Les JO de Tokyo auront lieu malgré l'état d'urgence, assurent les organisateurs

Les anneaux olympiques sont visibles près du Stade national, principal site des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo 2020, à Tokyo le 8 janvier 2021. Les organisateurs des Jeux olympiques de Tokyo ont en effet insisté sur le fait que les Jeux reportés pour cause de coronavirus se poursuivront malgré la déclaration de l'état d'urgence par le Japon moins de 200 jours avant la cérémonie d'ouverture. (Behrouz MEHRI / AFP)
Les anneaux olympiques sont visibles près du Stade national, principal site des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo 2020, à Tokyo le 8 janvier 2021. Les organisateurs des Jeux olympiques de Tokyo ont en effet insisté sur le fait que les Jeux reportés pour cause de coronavirus se poursuivront malgré la déclaration de l'état d'urgence par le Japon moins de 200 jours avant la cérémonie d'ouverture. (Behrouz MEHRI / AFP)
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Publié le Vendredi 08 janvier 2021

Les JO de Tokyo auront lieu malgré l'état d'urgence, assurent les organisateurs

  • Le Japon a été relativement épargné jusqu'ici par la pandémie comparé à d'autres pays, avec moins de 3.900 décès officiellement recensés depuis janvier 2020
  • Avant même l'annonce de vaccins, les organisateurs avaient dévoilé une panoplie de mesures antivirus qui, selon eux, permettront à l'événement de se dérouler même si la pandémie n'est pas encore maîtrisée

TOKYO: Les Jeux olympiques de Tokyo auront lieu! Les organisateurs ont voulu rassurer les sportifs du monde entier et les acteurs du mouvement olympique vendredi au lendemain de la déclaration d'état d'urgence par le gouvernement japonais pour faire face à une nette recrudescence de la pandémie.

"Cette déclaration d'urgence offre une opportunité de maîtriser la situation du Covid-19 et de faire en sorte que Tokyo-2020 planifie des Jeux sûrs et sécurisés cet été, et nous allons procéder aux préparatifs nécessaires en conséquence", ont insisté les organisateurs dans un communiqué.

Pour les responsables de Tokyo-2020, l'état d'urgence ne fera pas dérailler leurs plans. Ils ont exclu, comme ils l'ont déjà fait à plusieurs reprises, un nouveau report des Jeux, qui devaient initialement avoir lieu en 2020 et qui ont été reportés d'un an, du 23 juillet au 8 août 2021.

Jeudi, le Premier ministre Yoshihide Suga a en effet annoncé qu'un état d'urgence d'une durée d'un mois couvrirait la région du grand Tokyo à partir de vendredi.

Mais il a aussi répété que son pays s'était engagé à organiser des JO "sûrs et sécurisés", et il est convaincu que l'opinion publique, actuellement méfiante, changera d'avis lorsque le Japon commencera sa campagne de vaccinations, prévue à partir de fin février.

Restaurants et bars fermés à 20h00 

Le Japon a été relativement épargné jusqu'ici par la pandémie comparé à d'autres pays, avec moins de 3.900 décès officiellement recensés depuis janvier 2020.

Mais le pays subit depuis novembre dernier une troisième vague bien plus importante que les deux premières. Près de 7.500 nouveaux cas positifs ont été recensés jeudi au niveau national, dont quelque 2.500 à Tokyo, soit deux nouveaux records.

Une recrudescence de la pandémie dans un contexte de méfiance toujours forte à l'égard des JO. Au cours des derniers mois, de multiples sondages ont rapporté qu'une majorité de Japonais était favorable à un nouveau report des JO, voire à une annulation pure et simple, en raison du coronavirus.

Dès l'annonce de l'état d'urgence, des experts médicaux ont toutefois souligné la portée limitée de cette mesure qui ne revêt aucun caractère contraignant.

Les restaurants et bars sont appelés à cesser de servir de l'alcool après 19H00 et à fermer leurs portes à 20H00. Il est recommandé aux habitants d'éviter les sorties non indispensables le soir et les entreprises sont incitées à privilégier le télétravail. En revanche, les écoles ne sont pas fermées.

Mais le mouvement olympique s'inquiète à l'image du Canadien Dick Pound, membre du Comité international olympique (CIO): selon des propos rapportés jeudi par la BBC, il a affirmé qu'il ne pouvait "être certain" que les Jeux se dérouleraient comme prévu en raison de l'inconnue sur les "poussées" de contaminations.

Mesures antivirus 

En début de semaine, ce même Dick Pound avait déclaré que les sportifs devraient se voir accorder une priorité élevée pour le vaccin afin de garantir que les Jeux puissent avoir lieu.

"C'est une décision que chaque pays doit prendre", a estimé le responsable canadien à Sky Sports mercredi. "Certains diront qu'ils sautent la file d'attente, mais je pense que c'est la façon la plus réaliste d'aller de l'avant".

Le président du CIO Thomas Bach avait assuré de son côté que l'organisation "ferait de grands efforts" pour s'assurer que le maximum de participants et de spectateurs soient vaccinés avant les Jeux.

Avant même l'annonce de vaccins, les organisateurs avaient dévoilé une panoplie de mesures antivirus qui, selon eux, permettront à l'événement de se dérouler même si la pandémie n'est pas encore maîtrisée.

Si les Jeux ont lieu finalement, ils figureront parmi les plus chers de l'Histoire: 13 milliards d'euros, un budget alourdi par le report et les mesures sanitaires.


Les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis vont démarrer en Suisse

Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
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  • Les négociations américano-iraniennes s’ouvrent en Suisse dans un contexte tendu, marqué par la poursuite des violences au Liban et des divergences sur l’application du protocole d’accord, notamment sur le nucléaire et un cessez-le-feu
  • L’escalade régionale s’intensifie avec la fermeture annoncée du détroit d’Ormuz par l’Iran, tandis que les États-Unis appellent à la retenue et poursuivent les discussions diplomatiques

BURGENSTOCK: Les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran pour trouver une paix durable au Moyen-Orient doivent débuter dimanche matin dans un hôtel de luxe des Alpes suisses, quatre jours après la signature d'un protocole d'accord, déjà malmené, pour mettre fin aux hostilités.

Ces pourparlers, centrés sur le programme nucléaire iranien, sont prévus pour une durée renouvelable de 60 jours. Avant même qu'ils ne commencent, les écueils se sont accumulés, avec la poursuite des combats au Liban malgré une clause de l'accord-cadre prévoyant la fin des hostilités sur tous les fronts, et l'annonce par Téhéran d'une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz en représailles.

Sur le front libanais, des frappes israéliennes ont fait au moins 30 morts samedi dans l'est et le sud du Liban, avant une accalmie constatée par un correspondant de l'AFP en fin de journée, lorsque l'armée israélienne a reçu l'ordre de cesser les affrontements avec le Hezbollah pro-iranien.

Les pourparlers débuteront dans le courant de la matinée, a annoncé la diplomatie suisse, précisant que la délégation américaine, dirigée par le vice-président américain JD Vance, et la délégation iranienne, menée par le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, étaient arrivées à l'hôtel de luxe de Bürgenstock, surplombant le lac de Lucerne, site des discussions. Les pays médiateurs, le Pakistan et le Qatar, sont également sur place.

Arrivée samedi soir, la délégation iranienne compte aussi, selon la télévision d'Etat iranienne, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati.

Les discussions devraient durer "quelques jours", a affirmé JD Vance à la presse samedi soir, ajoutant qu'il ne pourrait rester en Suisse "qu'un jour ou deux".

"J'espère qu'on va faire des progrès sur la question nucléaire et sur la question du cessez-le-feu au Liban. Ce sont les deux points principaux sur lesquels je pense que nous allons nous concentrer", a-t-il déclaré.

L'émissaire Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, se trouvent également en Suisse, selon JD Vance.

Les pourparlers sont censés mener à un accord final pour mettre un terme au conflit au Moyen-Orient, déclenché par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février. Les hostilités ont causé des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

- Protocole "en danger" -

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a toutefois prévenu samedi les Etats-Unis que le protocole d'accord serait "en danger" si ses clauses n'étaient pas appliquées rapidement, en référence à la situation au Liban.

Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaei, a lui appelé à la prudence face à tout "optimisme", affirmant sur X que "l'ennemi a montré qu'il ne tenait pas ses promesses".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient par des tirs de roquettes sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, tué au début de la guerre.

Depuis, les opérations israéliennes au Liban ont fait 4.057 morts, selon le dernier bilan, samedi, du ministère libanais de la Santé.

L'armée israélienne a annoncé pour sa part qu'un de ses soldats avait été tué samedi dans le sud du Liban, portant à 36 le nombre de ses pertes depuis le début du conflit. Elle a précisé samedi que ses troupes ne mèneraient "pas de frappes proactives", mais qu'elles opéreraient "de manière défensive" au sein de la bande territoriale du sud du Liban occupée par Israël.

Avant son départ pour la Suisse, le vice-président américain a assuré que la situation "s'améliore" au Liban.

"Le gros problème, c'est que vous allez avoir quelqu'un qui va commencer à tirer et ensuite quelqu'un va répondre, et donc vous avez en quelque sorte ce problème de l'oeuf et de la poule où il faut réussir à arrêter les tirs suffisamment longtemps pour que le cessez-le-feu tienne, c'est ce qu'on essaie de faire", a-t-il dit.

- Ormuz fermé -

Après les nouveaux affrontements au Liban, le commandement central de l'armée iranienne a annoncé que "le détroit d'Ormuz serait fermé au trafic maritime", une "première mesure en réponse à la violation des engagements par l'ennemi". Il a menacé "d'autres mesures" si nécessaire "pour contraindre l'ennemi à respecter ses obligations".

La réouverture du détroit a constitué l'un des points clés du protocole d'accord américano-iranien. L'Iran avait verrouillé au début de la guerre cette voie maritime stratégique par laquelle transitaient auparavant quelque 20% des hydrocarbures mondiaux, provoquant une flambée des cours du pétrole.

Après l'annonce par l'Iran de sa nouvelle fermeture, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient "vigilantes". Selon lui, 55 navires marchands ont franchi le détroit de manière sûre samedi.

Téhéran a également évoqué la possible mise en place de "frais" de service maritime pour les navires voulant y transiter. Le président américain Donald Trump a lui aussi menacé d'appliquer un péage dans le détroit en cas d'échec des discussions avec l'Iran.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.