Macron et Mohammed VI vont clôturer, lundi à Rabat, le chapitre des tensions entre la France et le Maroc

Le président français Emmanuel Macron arrive avec le roi marocain Mohammed VI à la gare de Rabat Agdal pour l'inauguration d'une ligne ferroviaire à grande vitesse, le 15 novembre 2018 (Photo, AFP).
Le président français Emmanuel Macron arrive avec le roi marocain Mohammed VI à la gare de Rabat Agdal pour l'inauguration d'une ligne ferroviaire à grande vitesse, le 15 novembre 2018 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 26 octobre 2024

Macron et Mohammed VI vont clôturer, lundi à Rabat, le chapitre des tensions entre la France et le Maroc

  • le président français Emmanuel Macron entame lundi une visite d'État de trois jours au Maroc. Cette visite, qui fait suite à une invitation du roi Mohammed VI fin septembre.
  • La lutte contre l'immigration illégale, sujet de discorde entre les deux pays, et le Sahara occidental seront au cœur de la visite.

PARIS : Finies les brouilles et les invectives : le président français Emmanuel Macron entame lundi une visite d'État de trois jours au Maroc. Cette visite, qui fait suite à une invitation du roi Mohammed VI fin septembre, « vise à marquer une nouvelle ambition pour les 30 ans à venir » dans la relation franco-marocaine, se félicite l'Élysée.

Cette visite, qui fait suite à l'invitation de fin septembre du roi Mohammed VI, « vise à marquer une nouvelle ambition pour les 30 ans à venir » dans la relation franco-marocaine, se félicite l'Élysée.

Les deux pays, forts d'un « partenariat enraciné et solide », ont une « volonté commune » de « raffermir les liens » qui les unissent, renchérit le cabinet royal.

Un ton résolument optimiste qui tranche avec la mésentente au sommet observée durant trois ans, ponctuée alors de campagnes contre la France dans les médias proches du pouvoir marocain.

« Ça commençait à devenir un peu personnel (entre le roi et le président). On réchauffe les relations, on met de côté les contentieux », résume Khadija Mohsen-Finan, politologue spécialiste du Maghreb.

Politique de « l'autruche » sur le Sahara occidental, « duplicité », « tropisme algérien », « trahison et félonie »... L'ancienne puissance coloniale était alors vouée aux gémonies.

Bientôt plus qu'un mauvais souvenir, escompte-t-on à Paris. La dernière visite d'État d'un président français dans ce pays allié du Maghreb remonte à celle de François Hollande en avril 2013.

Emmanuel Macron, qui y avait effectué une visite de travail en 2017 au tout début de son premier mandat, avant d'y retourner en 2018 pour inaugurer la ligne de train à grande vitesse Tanger-Casablanca avec le roi, boucle ainsi la boucle.

- « Souveraineté marocaine » -

Pour marquer ce temps fort, le président et son épouse Brigitte seront accompagnés d'une imposante délégation, dont les ministres de l'Intérieur Bruno Retailleau et des Armées Sébastien Lecornu.

Le roi Mohammed VI accueillera son hôte en personne à l'aéroport au son de 21 coups de canon. Les deux chefs d'État rejoindront ensuite le Palais royal à bord d'une voiture d'apparat pour un entretien en tête-à-tête suivi d'une signature d'accords (énergie, eau, éducation, sécurité intérieure).

Mardi, le roi donnera aussi un dîner d'État en l'honneur du président et de son épouse. Le même jour, Emmanuel Macron prononcera une allocution devant le Parlement et assistera à des signatures de contrats lors d'un forum entrepreneurial.

La lutte contre l'immigration illégale, sujet de discorde entre les deux pays, et le Sahara occidental seront au cœur de la visite.

Cette ex-colonie espagnole, considérée comme un « territoire non autonome » par l'ONU, oppose depuis un demi-siècle le Maroc aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par Alger.

Après la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur ce territoire, Rabat a multiplié les pressions sur la France pour qu'elle en fasse autant.

Le 30 juillet, Emmanuel Macron a fini par considérer que l'avenir du Sahara occidental s'inscrivait « dans le cadre de la souveraineté marocaine », ouvrant ainsi la voie à un réchauffement des relations avec Rabat, et par ricochet à une nouvelle crise avec Alger.

Sur la question de l'immigration, le nouveau Premier ministre français, Michel Barnier, entend reprendre les discussions « dans un esprit de dialogue », pour faciliter le retour dans leur pays des Marocains frappés d'expulsion en France.

« On ne le fera pas de manière agressive, mais en mettant à plat tous les outils de la coopération bilatérale », promet-il. En septembre 2021, Paris, pour faire plier le Royaume sur ce sujet, avait décidé de réduire de moitié les visas accordés aux Marocains. Cette décision avait été très mal vécue par Rabat.

- « Hub » -

Le Maroc, puissance régionale, a « vocation à constituer un hub entre l'Europe et l'Afrique », stratégique mais aussi en termes d'infrastructures, avec notamment des projets de connectivité électrique, relève par ailleurs l'Élysée.

« La France va s’appuyer sur le Maroc en Afrique et au Sahel », où elle a beaucoup perdu en influence, là où le royaume ne cesse d'en gagner, estime Khadija Mohsen-Finan.

Le réchauffement franco-marocain ouvre de nouvelles perspectives pour les entreprises françaises, qui faisaient profil bas devant l'accumulation de contentieux.

Airbus Helicopters pourrait ainsi vendre 12 à 18 Caracal aux Forces armées marocaines à l'occasion de la visite, selon des sources concordantes.

Le Maroc accueillera aussi la Coupe d'Afrique des nations (CAN) en 2025, puis la Coupe du monde de football en 2030. Ce seront autant d'occasions pour la France de proposer son expertise après les Jeux Olympiques de Paris, notamment en matière d'infrastructures.

La France est le premier investisseur étranger au Maroc avec près de 1 000 entreprises, dont la quasi-totalité du CAC 40. Mais la Chine et l'Espagne y montent aussi en gamme.


Le Liban lance les travaux de réhabilitation de son second aéroport

Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
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  • Le Liban a lancé les travaux de réhabilitation de son deuxième aéroport international à Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar
  • Le projet prévoit une mise en service autour de novembre 2026, avec des vols vers Istanbul et Dubaï, puis vers d’autres destinations régionales, tout en visant la création d’emplois dans le nord du Liban

BEYROUTH: Le Liban a lancé samedi les travaux de réhabilitation de son second aéroport international, situé dans le nord du pays, près de la frontière syrienne, après des années de report.

Le pays ne dispose actuellement que d'un seul aéroport, celui de Beyrouth. Le nouvel aéroport, situé à Qlaïat, dans le gouvernorat d'Akkar, à l'extrême nord du Liban et à proximité de la frontière syrienne, se trouve également près de Tripoli, grande ville à majorité sunnite du nord du pays. 

La mise en service de l'aéroport vise à créer des emplois dans le gouvernorat d'Akkar, l'un des plus pauvres du Liban.

Jusqu'ici, l'aéroport était utilisé à des fins militaires par l'armée libanaise.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le ministre des Transports, Fayez Rasamny, ont assisté samedi à l’ouverture de l’aéroport à des fins commerciales. 

"Aujourd'hui on passe de la promesse à la réalisation", a affirmé le ministre libanais, précisant que l'aéroport devrait commencer à être opérationnel "dans quelques semaines" pour desservir Mersin et Istanbul en Turquie mais aussi Dubaï.

Il a également évoqué, à terme, une extension du réseau vers l'Arabie saoudite, Le Caire et Athènes ainsi que des discussions en cours avec les compagnies à bas coût EasyJet, Ryanair et Pegasus, afin qu'elles le desservent.

Les travaux d'aménagement devraient durer au moins trois mois et l'aéroport pourrait être officiellement mis en service en novembre 2026, selon des médias locaux.

La société libanaise Sky Lounge, chargée du projet, a publié samedi une vidéo montrant un vol d'essai entre les aéroports de Beyrouth et de Qlaïat.

Son président-directeur général, Ziad Mnoula, a indiqué que le terminal passagers pourrait être achevé dans les "90 jours" suivant l'obtention des autorisations nécessaires. Selon lui, l'aéroport sera capable d'accueillir 114.000 passagers la première année. 

L’aéroport René Moawad, construit par l’armée française dans les années 1930 et utilisé à des fins civiles dans les années 1960, a été bombardé lors de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah.

L’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth a continué d’assurer ses opérations sans interruption, malgré les conflits successifs entre Israël et le Hezbollah, notamment en 2023, 2024 et depuis le 2 mars, confirmant son rôle central dans la continuité des liaisons aériennes du pays.


L’Arabie saoudite mène la condamnation arabe des attaques de l’Iran contre Bahreïn et le Koweït

Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
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  • Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi

RIYAD : Le ministère des Affaires étrangères de l’Saudi Arabia a condamné samedi les attaques de l’Iran contre l’Bahrain et le Kuwait.

Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi.

Dans une déclaration publiée sur X, le ministère saoudien des Affaires étrangères a affirmé que les agressions iraniennes représentent une menace pour la sécurité régionale et internationale.

« Les attaques continues de l’Iran compromettent les efforts internationaux visant à rétablir la sécurité », indique le communiqué.

Le ministère a également déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour garantir leur sécurité.

« Les attaques continues de l’Iran signifient une nouvelle escalade », a ajouté le ministère.

L’échange de frappes intervient alors que l’administration Trump accentue la pression sur l’Iran afin de parvenir à un accord pour mettre fin au conflit.

La Jordan a également condamné samedi ces attaques, les qualifiant de violation de la souveraineté des deux pays et de menace pour la sécurité et la stabilité régionales.

Le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé la pleine solidarité de la Jordanie avec Bahreïn et le Koweït, ainsi que son soutien aux mesures prises pour protéger leur sécurité et leur intégrité territoriale. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée libanaise annonce la mort de plusieurs militaires dans une frappe israélienne

Des habitants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne survenue la veille dans la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 5 juin 2026. Des frappes israéliennes menées durant la nuit sur la ville de Tyr ont fait sept morts, a indiqué à l’AFP une source de la défense civile libanaise, malgré le cessez-le-feu en vigueur dans la guerre entre Israël et Hezbollah. (Photo : Kawnat HAJU / AFP)
Des habitants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne survenue la veille dans la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 5 juin 2026. Des frappes israéliennes menées durant la nuit sur la ville de Tyr ont fait sept morts, a indiqué à l’AFP une source de la défense civile libanaise, malgré le cessez-le-feu en vigueur dans la guerre entre Israël et Hezbollah. (Photo : Kawnat HAJU / AFP)
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  • L’armée libanaise annonce la mort de plusieurs soldats, dont un officier, dans une frappe israélienne visant un véhicule militaire dans le sud du Liban malgré le cessez-le-feu annoncé cette semaine
  • Les combats se poursuivent entre Israël et le Hezbollah, tandis que l’armée israélienne a appelé à l’évacuation de plusieurs villages du sud et de l’est du Liban avant de nouvelles frappes

BEYROUTH: L'armée libanaise a annoncé samedi la mort de plusieurs de ses membres dans une frappe israélienne dans le sud du pays, malgré le cessez-le-feu théoriquement en vigueur.

"Plusieurs militaires, dont un officier", ont été tués "dans une attaque israélienne brutale" ayant ciblé un véhicule militaire sur la route entre Khardali et Nabatiyé, a indiqué l'armée dans un communiqué.

Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne a indiqué vérifier ces informations.

Mercredi, à l'issue d'une quatrième session de négociations entre le Liban et Israël à Washington, un nouvel accord de cessez-le-feu avait été annoncé, la trêve en vigueur à partir du 17 avril n'ayant jamais été respectée.

L'accord prévoit un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah et un maintien à ce stade des tirs et opérations de l'armée israélienne dans le sud du Liban.

Mais le Hezbollah a rejeté cet accord, comme le précédent.

Sur le terrain, les affrontements se poursuivent.

L'armée israélienne a de nouveau appelé samedi à l'évacuation de cinq villages dans le sud et l'est du Liban en prévision de frappes contre le Hezbollah.

"Vous devez évacuer immédiatement vos domiciles et vous déplacer au nord du fleuve Zahrani", a affirmé Avichay Adraee, un porte-parole militaire arabophone, sur son compte Telegram.

Le Hezbollah a relancé les hostilités avec Israël début mars, en visant le sol israélien pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'offensive israélo-américaine sur Téhéran.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 3.560 morts depuis le début de la guerre, selon le dernier bilan des autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban, d'après l'armée.