Le Japon s'accroche à ses Jeux, malgré des bruits d'annulation

Un passant devant une affiche des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 illustrée de la mascotte des Jeux Miraitowa. Tokyo, le 22 janvier 2021. (Behrouz Mehri /AFP)
Un passant devant une affiche des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 illustrée de la mascotte des Jeux Miraitowa. Tokyo, le 22 janvier 2021. (Behrouz Mehri /AFP)
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Publié le Vendredi 22 janvier 2021

Le Japon s'accroche à ses Jeux, malgré des bruits d'annulation

  • « Je suis déterminé » à accueillir des Jeux olympiques « sûrs » à Tokyo, en signe de "victoire de l'humanité sur le nouveau coronavirus", a déclaré le Premier ministre Yoshihide
  • Le comité d'organisation de Tokyo-2020 a aussi rappelé vendredi qu'il était "entièrement concentré" sur les préparatifs pour accueillir les JO (23 juillet-8 août)

TOKYO : Les diverses parties prenantes au Japon des JO de Tokyo, reportés l'an dernier en raison de la pandémie de Covid-19, ont réaffirmé vendredi leur intention de les tenir cet été, malgré des informations selon lesquelles le gouvernement nippon y aurait secrètement renoncé.

"Je suis déterminé" à accueillir des Jeux olympiques "sûrs" à Tokyo, en signe de "victoire de l'humanité sur le nouveau coronavirus", a déclaré le Premier ministre Yoshihide Suga lors d'une séance parlementaire.

Le comité d'organisation de Tokyo-2020 a aussi rappelé vendredi qu'il était "entièrement concentré" sur les préparatifs pour accueillir les JO (23 juillet-8 août), à l'unisson avec le gouvernement japonais et la ville de Tokyo, le Comité international olympique (CIO) et le Comité international paralympique (CIP).

Selon le journal britannique The Times, qui a cité jeudi une source au sein de la coalition au pouvoir au Japon, le gouvernement aurait déjà secrètement acté l'impossibilité d'organiser les Jeux olympiques cette année, du fait de la recrudescence mondiale du coronavirus, y compris au Japon.

Pour sauver la face, le gouvernement chercherait à s'assurer au préalable que Tokyo organise les JO de 2032, la prochaine édition disponible (après Paris-2024 et Los Angeles-2028), toujours selon le Times.

"Pas de plan B"

D'autres responsables nippons ont démenti en bloc. Le porte-parole adjoint du gouvernement japonais, Manabu Sakai, a déclaré qu'il n'y avait "rien de vrai" dans l'article du Times et la gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, a assuré n'avoir "aucune idée" quant à l'origine de l'information.

"Nous nous coordonnons étroitement avec le gouvernement, le comité organisateur et le CIO" et "la vérité est qu'il n'y a eu aucune discussion sur une annulation ou un report" des Jeux, a déclaré Mme Koike à la presse.

Les comités olympiques des États-Unis et du Canada ont répété de leur côté qu'ils se préparaient à envoyer des sportifs au Japon cet été.

Le patron du comité olympique australien Matt Carroll, qualifiant lui aussi de "rumeur infondée" l'information du Times, a concédé pour sa part qu'il s'agirait "de Jeux très différents, concentrés sur les sportifs et leurs compétitions".

Dans un entretien mardi à l'AFP, le directeur général de Tokyo-2020, Toshiro Muto, avait affirmé que la tenue des Jeux cet été était le "cap inflexible" des organisateurs.

Face aux doutes grandissants, le président du CIO, Thomas Bach, est lui-même monté au créneau jeudi. "Nous n'avons à cet instant aucune raison de croire que les Jeux olympiques à Tokyo ne s'ouvriront pas le 23 juillet", a-t-il déclaré à l'agence de presse japonaise Kyodo.

"Il n'y a pas de plan B" et "nous sommes totalement engagés à faire de ces Jeux (des Jeux) sûrs et réussis", a-t-il martelé.

La semaine dernière, un ministre clé du gouvernement japonais, Taro Kono, avait toutefois exprimé une voix discordante en estimant qu'il ne fallait rien exclure pour les JO de Tokyo.

Des Jeux sans public ?

En mars dernier, au moment où la première vague du coronavirus se propageait à travers le monde, le CIO avait pris la décision sans précédent de reporter les Jeux juste après l'annonce, par l'Australie et le Canada, de leur intention de ne pas envoyer leurs sportifs aux Jeux de Tokyo qui devaient s'ouvrir en juillet 2020.

La recrudescence actuelle de la pandémie touche aussi le Japon, où l'opinion publique est désormais très majoritairement opposée à l'organisation des Jeux, préférant un nouveau report ou une annulation pure et simple, selon de récents sondages.

Alors que des élections législatives doivent se tenir au Japon cet automne au plus tard, le Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir "pourrait prendre un risque énorme en organisant ces Jeux extrêmement impopulaires", a estimé Amir Anvarzadeh, stratégiste chez Asymmetric Advisors.

"Il est quasiment certain", vu le nombre de personnes impliquées et les nouveaux variants du Covid-19 en circulation, que les JO causeraient une flambée d'infections s'ils avaient lieu, a souligné cet analyste.

Des élus de l'opposition au Japon ont d'ailleurs demandé jeudi le report ou l'annulation des JO.

L'Association médicale de Tokyo a quant à elle suggéré vendredi que l'événement se déroule sans public. Les organisateurs, favorables à une présence du public, même limitée, entendent trancher dans les prochains mois sur la question.

"Ils (les organisateurs, NDLR) doivent abandonner l'idée de faire la fête du siècle en invitant des gens de différents pays", a déclaré son président Haruo Ozaki au journal Asahi, en préconisant des Jeux "sans spectateurs".

 


Les tensions au Moyen-Orient occupent le devant de la scène à Davos

Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
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  • Pour sa 56e édition, la réunion annuelle du WEF devrait attirer environ 3 000 participants de plus de 130 pays
  • La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, partagera les expériences réussies du Royaume dans le cadre de Vision 2030

DAVOS : Des dirigeants mondiaux, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires arrivent dans la ville suisse de Davos, recouverte de neige, pour le Forum économique mondial 2026, que les organisateurs ont qualifié de "l'un des rassemblements de plus haut niveau de l'histoire de l'événement".

La réunion de cette année, qui se tiendra du 19 au 23 janvier, abordera une série de défis géopolitiques urgents, de la guerre en Ukraine aux tensions croissantes au Moyen-Orient, où de nombreux points chauds à Gaza, au Liban et sur la mer Rouge ont ravivé les craintes d'une escalade régionale plus large.

Placé sous le thème "Un esprit de dialogue", le forum se tient à un moment de fragmentation mondiale sans précédent, d'inégalités économiques croissantes et de changements technologiques perturbateurs, offrant une plateforme pour favoriser la coopération mondiale afin de faire face aux grandes incertitudes.

Le forum de cette année devrait attirer un nombre record de participants gouvernementaux : 400 dirigeants politiques de premier plan, six dirigeants du G7, près de 850 PDG et présidents de conseils d'administration parmi les plus importants au monde, et près de 100 licornes et pionniers de la technologie de premier plan sont attendus.

Le président américain Donald Trump, le président français Emmanuel Macron, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le président égyptien Abdel Fattah El-Sisi, le président syrien Ahmad Al-Sharaa et Aziz Akhannouch, le chef du gouvernement marocain, figurent parmi les 65 chefs d'État qui participeront à cet événement de premier plan.

La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, comprendra la princesse Reema Bandar Al-Saud, ambassadrice d'Arabie saoudite aux États-Unis, Khalid Al-Falih, ministre de l'investissement, Bandar Alkhorayef, ministre de l'industrie et des ressources minérales, Ahmed Al-Khateeb, ministre du tourisme, Faisal Alibrahim, ministre de l'économie et de la planification, Abdullah Al-Swaha, ministre des communications et des technologies de l'information, et Mohammed Al-Jadaan, ministre des finances.

Les ministres engageront un dialogue avec des leaders mondiaux, tout en partageant les expériences réussies du Royaume dans le cadre de la Vision saoudienne 2030, selon un communiqué du ministère de l'économie et de la planification.

En marge du WEF, le ministère accueillera pour la deuxième année consécutive le pavillon de la Maison saoudienne, qui réunira des leaders d'opinion internationaux pour plus de 20 sessions axées sur les principales tendances et les défis qui façonnent l'économie mondiale.

Borge Brende, président-directeur général du FEM, a déclaré que la réunion de cette année serait "l'une des plus importantes", soulignant que "le dialogue n'est pas un luxe en période d'incertitude ; c'est une nécessité urgente".

Le forum mondial "offrira un espace à un mélange inégalé de dirigeants et d'innovateurs mondiaux pour dépasser les divisions, se faire une idée d'un paysage mondial en évolution rapide et proposer des solutions aux défis les plus importants et les plus pressants d'aujourd'hui et de demain", a ajouté M. Brende.


Malgré les frappes russes et le froid, Kiev danse le ska

Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
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  • Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin
  • Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage

KIEV: Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses.

C'est une "flashmob", explique-t-elle, une fête improvisée entre les habitants des immeubles environnants pour "ne pas penser aux problèmes", alors que le quartier est quotidiennement privé d'électricité pendant "17 ou 18 heures".

Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin.

Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage.

Le réseau a été rétabli depuis, mais reste extrêmement fragile et les coupures de courant font partie du quotidien des habitants de la capitale.

Ces derniers jours, le mercure flirte avec les -20 degrés, faisant chuter la température des logements, avec parfois 10 petits degrés dans les pièces.

"Les gens en ont assez de rester sans courant, de se sentir tristes", résume Olena Chvydka. "C’est une charge psychologique pour chacun".

Pour résister, Olena a organisé une fête en plein air. Platines et baffles ont été installées à 13H, quand il faisait encore -10 °C. "Maintenant, il doit faire -15 ou moins", sourit-elle.

"Invincibles" 

House, rap, ska... les styles s'enchaînent sous les doigts gelés du DJ, dont le visage dépasse à peine d'une doudoune épaisse et d'un gros bonnet.

Pieds dans la neige glacée, une femme se déhanche, auréolée de fourrure synthétique, engoncée dans une combinaison en satin bleu.

Des verres de vin chaud, des pas de danse maladroits sur la glace, des sourires sur les visages: "Les gens sont détendus ici. C’est vraiment cool", dit à l'AFP Olga Pankratova, résidente et ancienne officier des forces armées.

"Beaucoup de résidences font cela maintenant. Je suppose que c’est une question d’unité", glisse-t-elle.

"Ce genre de rassemblements apporte une forme de résistance civilisée à la force qui nous est imposée: missiles, explosions, flammes... Ça nous unit".

Un effet de mode s'est emparé de la capitale et les vidéos de soirées de ce genre fleurissent sur les réseaux sociaux.

L'ambiance tranche avec l'atmosphère de la capitale. Depuis janvier, le ronron des générateurs est devenu la bande originale des rues de Kiev, moins peuplées qu'à l'accoutumée à cause de la glace qui recouvre ses pavés.

L'Ukraine craint aussi une reprise des frappes russes sur ses infrastructures, alors que des drones de reconnaissance russes survolent Kiev en journée, alimentant les rumeurs de possibles attaques massives sur la ville.

"Peu importe à quel point on se force à faire bonne figure, cela affecte beaucoup notre état émotionnel sur le moment", confie Olga en évoquant les coupures de courant et accusant la Russie de "vouloir instiller la peur et la haine" dans la société ukrainienne.

"Les gens sont invincibles", lance pour sa part Ievgueniï, officier militaire à la retraite, qui a participé à l'organisation de la fête.

"Malgré la situation très compliquée, ils veulent tenir bon et célébrer. Et ils attendent la victoire quoi qu’il arrive", conclut-il.


Les candidats à un siège permanent au «Conseil de paix» de Trump doivent verser un milliard de dollars 

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
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  • Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces"
  • "Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits"

BRUXELLES: Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces", selon la "charte" obtenue lundi par l'AFP.

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger.