Rubio s'est rendu en Israël le lendemain d'un échange de prisonniers contre des otages

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, accueille le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, à son arrivée à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv le 15 février 2025, lors de la première étape de son voyage au Moyen-Orient. (Photo : Evelyn Hockstein / POOL / AFP)
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, accueille le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, à son arrivée à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv le 15 février 2025, lors de la première étape de son voyage au Moyen-Orient. (Photo : Evelyn Hockstein / POOL / AFP)
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Publié le Dimanche 16 février 2025

Rubio s'est rendu en Israël le lendemain d'un échange de prisonniers contre des otages

  • M. Rubio doit discuter de la proposition du président Donald Trump de prendre le contrôle de la bande de Gaza et d'en déporter ses habitants vers l'Égypte et la Jordanie.

JERUSALEM : Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a rencontré dimanche le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, au lendemain de l'échange de trois otages du Hamas détenus dans la bande de Gaza contre 369 prisonniers palestiniens.

M. Rubio, dont c'est le premier voyage au Moyen-Orient depuis sa prise de fonction, doit discuter de la proposition du président Donald Trump de prendre le contrôle de la bande de Gaza et d'en déporter ses habitants vers l'Égypte et la Jordanie.

Benjamin Netanyahu a déclaré samedi apprécier le « soutien total » de Donald Trump aux décisions à venir d'Israël concernant la bande de Gaza.

« C'est désormais à Israël de décider ce qu'ils veulent faire », a écrit M. Trump samedi sur son réseau social Truth Social, « les États-Unis soutiendront la décision qu'ils prendront ».

M. Rubio est arrivé à Tel-Aviv samedi soir, le jour même où a eu lieu le sixième échange d'otages contre prisonniers depuis le début de la trêve.

Après 498 jours de captivité, Sacha Trupanov, un Israélo-Russe de 29 ans, Yaïr Horn, un Israélo-Argentin de 46 ans, et Sagui Dekel-Chen, un Israélo-Américain de 36 ans, ont été libérés à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Ils étaient en meilleure forme physique que trois otages décharnés libérés une semaine plus tôt.

Avant leur remise au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), ils ont été exhibés sur un podium, entourés de combattants du Hamas et de son allié du Jihad islamique, et ont été contraints de dire quelques mots en hébreu devant la foule, suivant une mise en scène organisée à chaque libération.

La première phase de la trêve, qui doit s'achever le 1^(er) mars, a déjà permis la libération de 19 otages israéliens et de 1 134 Palestiniens.

Durant cette phase, un total de 33 otages, dont huit sont décédés, doivent être remis à Israël en échange de 1 900 détenus palestiniens.

Lors de ses entretiens à Jérusalem, le chef de la diplomatie américaine devrait aborder la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu, qui prévoit la libération de tous les otages et la fin définitive de la guerre.

Selon une source proche des négociations, les médiateurs espèrent entamer « la semaine prochaine à Doha » les pourparlers sur cette deuxième phase, avant une phase finale dédiée à la reconstruction de Gaza, un immense chantier estimé par l'ONU à plus de 53 milliards de dollars.

Washington dit être ouvert aux propositions des pays arabes concernant Gaza, mais souligne qu'actuellement, « le seul plan, c'est celui de Trump ».

Ce dernier a proposé que les États-Unis prennent le contrôle du territoire palestinien pour en faire une « Côte d'Azur du Moyen-Orient », puis déplacent ses habitants vers la Jordanie et l'Égypte. Ces deux pays s'y opposent toutefois catégoriquement.

« Pour l'instant, le seul plan qui existe, ils ne l'aiment pas, mais c'est le seul plan qui existe, le plan de Trump. Donc s'ils en ont un meilleur, le moment est venu de le présenter », a affirmé jeudi M. Rubio.

« Les pays partenaires doivent s'engager à fournir un plan de reconstruction post-conflit pour Gaza », a précisé un porte-parole du département d'État américain, soulignant qu'il fallait à présent « penser hors des sentiers battus ».

Concernant le sort à long terme de Gaza, un sommet de cinq pays arabes est prévu le 20 février à Ryad pour répondre au plan de Donald Trump.

Après sa réunion avec M. Netanyahu, prévue à 10 heures (8 heures GMT), M. Rubio doit rencontrer le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa'ar, le président Isaac Herzog et le chef de l'opposition Yair Lapid.


Le prince héritier saoudien discute de l'escalade militaire régionale avec plusieurs dirigeants

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
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  • Erdogan affirme son soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité
  • Le président du Conseil de souveraineté transitoire du Soudan, le général Al-Burhan, exprime sa solidarité avec le Royaume

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Le prince héritier a tenu des appels téléphoniques distincts avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président du Conseil transitoire de souveraineté du Soudan, le général Abdel Fattah Al-Burhan, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Les responsables ont condamné l'agression iranienne visant le Royaume et leur rejet de tout ce qui porte atteinte à la souveraineté et à la stabilité du Royaume.

Ils ont également affirmé leur soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité et ses citoyens.


A Beyrouth, des partisans du Hezbollah pleurent Khamenei

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  • "Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem
  • "Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime"

BEYROUTH: Drapeaux iraniens et portrait de l'ayatollah Ali Khamenei en main, des milliers de partisans du Hezbollah se sont rassemblés dimanche à Beyrouth pour pleurer la mort du guide suprême iranien, tué dans l'opération militaire américano-israélienne lancée la veille.

"Mort à l'Amérique", "Mort à Israël", ont-ils scandé à l'unisson, tous habillés de noir et brandissant aussi des drapeaux de leur mouvement, dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth.

Le poing levé, certains étaient en pleurs, a constaté une équipe de l'AFP, sur la grande place où a eu lieu le rassemblement.

"Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem.

"Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime".

"Sa mort est très douloureuse, c'est une tragédie", déplore aussi Zainab al Moussawi, une enseignante de 23 ans, à Beyrouth.

"On se sent comme après la mort du Sayyed, tombé en martyr", poursuit-elle en référence à l'ex-chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Entrer en guerre" 

Les dirigeants libanais redoutent une implication du Hezbollah dans le conflit régional, même si lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, il n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024 et l'accuse de se réarmer.

"Je demande à cheikh Naïm (Qassem) d'entrer en guerre", lance à Beyrouth Hassan Jaber, un partisan.

S'il ne s'est pas joint à la riposte iranienne, le mouvement a appelé des mosquées à organiser des cérémonies en mémoire du guide suprême iranien, dans la banlieue sud de la capitale libanaise et dans d'autres zones du pays dans lequel il est ancré.

Mais au Liban, pays très divisé, l'ayatollah Khamenei n'était pas soutenu par tous.

"Il était tout le temps en train de menacer (...) les pays arabes et avait des relais partout", déclare à l'AFP Hassan Harouq, un infirmier de 44 ans.

Lui dit ne vouloir qu'un pays "stable et qui ferait la paix avec le reste de la région", car "il est temps pour le Liban d'être de nouveau sur le droit chemin".

"Le peuple libanais est fatigué", ajoute-t-il.

Dimanche, le président Joseph Aoun, après une réunion d'urgence du Conseil supérieur de la Défense, a souligné que "la décision de guerre et de paix relève exclusivement de l'Etat libanais".

La présidence libanaise a indiqué avoir reçu, par l'entremise des Etats-Unis, l'assurance qu'Israël n'entraînera pas le Liban dans une "escalade" tant que son territoire ne sera pas visé par des attaques depuis le Liban.

Peu de temps avant le début de l'offensive israélo-américaine, Israël avait frappé des positions du Hezbollah dans le sud du Liban.

Beyrouth n'acceptera pas d'être "entraîné" dans le conflit avec l'Iran, a assuré le Premier ministre Nawaf Salam.


Iran: le ministre des Affaires étrangères d'Oman, pays médiateur, appelle à un cessez-le-feu

Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
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  • Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes
  • Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade"

MASCATE: Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens.

Badr al-Busaidi "a réaffirmé l'appel constant du sultanat d'Oman à un cessez-le-feu et à un retour au dialogue (...) de manière à répondre aux revendications légitimes de toutes les parties", a indiqué son ministère dans un compte rendu de son entretien avec Abbas Araghchi.

Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes.

Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade et à rétablir la stabilité".