PAM: Des dizaines de milliers de personnes pourraient mourir de faim au Soudan

Près de la moitié des 50 millions d'habitants du Soudan sont confrontés à la perspective d'une famine extrême. (AFP)
Près de la moitié des 50 millions d'habitants du Soudan sont confrontés à la perspective d'une famine extrême. (AFP)
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Publié le Vendredi 11 avril 2025

PAM: Des dizaines de milliers de personnes pourraient mourir de faim au Soudan

  •  Shaun Hughes, du Programme alimentaire mondial, affirme que 10 régions du pays sont touchées par la famine et que cette dernière pourrait s'étendre à 17 autres
  • Son agence est confrontée à un déficit de 650 millions de dollars dans ses besoins de financement pour le Soudan, rien que pour les six prochains mois

LONDRES: Des dizaines de milliers de personnes mourront au Soudan si la guerre civile se prolonge pendant une année supplémentaire. Les Nations unies sont confrontées à un vaste déficit au niveau du financement de l'aide alimentaire et peinent à atteindre les personnes les plus vulnérables à la famine, a averti un haut fonctionnaire jeudi.

Le conflit, qui a débuté il y a deux ans, a provoqué ce qui est, «à tous points de vue», la plus grande crise humanitaire au monde, a déclaré Shaun Hughes, coordinateur d'urgence du Programme alimentaire mondial pour la crise du Soudan, lors d'une réunion d'information de l'ONU.

Il a précisé que la famine s'était étendue à 10 zones dans les régions du Darfour et du Kordofan, et qu'elle menaçait d'en engloutir 17 autres. Si le PAM ne parvient pas à combler un déficit de 650 millions de dollars (1 dollar = 0,89 euro) dans le financement de ses opérations au cours des six prochains mois, ce qui représente un manque à gagner de 80%, et s'il n'obtient pas un meilleur accès sur le terrain aux personnes dans le besoin, la crise continuera d'échapper à tout contrôle.

«Cette guerre a des conséquences dévastatrices pour le peuple soudanais et l'ensemble de la région», a déclaré M. Hughes lors d'un appel vidéo.

«Des dizaines de milliers de personnes supplémentaires mourront au Soudan au cours d'une troisième année de guerre, à moins que le PAM et d'autres agences humanitaires n'aient l'accès et les ressources nécessaires pour accéder aux personnes dans le besoin.

La guerre civile a débuté le 15 avril 2023, dans le cadre d'une lutte de pouvoir entre l'armée soudanaise et le chef d'une puissante milice rivale, les Forces de soutien rapide. Les combats ont tué des milliers de personnes et forcé 12 millions de personnes à fuir leur foyer.

L'armée a finalement repris le contrôle de tout Khartoum le mois dernier, après avoir été chassée de la capitale au début du conflit. Mais les Forces de soutien rapide continuent de contrôler de vastes zones dans l'ouest et le sud du Soudan, y compris une grande partie de la région du Darfour.

Les combats ont fait rage autour de la ville d'El-Facher au Darfour, juste au sud de laquelle se trouve le camp de déplacés de Zamzam, qui accueille 400 000 personnes. La famine a été signalée pour la première fois dans ce camp en août de l'année dernière et des personnes continuent d'y mourir de faim et de malnutrition, a indiqué M. Hughes.

«La situation est manifestement horrible», a-t-il ajouté. «El-Facher, Zamzam et d'autres camps sont au cœur de la famine et de l'épicentre du conflit au Darfour depuis plusieurs mois maintenant, et sont assiégés quotidiennement.»

«Les gens sont incapables d'accéder aux services et les agences humanitaires ont, pour l'essentiel, dû se retirer du camp.»

Il a précisé que la dernière livraison d'aide alimentaire remontait à octobre, mais que le PAM avait réussi à transférer numériquement de l'argent liquide pour aider les résidents du camp à acheter de la nourriture là où ils le pouvaient.

Mais si les efforts d'aide ne sont pas rétablis sur le terrain dans les zones les plus touchées du Soudan, M. Hughes craint que la famine ne s'étende, près de la moitié des 50 millions d'habitants du pays étant confrontés à la perspective d'une famine extrême.

«Nous devons être en mesure d'acheminer rapidement l'aide humanitaire là où elle est nécessaire, y compris à travers les lignes de front, à travers les frontières dans les zones contestées, et sans longues procédures bureaucratiques», a-t-il déclaré.

Le PAM a réussi à augmenter le nombre de personnes qu'il aide à 3 millions par mois, a-t-il ajouté, mais il espère porter ce chiffre à 7 millions dans les mois à venir. L'accent sera mis sur les régions qui souffrent déjà de la famine ou qui risquent le plus d'y sombrer, a précisé M. Hughes.

De nombreuses opérations d'aide au Soudan ont été affectées par la réduction des budgets d'aide étrangère du gouvernement américain depuis l'entrée en fonction du président Donald Trump, mais M. Hughes a déclaré que le financement du travail de son agence dans le pays n'avait pas été affecté par cette mesure.

Parallèlement, le Comité international de la Croix-Rouge a publié, jeudi, un rapport détaillant la «situation humanitaire catastrophique» au Soudan.

Selon ce rapport, les attaques contre les hôpitaux et d'autres infrastructures civiles ont gravement compromis l'accès aux services essentiels.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.