplifiant cette voix, notamment dans les forums internationaux.»
«Nous pouvons apporter notre expertise, notre réseau et notre influence dans les pays où nous vivons pour soutenir les positions algériennes. L’unité de la diaspora autour de ces enjeux diplomatiques renforcerait encore la stature de l’Algérie sur la scène mondiale, en démontrant que nous sommes une force collective, prête à défendre les intérêts de notre pays tout en favorisant des partenariats stratégiques.»
«La jeunesse algérienne est désireuse de développer de nouvelles compétences qui leur permettront de répondre aux exigences du marché du travail et de rechercher des opportunités internationales pour acquérir une expérience professionnelle.»
«Le secteur des startups en Algérie s’est distingué en 2023 par une évolution fulgurante à la faveur de mesures d'accompagnement et de textes législatifs qui ont véritablement donné un essor sans pareil à l'entrepreneuriat basé sur la connaissance et l'innovation.»
À ce propos, M. Ghezzar a annoncé: «La nouvelle génération d'Algériens à l'étranger, souvent plus connectée et cosmopolite, a un rôle clé dans la création d'un groupe uni et influent. Grâce à leur double culture, leur maîtrise des outils numériques et leur présence dans des secteurs stratégiques, ils peuvent non seulement promouvoir les intérêts de l'Algérie, mais aussi renforcer les liens avec leur pays à travers des initiatives culturelles, économiques et sociales.»
«Les startups algériennes, qui ont remporté des prix internationaux, symbolisent l’innovation et le potentiel économique du pays. En les intégrant à une stratégie de valorisation de l'Algérie, elles peuvent devenir des vitrines du savoir-faire algérien, tout en attirant des investissements étrangers et en favorisant les partenariats internationaux.»
«Créer un hub d’innovation depuis l’étranger pour ces génies algériens, avec le soutien de la diaspora, offrirait un cadre pour développer des entreprises compétitives à l’échelle mondiale depuis le territoire national et permettrait de créer un lien fort entre la communauté à l’étranger et la communauté nationale.»
«L'Algérie, dans le cadre du nouvel ordre financier mondial, pourrait se positionner comme un acteur pivot, notamment grâce à ses ressources énergétiques, son potentiel agricole et son ouverture croissante aux partenariats stratégiques avec des puissances comme la Chine, la Corée du Sud, l’Allemagne, le Royaume-Uni. La diversification économique, amorcée après 2019, et l'intégration plus forte dans les initiatives africaines et méditerranéennes, sont des leviers importants pour que l'Algérie s'affirme davantage sur la scène internationale.»
Le renouveau de Petroline souligne la stratégie de l’Arabie saoudite consistant à contourner les goulets d’étranglement maritimes, offrant un amortisseur partiel contre les chocs d’approvisionnement tout en exposant la vulnérabilité des marchés énergétiques mondiaux. (AFP)
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Jonathan Gornall
Publié le 01 avril 2026
Alors que l’Iran menace le détroit d’Ormuz, un pipeline vieux de 40 ans contribue à stabiliser les flux et à contenir la flambée des prix mondiaux de l’énergie
L’expansion de Petroline — ou la relance d’anciennes routes comme Tapline — pourrait affaiblir durablement l’emprise de l’Iran sur des points de passage pétroliers clés
Publié le Mercredi 01 avril 2026
Jonathan Gornall
01 avril 2026
LONDRES : Il a été créé il y a quatre décennies dans l’ombre d’un conflit régional antérieur qui menaçait le flux de pétrole et de gaz à travers le détroit d’Ormuz. Aujourd’hui, le Petroline saoudien revient à la une et soulage une fois de plus les marchés énergétiques mondiaux.
Le pipeline Est-Ouest de l’Arabie saoudite se compose de deux conduites et d’une série de stations de pompage qui transportent le pétrole sur plus de 1 200 km à travers des terrains souvent difficiles, reliant le champ pétrolier d’Abqaiq, dans la province orientale, au port de Yanbu sur la mer Rouge.
Aujourd’hui, alors que le passage par le détroit d’Ormuz est fortement restreint, le Petroline, vieux de 40 ans, fonctionnerait à pleine capacité.
Selon Bloomberg, la compagnie pétrolière nationale saoudienne Aramco a activé des plans pour intensifier les opérations de Petroline dès le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran le 28 février.
Dès le 4 mars, il fonctionnait presque à pleine capacité, et les pétroliers qui se dirigeaient habituellement vers des terminaux du Golfe arabique ont été redirigés vers la mer Rouge.
Installations pétrolières de Dhahran, dans l’est de l’Arabie saoudite. (Saudi Aramco/AFP)
Les 7 millions de barils par jour acheminés à travers le pays depuis la province orientale jusqu’à Yanbu ne compensent que partiellement la perte des 15 millions de barils qui transitent normalement par le détroit d’Ormuz — soit environ 20 % de la demande mondiale quotidienne.
Mais, comme l’a rapporté Bloomberg samedi, Petroline est « l’une des raisons pour lesquelles les prix du pétrole n’ont pas atteint des niveaux de crise ».
L’accès au pétrole par voie maritime est pris en otage non seulement par des attaques physiques de l’Iran, mais aussi par la crainte de telles attaques, aggravée par la hausse prohibitive des assurances.
L’assurance des pétroliers est calculée en pourcentage de la « valeur de coque » — le coût de remplacement du navire. Selon Lloyd’s List, en temps normal, le coût d’une semaine d’assurance pour traverser le détroit d’Ormuz varie entre 0,15 et 0,25 % de cette valeur.
La semaine dernière, cependant, Lloyd’s a indiqué que certaines compagnies se voyaient proposer des taux atteignant 10 %.
Des rapports suggèrent que certaines entreprises, voire certains États, cèdent au chantage iranien, négociant des frais pour garantir un passage sécurisé. La Thaïlande a confirmé qu’un pétrolier battant pavillon thaïlandais, appartenant à Bangchak Corporation, avait traversé avec l’autorisation de l’Iran.
Le soulagement apporté aux marchés énergétiques mondiaux par Petroline durant la crise ouvre une perspective intéressante. Si l’Arabie saoudite construisait un second pipeline, doublant la capacité de Petroline, l’emprise de l’Iran sur le flux pétrolier à travers le détroit d’Ormuz pourrait disparaître.
Cela ne résoudrait pas, bien sûr, le problème auquel est confrontée la flotte mondiale de porte-conteneurs et de vraquiers transportant d’autres marchandises essentielles à travers ce goulet d’étranglement.
Vendredi, il a été rapporté que deux grands porte-conteneurs appartenant à la compagnie chinoise Costco ont effectué des demi-tours soudains en tentant de franchir le détroit près de l’île iranienne de Qeshm.
Selon les services de suivi maritime, les CSCL Indian Ocean et CSCL Arctic Ocean avaient clairement signalé leur propriété chinoise avant d’être contraints de rebrousser chemin.
Mais si une pénurie de biens matériels serait préjudiciable aux entreprises et aux consommateurs, c’est la perte du pétrole — qui fait tourner les rouages de l’économie mondiale — qui constitue la menace la plus grave pour la stabilité économique.
La construction d’un second Petroline serait sans aucun doute une alternative bien plus simple, rapide et économique qu’une solution évoquée sur les réseaux sociaux : la construction d’un canal contournant le détroit d’Ormuz.
Un tel projet représenterait un défi d’ingénierie colossal, nécessitant des décennies et la construction de centaines d’écluses pour franchir les montagnes Hajar entre la côte du Golfe arabique des Émirats et le golfe d’Oman.
Même s’il était réalisable, un canal transarabique serait extrêmement vulnérable aux actions militaires : immobiliser un seul navire pourrait bloquer l’ensemble.
Installations terrestres de Safaniya et Tanajib à Fadhili, à 30 km à l’ouest de Jubail. (Saudi Aramco/AFP)
Cela dit, Petroline lui-même n’est pas invulnérable. En mai 2019, le ministère saoudien de l’Énergie a indiqué que le pipeline avait été frappé par des drones lancés par les Houthis du Yémen.
Les drones ont touché deux stations de pompage situées à Al-Duwadimi et Afif, respectivement à environ 200 et 400 km à l’ouest de Riyad.
Mais, tout comme il a été relativement simple à construire, le pipeline est également relativement facile à réparer.
Une seule attaque ne peut endommager qu’une petite section, rapidement remise en service, comme cela a été démontré en 2019 lorsque Aramco a remis Petroline en fonctionnement après une brève interruption.
De plus, un second pipeline « fantôme » pourrait être construit en parallèle, garantissant qu’une partie du flux pétrolier continue même si l’un des pipelines est temporairement hors service.
Cependant, Petroline ne peut jouer son rôle que si la navigation en mer Rouge reste sûre. La menace des attaques houthies continue de préoccuper Aramco, les compagnies maritimes et les assureurs.
Comme l’a rapporté Bloomberg, « des flottes de pétroliers ont été redirigées vers Yanbu, fournissant une bouée de sauvetage essentielle à l’approvisionnement mondial ».
Mais « avec l’entrée en guerre annoncée des Houthis, la crainte est que la mer Rouge devienne un nouveau front ».
Les Houthis étaient restés à l’écart jusqu’à samedi, lorsqu’ils ont lancé des missiles contre des « sites militaires sensibles » en Israël.
Le pipeline transarabique historique près d’Arar. (Creative Commons)
Les Houthis ont également attaqué ou saisi plus de 170 navires naviguant sous de nombreux pavillons différents dans la mer Rouge. En conséquence, de nombreux navires ont été redirigés autour du cap de Bonne-Espérance en Afrique — une déviation coûteuse en carburant et en temps, et un coup porté aux revenus de l’Égypte provenant du canal de Suez.
En réponse, les États-Unis ont lancé plusieurs attaques contre des sites houthis et leur leadership au Yémen, ce qui a abouti à un accord de cessez-le-feu, négocié par Oman, en mai 2025.
L’année dernière, toutefois, les attaques houthies contre la navigation ont brièvement repris. Les 6 et 7 juin, deux navires de charge ont été attaqués près du port de Hodeidah, contrôlé par les Houthis, et trois membres d’équipage à bord du Eternity C, battant pavillon libérien, ont été tués.
À ce jour, malgré la reprise des attaques à missiles contre Israël, les Houthis n’ont jusqu’à présent donné aucun signe indiquant qu’ils reviendraient à attaquer la navigation passant par le détroit étroit de Bab Al-Mandab — large de seulement 30 km, un goulet d’étranglement tout aussi vulnérable que celui d’Hormuz.
Si tel était le cas, le coût mondial du carburant augmenterait sans aucun doute malgré le flux de pétrole via la Petroline.
Yanbu, où se termine la ligne pétrolière sur la mer Rouge, se trouve à plus de 1 300 km de Bab Al-Mandab et loin des lieux des précédentes attaques houthies contre la navigation dans le sud de la mer Rouge.
Mais si le détroit était bloqué, les pétroliers en provenance d’Extrême-Orient souhaitant charger du pétrole à Yanbu devraient emprunter un détour incroyablement long et prohibitivement coûteux, les obligeant à contourner le cap de Bonne-Espérance, remonter la côte ouest de l’Afrique, passer par le détroit de Gibraltar dans la Méditerranée, descendre le canal de Suez jusqu’à Yanbu, puis revenir avec leur cargaison.
Pour un pétrolier venant de l’est, cela ajouterait un voyage aller-retour de 40 000 km à leur parcours.
Le canal de Suez est un autre point de congestion potentiel.
Lorsque le président égyptien Gamal Abdel Nasser a nationalisé la voie navigable en 1956, la Grande-Bretagne et la France, secrètement assistées par Israël, ont tenté de renverser Nasser et de reprendre la zone du canal par la force armée.
Le canal a été fermé à la navigation d’octobre 1956 à mars 1957, mais le plan a été contrecarré sous la pression des États-Unis et de l’Union soviétique.
Le canal a de nouveau été fermé par l’Égypte en 1967 au début de la guerre des Six Jours, et est resté fermé jusqu’en juin 1975.
Indépendamment de la vulnérabilité du détroit de Bab Al-Mandab et du canal de Suez, Petroline reste le meilleur espoir mondial pour contenir les coûts énergétiques pendant la crise actuelle.
Petroline est né d’un conflit, construit dans les années 1980 pendant la « guerre des pétroliers » qui a éclaté au cours du conflit Iran-Irak. Entre 1984 et 1988, plus de 450 navires ont été attaqués dans ou près du Golfe arabique, tant par l’Irak que par l’Iran.
Prémonitoire d’un aspect de la crise actuelle, la logique du « coup pour coup » avait commencé lorsque l’Irak a attaqué des navires utilisant le terminal pétrolier iranien de l’île de Kharg, aujourd’hui une cible potentielle pour les milliers de Marines américains et autres forces terrestres en route vers le Golfe.
Toutes les solutions ne se sont pas révélées aussi résilientes que Petroline.
En mars 1987, le Koweït a tenté de protéger ses pétroliers en persuadant les États-Unis de lui permettre de faire arborer le pavillon américain à ses navires, mais le plan a échoué avec des conséquences désastreuses pour les États-Unis.
Deux mois plus tard, un avion irakien a attaqué l’USS Stark, une frégate lance-missiles, avec deux missiles, tuant 37 membres d’équipage. Les Irakiens ont affirmé avoir confondu la frégate avec un pétrolier iranien.
Il existe une autre proposition de pipeline qui, dans les circonstances actuelles, pourrait sembler irréalisable, voire impensable : contourner Ormuz en construisant un nouveau réseau de pipelines pétroliers et gaziers depuis les États producteurs du Golfe jusqu’à la Méditerranée via Israël.
Selon Hal Brands, chercheur senior à l’American Enterprise Institute, jeudi, il s’agirait d’un « scénario probable » qui « combine pression et auto-protection ».
Mais à la lumière des activités d’Israël à Gaza, en Cisjordanie et au Liban, un tel projet exigerait une très grande dose de pragmatisme de la part des États du Golfe.
Pour sa part, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a clairement indiqué qu’un tel plan figure à son agenda post-guerre.
« Il suffit d’avoir des pipelines de pétrole, des pipelines de gaz, allant vers l’ouest à travers la péninsule arabique, jusqu’à Israël, jusqu’à nos ports méditerranéens, et vous aurez éliminé les points de congestion pour toujours », a-t-il déclaré lors d’un discours le 19 mars.
« Je considère que c’est un véritable changement qui suivra cette guerre. »
En réalité, il n’y a rien de nouveau dans ce plan, à part le transit proposé par Israël.
Les travaux ont commencé en 1948 sur le pipeline transarabique, mieux connu sous le nom de Tapline, le long duquel le pétrole était pompé depuis Ras Al-Mishab dans la province orientale jusqu’à un terminal maritime sur la Méditerranée, juste au sud de Sidon au Liban — sur une distance de 1 664 km.
Soudage des sections de tuyaux. Commencée en 1947 et achevée en 1950, la Tapline s’étendait sur 1 068 miles, d’Abqaiq jusqu’à Sidon au Liban — sa capacité volumétrique totale était de 5 747 000 barils. (John C. Tarvin, Saudi Aramco)
En novembre 1950, les travaux étaient terminés et le pétrole circulait.
D’une certaine manière, il s’agissait d’une nouvelle innovation déclenchée par un conflit, bien que, cette fois-ci, pas dans la région.
Dans l’immédiat après-guerre, l’Europe connaissait une demande énorme en pétrole, alors qu’elle se reconstruisait économiquement et industriellement dans le cadre du plan Marshall américain.
À l’époque, le détroit d’Ormuz ou le canal de Suez ne posaient pas de problème, mais les pétroliers disponibles n’étaient tout simplement pas assez grands ni suffisamment nombreux pour satisfaire la soif de pétrole de l’Europe.
La Tapline, comme elle est devenue connue, a servi le monde pendant 40 ans, jusqu’à ce que la nouvelle génération de pétroliers massifs, capable de dépasser facilement sa capacité, entraîne sa mise hors service dans les années 1990.
En 1951, l’année où la Tapline est devenue pleinement opérationnelle, elle transportait plus d’un tiers des 278 millions de barils de pétrole produits par Aramco. Mais, comme le raconte l’histoire d’Aramco sur le projet, la Tapline n’était pas seulement une artère pour le pétrole.
« La Tapline a transformé à jamais la région nord de l’Arabie saoudite, apportant des infrastructures et la prospérité le long de son tracé », peut-on lire.
Autour des six stations de pompage de la ligne, « de nouvelles communautés ont émergé, chacune avec des maisons, des écoles et des salles à manger construites pour les familles des personnes travaillant sur la Tapline ».
Au milieu des années 1960, « ces communautés s’étaient étendues pour inclure des mosquées, des commerces, des installations de loisirs, des théâtres, des terrains de jeux — et étaient devenues ensemble le foyer de plus de 5 000 personnes ».
Les stations de pompage de la Tapline sont hors service depuis des décennies, mais « les villes qu’elles ont engendrées prospèrent encore aujourd’hui — Turaif, qui n’existait pas en 1945, est désormais un port d’entrée en Arabie saoudite ».
Le pipeline a également créé un boom des investissements. Entre 1947 et 1952, Aramco et la Tapline Company ont versé plus de 46,8 millions de dollars à plus de 10 000 entrepreneurs indépendants, développant de nouvelles compétences et formations dans le cadre du projet.
Cette image satellite fournie par Planet Labs PBC, prise le 4 mars 2026, montre les infrastructures pétrolières du port de Yanbu, sur la mer Rouge occidentale de l’Arabie saoudite. (Planet Labs PBC/AFP)
En décembre 2020, la Tapline a été choisie comme premier site industriel patrimonial de l’Arabie saoudite, et des études sont en cours pour la proposer comme site du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Aujourd’hui, bien que les stations de pompage aient été démantelées, la Tapline elle-même demeure, longeant parallèlement la route justement nommée Tapline Road.
La Tapline a été préservée pour la postérité grâce à une initiative du prince Badr bin Farhan, président du conseil d’administration de la Heritage Authority, en décembre 2020.
Mais la situation géopolitique actuelle soulève une question intrigante : le premier site industriel patrimonial d’Arabie saoudite pourrait-il être libéré de son statut de musée, retiré de l’oubli et remis en service une fois de plus ?
La Tapline n’a bien sûr pas été immunisée contre les conflits régionaux.
Le pompage du pétrole vers le port de Sidon a connu plusieurs interruptions, à commencer par la guerre des Six Jours en 1967. Les opérations ont de nouveau été stoppées en 1975 suite au déclenchement de la guerre civile libanaise. Puis, en 1983, le pompage vers le port a cessé définitivement.
Pendant sept ans, le pipeline a été détourné vers la raffinerie jordanienne de Zarqa, pour l’expédition depuis le port de la mer Rouge à Aqaba, jusqu’en 1990, lorsque la guerre du Golfe a entraîné la mise hors service complète de la Tapline.
Pendant ses quatre décennies de service, la Tapline a transporté des milliards de barils de pétrole d’Abqaiq à Sidon.
Que la Tapline puisse ou non être réalistement remise en service, elle et la Petroline démontrent à quel point l’Arabie saoudite peut se montrer innovante sous pression, et offrent peut-être des solutions permanentes aux goulots d’étranglement problématiques d’Ormuz et de Bab Al-Mandab.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
Un homme passe devant un panneau électronique affichant les chiffres de l’indice Nikkei à la Bourse de Tokyo, le long d’une rue à Tokyo, le 31 mars 2026. (AFP)
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AFP
Publié le 31 mars 2026
Les marchés asiatiques chutent et restent très volatils, influencés par les incertitudes liées au conflit au Moyen-Orient et aux signaux contradictoires de Donald Trump sur une possible fin de l’intervention en Iran
Le pétrole fluctue avant de reculer légèrement, tandis que le yen se renforce et que les valeurs technologiques asiatiques reculent fortement, affectées par les tensions géopolitiques et les évolutions dans l’IA
Publié le Mardi 31 mars 2026
AFP
31 mars 2026
TOKYO: Les Bourses asiatiques et les cours du pétrole sont marqués mardi par une forte volatilité, valsant au rythme des nouveaux éléments sur le conflit au Moyen-Orient, dont des informations de presse selon lesquelles Donald Trump envisagerait de mettre fin à l'intervention militaire en Iran.
- Hésitation sur les marchés -
Après de violentes oscillations, l'indice Nikkei de Tokyo a terminé en baisse de 1,58% à 51.063,72 points. A Séoul, le Kospi a chuté de 4,3%, et Taipei a perdu 2,5%.
A Hong Kong, l'indice Hang Seng perdait 0,5% vers 06H30 GMT.
Selon le Wall Street Journal, le président américain aurait indiqué à ses conseillers qu'il était prêt à interrompre la campagne militaire que mènent les Etats-Unis contre l'Iran depuis plus d'un mois, estimant que forcer la réouverture du détroit d'Ormuz prolongerait le conflit "au delà de son calendrier de quatre à six semaines".
D'après le quotidien, Washington voudrait tenter d'obtenir de Téhéran par la voie diplomatique le déblocage de cette voie de passage stratégique, par où transite d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures mondiaux.
En cas d'échec de cette stratégie, M. Trump prévoierait de solliciter ses alliés en Europe et dans le Golfe pour forcer la réouverture du détroit, ont indiqué des responsables américains au WSJ.
- Apaisement du pétrole -
Les cours du pétrole, qui avaient grimpé mardi matin après l'attaque par l'Iran d'un pétrolier sous pavillon koweïtien au niveau du port de Dubaï, repartaient à la baisse.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord perdait 0,26% à 107,11 dollars vers 06H20 GMT, tandis que son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, lâchait 0,3% à 102,57 dollars.
Le WTI avait clôturé lundi au-dessus des 100 dollars pour la première fois depuis le début de la guerre.
"Ce changement de scénario est une dose d'adrénaline pour l'humeur du marché", même s'il est trop tôt pour que le marché base ses orientations sur cette hypothèse, souligne Anna Wu de VanEck Associates Corp, citée par l'agence Bloomberg.
Donald Trump avait soufflé le chaud et le froid lundi en menaçant Téhéran d'"anéantir" ses infrastructures pétrolières, tout en faisant état de "discussions sérieuses" avec des interlocuteurs iraniens.
Ses propos avaient été accueillis avec prudence par les investisseurs, se demandant "dans quelle mesure on peut accorder du crédit à ces déclarations, d'où un certain scepticisme sur les marchés", a commenté l'analyste de Monex Keita Yamaguchi.
- Le yen scruté de près -
La devise japonaise se renforçait à 159,66 yens pour un dollar vers 06H20 GMT après de nouveaux propos de la ministre nipponne des Finances, Satsuki Katayama, qui a évoqué mardi une possible "action audacieuse", menace à peine voilée d'une intervention pour soutenir le yen.
Le dollar a nettement progressé la veille, porté par son statut de valeur refuge face aux craintes d'escalade du conflit au Moyen-Orient, effectuant pour la première fois depuis juillet 2024 une percée au-delà des 160 yens.
La dernière intervention du Japon pour soutenir sa devise nationale remonte précisément à cette période, lorsque le yen évoluait à des niveaux similairement bas.
- La tech en berne -
Les valeurs technologiques en Asie ont été particulièrement à la peine après la débâcle de leurs cousines américaines lundi, les acteurs du secteur des puces mémoires ayant encore subi les effets de la présentation par Google d'un algorithme réduisant sensiblement les besoins en mémoire des grands modèles d'intelligence artificielle (IA).
Le nippon Tokyo Electron a lâché 4,1% et Kioxia chutait de 4,7%, tandis qu'à Séoul Samsung Electronics a reculé de 5,3%.
Le ministre français du Commerce, Serge Papin (à gauche), la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Énergie et à l'Économie numérique, Maud Bregeon, le ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, et le ministre des Transports, Philippe Tabarot, arrivent pour une présentation d'un plan de soutien aux secteurs économiques les plus touchés par la crise énergétique au ministère des Finances (Bercy) à Paris, le 27 mars 2026. (AFP)
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Publié le 30 mars 2026
La hausse des prix de l'énergie est un handicap de plus pour la "réindustrialisation", que se sont efforcés de mener les gouvernements, alors que le secteur est en déclin depuis les années 1970
Selon les chiffres du ministère de l'Economie publiés dimanche, la réindustrialisation a ralenti en 2025 avec un solde net d'ouvertures et d'extensions d'usines positif mais en baisse "notable" par rapport à 2024
Publié le Lundi 30 mars 2026
AFP
30 mars 2026
PARIS: La guerre au Moyen-Orient et son impact sur les prix de l'énergie sont un écueil de plus pour la volonté française de se réindustrialiser, handicapant un secteur d'activité déjà soumis à une forte pression concurrentielle internationale.
Le salon Global Industrie, présidé par le patron de la banque publique d'investissement Bpifrance Nicolas Dufourcq, rassemble de lundi à jeudi 60.000 industriels de plus de 50 filières au Parc des expositions de Villepinte, en Seine-Saint-Denis.
Y sont annoncés plusieurs ministres, notamment Roland Lescure (Economie), Maud Bregeon (Energie), Serge Papin (PME et Commerce), Jean-Pierre Farandou (Travail) ou Sébastien Martin (Industrie), ou le vice-président de la Commission européenne, Stéphane Séjourné.
L'ambition affichée du salon est d'être "durant quatre jours le coeur battant de l'industrie française", qui pèse environ 322.000 entreprises employant 3,3 millions de salariés et représente plus de 1.500 milliards d'euros de chiffre d'affaires.
C'est un coeur qui bat la chamade: déjà pénalisée par une énergie plus chère que chez ses concurrents asiatiques ou nord-américains, l'industrie européenne a vu avec inquiétude la crise au Moyen-Orient faire remonter le prix du pétrole, du gaz, et de l'électricité européenne.
Difficulté de plus
"Le prix du gaz s'est accru de 30 euros le MW/h à 55 aujourd'hui", témoignait jeudi Axel Eggert, le directeur général d'Eurofer qui défend les intérêts des sidérurgistes européens.
"Et plus la crise (au Moyen-Orient) durera, plus les impacts se feront sentir, y compris pour nos clients en aval", notamment les fabricants de voiture et les spécialistes de la construction, gros consommateurs d'acier.
La hausse des prix de l'énergie est un handicap de plus pour la "réindustrialisation", que se sont efforcés de mener les gouvernements, alors que le secteur est en déclin depuis les années 1970.
Selon les chiffres du ministère de l'Economie publiés dimanche, la réindustrialisation a ralenti en 2025 avec un solde net d'ouvertures et d'extensions d'usines positif mais en baisse "notable" par rapport à 2024.
"La réindustrialisation est consensuelle politiquement" et dans l'opinion, explique à l'AFP le spécialiste du secteur Olivier Lluansi, professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM).
"Il y a une attente très forte" après des décennies de détricotage du tissu industriel, poursuit-il. La désindustrialisation a "paupérisé des territoires" et créé "une vraie fracture territoriale" en les excluant "du récit économique de la nation", davantage tournée vers les services.
Mais reconstruire ce qui a été détruit n'est pas tâche aisée.
"Même si des solutions existent", un "questionnement monte sur la capacité du pays à y arriver", dit encore M. Lluansi. "Pourtant, nous n'avons pas d'autre choix si nous voulons rester souverains".
Concurrence asiatique
Nicolas Dufourcq expliquait début mars que de "plus en plus d'efforts" sont nécessaires pour mener le combat de la réindustrialisation, et que sans soutien à la création d'entreprises ou de sites industriels, "ce serait de nouveau le toboggan" des fermetures en Europe et en France.
En outre, des représentants du patronat français ont mis en garde lundi dans Les Echos, contre "l'incertitude juridique" comme frein potentiel à la réindustrialisation, après une décision du Conseil d'Etat en décembre, interdisant l'exploitation des gaz de couche dans le sous-sol lorrain en raison de risques pour l'environnement.
Les situations sont différentes en fonction des secteurs, et ce sont surtout la chimie, la mécanique ou les sous-traitants automobiles qui souffrent. L'aéronautique ou la défense, a contrario, se portent plutôt bien.
Mais au-delà des prix de l'énergie, l'industrie européenne fait face à une concurrence de plus en plus perceptible de la Chine, capable de rivaliser voire de dépasser le savoir-faire industriel européen dans certains secteurs, disait fin 2025 Anaïs Voy-Gillis, chercheuse associée à l'IAE de Poitiers.
Les industriels chinois bénéficient de plusieurs avantages comparatifs, expliquait en février le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan (HCSP). "Coûts de production durablement plus faibles", chaînes de valeur "toujours plus intégrées", "moindres contrôles réglementaires", "sous-évaluation persistante du taux de change".
En face, "il faut s'assurer que l'industrie européenne soit performante", disait Mme Voy-Gillis.
Début mars, M. Dufourcq se montrait optimiste, estimant que la "mobilisation générale de tous les acteurs" français permettait de "limiter les dégâts" et que, pour l'instant, "le loup n'arrive pas à rattraper les petits cochons de l'industrie française".