Un journaliste conteste les messages du porte-parole américain lors d'une conférence de presse

Porte-parole de la politique étrangère américaine, Matt Miller,
Porte-parole de la politique étrangère américaine, Matt Miller,
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Publié le Vendredi 11 octobre 2024

Un journaliste conteste les messages du porte-parole américain lors d'une conférence de presse

  • Liam Cosgrove a critiqué Matt Miller pour l'hypocrisie de la position américaine sur le conflit au Moyen-Orient.
  • M. Miller a évité de répondre directement à l'accusation, indiquant qu'il prendrait en compte les « questions politiques », mais il a refusé de commenter l'affirmation de M. Cosgrove.

LONDRES : Le journaliste Liam Cosgrove a vivement critiqué le porte-parole de la politique étrangère américaine, Matt Miller, lors d'une conférence de presse mardi. Il l'a accusé d'hypocrisie pour la position des États-Unis sur le conflit au Moyen-Orient.

Au cours de cette réunion, M. Cosgrove a remis en question l'autorité morale de l'administration américaine face à l'escalade de la violence au Moyen-Orient, qui, selon lui, risque d'entraîner un conflit entre des puissances nucléaires telles que l'Iran et la Russie.

M. Cosgrove a insisté auprès de M. Miller : « Ma question est la suivante : nous entendons souvent dire, en réponse à ces préoccupations, que Poutine ou Khomeini sont des terroristes, comme s'ils étaient intrinsèquement trop mauvais ou immoraux pour que nous puissions négocier avec eux. Mais pendant ce temps, cette administration a financé un génocide à Gaza l'année dernière, et chaque jour vous êtes là à refuser de rendre des comptes à ce sujet. Alors, qu'est-ce qui vous donne le droit de donner des leçons de morale à d'autres pays ?

M. Miller a évité de répondre directement à l'accusation, indiquant qu'il prendrait en compte les « questions politiques », mais il a refusé de commenter l'affirmation de M. Cosgrove.

« Si vous voulez faire un discours, il y a beaucoup d'endroits à Washington où vous pouvez le faire », a déclaré M. Miller.

M. Cosgrove a répondu : « Les gens en ont assez des conneries ici. C'est un génocide (la guerre de Gaza). Vous vous rendez complices de ce génocide. Et vous risquez une guerre nucléaire en Ukraine pour cette guerre par procuration. »

La vidéo de la confrontation a rapidement fait le tour du web, et de nombreux internautes ont félicité M. Cosgrove pour son franc-parler.

« Enfin quelqu'un a eu le courage de dire des choses que nous crions sur nos téléphones depuis un an », a déclaré un internaute.

Un autre a remercié M. Cosgrove d'avoir « dit ce que la plupart des gens de conscience ressentent ».

L'échange houleux entre le correspondant du blog The Grayzone et M. Miller a mis en évidence la frustration croissante à laquelle les journalistes sont confrontés lorsqu'ils couvrent des conflits complexes avec des récits contradictoires.

Depuis que le conflit entre le Hamas et Israël a repris il y a plus d'un an, les médias font l'objet d'une surveillance constante, accusés de partialité pro-israélienne et pro-palestinienne.

Alors que l'accès à Gaza est largement interdit aux journalistes internationaux et que les autorités israéliennes sont accusées de restreindre la liberté des médias, de nombreuses organisations médiatiques affirment que le fait de s'appuyer sur les sources officielles n'a fait qu'accentuer le fossé entre les récits, érodant encore davantage la confiance du public dans l'information et alimentant la propagation de la désinformation.

« Les forces israéliennes ont systématiquement restreint la couverture de Gaza et pris pour cible les journalistes qui prennent d'énormes risques pour rapporter la vérité. Cela a eu un impact direct sur l'accès mondial à l'information sur la guerre, qui est essentiel pour l'intérêt public. Les journalistes doivent être autorisés à faire leur travail et le monde a le droit de savoir ce qui se passe à Gaza. »

 


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.


Les Etats-Unis réinstaurent leurs sanctions sur le pétrole iranien, dénoncent les actes de Téhéran dans le détroit d'Ormuz

Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
  • Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même
  • Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit.

"Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis", a commenté un responsable gouvernemental américain auprès de l'AFP, sous le couvert de l'anonymat.

Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même.

Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.

La guerre a été déclenchée fin février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran. La République islamique avait riposté en frappant Israël et des intérêts américains dans les pays du Golfe, mais aussi en bloquant la navigation dans le très stratégique détroit d'Ormuz, ce qui a fait flamber les prix du pétrole, depuis retombés.

Le protocole d'accord prévoyait la reprise du trafic maritime dans le détroit, où plusieurs navires ont récemment subi des attaques.

Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé à Téhéran la responsabilité de deux d'entre elles.

Le document publié mardi par les autorités américaines permet aux transactions conclues après le 21 juin d'être finalisées. La date limite est le 17 juillet.