Lever les sanctions contre l’Iran, une «planche de salut» pour le régime de Téhéran?

Ali Safavi, un représentant de la commission des affaires étrangères du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), installé à Paris, déclare à Arab News qu’une levée des sanctions ne produirait sans doute pas de résultats très concluants, mais qu’avec cette décision Téhéran aurait les coudées franches pour poursuivre sa politique belligérante à l’intérieur du pays et dans la région. (Reuters).
Ali Safavi, un représentant de la commission des affaires étrangères du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), installé à Paris, déclare à Arab News qu’une levée des sanctions ne produirait sans doute pas de résultats très concluants, mais qu’avec cette décision Téhéran aurait les coudées franches pour poursuivre sa politique belligérante à l’intérieur du pays et dans la région. (Reuters).
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Publié le Vendredi 29 janvier 2021

Lever les sanctions contre l’Iran, une «planche de salut» pour le régime de Téhéran?

  • «Le régime n’a jamais été aussi faible et vulnérable qu’aujourd’hui», observe Ali Savafi
  • Le CNRI a fait valoir que l’accord de Vienne a été mal pensé et qu’il y a peu de chances qu’il atteigne son objectif principal

LONDRES: Un groupe de résistance iranien prévient qu’une levée des sanctions pourrait représenter une planche de salut pour le régime, tandis que les Iraniens expriment leur colère contre le refus de l’administration Biden de lever les mesures coercitives subies par l’Iran.

Ali Safavi, un représentant de la commission des affaires étrangères du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), installé à Paris, déclare à Arab News qu’une levée des sanctions ne produirait sans doute pas de résultats très concluants, mais qu’avec cette décision Téhéran aurait les coudées franches pour poursuivre sa politique belligérante à l’intérieur du pays et dans la région.

«Le régime n’a jamais été aussi faible et vulnérable qu’aujourd’hui», observe Ali Savafi. «Il serait contre-productif d’envoyer aux mollahs une bouée de sauvetage. Ce serait préjudiciable à la liberté et à la démocratie en Iran, ainsi qu’à la paix et à la sécurité dans le monde».

Ali Safavi s’exprime alors que la colère fait rage en Iran après le refus du président américain, Joe Biden, de lever les sanctions économiques qui pèsent sur le pays tant que Téhéran ne se «conformera pas pleinement» aux engagement qu’il a pris dans le cadre de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien ou Plan d’action global commun (PAGC) de 2015, plus connu sous le nom «accord sur le nucléaire iranien».

Le CNRI a fait valoir que cet accord – conçu pour empêcher l’Iran de faire l’acquisition d’armes nucléaires en échange d’une levée des sanctions économiques – a été mal pensé et qu’il y a peu de chances qu’il atteigne son objectif principal.

«C’est indiscutable, aucune concession d’ordre économique politique ne changera le comportement de la théocratie au pouvoir en Iran», signale M. Safavi.

«Parce qu’il comporte des vices de forme catastrophiques, comme le fait de ne pas prendre en compte la PMD [Possible dimension militaire du programme nucléaire iranien], et parce qu’il ne prévoit aucune inspection où que ce soit sur le territoire iranien, le PAGC n’est pas en mesure d’empêcher définitivement Téhéran d’accéder à sa propre arme nucléaire. J’en veux pour preuve les violations scandaleuses du PAGC pratiquées par Téhéran depuis 2018.»

En effet, comme l’indique Ali Safavi, l’Iran a trahi un grand nombre de ses engagements contractuels depuis 2018. Des ministres d’État iraniens ont, à plusieurs reprises, menacé d’interdire aux inspecteurs internationaux l’accès aux sites nucléaires, pris l’engagement de construire de nouvelles centrales nucléaires dans le pays et initié l’enrichissement d’uranium – un matériau crucial dans la fabrication d’armes nucléaires – à des niveaux plus élevés que ceux qui étaient prévus par les termes de l’accord.

Le secrétaire d’État américain récemment nommé, Antony Blinken, affirme que les États-Unis ne respecteront les engagements pris selon les clauses de l’accord que si l’Iran fait de même, encore que «nous en soyons très loin», précise-t-il.

Il ajoute: «L'Iran a cessé de respecter ses engagements sur plusieurs fronts. Cela lui prendra du temps, s'il le décide, pour revenir “dans les clous”, et il nous faudra également du temps pour évaluer s'il respecte bien ses obligations.»

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Un tanker touché par «des projectiles inconnus» au large des Emirats 

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  • "Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé
  • L'agence n'a pas précisé la provenance du navire

DUBAI: Un tanker a été touché par des "projectiles inconnus" dans le détroit d'Ormuz au large des Emirats arabes unis, sans faire de victime, a indiqué l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO lundi.

"L'UKMTO a reçu des informations faisant état d'un incident survenu à 78 milles nautiques (145 km, ndlr) au nord de Fujaïrah, aux Émirats arabes unis", a annoncé l'agence sur X précisant que l'incident avait été signalé dimanche vers 19H40 GMT.

"Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé.

L'agence n'a pas précisé la provenance du navire.

Le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps de paix un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondiaux, est en grande partie bloqué depuis le début des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche que la marine américaine allait commencer lundi à escorter des navires bloqués de pays tiers à travers le détroit d'Ormuz dans le cadre du Project Freedom ("Projet Liberté"), qui a été dénoncé par les autorités iraniennes.

 


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.