La Russie et l'Iran signeront vendredi un « accord de partenariat stratégique global » selon le Kremlin

Le président russe Vladimir Poutine rencontre le président iranien Masoud Pezeshkian. (AFP)
Le président russe Vladimir Poutine rencontre le président iranien Masoud Pezeshkian. (AFP)
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Publié le Lundi 13 janvier 2025

La Russie et l'Iran signeront vendredi un « accord de partenariat stratégique global » selon le Kremlin

  • Soumis tous deux à des sanctions internationales qui restreignent leurs échanges commerciaux, la Russie et l'Iran ont toutefois noué des liens étroits dans divers secteurs, notamment militaire.
  • Ce « traité sur le partenariat stratégique global », ratifié par les députés russes en octobre dernier, prévoit notamment, dans l'un de ses articles, « une aide militaire immédiate » en cas d'agression armée de pays tiers.

MOSCOU : La Russie et l'Iran signeront vendredi un « Accord de partenariat stratégique global » lors d'une visite du président iranien Massoud Pezeshkian en Russie, a annoncé lundi le Kremlin, montrant une nouvelle fois l'étendue de l'alliance entre les deux pays.

« Le 17 janvier, Vladimir Poutine s'entretiendra avec le président de la République islamique d'Iran, Massoud Pezeshkian », qui arrivera en Russie pour une visite officielle, a indiqué la présidence russe dans un communiqué.

Les deux présidents « signeront l'accord de partenariat stratégique global entre la Russie et l'Iran, puis feront des déclarations aux médias », a-t-elle ajouté.

Soumis tous deux à des sanctions internationales qui restreignent leurs échanges commerciaux, la Russie et l'Iran ont toutefois noué des liens étroits dans divers secteurs, notamment militaire.

Cet accord porte sur « la coopération économique et commerciale dans les domaines de l'énergie, de l'environnement et les questions liées à la défense et à la sécurité », a indiqué l'ambassade iranienne en Russie sur Telegram la semaine dernière.

Ses contours exacts sont encore flous, mais Moscou a conclu l'an dernier un traité portant exactement le même nom avec la Corée du Nord.

Ce « traité sur le partenariat stratégique global », ratifié par les députés russes en octobre dernier, prévoit notamment, dans l'un de ses articles, « une aide militaire immédiate » en cas d'agression armée de pays tiers.

Les Occidentaux y avaient vu le risque d'une escalade majeure dans le conflit entre la Russie et l'Ukraine, qui a débuté il y a bientôt trois ans.

Kiev et les Occidentaux accusent la Corée du Nord d'avoir envoyé des soldats combattre aux côtés de l'armée russe contre les forces ukrainiennes. Moscou et Pyongyang n'ont ni confirmé, ni démenti ces accusations.

Téhéran est également accusé par les Occidentaux de fournir à la Russie des drones explosifs Shahed et des missiles de courte portée, contribuant ainsi à l'effort de guerre de ce pays en Ukraine. Des accusations que l'Iran rejette.

La dernière rencontre entre MM. Pezeshkian et Poutine remonte à octobre, lors du sommet des BRICS à Kazan, en Russie.

Selon le Kremlin, le président russe avait à l'époque évoqué une prochaine visite de son homologue iranien pour signer cet accord de partenariat.

Fin décembre, l'agence de presse iranienne Tasnim indiquait que ce déplacement aurait lieu le 17 janvier.

En octobre, Vladimir Poutine avait également loué les liens « amicaux » entre Téhéran et Moscou, appelant à consolider la « dynamique positive » de leur coopération économique.

La Russie souhaite notamment développer un projet de corridor logistique (rail et maritime) entre Moscou, Bakou et Téhéran, sur un axe nord-sud.

L'Iran et la Russie sont aussi alliés du président syrien Bachar el-Assad, renversé le 8 décembre par une offensive d'une coalition de rebelles dominée par des islamistes.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.