Après la victoire de Donald Trump, l'inquiétude des Ukrainiens

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'exprime lors d'un dîner de travail du Conseil OTAN-Ukraine au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 17 octobre 2024. (POOL / AFP)
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'exprime lors d'un dîner de travail du Conseil OTAN-Ukraine au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 17 octobre 2024. (POOL / AFP)
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Publié le Mercredi 06 novembre 2024

Après la victoire de Donald Trump, l'inquiétude des Ukrainiens

  • La victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine risque de plomber l'aide à l'Ukraine, dont l'armée recule déjà, jour après jour, face aux Russes.
  • En félicitant Donald Trump pour sa « victoire impressionnante », le président Zelensky a néanmoins dit espérer que ce résultat aidera l'Ukraine à obtenir « une paix juste ».

KIEV : Dans les rues ukrainiennes, le pessimisme est le maître-mot ce mercredi. En effet, la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine risque de plomber l'aide à l'Ukraine, dont l'armée recule déjà, jour après jour, face aux Russes.

Ces derniers mois, le milliardaire américain a martelé qu'il pouvait imposer une paix en Ukraine en « 24 heures », sans jamais expliquer comment, mais en décriant l'ampleur de l'aide versée à Kiev.

Marchant dans les rues froides de la capitale ukrainienne, Natalia Pitchaktchi, une quinquagénaire déplacée de la ville de Marioupol, occupée par les Russes depuis le printemps 2022, est inquiète.

« Je ressens une sorte d'anxiété, parce que je ne sais pas à quoi m'attendre », explique-t-elle à l'AFP, les mains enfoncées dans les poches. « C'est inquiétant.

« Il n'y aura plus de soutien » américain, continue-t-elle, en référence aux dizaines de milliards de dollars d'aide militaire et financière que Washington et les membres de l'Otan ont fourni depuis le début de la guerre en 2022, permettant à Kiev de continuer à se battre contre un envahisseur russe bien plus puissant.

Ici, on craint que le nouveau président des États-Unis puisse imposer un plan de paix favorable à la Russie. Selon des médias occidentaux, M. Trump souhaiterait démilitariser la zone actuellement occupée par Moscou, soit 20 % du territoire ukrainien, mais la laisser sous contrôle russe. Il serait également favorable à ce que Kiev renonce à rejoindre l'Otan.

- « Victoire impressionnante »

Or, cela va à l'encontre du « plan de victoire » voulu par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dont les points les plus importants sont une invitation officielle à rejoindre l'Alliance atlantique, ainsi que le renforcement des aides militaires.

Kiev exclut toujours toute concession de son territoire, ce qui semble donc contredire certaines des idées du milliardaire américain.

En félicitant Donald Trump pour sa « victoire impressionnante », le président Zelensky a néanmoins dit espérer que ce résultat aidera l'Ukraine à obtenir « une paix juste ». « J'apprécie l'engagement du président Trump en faveur de l'approche +La paix par la force+ dans les affaires mondiales », a-t-il écrit sur X.

Fin octobre, un haut responsable de la présidence ukrainienne avait voulu se montrer rassurant auprès de l'AFP, jugeant « très bonne » la rencontre entre Zelensky et Trump en septembre à New York (États-Unis). Mercredi, le président ukrainien a d'ailleurs qualifié de « formidable » leur rendez-vous d'alors.

Une position moins défaitiste que partage Tetiana Podleska, informaticienne interrogée par l'AFP dans les rues de Kiev. « Je ne pense pas que ça (ce résultat électoral) changera grand-chose », dit-elle, laconique.

« Cela ne changera pas en mieux, c'est certain », concède-t-elle. « Mais pour le pire, c'est peu probable ».

Olga Prikhodko, une enseignante trentenaire, interrogée dans la capitale ukrainienne, estime que l'élection américaine doit conduire l'Ukraine à « réfléchir à la suite des événements » pour s'assurer d'une victoire contre la Russie « parce que nos vies, l'avenir de notre pays sont entre nos mains ».

Cependant, les forces ukrainiennes ne cessent de reculer et la Russie, malgré d'importantes pertes, conserve sa supériorité en termes d'effectifs et d'armes, et voit arriver des renforts nord-coréens.

Olga espère donc que les alliés de l'Ukraine tiendront leurs promesses de soutenir le pays jusqu'à la victoire, même si les autorités ukrainiennes ne cessent de dénoncer la timidité des réponses occidentales à l'escalade russe.

« Ambigu » et « imprévisible ».

Dans les rues de Kharkiv, deuxième ville d'Ukraine située dans le nord-est du pays, le doute s'installe, alors que Moscou tente de percer au nord et à l'est de la région éponyme.

Ioulia Boïko, étudiante, considère Donald Trump comme une personne « ambiguë ». « Il est difficile de dire à quoi s'attendre », souligne la jeune femme. « Aujourd'hui, il dit qu'il est ami avec le président russe Vladimir Poutine, mais demain, il dira qu'il est prêt à aider l'Ukraine à mettre fin à cette guerre ».

Ces derniers mois, Moscou a intensifié ses frappes sur la ville.

Pavlo, la vingtaine, partage la même analyse : Donald Trump est une personne « imprévisible », qui peut « décider d'une chose aujourd'hui, et demain (...) fera quelque chose de totalement différent ».

Si la plupart des habitants de Kiev interrogés par l'AFP ont confié leurs craintes de « conséquences inattendues » suite à cette élection, Mykola préfère, lui, penser l'avenir de l'Ukraine sans le milliardaire américain. « Personne ne nous aidera à changer radicalement les choses, rien ne changera », affirme-t-il avant de conclure que pour gagner, l'Ukraine « devra s'unir, et c'est tout ».


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.