Rêves de voyages en attendant les vols directs entre le Maroc et Israël

Un premier vol commercial direct entre les deux pays a atterri à Rabat le 22 décembre (Photo, AFP)
Un premier vol commercial direct entre les deux pays a atterri à Rabat le 22 décembre (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 17 janvier 2021

Rêves de voyages en attendant les vols directs entre le Maroc et Israël

  • La réouverture prochaine des bureaux de liaison fermés au début des années 2000 après une brève embellie diplomatique devrait faciliter la procédure d'obtention de visas pour Israël
  • Les deux pays ont entretenu des relations officielles de 1993 à 2000, date du déclenchement de la seconde intifada dans les territoires palestiniens contre l'occupation israélienne

CASABLANCA: Fanny Mergui n'a pas l'ombre d'un doute: les Marocains de confession juive, comme elle, « préparent d'ores et déjà leurs valises » pour se rendre en Israël, après l'annonce de liaisons aériennes directes et régulières dans le cadre du récent rapprochement diplomatique entre les deux pays. 

La communauté juive du Maroc est la plus importante d'Afrique du Nord et les quelque 700 000 Israéliens d'ascendance marocaine ont souvent gardé des liens très forts avec leur pays d'origine. 

Un premier vol commercial direct entre les deux pays a atterri à Rabat le 22 décembre, à l'occasion de la signature d'un accord tripartite liant une normalisation des relations entre le Maroc et Israël à une reconnaissance américaine de la « souveraineté » marocaine sur le territoire disputé du Sahara occidental.  

Mais il est encore impossible de réserver un voyage. Aux délais d'autorisations administratives s'ajoute la pandémie de coronavirus qui paralyse les déplacements depuis début 2020. 

La réouverture prochaine des bureaux de liaison fermés au début des années 2000 après une brève embellie diplomatique devrait faciliter la procédure d'obtention de visas pour Israël. 

En attendant, Fanny Mergui se dit « très heureuse » de savoir qu'il y aura des vols de cinq heures entre le Maroc et Israël: pour cette ancienne cheville ouvrière de la jeunesse sioniste, l'ouverture de liaisons directes est « une véritable révolution ». 

Jusque-là, le voyage était possible mais compliqué par d'interminables heures d'escale dans des pays de transit. La chanteuse marocaine Suzanne Harroch a ainsi passé « quatorze heures dans un aéroport parisien » avant d'obtenir son visa pour se rendre en Israël.  

« Une grande partie de ma famille réside là-bas. Il me tarde de les retrouver de plus en plus souvent », s'enthousiasme l'artiste de 67 ans qui voit le rapprochement israélo-marocain comme un « miracle ».  

Elle se dit « convaincue que les juifs israéliens d'origine marocaine vont venir en masse au Maroc « se ressourcer » et « pour des fêtes de familles ».  

La plupart des membres de la diaspora « sont sur un nuage », abonde Avraham Avizemer, par téléphone depuis Césarée, sur la côte israélienne. Cet entrepreneur de 69 ans, natif de Casablanca, vit en Israël depuis 1954. 

Avant la pandémie, entre 50 000 et 70 000 touristes israéliens, pour la plupart d'origine marocaine, visitaient chaque année le royaume, selon le ministère des Affaires étrangères à Rabat. 

« Miracle »  

Elan, 34 ans, se trouve à Casablanca pour suivre, avec d'autres jeunes Israéliens d'origine marocaine, un enseignement religieux dispensé par un rabbin dans la synagogue Beth-El. « La liaison directe facilitera les déplacements », souligne-t-il. 

La communauté juive du Maroc compte actuellement 3 000 personnes. Présente depuis l'Antiquité, renforcée au XVe siècle par l'expulsion des juifs d'Espagne, elle a atteint environ 250 000 âmes à la fin des années 1940, soit environ 10% de la population. Beaucoup sont partis après la création d'Israël en 1948. 

Les deux pays ont entretenu des relations officielles de 1993 à 2000, date du déclenchement de la seconde intifada dans les territoires palestiniens contre l'occupation israélienne. 

Mais des liens ont été maintenus. Les échanges commerciaux bilatéraux ont représenté 149 millions de dollars entre 2014 et 2017, selon des statistiques publiées par la presse marocaine. Et les deux communautés vivent en bonne intelligence au Maroc. 

« Quatre de mes voisins musulmans désirent m'accompagner pour ma première visite depuis le Maroc », se réjouit Prosper Bensimon, rencontré après la prière du soir à la synagogue Em Habanim de Casablanca. 

Mais le militant marocain des droits humains Sion Assidon a dénoncé sur Facebook le fait de « justifier l'ignominie de la normalisation par les liens historiques du Maroc avec les colons d'origine marocaine ».  

Cet intellectuel se présente comme un « marocain de culture juive » et milite activement au sein du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre Israël, pour les droits des Palestiniens. 

Tout en saluant « chaque pas vers la paix », Fanny Mergui appelle les Israéliens démocrates à soutenir « la création d'un Etat Palestinien » pour régler le conflit. 

Elle avait immigré en Israël dans les années 1960 mais est rentrée dans son pays natal après la guerre israélo-arabe de 1967: « Je n'ai pas accepté que l'Etat juif, dans lequel j'avais foi, occupe des terres palestiniennes », explique-t-elle. 


L'armée israélienne annonce avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires

L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique. (AFP)
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  • "Dans le cadre des vagues de frappes menées ces derniers jours", l'armée de l'air israélienne a bombardé "le complexe +Taleghan+ (...) utilisé par le régime pour développer des capacités essentielles à la fabrication d'armes nucléaires"
  • "L'armée israélienne a récemment découvert que le régime avait pris des mesures pour réhabiliter le complexe après qu'il a été frappé en octobre 2024", poursuit le texte

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.

"Dans le cadre des vagues de frappes menées ces derniers jours", l'armée de l'air israélienne a bombardé "le complexe +Taleghan+ (...) utilisé par le régime pour développer des capacités essentielles à la fabrication d'armes nucléaires", a déclaré l'armée dans un communiqué.

L'armée fait probablement référence à une installation située à Parchin, au sud-est de Téhéran, où, selon l'Institut pour la science et la sécurité internationale, un organisme basé aux Etats-Unis spécialisé dans la surveillance de la prolifération nucléaire, l'Iran mène des activités militaires secrètes.

"L'armée israélienne a récemment découvert que le régime avait pris des mesures pour réhabiliter le complexe après qu'il a été frappé en octobre 2024", poursuit le texte.

Début mars, l'armée israélienne avait annoncé avoir frappé un centre militaire souterrain secret du programme nucléaire de l'Iran dans la région de Téhéran, où d'après elle des scientifiques travaillaient sur "un élément clé de la capacité du régime iranien à développer des armes atomiques".

Israël et les Occidentaux affirment que l'Iran cherche à se doter de l'arme atomique, ce que la République islamique dément tout en défendant son droit à développer un programme nucléaire civil.

Israël a lancé le 28 février, conjointement avec les Etats-Unis, une offensive massive pour faire disparaître la "menace existentielle" que représentent selon lui les programmes nucléaire et balistique iraniens.

Les responsables israéliens affirment que Téhéran avait intensifié ses efforts pour se doter de l'arme atomique depuis la fin de la guerre de 12 jours déclenchée en juin 2025 par Israël, au cours de laquelle les Etats-Unis avaient bombardé trois installations nucléaires, dont une usine d'enrichissement.

 


Iran: plus de 3 millions de déplacés depuis le début de la guerre, selon le HCR

Quelque 3,2 millions d'Iraniens ont été déplacés à l'intérieur de l'Iran depuis le début de la guerre opposant ce pays à Israël et aux Etats-Unis, a annoncé jeudi le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
Quelque 3,2 millions d'Iraniens ont été déplacés à l'intérieur de l'Iran depuis le début de la guerre opposant ce pays à Israël et aux Etats-Unis, a annoncé jeudi le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
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  • Les Etats-Unis et Israël ont lancé conjointement le 28 février une vaste offensive contre l'Iran. Cette offensive a déclenché une guerre dans l'ensemble du Moyen-Orient
  • Alors que les frappes se poursuivaient jeudi en Iran et dans la région au 13e jour du conflit, le HCR a aussi voulu attirer l'attention sur les personnes réfugiées en Iran

GENEVE: Quelque 3,2 millions d'Iraniens ont été déplacés à l'intérieur de l'Iran depuis le début de la guerre opposant ce pays à Israël et aux Etats-Unis, a annoncé jeudi le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Selon des estimations préliminaires, entre 600.000 et 1 million de foyers iraniens sont actuellement déplacés temporairement à l’intérieur du pays en raison du conflit en cours, ce qui représente jusqu’à 3,2 millions de personnes", a annoncé dans un communiqué Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La plupart d’entre eux fuient Téhéran et d’autres grandes agglomérations pour se réfugier dans le nord du pays et les zones rurales", a-t-il ajouté, estimant que "ce chiffre devrait continuer d’augmenter tant que les hostilités se poursuivent".

Les Etats-Unis et Israël ont lancé conjointement le 28 février une vaste offensive contre l'Iran. Cette offensive a déclenché une guerre dans l'ensemble du Moyen-Orient.

Alors que les frappes se poursuivaient jeudi en Iran et dans la région au 13e jour du conflit, le HCR a aussi voulu attirer l'attention sur les personnes réfugiées en Iran.

"Les familles de réfugiés accueillies dans le pays, majoritairement afghanes, sont également touchées. Leur situation précaire et leurs réseaux de soutien limités les rendent particulièrement vulnérables", a prévenu M. Ito.

"Face à l'insécurité croissante et à l'accès restreint aux services essentiels, ces familles quittent les zones sinistrées", a-t-il ajouté, précisant que le HCR "collabore avec les autorités nationales et ses partenaires pour évaluer les nouveaux besoins et renforcer sa préparation face à l'augmentation des mouvements de population".

Dans son communiqué, le HCR a encore alerté sur "l'urgence de protéger les civils, de maintenir l'accès humanitaire et de garantir l'ouverture des frontières aux personnes en quête de sécurité, conformément aux obligations internationales".

 


Liban: huit morts dans une nouvelle frappe sur Beyrouth, Israël menace d'une offensive terrestre

De nouvelles frappes israéliennes ont fait 11 morts au Liban, dont huit sur le front de mer à Beyrouth où des déplacés dorment dans des tentes, Israël menaçant "d'étendre" ses opérations terrestres contre le Liban où il mène depuis le 2 mars une vaste campagne de frappes aériennes. (AFP)
De nouvelles frappes israéliennes ont fait 11 morts au Liban, dont huit sur le front de mer à Beyrouth où des déplacés dorment dans des tentes, Israël menaçant "d'étendre" ses opérations terrestres contre le Liban où il mène depuis le 2 mars une vaste campagne de frappes aériennes. (AFP)
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  • Cette guerre a fait plus de 687 morts, dont 98 enfants et 52 femmes, et déplacé plus de 800.000 personnes, selon le dernier bilan libanais officiel
  • Alors que le Hezbollah a annoncé mercredi soir intensifier ses attaques contre Israël, le ministre israélien de la Défense Israël Katz a déclaré jeudi avoir ordonné à l'armée de se préparer à "étendre" ses opérations au Liban

BEYROUTH: De nouvelles frappes israéliennes ont fait 11 morts au Liban, dont huit sur le front de mer à Beyrouth où des déplacés dorment dans des tentes, Israël menaçant "d'étendre" ses opérations terrestres contre le Liban où il mène depuis le 2 mars une vaste campagne de frappes aériennes.

Cette guerre a fait plus de 687 morts, dont 98 enfants et 52 femmes, et déplacé plus de 800.000 personnes, selon le dernier bilan libanais officiel.

Alors que le Hezbollah a annoncé mercredi soir intensifier ses attaques contre Israël, le ministre israélien de la Défense Israël Katz a déclaré jeudi avoir ordonné à l'armée de se préparer à "étendre" ses opérations au Liban.

"J'ai averti le président libanais que si son gouvernement ne parvient pas à contrôler le territoire et à empêcher le Hezbollah de menacer les communautés du nord et de tirer sur Israël, nous prendrons des territoires et le ferons nous-mêmes", a-t-il dit.

Selon Israël, le Hezbollah a mené mercredi soir une attaque coordonnée avec l'Iran, lançant quelque "200 roquettes et environ 20 drones", combinés à des missiles balistiques tirés par Téhéran.

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le Hezbollah a attaqué Israël en riposte à la mort du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors de frappes américano-israéliennes.

A Beyrouth, une nouvelle frappe a ciblé dans la nuit le front de mer de Ramlet al-Bayda où ont afflué les déplacés venus des bastions du Hezbollah,  faisant huit morts et 31 blessés selon un dernier bilan officiel.

"Nous avons soudain entendu le fracas d'une explosion", dit Aseel Habbaj, une femme portant son bébé, qui dormait dans une tente avec sa famille. Elle dit avoir "vu des gens tués étendus par terre", avant qu'une deuxième frappe blesse son mari.

"Nous avons choisi cet endroit parce qu'on aurait jamais imaginé qu'Israël frappe" en plein cœur de Beyrouth, dit Dalal al-Sayed, 40 ans.

"Carnage" 

Elle dit qu'après la première frappe, "une deuxième a suivi" au moment ou des personnes s'étaient rassemblées autour du site visé, causant "un carnage".

Cette femme ayant fui le sud du Liban dit qu'elle continuera de vivre sous la tente sur le front de mer, n'ayant nulle part où aller.

Un correspondant de l'AFP sur place a vu une moto et deux voitures endommagées. Des taches de sang maculent le trottoir et un petit trou est visible dans le sol.

Les éclats d'obus ont atteint quelques tentes.

Il s'agit de la troisième attaque au cœur de la capitale depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, après une frappe contre un hôtel en bord de mer dimanche et un raid contre un appartement mercredi.

Des frappes ont également visé Aramoun, un quartier résidentiel au sud de Beyrouth, hors des bastions du Hezbollah, faisant trois morts et un blessé, un enfant, selon le bilan initial du ministère de la Santé.

Mercredi soir, l'armée israélienne avait annoncé avoir déclenché une nouvelle série de frappes "à grande échelle" sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah régulièrement bombardé depuis dix jours et dont une grande partie de la population a fui.

Désolation 

L'armée israélienne a dit avoir atteint dix cibles liées au Hezbollah dans le sud de Beyrouth, dont un quartier général du renseignement, des centres de commandement, et "des dizaines de lanceurs".

Jeudi matin, un photographe de l'AFP a rapporté un spectacle de désolation dans la banlieue déserte: immeubles en ruines, certains encore en feu, et gravats jonchant les rues.

Alors que toutes les issues diplomatiques semblent bloquées, le président français Emmanuel Macron a appelé mercredi Israël sur X à "clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban" et le Hezbollah à "immédiatement mettre fin à ses attaques", après s'être entretenu avec son homologue libanais Joseph Aoun.

Israël a massé des troupes à sa frontière avec le Liban et son armée s'est avancée dans plusieurs villages frontaliers depuis le début de la guerre.

Jeudi en milieu de journée, l'Agence nationale d’information (Ani, officielle) a rapporté des frappes sur plusieurs villages du sud, dont certains proches de la frontière.