Proche-Orient : le chef de l'ONU qualifie d'« écoeurante » l'escalade entre Israël et l'Iran

Nations-Unis (Photo AFP)
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Publié le Mercredi 02 octobre 2024

Proche-Orient : le chef de l'ONU qualifie d'« écoeurante » l'escalade entre Israël et l'Iran

  • Le chef de l'ONU Antonio Guterres a fustigé mercredi devant le Conseil de sécurité "le cycle écœurant" de violences dans un Proche-Orient au bord du "précipice".
  • Les relations notoirement difficiles entre Israël et les Nations unies sont au plus bas depuis le 7 octobre 2023, date de l'attaque sans précédent du Hamas palestinien contre Israël, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza.

NEW-YORK : Le chef de l'ONU Antonio Guterres a fustigé mercredi devant le Conseil de sécurité "le cycle écœurant" de violences dans un Proche-Orient au bord du "précipice", tandis qu'Israël et l'Iran se sont menacés de frappes de représailles.

Devant les 15 Etats membres du Conseil réunis en urgence à la demande de la France -- en présence d'Israël, du Liban, de l'Iran de l'Irak et de la Syrie -- M. Guterres a pris également soin de "condamner avec force l'attaque massive aux missiles par l'Iran sur Israël" mardi.

Accusé auparavant de ne pas avoir dénoncé nommément Téhéran, le secrétaire général avait été déclaré "persona non grata" par Israël.

"Il est plus que temps de mettre fin au cycle écœurant d'escalade après escalade qui conduit les peuples du Moyen-Orient directement au bord du précipice", a mis en garde le secrétaire général de l'ONU qui n'a eu de cesse la semaine dernière, lors de l'Assemblée générale, de tirer la sonette d'alarme sur le risque de guerre totale au Proche-Orient.

"Chaque escalade sert de prétexte à la suivante" et "nous ne devons jamais perdre de vue l'énorme bilan du conflit sur les civils", a-t-il déploré tandis que les morts et les blessés se comptent par dizaines de milliers depuis un an.

"Le cycle meurtrier de la violence +oeil pour oeil, dent pour dent+ doit cesser", a martelé M. Guterres, à l'unisson de la majorité du Conseil de sécurité, l'organe-phare de l'ONU mais divisé depuis une décennie entre les cinq grandes puissances: Etats-Unis, France et Royaume-Uni d'un côté, Russie et Chine de l'autre.

- "Réponse douloureuse" -

Avant cette réunion, l'ambassadeur d'Israël Danny Danon a menacé devant la presse d'une "réponse douloureuse (...) en plein accord avec le droit international" après l'attaque de l'Iran, l'ennemi juré.

"Nous sommes attaqués. Ce n'est pas juste une escalade. C'est une agression directe contre notre existence même", a dénoncé en séance le diplomate, soulignant que son pays et tous les juifs croyants dans le monde s'apprêtaient à célébrer Rosh Hashana, le Nouvel an.

"Le monde regarde en silence alors que l'Iran finance et ordonne des attaques contre nous depuis un an, arment et entraînent des supplétifs depuis des décennies", a-t-il brocardé.

A l'autre bout de la table de la salle du Conseil, sans un regard, son homologue iranien Amir Iravani a rétorqué qu'"Israël ne compren(ait) que le langage de la force" et que "la diplomatie a(vait) échoué".

"La réponse de l'Iran était nécessaire pour rétablir l'équilibre des forces et la dissuasion", a argumenté le représentant de la République islamique en se faisant menaçant: "Israël doit comprendre que chaque acte d'agression ne restera pas impuni".

Unique allié indéfectible d'Israël, Washington, par la voix du président Joe Biden, s'est dit opposé à des frappes israéliennes contre les installations nucléaires civiles de l'Iran. La communauté internationale accuse Téhéran de continuer de développer ses capacités en vue de se doter de l'arme atomique.

- Face-à-face tendu -

Outre les invectives entre les ambassadeurs israélien et iranien, l'ambiance était aussi très tendue entre MM. Guterres et Danon.

Il faut dire que le ministre israélien des Affaires étrangères, Israël Katz, venait de déclarer M. Guterres "persona non grata" dans son pays en lui reprochant de ne pas avoir "condammé sans équivoque l'attaque odieuse de l'Iran" et l'accusant d'être un "secrétaire général anti-israélien qui soutient les terroristes, les violeurs et les assassins".

De fait, après les quelque 200 missiles iraniens tirés sur Israël mardi soir, M. Guterres avait condamné "l'élargissement du conflit au Moyen-Orient" et réclamé "un cessez-le-feu" mais sans nommer Téhéran.

Les relations notoirement difficiles entre Israël et les Nations unies sont au plus bas depuis le 7 octobre 2023, date de l'attaque sans précédent du Hamas palestinien contre Israël, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza.

Au Liban, le mouvement islamiste chiite pro-iranien Hezbollah avait ouvert un front en soutien au Hamas le 8 octobre en tirant des roquettes sur le nord d'Israël.

Israël a répliqué au cours de l'année passée et a annoncé lundi avoir commencé une offensive au sol au sud Liban contre le Hezbollah, dont il a décimé les dirigeants, à commencer par son chef Hassan Nasrallah.


Grèce: deux touristes agressés au couteau à l'entrée de l'Acropole

Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
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  • Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe
  • Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana

ATHENES: Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré.

Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe. Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana.

Des policiers motorisés sont arrivés rapidement sur les lieux, ont posé un garrot à l'homme pour arrêter l’hémorragie et immobilisé l'attaquant qui a ensuite été arrêté, précise Ana.

D'après les médias grecs, l'auteur de l'agression, un Grec d'une soixantaine d'années, semble avoir des problèmes psychologiques.


Analyse : Que signifie « Rahm Emanuel 2.0 » pour le Moyen-Orient ?

Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
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  • L’ancien maire de Chicago a dévoilé une nouvelle vision de la paix au Moyen-Orient alors que les spéculations sur une candidature à la Maison-Blanche en 2028 s’intensifient
  • Autrefois connu comme un soutien indéfectible à Israël, Emanuel affirme désormais que les États-Unis doivent utiliser leur influence pour relancer la diplomatie

CHICAGO : En politique moyen-orientale, la paix ne se construit pas entre amis, mais entre ennemis. Cela signifie que les adversaires les plus acharnés ont parfois davantage de chances de parvenir à un accord que ceux qui se présentent comme des alliés.

Cette réalité a façonné certaines des avancées les plus importantes de la région, du traité de paix israélo-égyptien de 1979 aux accords d’Oslo de 1993, en passant par l’accord de paix entre la Jordanie et Israël en 1994.

Chacun de ces accords était imparfait, chacun a laissé la question centrale palestinienne sans réponse, mais tous reflétaient une même vérité difficile : les progrès n’ont généralement été possibles que lorsque les adversaires ont accepté de s’asseoir à la même table. 

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Une colonne de fumée s’élève après une frappe israélienne contre une zone industrielle de Gaza City. (AFP)

Aujourd’hui, Rahm Emanuel — fin stratège politique, ancien chef de cabinet de la Maison-Blanche et ancien maire de Chicago, ainsi que l’un des alliés américains d’Israël les plus connus — apparaît comme une voix qui estime que le cycle de l’hostilité peut être brisé.

Longtemps considéré comme un opposant farouche aux dirigeants palestiniens, Emanuel envisagerait une candidature présidentielle fondée en partie sur la promesse de restaurer l’influence américaine dans la région et de réengager les deux parties dans un véritable processus de paix.

Fort d’une carrière marquée par plusieurs succès politiques, Emanuel réfléchit à une candidature à la présidence en 2028 sous les couleurs du Parti démocrate, se présentant comme une personnalité capable d’aider Israéliens et Palestiniens à revenir à la table des négociations.


Le nouveau Premier ministre Burnham réunit son gouvernement, sans les proches de Starmer

Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
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  • Andy Burnham a pris ses fonctions comme Premier ministre britannique, remaniant profondément son gouvernement et écartant plusieurs proches de Keir Starmer
  • Il doit annoncer ses premières mesures pour le pouvoir d'achat, tout en promettant une réindustrialisation, davantage de logements sociaux et des réformes majeures

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham réunit mardi son gouvernement marqué par le départ de fidèles de son prédécesseur Keir Starmer et doit annoncer des mesures pour le pouvoir d'achat.

A 56 ans, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l'Angleterre) jusqu'au mois dernier est devenu le septième Premier ministre britannique depuis 2016, année du Brexit, en succédant lundi au démissionnaire Keir Starmer et ses deux ans au pouvoir.

Si l'on retrouve dans les rangs du nouveau gouvernement des figures déjà présentes dans l'équipe de Keir Starmer, des fidèles de l'ex-Premier ministre ont été éloignés, le journal The Times titrant même sur une "purge".

Le Financial Times pointe lui une "surprise": l'ancien ministre de la Défense John Healey, qui avait quitté le gouvernement Starmer sur fond de désaccord budgétaire, remplace Rachel Reeves aux Finances - une fidèle de Keir Starmer écartée.

John Healey fait face à une lourde tâche, dans un contexte de croissance atone et de finances contraintes par une dette publique élevée.

Le portefeuille de la Défense revient à Wes Streeting, ambitieux ex-ministre de la Santé qui avait envisagé un temps de défier Keir Starmer à la tête du Labour. Il sera chargé de mettre en œuvre le plan d'investissement sur dix ans pour moderniser l'armée britannique.

"Nous veillerons à ce que nos forces armées disposent des ressources nécessaires", a appuyé Wes Streeting dans une publication sur X suivant sa nomination, revenant sur la question des moyens alloués à la défense qui avait fragilisé en juin le gouvernement Starmer et accéléré sa chute.

Le nouveau ministre a également assuré l'Ukraine de son soutien, après que Andy Burnham a échangé par téléphone avec son dirigeant Volodymyr Zelensky, mais aussi avec Donald Trump ou Emmanuel Macron.

Ed Miliband, ministre de l'Energie sortant, devient chef de la diplomatie britannique. Shabana Mahmood, connue pour sa fermeté sur l'immigration, est elle maintenue à l'Intérieur.

Un autre très proche de Keir Starmer, ex-ministre de la Justice et vice-Premier ministre David Lammy, a lui été mis à l'écart du nouvel exécutif.

- "Changements profonds" -

La figure de l'aile gauche du parti Angela Rayner, qui fut numéro deux de Keir Starmer, retrouve son portefeuille du Logement.

Andy Burnham doit réunir mardi son équipe gouvernementale, et annoncer de premières mesures de lutte contre le coût de la vie.

Il souhaite agir rapidement en accord avec sa première allocution devant Downing Street la veille, où il a promis d'engager "les changements les plus profonds de ces quarante dernières années" au Royaume-Uni, lui faire retrouver sa "stabilité" et "redonner de l'espoir".

S'exprimant sans notes et sans pupitre en présence de son épouse Marie-France van Heel, de ses enfants et de sa mère, le nouveau Premier ministre a dit vouloir réindustrialiser le pays, construire plus de logements sociaux et bâtir une "nouvelle économie" dans laquelle les services essentiels sont davantage contrôlés par l'Etat.

Il a érigé en priorité de "mettre fin au sans-abrisme", après s'être rendu dans un refuge pour personnes sans domicile fixe au matin de sa nomination.

Les travaillistes comptent aussi sur Andy Burnham, surnommé "le roi du Nord", pour stopper l'ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.

Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, Andy Burnham est devenu l'une des personnalités politiques les plus populaires du pays grâce au renouveau connu par l'agglomération de Manchester. Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un "N°10 du Nord" à Manchester.