Aramco frappe fort: 9 milliards de dollars d'accords au forum iktva

Amin Nasser, PDG de Saudi Aramco. SPA
Amin Nasser, PDG de Saudi Aramco. SPA
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Publié le Mardi 14 janvier 2025

Aramco frappe fort: 9 milliards de dollars d'accords au forum iktva

  • Une pluie de contrats : 145 accords signés en une seule journée marquent un tournant pour l'industrie locale saoudienne.
  • Lors de l'événement, Amin Nasser, PDG de Saudi Aramco, a souligné les progrès de l'entreprise, notant que celle-ci avait atteint un score de 67 % de contenu local pour ses achats de biens et services en 2024, contre seulement 35 % en 2015.

RIYAD: C'est une démonstration de force impressionnante qu'a réalisée Saudi Aramco lors de la journée d'ouverture du Forum et Salon iktva 2025. Le géant pétrolier saoudien a conclu pas moins de 145 accords et protocoles d'entente, pour une valeur totale estimée à 9 milliards de dollars.

Cette offensive massive vise à accélérer la transformation industrielle du royaume, en renforçant la production locale et en densifiant le tissu industriel saoudien. Un objectif qui s'inscrit dans la droite ligne du programme iktva (In-Kingdom Total Value Add), pierre angulaire de la stratégie d'Aramco pour optimiser sa chaîne d'approvisionnement.

L'enjeu est de taille : porter à 70 % la part des achats réalisés localement, insufflant ainsi une dynamique nouvelle à l'économie saoudienne. Les premiers résultats sont déjà là : le contenu local dans les approvisionnements d'Aramco a presque doublé, passant de 35 % en 2015 à 67 % en 2024.

Le forum a dévoilé un potentiel considérable: 210 opportunités de localisation réparties sur 12 secteurs, représentant un marché annuel de 28 milliards de dollars. Une manne qui devrait réduire significativement la dépendance du royaume aux importations.

Lors de l'événement, Amin Nasser, PDG de Saudi Aramco, a souligné les progrès de l'entreprise, notant que celle-ci avait atteint un score de 67 % de contenu local pour ses achats de biens et services en 2024, contre seulement 35 % en 2015.

"Depuis le lancement d'iktva en 2015, nous avons fait des progrès considérables. À l'époque, la majorité de nos matériaux et services provenaient de l'extérieur de l'Arabie saoudite", a déclaré Nasser.

Il a souligné que le succès d'iktva repose sur sa capacité à créer de la valeur pour toutes les parties prenantes.

"Pour Aramco, une chaîne d'approvisionnement largement localisée garantit la continuité et nous aide à gérer plus efficacement les défis opérationnels", a-t-il expliqué. "Depuis 2015, iktva a contribué à hauteur de plus de 240 milliards de dollars au PIB de l'Arabie saoudite et a conduit à la création de 350 installations de fabrication locales avec des investissements totalisant plus de 9 milliards de dollars."

Ces nouvelles installations industrielles couvrent un large spectre: chimie, matériaux composites, technologies de l'information, équipements électriques et de forage. Résultat: 47 produits sont désormais "Made in Saudi Arabia" pour la première fois.

Le Prince Abdulaziz bin Salman, ministre saoudien de l'Énergie, a profité de cette tribune pour dévoiler un projet ambitieux : l'enrichissement et la commercialisation d'uranium. "En enrichissant et en vendant de l'uranium, ainsi qu'en produisant du yellowcake, nous sécuriserons les matières premières essentielles à la sécurité énergétique."

Le Prince Abdulaziz a évoqué l'avenir du secteur pétrochimique, soulignant l'importance de produire des produits chimiques plus sophistiqués. "L'avenir de la pétrochimie ne se limite pas aux plastiques ou aux polymères. Nous visons des produits chimiques plus élaborés et plus sophistiqués", a-t-il noté.

Légende: Le Prince Abdulaziz bin Salman, ministre saoudien de l'Énergie. SPA

Dans une perspective d'avenir, le ministre de l'Énergie a évoqué de potentielles collaborations avec l'Égypte, indiquant qu'une feuille de route pour des coentreprises serait présentée en février. "Nous avons beaucoup à espérer de notre collaboration avec l'Égypte", a-t-il déclaré.

Lors d'une session parallèle, le Prince Abdulaziz a insisté sur l'importance des synergies intersectorielles pour atteindre les objectifs de Vision 2030.

Il a expliqué que les grands projets d'expansion énergétique sont essentiels pour soutenir le développement industriel en fournissant des sources d'énergie diversifiées et en offrant des prix compétitifs pour les matières premières gazières.

Cela, a-t-il ajouté, contribuerait à stimuler la croissance manufacturière et à faciliter la transition vers une énergie plus propre.

Khalid Al-Falih, ministre de l'Investissement, a pour sa part plaidé pour une harmonisation des incitations industrielles, clé de voûte de Vision 2030. 

Ces mesures visent à catalyser la création d'installations industrielles et à consolider les chaînes d'approvisionnement locales, renforçant ainsi la compétitivité de l'industrie saoudienne.

La journée a été marquée par plusieurs lancements stratégiques. ASMO, coentreprise entre Saudi Aramco Development Co. et DHL, ambitionne de révolutionner la gestion des achats et de la logistique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Deux autres inaugurations majeures : l'usine Novel Non-Metallic Solutions au King Salman Energy Park et le chantier naval NMDC à Ras Al-Khair. Novel, née de l'alliance entre Aramco et Baker Hughes, se concentrera sur les matériaux composites innovants, tandis que NMDC développera l'ingénierie maritime et la fabrication d'équipements.

Le forum iktva, qui se poursuit jusqu'au 16 janvier à Dammam, continue de mettre en lumière les projets d'infrastructure stratégiques et les opportunités de collaboration visant à renforcer l'écosystème industriel local, en parfaite adéquation avec les ambitions industrielles du royaume.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com  


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.


Pétrole en repli, bourses d'Asie prudentes: le marché guette des signaux concrets d'apaisement au Moyen-Orient

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
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  • Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février
  • Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens

TOKYO: Les prix du pétrole sont repartis à la baisse vendredi en Asie, dans des marchés guettant les signaux tangibles sur de potentielles négociations entre Etats-Unis et Iran, tandis que Tokyo et Séoul reprenaient leur souffle au lendemain d'une envolée.

Recul du pétrole, prudence sur le Moyen-Orient

Vers 06H30 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en mai, référence du marché américain, reculait de 1,49% à 93,28 dollars.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, référence mondiale, cédait 1,11% à 98,29 dollars.

Les cours de l'or noir ont effacé leurs gains de la veille, le marché restant dans l'attente de signaux concrets sur de potentielles négociations entre l'Iran et les Etats-Unis.

Certes, le président américain Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

Donald Trump a en outre annoncé un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT.

Mais le marché doit composer avec des signaux contradictoires: le ministre américain de la Défense a ainsi dit jeudi que les Etats-Unis bombarderont à nouveau l'Iran si Téhéran "fait le mauvais choix".

L'Iran a menacé de bloquer la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier. Et l'armée libanaise a accusé vendredi Israël d'avoir commis des "actes d'agression" et des bombardements en violation de la trêve.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a par ailleurs indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

"Pour l'heure, le fait qu'aucune nouvelle série de pourparlers n'ait été programmée n'a qu'un impact modéré sur les marchés financiers (...) et le prix du pétrole reste inférieur à 100 dollars le baril",constate Kathleen Brooks, analyste de XTB.

"Toutefois, tant que le détroit d'Ormuz ne sera pas pleinement opérationnel, le prix du pétrole continuera de s'échanger avec une prime substantielle", prévient-elle.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février.

Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

La monnaie américaine montait légèrement (+0,19%) à 159,47 yens pour un dollar, tandis que l'or se stabilisait à 4.789 dollars l'once.

"S'il existe effectivement une voie rapide et crédible vers une résolution, l'optimisme récent pourrait persister, confortant la perspective à moyen terme d'un affaiblissement du dollar", observe Lloyd Chan, de MUFG.

"En revanche, si la diplomatie échoue et que l'optimisme s'estompe, le dollar pourrait rester soutenu plus longtemps", portée par les tensions inflationnistes.

Les Bourses d'Asie soufflent

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points.

A Séoul, l'indice Kospi a lâché 0,55%. La Bourse de Taipei a reculé de 0,88%, Sydney de 0,09%. L'indice hongkongais Hang Seng cédait 1,13% vers 06H30 GMT.

Guettant les signaux contradictoires au Moyen-Orient, les places asiatiques reprenaient leur souffle et faisaient une pause après avoir bondi la veille, le Nikkei s'élevant même à un sommet record en clôture.

"Compte tenu du nouveau record historique atteint par le Nikkei (jeudi), la prudence pourrait de nouveau s'imposer à ces niveaux élevés de valorisation", prévenaient les analystes de Tokai Tokyo Intelligence.

TSMC trébuche, les investisseurs prudents

Le géant taïwanais TSMC, premier sous-traitant mondial de semi-conducteurs, a publié jeudi un bénéfice net record pour le premier trimestre 2026, porté par la course effrénée au développement de l'intelligence artificielle (IA).

Il a vu pourtant son titre chuter de 2,64% vendredi à la Bourse de Taipei.

Ce repli reflète des prises de bénéfices, mais aussi l'inquiétude des investisseurs quant à la forte dépendance du groupe vis-à-vis d'un petit nombre de clients géants spécialisés dans l'IA.

"Les investisseurs sont amenés à se demander si une part trop importante des résultats de l'entreprise ne repose pas sur la capacité d'un groupe restreint d'+hyperscalers+ et de concepteurs de puces IA à maintenir leurs dépenses au rythme actuel", note Charu Chanana, de Saxo Markets. "Ce marché est difficile à impressionner".