Pandémie: un crématorium allemand débordé par l'afflux de cercueils

Un employé déplace des cercueils, certains marqués d'un «risque d'infection» comme d'autres ont griffonné «corona» à la craie, dans la salle de deuil du crématorium de Meissen, dans l'est de l'Allemagne, le 13 janvier 2021. (AFP)
Un employé déplace des cercueils, certains marqués d'un «risque d'infection» comme d'autres ont griffonné «corona» à la craie, dans la salle de deuil du crématorium de Meissen, dans l'est de l'Allemagne, le 13 janvier 2021. (AFP)
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Publié le Vendredi 15 janvier 2021

Pandémie: un crématorium allemand débordé par l'afflux de cercueils

  • Au crématorium de Meissen, dans l'ex-RDA (est de l'Allemagne), jusqu'à trois cercueils sont empilés les uns sur les autres dans la salle réservée d'ordinaire au recueillement des proches
  • Malgré la fermeture de tous les commerces non-essentiels, des écoles, des enceintes sportives et culturelles, la seconde vague épidémique a frappé bien plus durement l'Allemagne

MEISSEN: sur certains cercueils est apposée la mention "risque d'infection", sur d'autres on a inscrit à la craie "corona", beaucoup portent aussi l'avertissement "pas de service mortuaire". 

Au crématorium de Meissen, dans l'ex-RDA (est de l'Allemagne), jusqu'à trois cercueils sont empilés les uns sur les autres dans la salle réservée d'ordinaire au recueillement des proches, quelques-uns sont même stockés dans les couloirs en attendant l'incinération.

La ville doit faire face à une hausse dramatique du nombre de morts, victimes du Covid-19.

La Saxe, où se trouve Meissen, est l'une des régions les plus frappées par la pandémie alors qu'elle avait été relativement épargnée par la première vague au printemps dernier. 

En trois décennies, Jörg Schaldach, directeur de ce crématorium, n'avait jamais vu autant de morts sur une période aussi longue.

"Cela a commencé à la mi-novembre. Les chiffres ne cessent d'augmenter", confie-t-il à l'AFP. "Le problème, c'est que les chambres froides funéraires sont pleines. Nous sommes en état de catastrophe", poursuit-il. La direction n'a donc pas eu d'autre choix que d'utiliser la salle de cérémonie et de recueillement pour y déposer des cercueils.

- Engorgement - 

Les bancs et les chaises sur lesquels s'assoient d’ordinaire les proches ont été poussés dans le fond de la pièce pour faire place à des rangées de cercueils en bois. Beaucoup sont entourés d'une bande de film transparent utilisé pour sceller une seconde fois ceux des victimes du nouveau coronavirus.

"A l'heure actuelle, nous recevons 400 (cercueils) en une semaine pour être incinérés", deux fois plus que le nombre habituel en hiver, selon M. Schaldach.

Employé des pompes funèbres, Matthias Möbius attend depuis une heure sur le parking qu'on lui donne le feu vert pour décharger un cercueil.

"Normalement cela prend 15 minutes seulement, on arrive, on décharge, on va au bureau pour régler les papiers, et c'est terminé", explique-t-il. "Ces jours-ci, on est plus proche de l'heure et demie".

Derrière lui, trois autres véhicules des pompes funèbres attendent leur tour.

M. Möbius affirme qu'en vingt ans de carrière, cet hiver est celui où il a "de loin" le plus de travail.

Pour faire face, le crématorium de Meissen travaille désormais 24h sur 24, sept jours sur sept avec deux fours et 60 crémations quotidiennes.

- Heures supplémentaires - 

Le personnel effectue des heures supplémentaires et renonce à ses week-ends. Des retraités ont été rappelés pour aider.

Ingo Thöring, 76 ans, ancien employé, est l'un d'eux malgré son âge qui le place dans la population à risque.

Il accompagne les médecins légistes pour vérifier l'identité des morts et déterminer si certains d'entre eux s'avèrent des cas suspects.

Pas question pour lui de céder à la peur d'une contamination. Elle "ne sert à rien au travail". De toute façon, "à mon âge, je ne crains plus rien", souligne-t-il.

Malgré la fermeture de tous les commerces non-essentiels, des écoles, des enceintes sportives et culturelles, la seconde vague épidémique a frappé bien plus durement l'Allemagne. 

Le nombre de morts en 24 heures a même franchi un nouveau record jeudi à 1 244. 

Dans le régions les plus sévèrement touchées, d'autres crématoriums font également face à des difficultés.

La ville de Dresde a annoncé mercredi qu'un bâtiment utilisé d'ordinaire pour stocker du matériel de protection contre les inondations allait être temporairement reconverti en chambre mortuaire.

A Nuremberg, en Bavière, des containers permettant de conserver les cercueils dans le froid ont été mis en service.

Et en République tchèque, voisine de la Saxe, le gouvernement a décidé qu'il n'accepterait plus de corps "importés" pour y être incinérés.

Pour le directeur du crématorium de Meissen, les autorités allemandes auraient dû prendre des restrictions rigoureuses plus tôt.

Il pointe aussi du doigt les opposants au confinement qui se sont rassemblés en masse lors d'un défilé en novembre dans la ville voisine de Leipzig.

"Ce que je voudrais dire aux sceptiques, c'est venez et aidez-nous à transporter les cercueils (...) Nous avons déplacé 750 tonnes de morts", peste-t-il. "Certains pensent que tout ceci, c'est la scène d'un film tourné pendant l'été. Ceux qui nient le coronavirus (...) peuvent venir toucher tout cela par eux-mêmes".


Téhéran veut garder le contrôle d'Ormuz, fin du round de négociations

Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
  • Le responsable américain, ainsi que le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté lundi le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, au terme d'un marathon de 18 heures
  • En attendant, M. Ghalibaf a réaffirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait "administrée" par son pays, selon des propos rapportés mardi par Irna

BURGENSTOCK: Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Ces discussions ont permis de poser des "bases très solides pour aboutir à un accord final réussi", s'est félicité lundi le vice-président américain JD Vance, les Etats-Unis annonçant dans la foulée une suspension de deux mois des sanctions sur le pétrole iranien.

Le responsable américain, ainsi que le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté lundi le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, au terme d'un marathon de 18 heures, laissant à des diplomates le soin de poursuivre des discussions "techniques" sur place.

Celles-ci se sont également achevées et les pourparlers se poursuivront ultérieurement au sein de groupes de travail, a indiqué mardi la diplomatie iranienne à l'agence officielle Irna.

En attendant, M. Ghalibaf a réaffirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait "administrée" par son pays, selon des propos rapportés mardi par Irna.

Le passage par Ormuz, où transite en temps normal 20% du pétrole et du GNL mondial, était libre de tout contrôle avant le déclenchement par les Etats-Unis et Israël le 28 février de la guerre contre l'Iran.

Mais "l'administration du détroit d'Ormuz ne redeviendra jamais ce qu'elle était avant la guerre", a assuré M. Ghalibaf, martelant que "l'Iran administrera" celui-ci.

L'Iran a par ailleurs indiqué mardi avoir conclu en Suisse avec les Américains un accord pour le déblocage "immédiat" de 12 milliards d'avoirs iraniens gelés.

Ceux-ci seront libérés "en deux tranches de 6 milliards", a détaillé auprès d'Irna le chef de la délégation iranienne chargé des discussions techniques, le vice-ministre de Affaires étrangères Kazem Gharibabadi.

M. Vance avait souligné que son pays s'assurerait qu'un éventuel déblocage d'avoirs iraniens "ne servirait pas à financer le terrorisme".

Ghalibaf à Oman 

Le cycle de négociations entamé ce week-end en Suisse nourrit les espoirs d'un règlement durable du conflit et a fait retomber le cours du baril de Brent de la mer du Nord sous la barre des 78 dollars, loin des plus de 126 dollars atteints au paroxysme de la guerre.

Les négociations, où le Pakistan et le Qatar jouent un rôle de médiation, doivent aboutir à un document final sous un délai de 60 jours renouvelables.

Dans ce cadre, le président iranien, Massoud Pezeshkian, doit effectuer une visite d'Etat à Islamabad mardi, selon la diplomatie pakistanaise.

Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio est pour sa part attendu de mardi à jeudi aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et au Koweït, selon son ministère.

Et l'équipe de négociateurs iraniens, emmenée par M. Ghalibaf, s'est rendue de son côté à Oman pour parler précisément de la gestion du détroit d'Ormuz, selon Irna.

Pressé de mettre un terme à un conflit qui pèse sur le pouvoir d'achat de ses citoyens, Washington a multiplié les gestes envers Téhéran.

Concernant le pétrole, principale ressource de la République islamique, "toutes les transactions" concernant la production, la vente et le transport d'hydrocarbures d'origine iranienne "sont autorisées jusqu'au 21 août", a détaillé le ministère américain des Finances.

Selon M. Vance, Téhéran a accepté d'inviter à nouveau des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ce que l'Iran n'a pas confirmé.

"Premier test réel" 

Mises en place par l'accord de 2015 déchiré par M. Trump en 2018, ces inspections avaient été suspendues par l'Iran après les bombardements israélo-américains de ses installations en juin 2025.

Les inspecteurs de l'AIEA n'ont depuis pas pu visiter les sites touchés, laissant planer le doute sur l'état des stocks d'uranium hautement enrichi de la République islamique, un point de contentieux majeur avec Washington.

Téhéran a toujours nié chercher à se doter de l'arme nucléaire, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.

Sur le front libanais, que Téhéran a insisté pour associer aux discussions, une "cellule de gestion des conflits" va être mise en place pour faire cesser les combats entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre début mars.

Lundi, le président libanais Joseph Aoun a ainsi fait savoir avoir reçu un appel de M. Vance au sujet de "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard".

L'offensive au Liban, destinée selon Israël à empêcher les attaques du Hezbollah, a fait plus de 4.100 morts selon les autorités et plus d'un million de déplacés.

Pour le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, le respect de ce cessez-le-feu sera "le premier test réel" de la solidité du protocole d'accord américano-iranien.


Pourparlers Iran-Etats-Unis : «des bases très solides» en vue d'un accord final, selon JD Vance

Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
  • "Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis
  • Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna

BURGENSTOCK: Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance.

"Nous avons posé des bases très solides pour aboutir à un accord final réussi. L'accord final, c'est la maison. Nous en avons posé les fondations. Nous n'avons pas encore construit la maison, mais nous avons posé des bases solides pour atteindre une issue favorable pour le peuple américain", a-t-il déclaré aux journalistes.

Après la signature d'un protocole d'accord la semaine dernière et un démarrage dans le chaos, ces négociations, lancées dimanche dans le complexe hôtelier du Burgenstock, dans les Alpes suisses, doivent aboutir, sous un délai de 60 jours renouvelables, à un document final.

"Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis.

Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna.

Des négociations vont toutefois se poursuivre au niveau technique.

"Nos équipes, en collaboration avec les Iraniens, les Qataris et les Pakistanais, ont réalisé d'importants progrès hier. Elles continueront à travailler au niveau technique avec les équipes présentes ici au Burgenstock", a indiqué JD Vance.

"Ces négociations techniques se poursuivront ensuite au cours des semaines et des jours à venir. Nous voulions mettre en place une structure pour garantir une supervision politique adéquate", a-t-il ajouté.


Iran et Etats-Unis s'accordent sur une feuille de route pour un accord définitif sous 60 jours

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
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  • Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient
  • "La médiation pakistanaise et qatarie a permis des progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban"

BURGENSTOCK: Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, lors de leur première séance de négociations en Suisse, ont annoncé lundi les médiateurs pakistanais et qatari.

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint.