Emilie Dequenne, «Rosetta» pour toujours au cinéma, emportée par le cancer

Emilie Dequenne est révélée dans "Rosetta", en jeune héroïne du drame social de Luc et Jean-Pierre Dardenne. A 17 ans, elle remporte le prix d'interprétation à Cannes et offre leur première Palme d'or aux réalisateurs. (AFP)
Emilie Dequenne est révélée dans "Rosetta", en jeune héroïne du drame social de Luc et Jean-Pierre Dardenne. A 17 ans, elle remporte le prix d'interprétation à Cannes et offre leur première Palme d'or aux réalisateurs. (AFP)
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Publié le Lundi 17 mars 2025

Emilie Dequenne, «Rosetta» pour toujours au cinéma, emportée par le cancer

  • Des frères Dardenne qui l'ont révélée, à Tahar Rahim et Vincent Macaigne, qui ont partagé l'affiche avec elle, les hommages pleuvent à l'actrice belge, unanimement saluée pour son talent et son énergie
  • Emilie Dequenne est décédée après avoir passé plusieurs jours en soins palliatifs à Gustave Roussy, en région parisienne, a fait savoir sa famille et son agent qui ont annoncé son décès

PARIS: Révélée à 18 ans dans "Rosetta", fauchée à 43 ans par un cancer rare, au terme d'une lutte acharnée qu'elle avait rendue publique: le cinéma est en deuil au lendemain de la mort de l'actrice multirécompensée Emilie Dequenne.

Des frères Dardenne qui l'ont révélée, à Tahar Rahim et Vincent Macaigne, qui ont partagé l'affiche avec elle, les hommages pleuvent à l'actrice belge, unanimement saluée pour son talent et son énergie.

Emilie Dequenne est décédée après avoir passé plusieurs jours en soins palliatifs à Gustave Roussy, en région parisienne, a fait savoir sa famille et son agent qui ont annoncé son décès à l'AFP.

En octobre 2023, elle avait annoncé être atteinte d'un corticosurrénalome (cancer du système endocrinien), diagnostiqué deux mois auparavant et qui la tenait éloignée des plateaux. Elle rendait public son combat contre le cancer, martelant qu'il ne s'agissait "pas d'une maladie honteuse". Elle est décédée après une rémission, puis une rechute.

"L'archange foudroyé"

Emilie Dequenne est révélée dans "Rosetta", en jeune héroïne du drame social de Luc et Jean-Pierre Dardenne. A 17 ans, elle remporte le prix d'interprétation à Cannes et offre leur première Palme d'or aux réalisateurs.

Elle a été fauchée "en plein vol, c'est l'archange foudroyé", a déclaré Luc Dardenne sur Franceinfo. "Elle était toujours partante, toujours prête à partir au combat, toujours. Elle adorait tourner, c'était sa vie".

"Rarement une comédienne aura autant marqué l'histoire du Festival de Cannes comme l'a fait Emilie Dequenne lors de son surgissement en +Rosetta+", a salué le délégué général du festival Thierry Frémaux auprès de l'AFP. "Révoltée à l'écran, elle était la douceur même dans la vie, une vie qui s'achève scandaleusement tôt, tant elle avait encore d'amour à donner. Nous la pleurons."

"Elle a insufflé une vitalité folle à un film qui filait déjà à 100 à l'heure", a salué Gilles Jacob, ancien président du festival, dans un message à l'AFP. "On sentait chez elle la douceur intrépide de ceux qui savent leurs jours comptés".

"Enormément de générosité" 

Emilie Duquenne redoutait d'être réduite au rôle de Rosetta, femme précaire luttant sur tous les fronts. "Elle disait toujours, mais je ne suis pas Rosetta !", se souvient Luc Dardenne.

Sa carrière sera bien plus vaste, avec une cinquantaine de films ("La fille du RER" d'André Téchiné (2009), "À perdre la raison" (2012) de Joachim Lafosse, "Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait", d'Emmanuel Mouret...), dans lesquels elle saura varier les registres.

Comme chez Lucas Belvaux, qui la dirige en coiffeuse fan de chanson et de karaoké dans "Pas son genre". "C'était un rôle extrêmement difficile, et ça a été une révélation. Emilie, qui jouait toujours des rôles sombres, s'est emparée du film et lui a amené quelque chose d'inattendu dans l'énergie. C'était plus que du talent, il y avait énormément de générosité", a confié le réalisateur à l'AFP.

Tahar Rahim et Vincent Macaigne, avec qui elle avait partagé l'affiche ("A perdre la raison" avec le premier, "Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait" avec le second), ont exprimé leur tristesse sur les réseaux sociaux.

"Pas de mots. Je pense à toi, à ta famille", a écrit l'acteur Jean Dujardin. Juliette Binoche l'a remerciée, sur Instagram, d’avoir partagé ce qu'elle traversait "avec tant d’ardeur et de générosité".

"Je n'ai pas les mots, que de la tristesse", a assuré Alexandra Lamy. Leïla Bekhti salue une "grande dame, grande âme, grande actrice, une reine".

"Le cinéma francophone perd, trop tôt, une actrice de talent qui avait encore tant à lui offrir", a regretté sur X la ministre de la Culture française, Rachida Dati.

En mai 2024, la comédienne était apparue sur le tapis rouge à Cannes au bras de son mari l'acteur Michel Ferracci, souriante, les cheveux courts à cause de son traitement, pour les 25 ans de "Rosetta" et pour présenter son dernier film, "Survivre".

Quelques semaines plus tard, sur France Inter, elle avait assuré qu'"on peut vivre des moments beaux, forts, magiques, en dépit de la maladie, c'est possible".

 


Paris accueille la 11e édition de la Modest Fashion Week : une vitrine mondiale de créativité et d’inclusion

La capitale française s’apprête à accueillir l’un des rendez-vous les plus influents de la mode contemporaine. Du 16 au 18 avril 2026, la Paris Modest Fashion Week, organisée par Think Fashion, revient pour sa 11e édition à l’Hôtel Le Marois, confirmant son rôle de plateforme internationale dédiée à une mode en pleine expansion : la mode modeste. (Photo fournie)
La capitale française s’apprête à accueillir l’un des rendez-vous les plus influents de la mode contemporaine. Du 16 au 18 avril 2026, la Paris Modest Fashion Week, organisée par Think Fashion, revient pour sa 11e édition à l’Hôtel Le Marois, confirmant son rôle de plateforme internationale dédiée à une mode en pleine expansion : la mode modeste. (Photo fournie)
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  • Bien plus qu’un simple événement de mode, cette semaine parisienne incarne un mouvement global qui redéfinit les codes de l’industrie
  • À travers une approche mêlant diversité culturelle, innovation et responsabilité, la mode modeste s’impose aujourd’hui comme un langage universel du style

PARIS: La capitale française s’apprête à accueillir l’un des rendez-vous les plus influents de la mode contemporaine. Du 16 au 18 avril 2026, la Paris Modest Fashion Week, organisée par Think Fashion, revient pour sa 11e édition à l’Hôtel Le Marois, confirmant son rôle de plateforme internationale dédiée à une mode en pleine expansion : la mode modeste.

Bien plus qu’un simple événement de mode, cette semaine parisienne incarne un mouvement global qui redéfinit les codes de l’industrie. À travers une approche mêlant diversité culturelle, innovation et responsabilité, la mode modeste s’impose aujourd’hui comme un langage universel du style.

Une scène internationale en pleine effervescence

Cette édition réunira des créateurs venus des quatre coins du monde, notamment des États-Unis, de Turquie, du Nigeria, d’Indonésie, du Royaume-Uni, de France et d’Australie. Tous présenteront des collections qui marient héritage culturel et design contemporain.

Des marques établies aux talents émergents, les participants illustrent l’évolution rapide d’un secteur autrefois considéré comme de niche. Aujourd’hui, la mode modeste s’affirme comme un segment dynamique, porté par une clientèle mondiale en quête d’élégance, d’authenticité et de diversité.

Selon Ozlem Sahin, directrice générale de Modest Fashion Weeks by Think Fashion, « cet événement dépasse le cadre d’un simple défilé. Il s’agit d’un mouvement mondial qui relie créativité, héritage et opportunités économiques, tout en s’inscrivant dans une démarche éthique et durable ».

Une visibilité mondiale et des opportunités économiques

La Paris Modest Fashion Week attire chaque année un public influent composé d’acheteurs internationaux, de médias et d’influenceurs. Avec une portée médiatique estimée à plus de deux milliards de personnes et un réseau de plus de 1 000 partenaires, l’événement offre une vitrine exceptionnelle aux marques participantes.

Il constitue également un point de rencontre stratégique pour les acteurs de l’industrie souhaitant développer leur présence sur les marchés européens, moyen-orientaux, asiatiques et américains.

Une expérience immersive portée par des partenaires clés

L’édition 2026 promet une expérience multisensorielle grâce à des collaborations avec plusieurs partenaires. Des marques spécialisées dans la beauté, la parfumerie et le bien-être contribueront à enrichir les défilés, en y apportant une dimension sensorielle et artistique supplémentaire.

Cette synergie entre mode, beauté et innovation reflète l’esprit collaboratif qui caractérise aujourd’hui l’écosystème de la mode modeste à l’échelle mondiale.

Pendant trois jours, les visiteurs assisteront à 30 défilés et participeront à 8 conférences consacrées aux enjeux majeurs du secteur, tels que la durabilité, l’innovation et le commerce international.

Un espace B2B dédié permettra également aux créateurs, distributeurs et investisseurs de nouer des partenariats et de favoriser des collaborations transfrontalières.

Depuis sa création en 2016 à Istanbul, la Modest Fashion Week s’est imposée comme un acteur clé du développement de cette industrie. Présente dans plusieurs capitales mondiales, elle accompagne la montée en puissance d’une mode qui conjugue identité, culture et modernité.

À Paris, cette 11e édition s’annonce comme une nouvelle étape dans l’affirmation d’une mode sans frontières, où l’inclusivité et la créativité occupent une place centrale.

Alors que l’industrie de la mode évolue vers des modèles plus responsables et diversifiés, la mode modeste s’impose comme l’un des moteurs de cette transformation, attirant une audience toujours plus large et internationale.


Le 12e Festival du film saoudien reporté à juin

Initialement prévu du 23 au 29 avril, le 12ᵉ Festival du film saoudien se tiendra désormais du 25 juin au 1er juillet. (Fournie)
Initialement prévu du 23 au 29 avril, le 12ᵉ Festival du film saoudien se tiendra désormais du 25 juin au 1er juillet. (Fournie)
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  • Le 12ᵉ Festival du film saoudien se tiendra du 25 juin au 1er juillet à Dhahran, avec pour thème « Cinéma du Voyage »
  • L’événement inclura des compétitions, projections, focus sur le cinéma coréen et programmes de développement pour les cinéastes

DHAHRAN : Initialement prévu du 23 au 29 avril, le 12ᵉ Festival du film saoudien se déroulera désormais du 25 juin au 1er juillet.

Organisé par l’Association du Cinéma en partenariat avec le Centre Roi Abdulaziz pour la Culture Mondiale (Ithra) et soutenu par la Commission Saoudienne du Film, le siège d’Ithra à Dhahran accueillera à nouveau l’événement.

Le festival de cette année explore le thème du « Cinéma du Voyage », présentant une sélection soignée de films arabes et internationaux — courts et longs métrages — qui mettent en avant le voyage et le mouvement comme éléments essentiels de la narration.

Comme lors des éditions précédentes mettant en lumière le cinéma non saoudien, le festival proposera un « Focus sur le Cinéma Coréen ».

À cette occasion, Ahmed Al-Mulla, fondateur et directeur du Festival du film saoudien, a déclaré : « Le festival de cette année crée une atmosphère riche en inspiration, en échanges d’idées et en apprentissages partagés. C’est une célébration de la créativité cinématographique pour tous. »

Tariq Al-Khawaji, directeur adjoint du Festival, a ajouté : « À Ithra, nous sommes fiers de notre partenariat de longue date avec l’Association du Cinéma. Cela a permis la croissance et la diversité thématique du festival année après année, ce que nous voyons clairement dans la manière dont nous soutenons les cinéastes et créons des opportunités d’engagement avec le cinéma mondial. »

Depuis son lancement en 2008, le Festival du film saoudien est un moteur clé du cinéma saoudien et du Golfe et constitue le plus ancien festival de cinéma du Royaume. Après plusieurs interruptions, il est désormais devenu un événement annuel.

Le festival réunit des compétitions de films de fiction et documentaires, des programmes de développement professionnel, un marché de production et des concours de projets. Et, bien sûr, de nombreuses projections sur les écrans d’Ithra, avec de nombreuses stars foulant le tapis rouge et des producteurs de films en quête de talents. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
 


Liban: 39 sites culturels placés sous protection renforcée de l'Unesco en raison de la guerre

Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
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  • L’UNESCO place 39 sites culturels au Liban sous protection renforcée face aux risques liés au conflit
  • Des sites majeurs comme Baalbeck, Tyr et Byblos bénéficieront d’un soutien technique et financier

PARIS: L'Unesco a placé mercredi sous protection renforcée 39 sites culturels au Liban par crainte de dégâts causés par les bombardements auxquels fait face le pays après un mois de guerre.

"Ces 39 biens culturels bénéficient désormais du niveau de protection juridique le plus élevé contre les attaques et les usages à des fins militaires", écrit l'Unesco dans un communiqué.

Parmi ces biens figurent les sites archéologiques de Baalbeck et de Tyr, le musée national de Beyrouth ou encore le site de Byblos.

La convention de la Haye de 1954 oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé.

Les 39 sites "recevront une assistance technique et financière de l'Unesco pour renforcer leur protection juridique, améliorer les mesures d'anticipation et de gestion des risques ainsi que fournir une formation supplémentaire aux professionnels de la culture et au personnel militaire de la zone", détaille l'Unesco.

"La protection renforcée permet également d'envoyer un signal à l'ensemble de la communauté internationale quant à l'urgence de protéger ces sites", ajoute l'organisation qui explique avoir convoqué mercredi une "réunion extraordinaire (...) à la suite d'une demande" du Liban.

Ces sites bénéficieront également d'une "aide financière internationale de plus de 100.000 dollars américains pour les opérations d'urgence sur le terrain", ajoute l'Unesco.

Située à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël, Tyr, ville inscrite sur la liste du patrimoine mondial en 1984, a été la cible de plusieurs frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Encore en construction, un musée sur le site a subi quelques dommages. Mais ni la nécropole des IIe et IIIe siècles ni l'arc de triomphe monumental, les aqueducs ou encore l'hippodrome qui s'élèvent sur le site, n'ont été atteints.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran, "d'autres biens dans des pays voisins" ont subi des dégâts, écrit l'Unesco, sans détails.