Interception de la flottille pour Gaza: des milliers de manifestants en Europe

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Publié le Vendredi 03 octobre 2025

Interception de la flottille pour Gaza: des milliers de manifestants en Europe

  • "Nous sommes prêts à tout bloquer. La machine génocidaire doit s'arrêter immédiatement", ont notamment crié les manifestants
  • A Barcelone, la deuxième ville d'Espagne, dans le nord-est du pays, de nombreux manifestants, dont beaucoup brandissaient des drapeaux palestiniens, ont convergé vers la place centrale de Les Drassanes, scandant des slogans:"Gaza, tu n'es pas seul"

PARIS: Des milliers de personnes ont défilé jeudi dans plusieurs pays d'Europe pour dénoncer l'interception par les forces navales israéliennes d'une flottille d'aide humanitaire propalestinienne à destination de Gaza.

Plus de 400 militants à bord de 41 navires ont été arrêtés lors d'une opération d'environ douze heures, a précisé jeudi soir un responsable israélien, alors qu'Israël se prépare à expulser les militants qui étaient à bord.

- En Italie, où les syndicats ont appelé à une grève générale pour vendredi, des milliers de personnes sont descendus dans la rue, à l'image de Rome où, au lendemain d'une manifestation similaire, des manifestants se sont rassemblés à la tombée de la nuit près du Colisée, monument emblématique de la capitale italienne.

Les manifestants ont également affiché leur opposition au soutien de la Première ministre Giorgia Meloni à Israël, au lendemain d'une manifestation similaire mercredi soir. "Au lieu de défendre les victimes, le gouvernement (italien) défend les agresseurs, et c'est absolument intolérable", a déclaré à l'AFP Gianfranco Pagliarulo, 76 ans.

"Nous sommes prêts à tout bloquer. La machine génocidaire doit s'arrêter immédiatement", ont notamment crié les manifestants.

- A Barcelone, la deuxième ville d'Espagne, dans le nord-est du pays, de nombreux manifestants, dont beaucoup brandissaient des drapeaux palestiniens, ont convergé vers la place centrale de Les Drassanes, scandant des slogans tels que "Gaza, tu n'es pas seul", "Boycott Israël" et "Liberté pour la Palestine".

"Brisez le siège" 

- En Belgique, environ 3.000 personnes se sont rassemblées devant le Parlement européen à Bruxelles. Munis de fumigènes, nombre d'entre eux ont agité des drapeaux palestiniens et des keffiehs en criant "Free palestine". Ils ont également déployé une banderole proclamant "Sail to Gaza and break the siege" ("Naviguez vers Gaza et brisez le siège").

"Le message, c'est de protéger chaque bateau, chaque humain qui se retrouve sur chaque bateau, qu'importe sa nationalité. (...) Ce sont des citoyens, ce sont des députés, ce sont des personnes qui s'insurgent, qui font le travail que nos gouvernements devraient faire", a déclaré à l'AFP Isis, une manifestante francophone.

- En Irlande, plusieurs centaines de manifestants se sont massés devant le Parlement à Dublin. Parmi eux, Miriam McNally, dont la fille se trouve sur un bateau de la flottille. "Je suis ici pour apporter mon soutien en premier lieu à la Palestine, à Gaza, qui subit un génocide de la part du gouvernement israélien", a-t-elle déclaré à l'AFP.

"Je soutiens également les membres de la flottille qui ont été illégalement kidnappés hier soir dans les eaux internationales par Israël. Je soutiens ma fille", qui fait partie" de la flottille, a-t-elle ajouté.

- A La Haye, aux Pays-Bas, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés devant le ministère des Affaires étrangères, avant d'être dispersés par la police anti-émeute. Ils ont ensuite rallié la gare centrale, où certains d'entre eux ont pénétré sur les voies, interrompant le trafic ferroviaire qui ne devrait pas reprendre avant 21h45 (19h45 GMT), selon la compagnie ferroviaire NS.

"Palestine libre" 

- En France, quelques milliers de personnes se sont rassemblées place de la République, à Paris, à l'appel de La France insoumise (LFI, extrême gauche) avant d'être dispersées par les forces de l'ordre. "Pas de paix dans le monde sans justice en Palestine", "Arrêtez de tuer les enfants de Palestine", "Libérez la Flottille. Libérez la Palestine", ont scandé les manifestants.

A Marseille (sud-est), plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés en fin de journée devant la préfecture pour réclamer la libération des militants de la flottille, mais aussi dénoncer l'interpellation dans l'après-midi d'une centaine d'activistes qui tentaient de bloquer le siège de l'entreprise d'armement Eurolinks, accusée de vendre des composants militaires en Israël.

Des manifestations ont également réuni quelques centaines de personnes à Lille (nord), Grenoble (sud-est), Lyon (centre-est) et Rennes (ouest).

- En Suisse, plusieurs milliers de manifestants ont défilé dans les rues de Genève, allumant un feu de joie dans le centre-ville et bloquant le pont principal lors d'un rassemblement bruyant ponctué d'acclamations, d'applaudissements et de slogans, avant d'affronter brièvement les forces de l'ordre, a constaté un journaliste de l'AFP.

De nombreuses personnes arboraient le drapeau palestinien sur leurs épaules. Des manifestants ont grimpé sur un toit pour déployer un drapeau palestinien géant tandis que d'autres brandissaient des drapeaux sur lesquels on pouvait lire "action antisioniste, Palestine libre".

La police genevoise a estimé leur nombre à 3.000, plutôt des "jeunes adultes", avec "une centaine de black blocs (individus cagoulés profitant de la manifestation pour mener des actions violentes concertées, ndlr) présents". Elle a déploré "beaucoup de déprédations, de dommages, (...) de dégâts sur le mobilier urbain".

- Par ailleurs, en Malaisie, des dizaines de personnes ont manifesté devant l'ambassade des Etats-Unis à Kuala Lumpur. Nous sommes "bouleversés, en colère, dégoûtés, car ce qu'ils font (les membres de la flottille, ndlr), c'est pour l'humanité, ils apportent simplement de l'aide, des aliments pour bébés et d'autres choses de ce genre", a estimé Ili Farhana, 43 ans.


Berlin, Paris et Londres prêts à des «actions défensives» pour «détruire» les capacités militaires de l'Iran

Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale. (AFP)
Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale. (AFP)
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  • Téhéran a répliqué à l'offensive américaine et israélienne débutée samedi avec des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël, où neuf personnes ont été tuées dimanche selon les secours
  • Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale

BERLIN: Les dirigeants allemands, français et britanniques se sont dit prêts dimanche à des "actions défensives nécessaires et proportionnées" face aux ripostes iraniennes afin de "détruire à la source" les capacités militaires de Téhéran.

"Nous prendrons des mesures pour défendre nos intérêts et ceux de nos alliés dans la région", potentiellement en empêchant la République islamique de tirer des missiles et des drones, a mis en garde le groupe E3, qui rassemble les trois puissances, dans une déclaration commune.

Téhéran a répliqué à l'offensive américaine et israélienne débutée samedi avec des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël, où neuf personnes ont été tuées dimanche selon les secours.

Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale.

Les frappes "ont ciblé nos alliés proches et menacent notre personnel militaire et nos civils dans toute la région", ajoute le communiqué.

Berlin, Paris et Londres discuteront de ces mesures défensives avec les États-Unis et leurs alliés dans la région.

Dimanche, Washington a aussi fait état des premiers soldats américains tués dans le cadre de l'opération qui a mené à la mort du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

L'Iran ne se fixe "aucune limite" dans son droit à se défendre, a déclaré dimanche le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dans un entretien avec la chaîne de télévision américaine ABC. "Ce que font les États-Unis est un acte d'agression. Ce que nous faisons, c'est nous défendre. C'est très différent", a-t-il insisté.

 


Trump dit qu'il «va parler» aux dirigeants iraniens 

Donald Trump, qui multiplie dimanche les coups de fil avec les journalistes depuis sa résidence de Floride, a déclaré au magazine The Atlantic qu'il "allait parler" aux dirigeants iraniens, mais sans dire quand ni quels seraient ses interlocuteurs. (AFP)
Donald Trump, qui multiplie dimanche les coups de fil avec les journalistes depuis sa résidence de Floride, a déclaré au magazine The Atlantic qu'il "allait parler" aux dirigeants iraniens, mais sans dire quand ni quels seraient ses interlocuteurs. (AFP)
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  • "Ils veulent parler, et j'ai accepté de parler, donc je vais leur parler", a dit Trump
  • "La plupart de ces gens sont morts. Certains de ceux avec qui nous étions en négociations sont morts", a ajouté le président américain, en jugeant que les dirigeants iraniens "avaient voulu la jouer trop finement"

PALM BEACH: Donald Trump, qui multiplie dimanche les coups de fil avec les journalistes depuis sa résidence de Floride, a déclaré au magazine The Atlantic qu'il "allait parler" aux dirigeants iraniens, mais sans dire quand ni quels seraient ses interlocuteurs.

"Ils veulent parler, et j'ai accepté de parler, donc je vais leur parler", a-t-il dit, selon les propos rapportés par le mensuel américain.

"La plupart de ces gens sont morts. Certains de ceux avec qui nous étions en négociations sont morts", a ajouté le président américain, en jugeant que les dirigeants iraniens "avaient voulu la jouer trop finement".

48 dirigeants iraniens tués

Donald Trump a déclaré dimanche que 48 dirigeants iraniens avaient été tués et 9 navires iraniens coulés dans l'offensive déclenchée samedi, tout en se disant prêt au dialogue avec Téhéran.

"Cela avance rapidement. Personne n'arrive à croire à notre réussite, 48 dirigeants ont été éliminés d'un coup", a dit le président américain, selon une journaliste de Fox News qui lui a parlé au téléphone et qui a retranscrit ses propos sur son compte X.

"Je viens juste d'être informé que nous avons détruit et coulé 9 navires iraniens, pour certains relativement grands et importants. Nous traquons le reste", a-t-il écrit par ailleurs sur son réseau Truth Social. "Dans une attaque différente, nous avons en grande partie détruit leur quartier général maritime."

Le président américain, qui supervise les opérations depuis sa résidence de Mar-a-Lago en Floride, n'a pas jusqu'ici commenté la mort de trois militaires américains, premières pertes des Etats-Unis depuis le déclenchement du conflit.

Donald Trump, qui n'est pas apparu en public depuis le début de la guerre, annoncée dans un message vidéo enregistré, a multiplié les conversations téléphoniques avec des journalistes.

Des dirigeants iraniens "veulent parler, et j'ai accepté de parler, donc je vais leur parler", a-t-il ainsi dit à un journaliste de The Atlantic.

"La plupart de ces gens sont morts. Certains de ceux avec qui nous étions en négociations sont morts", a ajouté le président américain, en jugeant que les dirigeants iraniens "avaient voulu la jouer trop finement".

Dans un entretien avec un journaliste de la chaîne d'informations financières CNBC, il a assuré que l’opération militaire contre l'Iran "progressait très bien" et "plus vite que prévu".

Des bombardiers furtifs B-2 ont participé aux bombardements, a dit dimanche le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom. Ce sont les mêmes appareils qui avaient frappé en juin dernier des installations d'enrichissement d'uranium en Iran.


Trump mécontent de l'Iran malgré une percée selon le médiateur omanais

Le président Donald Trump quitte la salle de réception diplomatique pour monter à bord de Marine One depuis la pelouse sud de la Maison-Blanche, vendredi 27 février 2026, à Washington. (AP)
Le président Donald Trump quitte la salle de réception diplomatique pour monter à bord de Marine One depuis la pelouse sud de la Maison-Blanche, vendredi 27 février 2026, à Washington. (AP)
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  • Donald Trump se dit mécontent des négociations avec l’Iran et n’exclut pas des frappes, tout en affirmant n’avoir pris aucune décision finale, malgré un important déploiement militaire américain au Moyen-Orient
  • Le médiateur omanais Badr Albusaidi annonce une percée : l’Iran accepterait de ne pas stocker d’uranium enrichi, tandis que Washington exige toujours l’arrêt total de l’enrichissement

WASHINGTON: Donald Trump tient le monde en haleine: il a affiché vendredi son mécontentement envers l'Iran, mais dit n'avoir pas pris de "décision finale" sur d'éventuelles frappes, alors que le médiateur omanais s'est targué d'une percée dans les négociations pour éviter la guerre.

Le président américain a déclaré à des journalistes "ne pas être très content de la manière des Iraniens de négocier", au lendemain d'une troisième session de pourparlers à Genève sous médiation omanaise.

Mais "nous n'avons pas pris (de) décision finale" sur de possibles frappes, a-t-il déclaré, sur fond de déploiement militaire américain massif au Moyen-Orient, le plus important depuis des décennies, et de craintes d'un embrasement régional en cas d'attaque américaine.

Le chef de la diplomatie omanaise a cependant assuré vendredi qu'une percée avait eu lieu, affirmant que l'Iran avait accepté de ne pas stocker d'uranium enrichi.

"C'est quelque chose de complètement nouveau, qui rend vraiment l'argument de l'enrichissement moins pertinent, parce que désormais nous parlons de l'absence de stockage", a expliqué Badr Albusaidi sur la chaîne américaine CBS.

Plus tôt dans la journée, Donald Trump avait exigé que l'Iran n'effectue "aucun enrichissement" d'uranium. "Vous n'avez pas besoin d'enrichir quand vous avez autant de pétrole", a-t-il déclaré à la presse lors d'un déplacement au Texas (sud).

- Porte-avions déployés -

Dans ce contexte de tensions, les Etats-Unis ont recommandé vendredi au personnel non essentiel de leur ambassade à Jérusalem de quitter Israël - leur allié, et ennemi juré de l'Iran - en raison "de risques pour leur sécurité".

Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, se rendra lundi en Israël - que l'Iran avait frappé en juin en riposte à une attaque israélienne sur son territoire -, a annoncé le département d'Etat.

Les Etats-Unis ont dépêché dans la région deux porte-avions dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, attendu au large d'Israël après avoir quitté jeudi la Crète.

Washington a également inscrit vendredi l'Iran sur sa liste noire de pays pratiquant "des détentions injustifiées", et appelé les ressortissants américains s'y trouvant à "partir immédiatement".

Dans le centre de Téhéran, tout en disant préférer éviter la guerre et souhaiter la levée des sanctions internationales qui asphyxient l'économie iranienne, Hamid Beiranvand, un employé de 42 ans, affirme qu'"il ne faut faire aucune concession" aux Américains.

Accusant Téhéran - qui dément - de vouloir se doter de la bombe atomique, les Etats-Unis insistent pour une interdiction totale d'enrichissement d'uranium, tandis que l'Iran défend son droit au nucléaire civil.

Washington veut aussi limiter le programme balistique iranien, une question que Téhéran refuse d'aborder.

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a appelé vendredi les Etats-Unis à éviter "toute exigence excessive", tempérant l'optimisme qu'il avait affiché la veille à l'issue des pourparlers.

- Risque d'aggravation "rapide" -

Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Volker Türk, s'est dit "extrêmement inquiet du risque d'escalade militaire régionale".

Le Royaume-Uni et le Canada ont dit retirer une partie de leur personnel diplomatique de Tel-Aviv, le centre économique d'Israël où la plupart des pays ont leur ambassade, par mesure de précaution.

Pékin et Ottawa ont tous deux appelé leurs ressortissants à évacuer l'Iran, tandis que Londres a retiré le personnel de son ambassade à Téhéran.

Le ministre iranien Abbas Araghchi s'était prévalu jeudi de "très bons progrès" dans les discussions avec les Etats-Unis.

Une prochaine session doit se tenir "très bientôt", après des discussions "entre équipes techniques" lundi à Vienne en Autriche, assistées "d'experts" de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), avait-il ajouté.

"La paix est à portée de main", a même assuré vendredi sur X l'Omanais Badr Busaidi, disant s'être entretenu à Washington avec le vice-président JD Vance.

Donald Trump avait lancé le 19 février un ultimatum de "10 à 15 jours" pour décider si un accord était possible ou s'il allait recourir à la force.

Les deux pays avaient repris des pourparlers l'année dernière, interrompus par la guerre israélo-iranienne de 12 jours en juin à laquelle Washington s'était brièvement joint.

Les nouvelles tensions sont apparues après la répression dans le sang, en janvier, d'un vaste mouvement de contestation d'Iraniens, auxquels Donald Trump avait promis de venir "en aide".