Le Soudan est attaché à une solution pacifique et à l’initiative saoudienne, déclare son ambassadeur à Paris

Après les avancées réalisées par l’armée soudanaise au mois de septembre et la reprise de la localité stratégique de Jebel Moya au centre du pays, «la milice rebelle s’est livrée à des représailles génocidaires» selon ses termes, dans la région Est de l’État de Gezirah. (AFP)
Après les avancées réalisées par l’armée soudanaise au mois de septembre et la reprise de la localité stratégique de Jebel Moya au centre du pays, «la milice rebelle s’est livrée à des représailles génocidaires» selon ses termes, dans la région Est de l’État de Gezirah. (AFP)
Short Url
Publié le Lundi 11 novembre 2024

Le Soudan est attaché à une solution pacifique et à l’initiative saoudienne, déclare son ambassadeur à Paris

  • Selon l’ambassadeur Farah, les Forces de soutien rapide ont «massacré des centaines de citoyens civils et sans défense»
  • Elles ont également commis des actes de pillage et de déplacement forcé condamnés par la communauté internationale

PARIS: C’est un tableau bien sombre que l’ambassadeur du Soudan à Paris et à l’Unesco, Khalid Farah, a dressé de la situation dans son pays, où les forces armées gouvernementales affrontent depuis le mois d’avril 2023, les forces paramilitaires dites «Forces de soutien rapide».

C’est un appel à l’aide qu’il a voulu lancer pour le règlement de ce conflit sanglant qui a déjà provoqué plus de 13 mille victimes et environ 14 millions de déplacés, et qui est occulté par la guerre israélienne à Gaza, qui s’est élargie au Liban depuis le mois de septembre dernier.

Pourtant la communauté internationale, avec, en tête, les États-Unis et l’Arabie saoudite, n’a pas ménagé ses efforts pour venir à bout de ce conflit, mais les tentatives réitérées se sont heurtées à l’intransigeance du général Mohamed Dalgo, surnommé «Hemeti» qui dirige les Forces de soutien rapide.

Pour rappel, Hemeti et le président soudanais, le général Abdel Fattah al-Burhan, sont des anciens alliés qui ont œuvré pour l’éviction de l’ancien président Omar al-Bachir en 2019, mais leurs relations se sont dégradées donnant lieu à un conflit ouvert, lorsqu’Al-Burhan a avancé le projet d’intégrer les Forces de soutien rapide à l’armée soudanaise.

S’exprimant durant une conférence de presse tenue au siège de son ambassade à Paris, Farah a souligné que «le mois d’octobre précédent était l’un des mois les plus meurtriers et les plus sanglants» depuis le début du conflit au Soudan.

Après les avancées réalisées par l’armée soudanaise au mois de septembre et la reprise de la localité stratégique de Jebel Moya au centre du pays, «la milice rebelle s’est livrée à des représailles génocidaires» selon ses termes, dans la région Est de l’État de Gezirah.

Selon Farah, les Forces de soutien rapide ont «massacré des centaines de citoyens civils et sans défense» et ont également commis des actes de pillage et de déplacement forcé condamnés par la communauté internationale.

En effet, l’Organisation des Nations unies avait indiqué que près de 135 mille personnes de la région Est de Gezirah ont été chassées de leurs villages, alors que la France a condamné fermement, lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée au Soudan, «les récentes attaques perpétrées contre les civils par les Forces de soutien rapide».

Là-dessus, Farah a appelé les médias «à mettre davantage en lumière cette guerre dévastatrice contre l’État et le peuple soudanais» menée par les troupes du général Hemeti, «soutenues par des pays étrangers du voisinage immédiat du Soudan et de l’extérieur» de la région.

Il a également interpellé la communauté internationale, afin de dénoncer les Forces de soutien rapide et de les classifier comme groupe terroriste».

Farah a par ailleurs affirmé que le Soudan a réagi favorablement à toutes les initiatives internationales et régionales visant à régler le conflit «à commencer par l’initiative saoudo-américaine de Djeddah lancée en mai 2023, qui reste malheureusement lettre morte» parce que «la milice rebelle n’a pas respecté les engagements qu’elle a signés».

Il a aussi assuré que le gouvernement soudanais «reste ouvert à toute solution pacifique au conflit, dans le respect de la souveraineté de l’État et de l’intégrité territoriale du Soudan», rappelant que les Forces de soutien rapide «doivent être contraintes par la communauté internationale à s’acquitter des engagements pris et signés à Djeddah».

Concernant la situation humanitaire spécialement précaire, dans laquelle se trouve la population soudanaise, Farah a exhorté la communauté internationale «à œuvrer avec bonne foi et sans agenda particulier» pour faire parvenir l’aide humanitaire nécessaire sur tout le territoire du Soudan.

Il a salué au passage la tenue à Paris au mois d’avril dernier d’une conférence sur l’aide humanitaire au peuple soudanais, qui a permis de récolter deux milliards de dollars, pour répondre aux besoins humanitaires du pays, regrettant toutefois que «cette conférence se soit tenue en l’absence du Soudan qui n’y était pas invité».

Ci-dessous, une photo de l’ambassadeur du Soudan en France et à l’Unesco, lors de sa conférence de presse au siège de son ambassade à Paris.


L’espace aérien et le territoire saoudiens ne seront pas utilisés pour une attaque contre l’Iran, affirme le prince héritier

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président iranien Masoud Pezeshkian. (Archive/SPA/AFP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président iranien Masoud Pezeshkian. (Archive/SPA/AFP)
Short Url
  • Le prince héritier Mohammed ben Salmane a fait ces déclarations lors d’un entretien téléphonique avec le président iranien Massoud Pezeshkian

RIYAD : Le Royaume n’autorisera pas que son espace aérien ou son territoire soient utilisés pour toute action militaire contre l’Iran, a déclaré le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane au président iranien Massoud Pezeshkian lors d’un entretien téléphonique mardi.

L’Arabie saoudite respecte la souveraineté de l’Iran et soutient tous les efforts visant à résoudre les différends par le dialogue, de manière à renforcer la sécurité et la stabilité dans la région, a rapporté l’Agence de presse saoudienne, citant les propos du prince héritier à Pezeshkian.

Le président iranien a exprimé sa gratitude envers le Royaume pour sa position ferme en faveur du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Iran, remerciant le prince héritier pour ses efforts en vue de renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Plus tôt, les médias iraniens avaient rapporté que Pezeshkian avait déclaré que Téhéran accueille toujours favorablement tout processus, dans le cadre du droit international, visant à prévenir la guerre.

Pezeshkian a également indiqué au prince Mohammed que « l’unité et la cohésion » des pays islamiques peuvent garantir une « sécurité, une stabilité et une paix durables dans la région ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Netanyahu affirme qu'il ne permettra pas l'établissement d'un «Etat palestinien à Gaza»

Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée. (AFP)
Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée. (AFP)
Short Url
  • "J'entends dire que j'autoriserais la création d'un État palestinien à Gaza. Cela n'a pas eu lieu et cela n'arrivera pas"
  • "Aujourd'hui comme demain, nous ne le permettrons pas", a-t-il ajouté, affirmant qu'"Israël maintiendra son contrôle sécuritaire sur l'ensemble de la zone allant du Jourdain à la mer" Méditerranée

JERUSALEM: Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée.

"J'entends dire que j'autoriserais la création d'un État palestinien à Gaza. Cela n'a pas eu lieu et cela n'arrivera pas", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, se vantant d'avoir "empêché à maintes reprises la création d'un État palestinien".

"Aujourd'hui comme demain, nous ne le permettrons pas", a-t-il ajouté, affirmant qu'"Israël maintiendra son contrôle sécuritaire sur l'ensemble de la zone allant du Jourdain à la mer"  Méditerranée, soit Israël et l'ensemble des Territoires palestiniens occupés.

 


Israël tourne une page avec le retour de son dernier otage à Gaza

L'armée a indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé". (Reuters)
L'armée a indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé". (Reuters)
Short Url
  • Cet épilogue devrait permettre l'avancée du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien, et notamment la réouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, seule porte de sortie de la bande de Gaza
  • "Nous sommes au seuil de la prochaine phase" du plan américain, a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais "la prochaine phase, ce n'est pas la reconstruction", elle consiste "à désarmer le Hamas et à démilitariser" Gaza

JERUSALEM: "Nous pouvons enfin dire: il n'y a plus d'otages à Gaza": Israël a rapatrié lundi le corps de Ran Gvili, le dernier d'entre eux, marquant la fin du long combat des familles dans une société traumatisée par l'attaque du 7-Octobre.

Cet épilogue devrait permettre l'avancée du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien, et notamment la réouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, seule porte de sortie de la bande de Gaza sans passer par Israël.

"Nous sommes au seuil de la prochaine phase" du plan américain, a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais "la prochaine phase, ce n'est pas la reconstruction", elle consiste "à désarmer le Hamas et à démilitariser" Gaza, a-t-il ajouté.

L'armée avait auparavant indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé".

M. Netanyahu a salué "une réussite extraordinaire pour l'Etat d'Israël". "Nous les avons tous ramenés, jusqu'au tout dernier captif", a-t-il dit au Parlement.

Le gouvernement "a accompli sa mission morale", s'est-il prévalu, l'armée se félicitant d'avoir tenu sa promesse de "ne jamais abandonner personne".

"C'est une période qui touche à sa fin", réagit à Tel-Aviv Orna Cheled, une habitante de 70 ans, qui se dit "très émue".

"Mais je ne sens pas que la situation est résolue, que c'est vraiment la fin (...) au final, nous voulons juste vivre en paix", ajoute-t-elle.

"Ça ressemble à une forme de clôture. C'est très émouvant", témoigne aussi Rebecca Geller, 46 ans, une ancienne employée du Forum des familles, la principale association israélienne de proches de captifs.

"TRAVAIL EXTRAORDINAIRE! (...) Félicitations à ma formidable équipe de champions!!!", a écrit pour sa part Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Dans le même temps, neuf prisonniers palestiniens ont été libérés par Israël et hospitalisés à Gaza, selon l'hôpital des Martyrs d'Al-Aqsa, à Deir el-Balah (centre).

Fin du "combat" 

Lors de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, 251 personnes, dont 44 mortes, avaient été enlevées pour servir d'otages.

Sur les 207 otages pris vivants, 41 sont morts ou ont été tués en captivité.

Ran Gvili, un policier, était tombé au combat à 24 ans en défendant le kibboutz Aloumim.

Seule sa dépouille n'avait jusque-là pas été rendue à Israël dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur à Gaza sous pression américaine le 10 octobre.

"Avec le retour de (Ran) Gvili, un héros qui a donné sa vie pour défendre sa communauté, nous pouvons enfin dire: il n'y a plus d'otages à Gaza", a écrit le Forum des familles.

"Ce qui avait commencé dans un choc inimaginable est devenu l'un des combats civiques, moraux et humains les plus obstinés de l'Histoire", a-t-il ajouté, un combat désormais "terminé".

Les chaînes de télévision ont diffusé en boucle des images du cercueil de Ran Gvili, recouvert d'un drapeau israélien et entouré de soldats.

"Tu devrais voir les honneurs qu'on te rend ici. Toute la police est avec toi, toute l'armée (...) tout le peuple (...) Je suis fier de toi, mon fils", a lancé son père lors d'un hommage.

Dimanche, les forces israéliennes avaient lancé des fouilles dans un cimetière du nord de Gaza.

Le Hamas avait auparavant indiqué avoir donné aux médiateurs dans le conflit "tous les détails et informations" qu'il détenait sur l'emplacement du corps. Il a affirmé que sa découverte confirmait son "engagement" pour le cessez-le feu.

"Voyager est un rêve" 

Le retour de ce dernier otage ouvre la voie à la réouverture de Rafah, passage crucial pour l'acheminement de l'aide humanitaire.

Elle est réclamée de longue date par les Nations Unies et la communauté humanitaire, mais Israël a déjà précisé qu'elle serait "limitée" aux piétons et soumise à "un mécanisme complet d'inspection israélien".

Sur le terrain, alors que les deux parties s'accusent mutuellement de violer quotidiennement la trêve, la situation humanitaire reste dramatique pour les quelque 2,2 millions d'habitants palestiniens.

"Le monde ne se soucie pas de nous. Pour nous, voyager est un rêve de retour à la vie", témoigne Maha Youssef, 37 ans, déplacée à Gaza-ville par la guerre.

"Même si cela est financièrement difficile et probablement instable, mes enfants pourraient voir à quoi ressemble une vie normale et la vivre et au moins, ils pourraient aller à l'école", ajoute-t-elle.

La deuxième étape du plan Trump, endossé par le Conseil de sécurité de l'ONU en novembre, prévoit, outre le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

Le secrétaire général de l'ONU a salué lundi le retour du corps de Ran Gvili, appelant à une "mise en oeuvre intégrale" de l'accord de cessez-le-feu après plus de deux ans de guerre.