Affaire Ghosn: la visite de magistrats français au Liban reportée

Carlos Ghosn. (AFP)
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Publié le Mardi 12 janvier 2021

Affaire Ghosn: la visite de magistrats français au Liban reportée

  • Depuis sa fuite fin 2019 du Japon où il devait être jugé pour malversations financières présumées, le magnat déchu de l'automobile est bloqué au Liban
  • Le Liban impose à partir de jeudi un couvre-feu total pendant onze jours, assorti d'une limitation des vols en provenance de pays considérés à haut risque, pour tenter d'endiguer la propagation en flèche du nouveau coronavirus

BEYROUTH : La visite au Liban de magistrats français pour rencontrer Carlos Ghosn dans le cadre de deux enquêtes le concernant en France, prévue à l'origine la semaine prochaine, a été reportée à cause du confinement renforcé pour lutter contre le coronavirus, ont indiqué mardi ses avocats.

Depuis sa fuite fin 2019 du Japon où il devait être jugé pour malversations financières présumées, le magnat déchu de l'automobile est bloqué au Liban.

«Du fait d'un confinement total (...) au Liban (...), il a été décidé de reporter la venue des magistrats français à une date ultérieure (...) d'un commun accord entre les magistrats français et libanais et les avocats», a indiqué à l'AFP Jean Tamalet, du cabinet King & Spalding, s'exprimant au nom des avocats de l'ex-patron de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors.

Le Liban impose à partir de jeudi un couvre-feu total pendant onze jours, assorti d'une limitation des vols en provenance de pays considérés à haut risque, pour tenter d'endiguer la propagation en flèche du nouveau coronavirus.

Les juges et les avocats sont autorisés à travailler à distance uniquement sur des affaires urgentes ou liées à la libération de détenus.

M. Ghosn, détenteur de trois nationalités (française, libanaise et brésilienne) et qui fait l'objet d'une demande d'arrestation d'Interpol, reste hors d'atteinte des juges japonais car le Liban n'extrade pas ses ressortissants.

La justice libanaise lui a interdit de quitter le pays.

Des sources proches du dossier avaient indiqué fin décembre à l'AFP que M. Ghosn devait rencontrer à Beyrouth du 18 au 22 janvier plusieurs juges d'instruction français, sous la bannière de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), dans le cadre de deux enquêtes judiciaires le concernant en France.

Elles portent, entre autres, sur des dépenses douteuses engagées de son temps par Renault et par RNBV, filiale néerlandaise de Renault-Nissan.

L'administration fiscale française s'intéresse également à sa domiciliation fiscale aux Pays-Bas quand il était patron de l'alliance.

Depuis sa fuite au Liban, M. Ghosn, 66 ans, mène une vie discrète et confortable. Il a retrouvé son élégante villa rose, nichée dans le quartier chic d'Achrafieh, au coeur de la capitale libanaise.

 


Covid: les quais de Seine bondés à Paris, la police les fait évacuer

Des policiers s’adressent à un groupe de personnes qui profitent d’une journée ensoleillée le long des rives de la Seine à Paris, le 20 février 2021. Bertrand GUAY / AFP
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  • La police a fait évacuer en milieu d'après-midi samedi les quais de Seine où le soleil et la température douce avaient attiré des Parisiens en nombre qui ne respectaient pas les gestes barrière en cette période de forte circulation du Covid-19
  • La semaine dernière, il en avait été de même, mais la police était intervenue peu avant le couvre-feu de 18H00

 

PARIS: La police a fait évacuer en milieu d'après-midi samedi les quais de Seine où le soleil et la température douce avaient attiré des Parisiens en nombre qui ne respectaient pas les gestes barrière en cette période de forte circulation du Covid-19.

La préfecture de police de Paris a posté plusieurs tweets appelant au respect des gestes barrière sur les quais (port du masque et distanciation physique), avant de décider de disperser les petits groupes et d'évacuer les quais.

La semaine dernière, il en avait été de même, mais la police était intervenue peu avant le couvre-feu de 18H00.

Pour ce week-end, la préfecture de police a interdit la consommation d'alcool sur les quais de Seine et les rives du Canal Saint-Martin de 11H00 à 18H00, ainsi que dans plusieurs autres lieux de la capitale.

En début de matinée, lors de la présentation de l'opération de vaccination massive durant le week-end, le préfet de police, Didier Lallement, avait prévenu que s'il constatait dans des manifestations ou des rassemblements un non respect des gestes barrière, il interviendrait pour y mettre fin.

Paris et l'Ile-de-France, qui ont échappé au confinement le week-end, font partie des régions où le virus circule particulièrement rapidement.

 

 


Castex débloque 60 millions d'aides d'urgence aux éleveurs

Le Premier ministre Français Jean Castex visite un poste de police à Beauvais, au nord de Paris, le Mars 5, 2021. (Ludovic MARIN / AFP)
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  • Jean Castex a annoncé samedi le déblocage de 60 millions d'euros d'aides d'urgence aux éleveurs les plus en difficulté
  • Au-delà de l'élevage, le revenu des fermes françaises a reculé en 2020, a estimé l'Insee fin décembre, conséquence de mauvaises récoltes de céréales et de betteraves, mais aussi de la baisse des rentrées d'argent des élevages porcin et bovin

PARIS: Jean Castex a annoncé samedi le déblocage de 60 millions d'euros d'aides d'urgence aux éleveurs les plus en difficulté, qui ont gagné moins de 11.000 euros en 2020, tout en incitant la filière à continuer à se restructurer.

"Pour tous les éleveurs qui ont gagné moins de 11.000 euros en 2020 et qui ont subi des pertes importantes, ce qui représente 18.000 exploitations, (…) nous allons mettre en place un dispositif exceptionnel de soutien financier qui permettra de couvrir jusqu'à 80% des pertes d'exploitation", a affirmé le Premier ministre en conclusion d'une table-ronde dans la Creuse avec les représentants de cette filière agricole.

"Cela signifie une enveloppe de 60 millions (d'euros) qui va s'ajouter à l'enveloppe prévue dans le plan de relance (...) de 50 millions pour la restructuration de la filière, actions que je veux lier", a-t-il ajouté. Dans le plan de relance présenté début septembre, le gouvernement prévoit un total de 1,2 milliard pour le secteur de l'agriculture et de l'alimentation.

"C'est un tout. Il y a une situation d'urgence, nous devons (y) répondre. Mais les aides d'urgence ne régleront rien" pour la filière de l'élevage, "il faut que ces filières continuent encore à s'améliorer, notamment dans le secteur de la viande, à mieux se structurer", a insisté M. Castex.

"On ne peut pas vous abandonner", a-t-il souligné. "La crise Covid a fait naître des situations de difficultés, de précarité".

Célébrés par les autorités politiques pour avoir continué à nourrir les Français au plus fort de la crise sanitaire, les agriculteurs demeurent confrontés à une multitude de défis et à un malaise qui demeure, privés encore cette année de leur vitrine du salon de l'Agriculture pour cause de Covid-19.

Au-delà de l'élevage, le revenu des fermes françaises a reculé en 2020, a estimé l'Insee fin décembre, conséquence de mauvaises récoltes de céréales et de betteraves, mais aussi de la baisse des rentrées d'argent des élevages porcin et bovin (lait et viande).

Les éleveurs dénoncent régulièrement le fait qu'ils doivent vendre leurs bêtes à un prix inférieur à leurs coûts de production.

La Fédération nationale bovine (FNB) a récemment calculé qu'un éleveur bovin avait gagné en moyenne 8.000 euros en 2020, soit moins de 700 euros par mois. La surmortalité par suicide est aussi "particulièrement marquée chez les éleveurs bovins (lait et viande) âgés de 45 à 54 ans", selon la FNB.

Le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie a indiqué pour sa part la volonté du gouvernement de faire entrer en vigueur dès le 1er septembre cette année, au lieu de 2022, la revalorisation des retraites des agriculteurs de 75 à 85% du Smic, votée par le Parlement en juin.

Il a promis des "changements" à la loi Alimentation, rappelant toutefois que "la loi ne peut pas fixer le prix" des produits agricoles mais que le gouvernement avait "démultiplié les sanctions" contre les distributeurs.


Un projet d'attentat jihadiste déjoué avant l'Euro-2016 devant les assises de Paris

Réda Kriket avait entreposé un arsenal dans son appartement de cet immeuble à Argenteuil, en banlieue parisienne (Photo, AFP).
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  • Sept hommes accusés d'avoir projeté une attaque terroriste sont jugés à partir de lundi à Paris
  • L'enquête à tiroirs et aux ramifications européennes avait débuté en novembre 2015, avec l'interpellation en Turquie de deux hommes sur le point de se rendre en Syrie

PARIS: Le 24 mars 2016, deux jours après les attentats jihadistes de Bruxelles et trois mois avant l'Euro de football, un arsenal « d'une ampleur inédite » était découvert en banlieue parisienne : sept hommes accusés d'avoir projeté une attaque terroriste sont jugés à partir de lundi à Paris.

Cinq fusils d'assaut de type Kalachnikov, sept armes de poing, de nombreuses munitions, 105 g de TATP - substance prisée des jihadistes du groupe Etat islamique (EI) - 1,3 kg d'explosif industriel, des milliers de billes d'acier. L'arsenal était caché dans un appartement d'Argenteuil (Val-d'Oise), loué depuis plusieurs mois par Réda Kriket. 

Ce délinquant multirécidiviste de 39 ans, « acquis de longue date aux thèses jihadistes » selon l'accusation, a toujours nié avoir eu pour projet de commettre un attentat : il voulait gagner un peu d'argent en revendant les armes, a-t-il assuré au cours de l'enquête.   

A quelques jours du début de l'audience, Réda Kriket, tout comme l'un de ses coaccusés âgé de 37 ans, Anis Bahri, ont récusé leurs avocats, a-t-on appris de source proche du dossier. 

Cela pourrait avoir une conséquence sur la tenue du procès, prévu jusqu'au 9 avril. La question sera débattue lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris. 

L'enquête à tiroirs et aux ramifications européennes avait débuté en novembre 2015, avec l'interpellation en Turquie de deux hommes sur le point de se rendre en Syrie selon les autorités. En s'intéressant à leur entourage, les enquêteurs sont remontés à Anis Bahri puis à Réda Kriket. 

Ce dernier n'est pas un inconnu de la justice antiterroriste : en juillet 2015, il a été condamné par défaut à dix ans d'emprisonnement en Belgique, au procès d'une filière jihadiste vers la Syrie. L'un des principaux prévenus, lui aussi absent, était Abdelhamid Abaaoud, l'un des organisateurs présumés des attentats de Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015.

Après des semaines de surveillance et de filatures, Réda Kriket est interpellé le 24 mars 2016 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le logement qu'il louait à Argenteuil sous une fausse identité perquisitionné. 

Anis Bahri est arrêté trois jours plus tard à Rotterdam, à la demande des autorités françaises. A son domicile, sont retrouvés 45 kg de munitions. 

« Cœur opérationnel »

Réda Kriket et Anis Bahri sont suspectés d'avoir séjourné en Syrie entre fin 2014 et début 2015. Et d'avoir fait plusieurs allers-retours les semaines précédant leurs interpellations entre la France, la Belgique et les Pays-Bas, en compagnie d'un troisième homme, Abderrahmane Ameuroud, dont l'ADN sera aussi identifié dans la planque d'Argenteuil. 

Cet Algérien de 43 ans a été condamné à Paris en 2005 au procès d'un réseau accusé d'avoir apporté un soutien logistique au départ en Afghanistan des assassins du commandant Massoud, tué deux jours avant le 11-Septembre.

Principaux accusés au procès qui s'ouvre lundi, les trois hommes étaient selon l'accusation « le cœur idéologique et opérationnel » de la « cellule d'Argenteuil », soupçonnée d'avoir été mandatée par le groupe Etat islamique pour commettre un attentat en France.

Ils sont jugés avec quatre autres hommes âgés de 38 à 44 ans, accusés d'avoir participé à des degrés divers au projet d'attaque. 

Pour frapper où et quand ? La découverte de cet arsenal de guerre montrait « à l'évidence les préparatifs d'une action terroriste imminente », avait affirmé le procureur de Paris de l'époque, François Molins, même si « aucune cible précise n'a été identifiée ». 

Selon l'accusation, la « cellule d'Argenteuil » - démantelée deux jours après les attaques de Bruxelles et quelques semaines avant l'Euro de football, qui s'est tenu en France en juin-juillet 2016 – « semblait s'inscrire (...) en cohérence avec les attentats et projets d'attentats perpétrés en Europe depuis 2015 ». 

Devant les enquêteurs, Réda Kriket avait assuré n'avoir « rien à voir » avec les attentats de Bruxelles et du 13-Novembre. 

Durant un temps, il avait également évoqué un individu, qu'il appelait Abou Badr, comme étant celui ayant déposé les armes dans l'appartement avant de partir en Syrie. Il a finalement reconnu avoir inventé l'existence de ce personnage.

Les sept accusés sont jugés pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, certains en état de récidive légale. Réda Kriket est également renvoyé pour « usage de faux document administratif ».