Allemagne : le mystère demeure autour des motivations de l'attentat de Magdebourg

La police scientifique inspecte la voiture qui a foncé dans la foule sur un marché de Noël à Magdebourg, dans l'est de l'Allemagne, le 21 décembre 2024. La police allemande a arrêté un Saoudien après l'attentat meurtrier à la voiture-bélier perpétré sur un marché de Noël le 20 décembre 2024. (Photo AFP)
La police scientifique inspecte la voiture qui a foncé dans la foule sur un marché de Noël à Magdebourg, dans l'est de l'Allemagne, le 21 décembre 2024. La police allemande a arrêté un Saoudien après l'attentat meurtrier à la voiture-bélier perpétré sur un marché de Noël le 20 décembre 2024. (Photo AFP)
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Publié le Samedi 21 décembre 2024

Allemagne : le mystère demeure autour des motivations de l'attentat de Magdebourg

  • « En l'état actuel de l'enquête, il n'est pas encore possible de catégoriser ce qui s'est passé sur le marché de Noël », a indiqué la police locale vendredi soir.
  • Olaf Scholz se rend sur place dans la matinée, accompagné de sa ministre de l'Intérieur, afin d'en savoir plus et d'apporter son soutien à la population locale traumatisée par cette attaque survenue en pleine campagne électorale.

MADGEBOURG, ALLEMAGNE : Samedi, le chancelier allemand Olaf Scholz se rendra à Magdebourg, ville meurtrie par un attentat à la voiture bélier sur son marché de Noël dont les motivations restent troubles, malgré l'arrestation de l'auteur présumé, d'origine saoudienne.

Piste islamiste ? Le médecin psychiatre de 50 ans, interpellé sur les lieux, souffrirait-il de troubles psychologiques ? Autre hypothèse ?

« En l'état actuel de l'enquête, il n'est pas encore possible de catégoriser ce qui s'est passé sur le marché de Noël », a indiqué la police locale vendredi soir.

Olaf Scholz se rend sur place dans la matinée, accompagné de sa ministre de l'Intérieur, afin d'en savoir plus et d'apporter son soutien à la population locale traumatisée par cette attaque survenue en pleine campagne électorale.

« Ce qui s'est passé aujourd'hui affecte beaucoup de personnes, ça nous touche beaucoup », dit à l'AFP Fael Kelion, un Camerounais de 27 ans installé dans la ville.

Vers 19 h 00 (18 h 00 GMT), une voiture puissante a soudainement emprunté les allées du marché de Noël local, fauchant les badauds sur son passage sur 400 mètres. Bilan encore provisoire de ce carnage : deux morts, dont un enfant, et plus de 60 blessés, dont une quinzaine grièvement.

« Nous avons vu le toit de la voiture, puis ça s'est passé. Tout le monde était ensuite allongé sur le sol, des enfants, des hommes, des blessés avec des fractures ouvertes. C'est inimaginable », a raconté un témoin à la chaîne de télévision Welt TV.

« C'est terrible, il y avait un cadavre à côté de moi pendant tout ce temps. Je pensais que j'allais simplement au marché de Noël et une telle chose arrive. Le monde est malade », a ajouté sa compagne.

L'attaque est survenue huit ans jour pour jour presque après un acte similaire commis sur un marché de Noël de Berlin, alors que l'Allemagne, en pleine campagne électorale, est en état d'alerte contre le risque d'attentats.

- Huit ans après Berlin.

Pour les autorités, cette date n'est pas une coïncidence : elle a été choisie à dessein. Mais personne n'a immédiatement tiré de conclusions qu'il s'agissait, comme à Berlin en 2016, d'un attentat islamiste.

En effet, le profil de l'auteur présumé, présenté dans les médias allemands comme Taleb A., arrêté à bord de la voiture-bélier, intrigue.

Installé en Allemagne depuis 2006, médecin exerçant à Bernburg, une commune proche de Magdebourg, et disposant du statut de réfugié, il n'était pas du tout connu pour ses sympathies envers la mouvance djihadiste.

Au contraire, ses nombreuses publications sur les réseaux sociaux dressent le portrait d'un homme persécuté, ayant rompu avec l'islam et dénonçant les « dangers » d'une islamisation de l'Allemagne.

Certains médias lui prêtent même des accointances avec l'extrême droite allemande. Il était en tout cas connu au sein de la communauté des émigrés saoudiens en Allemagne et aidait des demandeurs d'asile, notamment des femmes.

« Les motivations restent mystérieuses, un arrière-plan islamiste semble exclu », juge l'hebdomadaire Der Spiegel.

- Récupération politique -

L'extrême droite allemande ne s'en est pas moins emparée de cette affaire à l'approche des élections législatives allemandes anticipées du 23 février, où la question de l'immigration jouera un rôle important, suite à plusieurs attentats commis ces derniers mois par des étrangers.

« Quand cette folie prendra-t-elle fin ? », a écrit sur le réseau X Alice Weidel, coprésidente de l'AfD et personnalité politique créditée de la deuxième place dans les sondages, avec près de 20 % d'intentions de vote.

La formation se place derrière les conservateurs, qui réclament eux aussi un durcissement des conditions d'accueil des réfugiés, mais devant les sociaux-démocrates du chancelier Olaf Scholz.

Pour Fael Kelion, il n'y a guère de doute. « Je pense que, vu que le suspect est un étranger, la population sera mécontente et moins accueillante », lance-t-il.

Plusieurs capitales, à l'image de Rome, de Madrid et de Washington, ont exprimé leur « choc », et les États-Unis se disent prêts à « fournir de l'aide ».

Le président français Emmanuel Macron et son nouveau Premier ministre François Bayrou ont pour leur part exprimé la « solidarité » de la France.

L'Arabie saoudite, pays d'origine du suspect, a condamné l'attaque et affirmé son « rejet de la violence ».


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.