L'accord entre l'Arabie saoudite et l'Italie permet au Royaume de fournir de l'hydrogène vert à l'Europe

Le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdulaziz bin Salman, a rencontré le 14 janvier le ministre italien de l’Énergie et de l’Environnement, Gilberto Pichetto Fratinon. Ministère de l’énergie
Le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdulaziz bin Salman, a rencontré le 14 janvier le ministre italien de l’Énergie et de l’Environnement, Gilberto Pichetto Fratinon. Ministère de l’énergie
Short Url
Publié le Mercredi 15 janvier 2025

L'accord entre l'Arabie saoudite et l'Italie permet au Royaume de fournir de l'hydrogène vert à l'Europe

  • Le protocole couvre la collaboration en matière d'innovation et de technologie, comme le développement de projets d'hydrogène, les solutions d'atténuation du changement climatique et l'économie circulaire du carbone.
  • L'accord souligne également l'importance de la transformation numérique, de la cybersécurité et de l'intelligence artificielle dans le secteur de l'énergie.

DJEDDAH : L'Arabie saoudite et l'Italie ont signé un accord visant à renforcer leur coopération dans le domaine de l'énergie, et notamment à fournir à l'Europe de l'hydrogène vert fabriqué dans le Royaume.

Le ministre saoudien de l'énergie, le prince Abdulaziz bin Salman, a rencontré le ministre italien de l'énergie et de l'environnement, Gilberto Pichetto Fratinon, le 14 janvier pour signer le protocole d'accord, qui couvre la collaboration en matière d'innovation et de technologie, comme le développement de projets d'hydrogène, les solutions d'atténuation du changement climatique et l'économie circulaire du carbone, y compris le captage, l'utilisation et le stockage du carbone.

Cet accord intervient alors que l'Arabie saoudite cherche à renforcer ses références en matière d'énergie verte, avec une installation à NEOM qui devrait devenir la plus grande usine d'hydrogène commerciale à l'échelle de l'utilité publique au monde, entièrement alimentée par des énergies renouvelables.

Selon Reuters, le ministre italien a déclaré que son pays pourrait servir de porte d'entrée en Europe pour l'hydrogène et l'ammoniac renouvelables produits en Arabie saoudite, soulignant qu'il serait "beaucoup plus proche, plus compétitif et plus stratégique que d'autres alternatives en mer du Nord".

L'accord souligne également l'importance de la transformation numérique, de la cybersécurité et de l'intelligence artificielle dans le secteur de l'énergie, tout en promouvant des initiatives conjointes pour soutenir les projets d'ingénierie et de construction en alignement avec l'Accord de Paris et le Programme de développement durable à l'horizon 2030.

Les ministres ont abordé des sujets clés tels que la réduction des émissions de méthane, les solutions de stockage de l'énergie et l'utilisation de combustibles traditionnels et transitoires, y compris le pétrole, le gaz et le pétrole.

Les discussions ont également porté sur l'amélioration de la stabilité et de la fiabilité des marchés du pétrole et du gaz naturel, la réduction de la volatilité et le renforcement de la sécurité de l'approvisionnement énergétique et des chaînes d'approvisionnement, selon un communiqué de presse du ministère saoudien de l'énergie.

Le communiqué du ministère saoudien indique que la coopération comprendra le développement de partenariats qualitatifs sur les produits et services liés à tous les secteurs des chaînes d'approvisionnement en énergie et à leurs technologies. Il ajoute que la coopération portera également sur la création et l'utilisation de matériaux durables, polymères et innovants dans la construction et d'autres secteurs.

Le projet NEOM Green Hydrogen, dont la mise en service est prévue pour 2026, produira quotidiennement 600 tonnes d'hydrogène propre par électrolyse grâce à la technologie de Thyssenkrupp, de l'azote par séparation de l'air grâce à Air Products, et jusqu'à 1,2 million de tonnes d'ammoniac vert par an. Une fois achevée, l'installation compensera 5 millions de tonnes métriques d'émissions de carbone par an.

Fruit d'une collaboration entre NEOM, Air Products et ACWA Power, la coentreprise s'appuiera sur des technologies de pointe pour intégrer environ 4 gigawatts d'énergie renouvelable provenant de l'énergie solaire terrestre, de l'énergie éolienne et du stockage.

En juillet, Saudi Aramco a signé des accords pour acquérir une participation de 50 % dans l'activité de gaz industriels à hydrogène bleu d'Air Products Qudra, renforçant ainsi l'engagement du Royaume à devenir un leader mondial de la production d'hydrogène.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Liban: fin de l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth

Le silo à grains du port de Beyrouth endommagé quatre jours après une explosion monstrueuse qui a fait plus de 220 morts, le 8 août 2020. (AFP)
Le silo à grains du port de Beyrouth endommagé quatre jours après une explosion monstrueuse qui a fait plus de 220 morts, le 8 août 2020. (AFP)
Short Url
  • Le juge Tarek Bitar a clôturé l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth en 2020, ouvrant la voie à d’éventuels renvois devant le tribunal de dizaines de responsables politiques, militaires et fonctionnaires interrogés
  • L’explosion, provoquée par 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium stockées sans précaution, avait fait plus de 220 morts et est devenue un symbole de l’impunité au Liban, l’enquête ayant été bloquée par l’hostilité politique avant d’être reprise en 2025

BEYROUTH: Le juge chargé du dossier de l'explosion au port de Beyrouth en 2020 a clôturé son enquête, ouvrant la voie à de possibles renvois devant le tribunal des dizaines de personnes auditionnées au cours des investigations, a indiqué lundi une source judiciaire à l'AFP.

"Le juge d'instruction en charge de l'enquête, Tarek Bitar, a clôturé son enquête" près de six ans après l'explosion qui a ravagé une partie de la capitale libanaise le 4 août 2020 et fait plus de 220 morts, a précisé cette source judiciaire.

Le magistrat a transmis le dossier au procureur général de la Cour de cassation pour avis, avant d'éventuels renvois devant le tribunal, a ajouté cette source.

Près de 70 personnes, dont des personnalités politiques, des responsables des services de sécurité et de l'armée ainsi que des fonctionnaires, avaient été convoquées au cours de l'enquête, a détaillé la source judiciaire. Certaines d'entre elles avaient refusé de répondre aux convocations du juge et d'être interrogées.

Le dossier judiciaire de la déflagration du port est devenu un symbole de l'impunité, le juge d'instruction ayant dû interrompre son enquête en janvier 2023 face à l'hostilité d'une grande partie de la classe politique, notamment du Hezbollah qui accusait le magistrat de partialité.

Il avait été poursuivi un temps pour insubordination, mais avait pu reprendre son enquête début 2025 après l'arrivée au pouvoir d'un nouveau gouvernement et d'un nouveau président qui avaient promis de préserver l'indépendance de la justice.

Considérée comme l'une des plus grandes explosions non nucléaires de l'Histoire, l'explosion du port avait été provoquée par un incendie dans un entrepôt où était stocké sans précaution du nitrate d'ammonium, malgré des avertissements répétés aux plus hauts responsables.

La cargaison de 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium, transportée à bord d'un navire, le Rhosus, était arrivée au port de Beyrouth en novembre 2013.

Les autorités portuaires avaient stocké cette marchandise dans un entrepôt délabré, selon des responsables libanais, tandis que le Rhosus, immobilisé après le lancement de poursuites contre le propriétaire, avait coulé dans le port en 2018.

Un premier juge chargé en 2020 de l'enquête avait jeté l'éponge après avoir inculpé l'ex-Premier ministre, Hassan Diab, et trois anciens ministres.


L'Iran a attaqué un pétrolier du Koweït à Dubaï, aucun blessé

L’Iran attaque des pays voisins avec des missiles et des drones depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une guerre contre le pays. (photo d’archives AFP)
L’Iran attaque des pays voisins avec des missiles et des drones depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une guerre contre le pays. (photo d’archives AFP)
Short Url
  • L’Iran est accusé d’avoir attaqué par drone un pétrolier koweïtien au large de Dubaï, provoquant un incendie et des dégâts matériels, sans faire de victimes parmi les membres d’équipage
  • Cette attaque s’inscrit dans une escalade régionale depuis fin février, avec des frappes iraniennes contre des infrastructures du Golfe et un fort ralentissement du trafic dans le détroit d’Ormuz, impactant les marchés énergétiques mondiaux

KOWEIT: L'Iran a conduit une attaque "directe et malveillante" contre un pétrolier sous pavillon koweïtien au niveau du port de Dubaï, aux Emirats arabes unis, sans faire de blessés, a rapporté mardi l'agence de presse koweïtienne.

Le pétrolier "était entièrement chargé au moment de l'incident. L'attaque a causé des dégâts matériels sur la coque du navire et un incendie à bord, avec un risque de marée noire dans les eaux environnantes", a écrit l'agence Kuna, citant la société pétrolière nationale Kuwait Petroleum Corporation.

Il n'y a eu aucun blessé, de même source.

Les autorités de l'émirat ont confirmé qu'un pétrolier koweïtien avait été ciblé par un drone dans les eaux de Dubaï, ce qui a provoqué un incendie. Une équipe d'intervention est finalement venue à bout de l'incendie, ont-elles fait savoir un peu plus de deux heures après leur premier message sur X.

Les membres d'équipage du navire sont en sécurité, a ajouté le bureau de presse de Dubaï.

Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février par des frappes américano-israéliennes en Iran, Téhéran frappe régulièrement des infrastructures de pays du Golfe, et bloque en partie le détroit d'Ormuz par lequel transite en temps de paix environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le trafic y a chuté d'environ 95% depuis le début du conflit, selon la plateforme de suivi maritime Kpler. Les répercussions se font sentir sur l'ensemble des marchés énergétiques mondiaux.


Liban/Finul: réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies mardi

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
Short Url
  • La Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence à la demande de la France après la mort de Casques bleus de la FINUL au Liban
  • Paris condamne fermement les tirs, appelle à protéger le personnel onusien et pointe des incidents impliquant Israël dans un contexte de tensions avec le Hezbollah

Nations unies, États-Unis: Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra mardi à 10H00 (14H00 GMT) une réunion d'urgence demandée par la France après la mort de plusieurs Casques bleus au Liban, a-t-on appris lundi de sources diplomatiques.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé plus tôt dans la journée cette requête de la France à la suite des "incidents gravissimes subis par les Casques bleus de la Finul", la force de maintien de la paix de l'ONU au Liban.

La France "condamne avec la plus grande fermeté les tirs" qui ont causé dimanche et lundi la mort de trois Casques bleus de la Finul, a-t-il ajouté sur X.

Cette force, qui compte près de 8.200 soldats issus de 47 pays, est prise en étau entre Israël et le groupe chiite pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part, et l'Iran d'autre part, à la suite d'une attaque le 2 mars.

Depuis, la Finul a essuyé des tirs à plusieurs reprises.

"La France condamne également les graves incidents subis hier (dimanche) par le contingent français de la Finul dans la zone de Naqoura", a ajouté le ministre français.

"Ces atteintes à la sécurité et ces intimidations de la part de soldats de l'armée israélienne à l'encontre de personnels onusiens sont inacceptables et injustifiables, d'autant plus que les procédures de déconfliction avaient été respectées", a-t-il estimé, soulignant que ces condamnations avaient "été signifiées avec la plus grande fermeté à l'ambassadeur d'Israël à Paris".

Jean-Noël Barrot a enfin exhorté toutes les parties à respecter la sécurité du personnel onusien.

Lors de la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël à l'automne 2024, la Finul avait déjà accusé les troupes israéliennes de tirs "répétés" et "délibérés" sur ses positions.

La Finul est déployée entre le fleuve Litani et la frontière libano-israélienne, et son quartier général est installé à Ras al-Naqoura, près de la frontière avec Israël.

Un Casque bleu indonésien a été tué dimanche par l'explosion d'un projectile d'origine inconnue près de la ville frontalière d'Adchit Al Qusayr. Lundi, deux autres soldats ont été tués dans "une explosion d'origine inconnue" près de Bani Hayyan, autre ville frontalière, et plusieurs autres ont été blessés.