Les différends israélo-palestiniens ne sont pas insurmontables, selon le ministre saoudien des Affaires étrangères

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, à l'ONU. (Reuters)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, à l'ONU. (Reuters)
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Publié le Vendredi 26 septembre 2025

Les différends israélo-palestiniens ne sont pas insurmontables, selon le ministre saoudien des Affaires étrangères

  • Le prince Faisal : « S’il y a une volonté sérieuse… un État palestinien pourrait voir le jour dans un délai relativement court »
  • Il prévient que la reconstruction de Gaza doit faire partie d'une solution à long terme, et non d'une nouvelle solution à court terme.

​​​​​​NEW YORK : Les problèmes entre Israël et la Palestine ne sont pas insurmontables et pourraient être résolus par un processus négocié s’il existe une réelle volonté politique, a déclaré jeudi le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, à Arab News.

« Il faudra évidemment un processus de négociation entre la Palestine et Israël pour régler toutes les questions en suspens. Mais nous ne considérons pas ces problèmes comme insurmontables », a-t-il affirmé.

« S’il y a une volonté politique sérieuse — et nous savons que l’Autorité palestinienne est prête à aborder ces questions de manière raisonnable et pragmatique —, un État palestinien pourrait voir le jour dans un délai relativement court, un État durable et viable, capable de vivre en harmonie avec ses voisins, y compris Israël. »

Il s'exprimait à New York, en marge de la 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies, où la guerre à Gaza a largement dominé les débats entre dirigeants mondiaux.

Cette session a été précédée par la Conférence internationale de haut niveau sur le règlement pacifique de la question de Palestine et la mise en œuvre de la solution à deux États, coprésidée par l’Arabie saoudite et la France.

Elle s’est conclue par l’adoption de la Déclaration de New York, une feuille de route complète définissant des étapes concrètes et limitées dans le temps pour résoudre pacifiquement le conflit israélo-palestinien.

Cette déclaration, largement soutenue par l’Assemblée générale de l’ONU, présente un cadre multidimensionnel abordant les questions de gouvernance politique, de sécurité, d’aide humanitaire, de relance économique et de responsabilité juridique.

Elle appelle également à un cessez-le-feu immédiat à Gaza, à la réunification de l’enclave avec la Cisjordanie sous l’autorité de l’Autorité palestinienne, à l’exclusion du Hamas, à la mise en place d’une mission temporaire de stabilisation dirigée par l’ONU, ainsi qu’à un arrêt de l’expansion des colonies israéliennes.

Le prince Faisal a exprimé l’espoir que la solution à deux États puisse être concrétisée prochainement, la décrivant comme la seule voie viable vers une paix et une stabilité durables dans la région.

« Est-ce que cela peut se faire dans un avenir proche ? Je l’espère sincèrement, car c’est la seule voie porteuse d’espoir, pour que tous, dans la région, puissent vivre dans la sécurité et la stabilité, de manière pérenne », a-t-il déclaré.

Le prince a rappelé que les fondations d’un futur État palestinien existent déjà en droit international, et qu’une paix durable exige des négociations de statut final menées de bonne foi.

« Les éléments constitutifs sont là. Ils sont clairement établis dans les résolutions fondatrices de l’ONU qui ont établi l’État d’Israël », a-t-il affirmé.

« Il y avait également une compréhension claire de la base de l’État de Palestine. Les frontières de 1967 sont reconnues par le droit international comme formant les frontières de l’État palestinien. »

Concernant la situation à Gaza, le prince Faisal a souligné l’ampleur de la réponse humanitaire internationale, tout en mettant en garde contre une approche de reconstruction limitée à court terme.

« L’aide d’urgence massive envoyée à Gaza montre bien l’engagement en faveur de sa reconstruction », a-t-il dit.

« Mais ce que je tiens à souligner, c’est qu’il est absolument essentiel que, lorsque nous passons — espérons-le bientôt — à un cessez-le-feu, cela ne soit pas un simple état transitoire. »

« Il est inacceptable que la communauté internationale soit appelée à reconstruire Gaza, après sa destruction par Israël, alors que les conditions sur le terrain laissent présager qu’une telle destruction pourrait se reproduire. »

Il a insisté sur le fait que les efforts de reconstruction doivent être durables et directement liés à une solution politique.

« Il est crucial que, parallèlement à l’aide immédiate à Gaza, la reconstruction soit durable, qu’elle soit menée une bonne fois pour toutes. »

« Et cela suppose, encore une fois, un accord final sur le statut de la Palestine, à travers l’établissement de l’État palestinien. »

Le prince Faisal a également indiqué à la presse, à New York, que les pays arabes et musulmans avaient clairement fait comprendre au président Donald Trump les dangers liés à toute annexion israélienne en Cisjordanie.

« Certains pays ont expliqué très clairement au président les dangers que représenterait une annexion, quelle qu’elle soit, en Cisjordanie — non seulement pour la perspective de paix à Gaza, mais pour toute forme de paix durable. »

« Et je suis convaincu que le président Trump a compris la position des pays arabes et musulmans. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël annonce des frappes imminentes sur des cibles du Hezbollah dans le sud du Liban

L'armée israélienne a appelé lundi des habitants de deux villages du sud du Liban à évacuer leurs maisons, en avertissant qu'elle allait frapper des "infrastructures" militaires du groupe Hezbollah dans cette région. (AFP)
L'armée israélienne a appelé lundi des habitants de deux villages du sud du Liban à évacuer leurs maisons, en avertissant qu'elle allait frapper des "infrastructures" militaires du groupe Hezbollah dans cette région. (AFP)
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  • "L'armée israélienne va bientôt frapper les infrastructures militaires appartenant à l'organisation terroriste Hezbollah dans le sud du Liban"
  • L'armée israélienne a appelé lundi des habitants de deux villages du sud du Liban à évacuer leurs maisons

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé lundi des habitants de deux villages du sud du Liban à évacuer leurs maisons, en avertissant qu'elle allait frapper des "infrastructures" militaires du groupe Hezbollah dans cette région.

"L'armée israélienne va bientôt frapper les infrastructures militaires appartenant à l'organisation terroriste Hezbollah dans le sud du Liban, en réponse aux tentatives interdites de cette organisation de reprendre ses opérations dans la région", a écrit sur X le colonel Avichay Adraee, porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe, en appelant les habitants de deux villages, Kfar Tibnit et Ain Qana, à immédiatement quitter leur logement.

 


Un mort et des blessés lors de frappes israéliennes dans le sud du Liban

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  • Le ministère libanais de la Santé a indiqué dimanche qu'une personne avait été tuée et six autres avaient blessées, parmi lesquelles deux enfants, par une frappe israélienne à Abba, dans la région de Nabatiyé
  • Selon l'agence de presse officielle libanaise (ANI), la frappe a touché un véhicule, tuant son conducteur, et un garçon a été blessé lorsque la voiture de sa famille est passée au moment du raid

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait un mort et plusieurs blessés dimanche, a indiqué le ministère de la Santé, l'armée israélienne affirmant avoir visé des cibles du mouvement islamiste libanais Hezbollah.

Israël mène régulièrement des frappes au Liban malgré la trêve conclue en novembre 2024, censée mettre fin à plus d'un an d'hostilités, dont deux mois de guerre ouverte avec le mouvement pro-iranien.

L'armée israélienne affirme viser principalement des membres du Hezbollah ou ses infrastructures, et maintient des troupes dans cinq zones frontalières du sud du Liban.

Le ministère libanais de la Santé a indiqué dimanche qu'une personne avait été tuée et six autres avaient blessées, parmi lesquelles deux enfants, par une frappe israélienne à Abba, dans la région de Nabatiyé, dans le sud du pays.

Selon l'agence de presse officielle libanaise (ANI), la frappe a touché un véhicule, tuant son conducteur, et un garçon a été blessé lorsque la voiture de sa famille est passée au moment du raid.

De son côté, l'armée israélienne a indiqué avoir ciblé un membre du Hezbollah près d'Abba, "en réponse aux violations répétées des accords de cessez-le-feu par le Hezbollah".

Plus tôt dimanche, le ministère libanais de la Santé avait fait état d'une frappe dans la région de Saïda, loin de la frontière israélienne, qui a blessé une personne.

D'après l'ANI, elle visait un bulldozer "alors qu'il s'efforçait de déblayer les décombres" du site d'une précédente frappe israélienne.

L'armée israélienne a, elle, dit avoir visé "plusieurs véhicules d'ingénierie du Hezbollah" utilisés "pour rétablir des sites d'infrastructure terroriste dans la région", précisant toutefois qu'ils se trouvaient dans une autre zone du sud du Liban que celle mentionnée par le ministère.

Toujours dimanche, l'ANI a indiqué que l'armée israélienne avait largué des tracts visant à intimider les habitants de Bint Jbeil, dans le sud du Liban, près de la frontière. Elle a publié une photographie de l'un de ces tracts, qui comportait un avertissement aux habitants selon lequel des membres du Hezbollah utilisaient un hôpital de la ville.

Dans un communiqué, le ministère de la Santé a condamné "avec la plus grande fermeté les menaces contre les hôpitaux du sud, et les considère comme une attaque grave et une violation flagrante des lois et conventions internationales".

L'hôpital Salah Ghandour de Bint Jbeil, géré par le Comité islamique de santé affilié au Hezbollah, a indiqué dans un communiqué que les tracts contenaient "une menace claire contre l'hôpital, fondée sur des prétextes fallacieux dépourvus de tout fondement", et a rejeté ce qu'il a décrit comme des tentatives de ternir l’image de l’établissement.

L'enceinte de l'hôpital Salah Ghandour et ses abords ont été frappés en 2024 lors des hostilités avec le Hezbollah.

Sous forte pression américaine et par crainte d'une intensification des frappes israéliennes, le Liban s'était engagé, comme prévu par l'accord de cessez-le-feu, à désarmer le Hezbollah et à démanteler d'ici la fin de l'année 2025 ses structures militaires entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Israël a mis en doute l'efficacité de l'armée libanaise dans ce processus et accusé le Hezbollah de se réarmer, tandis que le mouvement chiite a rejeté les appels à abandonner ses armes.

Plus de 360 personnes ont été tuées par des tirs israéliens au Liban depuis le cessez-le-feu, selon un bilan de l'AFP basé sur les statistiques du ministère libanais de la Santé.


La position de l'Arabie saoudite sur l'escalade régionale n'a pas changé, selon une source saoudienne à Asharq Al-Awsat

Un haut responsable saoudien a rejeté les informations selon lesquelles le Royaume aurait changé de position sur l'escalade dans la région, selon un rapport publié dimanche par Asharq Al-Awsat. (AN)
Un haut responsable saoudien a rejeté les informations selon lesquelles le Royaume aurait changé de position sur l'escalade dans la région, selon un rapport publié dimanche par Asharq Al-Awsat. (AN)
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  • Le prince héritier Mohammed ben Salmane a souligné mardi que Riyad respectait la souveraineté de Téhéran
  • Lors d'un appel téléphonique avec le président iranien Masoud Pezeshkian, il a souligné le soutien de l'Arabie saoudite à tous les efforts qui aideraient à résoudre les différends par le dialogue

RIYAD: Un haut responsable saoudien a rejeté les informations selon lesquelles le Royaume aurait changé de position sur l'escalade dans la région, selon un rapport publié dimanche par Asharq Al-Awsat.

La source a souligné au journal que l'Arabie saoudite soutient les efforts visant à trouver une solution pacifique par la diplomatie et le dialogue à tous les différends entre les États-Unis et l'Iran.

La source a également réitéré le rejet par le Royaume de l'utilisation de son espace aérien et de ses territoires dans toute opération militaire contre l'Iran.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a souligné mardi que Riyad respecte la souveraineté de Téhéran et que le Royaume ne permettra pas que son espace aérien ou ses territoires soient utilisés dans toute opération militaire contre l'Iran.

Lors d'un appel téléphonique avec le président iranien Masoud Pezeshkian, il a souligné le soutien de l'Arabie saoudite à tous les efforts qui aideraient à résoudre les différends par le dialogue dans le but de soutenir la sécurité et la stabilité régionales.

M. Pezeshkian a déclaré que ses entretiens avec le prince héritier avaient porté sur l'évolution de la situation en Iran et sur le dossier nucléaire.

Il a exprimé sa gratitude à l'Arabie saoudite pour sa position ferme en matière de respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Iran. Il a également salué le rôle et les efforts du prince Mohammed dans l'instauration de la sécurité et de la stabilité dans la région.