La situation dans le nord de la bande de Gaza est "catastrophique", selon l'OMS

Un homme emporte un enfant qui a été sauvé à la suite d'un bombardement israélien sur la maison de quatre étages de la famille Muqat dans le quartier de Zarqa, au nord de la ville de Gaza, le 26 octobre 2024, dans le cadre de la guerre en cours dans le territoire palestinien entre Israël et le Hamas. (Photo AFP)
Un homme emporte un enfant qui a été sauvé à la suite d'un bombardement israélien sur la maison de quatre étages de la famille Muqat dans le quartier de Zarqa, au nord de la ville de Gaza, le 26 octobre 2024, dans le cadre de la guerre en cours dans le territoire palestinien entre Israël et le Hamas. (Photo AFP)
Short Url
Publié le Samedi 26 octobre 2024

La situation dans le nord de la bande de Gaza est "catastrophique", selon l'OMS

  • « La situation dans le nord de Gaza est catastrophique », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus sur X, soulignant qu'« une grave pénurie de fournitures médicales, combinée à un accès sévèrement restreint, prive des gens de soins vitaux ».
  • Samedi, M. Tedros a déclaré : « L'OMS ne peut souligner assez fortement combien les hôpitaux doivent être protégés des conflits à tout moment ». « Toute attaque contre des installations hospitalières est une violation de la loi humanitaire internationale

GENEVE : Samedi, le directeur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a prévenu que la situation était « catastrophique » dans le nord de la bande de Gaza, ravagée par la guerre, en raison de « opérations militaires intensives se déroulant dans et autour des établissements de santé ».

« La situation dans le nord de Gaza est catastrophique », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus sur X, soulignant qu'« une grave pénurie de fournitures médicales, combinée à un accès sévèrement restreint, prive des gens de soins vitaux ».

Il a notamment évoqué la situation à l'hôpital Kamal Adwan, le dernier établissement en fonctionnement dans le nord de Gaza, qui a été pris d'assaut par les forces israéliennes vendredi, selon le ministère de la Santé de Gaza.

Le ministère a affirmé que le raid dans cet établissement situé dans le camp de Jabalia, où Israël a lancé une importante opération militaire au courant du mois, a coûté la vie à deux enfants. Il a également accusé les forces israéliennes d'avoir arrêté des centaines de membres du personnel, de patients et de déplacés.

L'armée israélienne a déclaré que ses forces opéraient autour de Kamal Adwan mais a affirmé « ne pas avoir été informée de tirs réels et de frappes dans la zone de l'hôpital ».

M. Tedros a indiqué samedi que le ministère de la Santé de Gaza avait informé l'OMS, qui avait temporairement perdu le contact avec son personnel à l'hôpital, que le siège avait pris fin.

« Mais cela a eu un lourd tribut », a-t-il ajouté.

Vendredi soir, l'OMS avait annoncé que trois soignants et un autre employé avaient été blessés dans l'assaut de l'hôpital et que des dizaines de soignants avaient été détenus dans l'établissement, qui abritait quelque 600 personnes (patients, soignants et autres).

« Après l'arrestation de 44 employés masculins, seuls une employée, le directeur de l'hôpital et un docteur homme restent pour s'occuper de presque 200 patients ayant désespérément besoin de soins médicaux », a fustigé samedi M. Tedros.

« Les informations sur les installations hospitalières et les fournitures médicales endommagées ou détruites pendant le siège sont déplorables », a-t-il ajouté.

« L'ensemble du système de santé à Gaza est attaqué depuis plus d'un an », a-t-il rappelé — depuis que le mouvement islamiste palestinien Hamas a attaqué Israël le 7 octobre 2023, déclenchant une guerre.

L'attaque du 7 octobre 2023 avait fait 1 206 morts en Israël, la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels israéliens.

Des dizaines d'otages enlevés ce jour-là sont toujours retenus en captivité à Gaza par le Hamas.

La campagne militaire israélienne de représailles a coûté la vie à 42 924 personnes à Gaza, en majorité des civils, selon des chiffres du ministère de la Santé de Gaza, jugés fiables par l'ONU.

Samedi, M. Tedros a déclaré : « L'OMS ne peut souligner assez fortement combien les hôpitaux doivent être protégés des conflits à tout moment ». « Toute attaque contre des installations hospitalières est une violation de la loi humanitaire internationale ».

« Le seul moyen de sauver ce qui reste du système de santé en voie d'effondrement de Gaza est un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel », a ajouté le directeur général de l'OMS.


Israël continuera à opérer dans le sud du Liban 

 L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
Short Url
  • Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban
  • Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais.

L'armée a publié une carte de ce qu'elle déclare être son "espace de sécurité", s'étendant sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Elle indique que des troupes continueront d'y être déployées "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Un responsable militaire israélien a précisé que l'armée pourrait également agir pour "neutraliser" les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.

Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban et le Hezbollah pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.

Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé la mort de l'un de ses soldats dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'un incident survenu dans le sud du Liban. Sept soldats ont également été blessés.

Le groupe armé Hezbollah soutenu par l'Iran a entraîné le Liban dans la guerre début mars en attaquant Israël pour venger l'assassinat du guide suprême de la République islamique au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a riposté par de vastes frappes à travers le Liban et par le lancement d'une invasion terrestre dans le sud, région frontalière d'Israël et de longue date sous l'influence du Hezbollah.

Le Liban et Israël mènent depuis avril des pourparlers directs à Washington afin de tenter de mettre fin aux hostilités et de dissocier leur conflit de la guerre régionale.

"D'autres étapes sont en cours de discussion" dans le cadre de ces pourparlers, a déclaré jeudi la même source militaire, ajoutant que "les représentants se rencontreront à nouveau la semaine prochaine".

 


Iran: le guide suprême dit avoir approuvé l'accord avec les Etats-Unis, malgré une «opinion différente»

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails. (AFP)
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails. (AFP)
Short Url
  • "J'avais une opinion différente, mais j’ai donné mon autorisation en raison de l’engagement que le respectable président (iranien), en tant que président du Conseil suprême de sécurité nationale, a pris envers moi en son nom"
  • Selon lui, le président l'a aussi assuré que "si la partie américaine formule des exigences excessives" dans la suite des négociations en vue d'un accord final, "ils ne s’y soumettront pas"

TEHERAN: Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails.

"J'avais une opinion différente, mais j’ai donné mon autorisation en raison de l’engagement que le respectable président (iranien), en tant que président du Conseil suprême de sécurité nationale, a pris envers moi en son nom et au nom des autres membres pour protéger les droits de la nation iranienne et du front de la résistance" à Israël, a déclaré Mojtaba Khamenei, dans un message écrit lu à la télévision d’État.

Selon lui, le président l'a aussi assuré que "si la partie américaine formule des exigences excessives" dans la suite des négociations en vue d'un accord final, "ils ne s’y soumettront pas".

"Il est évident que les négociations en face-à-face qui se tiendront à l'avenir ne présagent pas de l'acceptation du point de vue de l'ennemi", a souligné le guide suprême, dans cette première réaction à l’accord irano-américain visant à mettre fin à la guerre, signé tôt jeudi par les présidents américain Donald Trump et iranien Masoud Pezeshkian.

Le dirigeant n’a pas été vu en public depuis son entrée en fonction en mars, à la suite de l’assassinat de son père et prédécesseur, l’ayatollah Ali Khamenei, lors des premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février, qui ont déclenché la guerre régionale.

Mojtaba Khamenei a encore affirmé que Donald Trump avait "par désespoir, actionné toutes sortes de leviers" pour obtenir cet accord avec l’Iran,  afin de mettre fin à la guerre.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Short Url
  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.